Osez 20 histoires de quick sex

Osez 20 histoires de quick sex

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COLLECTIF

La MusardineOsez 20 histoires



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Résumé

Emploi du temps trop chargé ? Découvrez les joies du quick sex… !
Une cage d’’escalier, l’’anonymat d’’une chambre d’’hôtel, une salle de cinéma, l’’arrière-salle d’’une boulangerie…… Les lieux les plus improbables sont prétextes au quick sex. Également appelée « petit coup rapide », cette pratique beaucoup plus répandue qu’’on ne le pense se prête aux situations les plus fantaisistes et excitantes. À l’’heure de Facebook, Meetic et autres sites qui permettent de rencontrer un partenaire sexuel en trois clics de souris, le quick sex revisite l’’érotisme en l’’inscrivant résolument dans notre époque. Envie de sortir un peu de la routine ? Ces 20 histoires de quick sex vous ouvriront de nouveaux horizons fantasmatiques… et vous donneront sûrement envie d’’essayer !

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Soyoutz – Michèle Larue

Un DC 10 La Havane-Paris. L’homme, un grand blond baraqué au cheveu rare, m’adresse un petit signe au moment du plateau-repas. Nous étions déjà voisins à l’aller. Il m’avait abordée après la projection du film.

— Tirée par les cheveux, cette histoire, vous ne trouvez pas ?

— C’est vrai. Mais moi, j’aime bien Brad Pitt.

Il avait eu une moue dédaigneuse. Par la suite, à sa manière de décortiquer le film, je l’avais imaginé metteur en scène. Pendant qu’il déballait ses idées à propos de l’intrigue, j’avais eu envie de mordiller ses lèvres charnues. Leur mollesse et leur humidité trahissaient une veulerie perverse. Au moment où je posais un bandeau sur mes yeux avec l’intention de me reposer, il froissa la cellophane de son paquet de cigarettes contre mes oreilles. Il se leva et se dirigea vers la zone fumeurs, habité sans doute par l’espoir que je le suivrais. Il portait une veste croisée. Alourdie par le vin du dîner, je m’étais endormie en rêvant de sa bouche.

 

J’avais visité l’île seule. Dans des moments de farniente, son geste hypnotique m’était revenu. Sa façon de secouer son paquet de cigarettes comme un hochet. Vincent ne fumait pas. Moi, j’avais toujours apprécié une cigarette après l’amour. Surtout avec des inconnus. Mais c’était rare que je me laisse aller à faire l’amour comme ça, de but en blanc. Même avant d’être mariée avec Vincent.

 

Cette fois, je retrouve mon « metteur en scène » près des toilettes, accoudé à un hublot. Il me tend sa carte.

Philippe Grenier

Événementiel

Il doit mesurer un mètre quatre-vingt-cinq pour soixante-quinze kilos. Il a troqué sa veste croisée bleu marine contre un blouson d’aviateur. Je tire une bouffée de la cigarette qu’il me tend. La tête me tourne aussitôt.

— Je ne crois pas que l’altitude raréfie l’oxygène du sang. Il ne faut pas vous laisser impressionner par ces histoires. Moi, je fume. À La Paz comme à Mexico. Vous appartenez au club des dix mille  ?

— Des dix mille  ?

— Mètres, dix mille mètres… Trente mille pieds si vous préférez.

Je dois avoir l’air attardé à faire mine de calculer. Sa langue étale un jet de salive sur sa lèvre inférieure.

— Les personnes qui ont fait l’amour dans les avions de ligne, quoi !

Il entre derrière moi dans les toilettes. Je m’étonne moi-même de ne pas le repousser alors que rien d’intime ne vibre en moi. La tête me tourne encore un peu. L’altitude ressemble à une drogue. J’ai envie de monter plus haut, de m’éclater, après Cuba où les hommes, auxquels on vient d’interdire la fréquentation des étrangères, m’ont regardée comme un fruit défendu.

Me voici assise sur le lavabo. C’est lui qui m’a soulevée. Il a descendu son pantalon pour me limer. Entre ma chair écrasée contre l’inox et sa touffe blonde, je fixe un grain de beauté au-dessus du corps dur dont il enfonce l’extrémité en moi à grands coups de reins. Il ne me regarde pas. Les yeux fermés, il se concentre. Le désir gonfle sa bouche. J’ai tout à coup un égarement de noyée. Qu’est-ce que je fais là ? Mon corps me répond quand une onde me traverse le dos, puis une autre. De bas en haut et de haut en bas. Jusqu’au coccyx. L’excitation m’enivre, l’ivresse me rassure. Du sexe pur. Je caresse la bouteille d’oxygène de la joue.

— Dix mille mètres… vous allez jouir à dix mille mètres, susurre-t-il d’une voix de steward.

La nuque contre le miroir, ma jupe remontée, les jambes dans le vide, et mon propre poids qui m’écrase car, à part lui, je n’ai nulle part ou m’accrocher. Attentif à ce qu’il fait, il me mord les seins, pétrit mes cuisses, me soulève à bout de bras en me baisant. Il en veut toujours plus, m’ouvre à deux mains. Il va m’éclater. Son pouce glisse dans la raie de mes fesses, entre dans mon cul. Il cherche à imprimer à son doigt le même rythme que sa queue en moi. Des coups retentissent à la porte. Quelqu’un va entrer… faire vite… Il me balance, me colle contre son ventre où je m’empale sec. Au plus près. Il va me trouer. La porte tremble. J’aime la proximité de l’intrus à quelques centimètres de nous. Le robinet d’eau gicle contre mes fesses.

L’homme jette le préservatif. Il sort. Ma tempe est appuyée sur ce que j’avais pris pour une bouteille d’oxygène. Un extincteur. Je referme en vitesse la porte derrière lui. Je l’entends converser avec une femme qui tempête dans la queue de passagers.

— Mon amie a eu un malaise. L’estomac. L’avion l’a secouée.

Les voix s’éloignent. Il doit en griller une près du hublot. Je me contemple dans le miroir. Mes yeux ont rétréci. Ma bouche a pris la couleur d’une prune mûre. J’ai tous les stigmates de l’amour. L’« événementiel » a cosigné un événement intime sans la moindre mise en scène. À l’arrivée du vol à l’aérogare d’Orly, Vincent vient me chercher. Mon Vincent, si prévenant, qui porte mes bagages, passe son bras autour de mes épaules, et ne demande pas qui est le type auquel j’adresse un petit signe d’adieu. Il est confiant : je n’aime pas les blonds.

 

À la foire de Paris, six mois plus tard, Vincent fait la promotion d’une gamme de rafraîchisseurs d’air australiens. Il m’a chargée d’informer le public. En temps normal, je suis interprète dans des séminaires et des salons. Ici, rien à traduire, si ce n’est le certificat de garantie des appareils, tâche difficile : le montage est fait en Chine et la traduction de la notice automatique. Les clients potentiels parlent français. L’homme en chemisette hawaïenne, qui se gave de foie gras dans l’espace gastronomique où nous déjeunons à tour de rôle, Vincent et moi, n’est autre que Philippe Grenier. Il se vante d’avoir passé le nouvel an dans un igloo près de Val-d’Isère. Des « business angels » de la nouvelle économie payaient cher un banquet organisé sous un chapiteau de glace. C’est le type d’événement qu’il organise. Singulier et prestigieux. Philippe Grenier, « événementiel », vend du rêve. Après la foire, un jour de grisaille, il m’appelle. J’accepte un rendez-vous dans un café.

Il fume le cigare et me parle de sa mission à Cuba. Le déjeuner de ses clients à la table de Castro était inclus dans le forfait. Lorsque je m’enquiers du programme complet, il change de sujet.

— Saint-Sulpice n’est pas loin. J’adore l’atmosphère de cette grande église… son odeur… Venez, je veux vous montrer quelque chose.

Je le suis. L’église est sombre. Dans un box de plexiglas, un prêtre en robe blanche écoute un fidèle recroquevillé sur un fauteuil. Un micro futuriste les sépare. Un groupe d’Italiens admire les peintures. Je tombe en arrêt devant le bras de fer de Saint-Michel et du démon, une toile de Delacroix. « Saint-Michel, protége-moi de moi-même… » Je suis au bord de la génuflexion quand Philippe Grenier m’attrape par le bras, me redresse et m’entraîne dans la chapelle Sainte-Anne. Deux ou trois marches, une statue… Il ouvre la porte centrale d’un vieux confessionnal caché dans un coin et se met à parler en sourdine d’une voix de curé.

— Je parie que vous avez une folle envie de vous confesser… Catholique ?

— Euh… agnostique…

— Tant mieux. Je veux vous initier. Avez-vous déjà tenté le confessionnal ?

— Tenté ?

— Vous mettre à genoux sur le bois, obéir à la voix du dedans…

— La voix du dedans ?

— La mienne, roucoule-t-il d’un ton mielleux.

Il entre dans l’habitacle, referme la porte de bois grillagée. Je trébuche sur le banc trop bas, tombe à genoux. Mes yeux s’habituent à la pénombre. La cabine sent l’encaustique. Je me recueille… Après tout… La glissière de bois s’ouvre d’un bruit sec et je distingue un reflet mauve sur ses cheveux blonds à travers la grille. Des trous d’ombre engloutissent son regard.

— Vous avez péché mille fois.

— C’est sûrement vrai.

— Enlevez vos collants, petite…

— Mais… il y a du monde !

— Personne ne verra rien. J’ai été baptisé ici. Je connais.

En appui sur un genou, puis sur l’autre, je dénude mes jambes en roulant le nylon, puis j’ôte mes collants en me tortillant. Je me sens indécente. Je remets vite mes chaussures, tire sur ma jupe.

— Otez votre culotte, ma fille.

Je tremble. C’est la nudité de mes jambes contre le bois qui m’excite. Après tout, au point où j’en suis. Je range mon slip dans mon sac à main.

— Caressez-vous d’une main en gardant votre sexe fermé, reprend-il.

J’obéis. Très vite, mes lèvres sont trempées. Elles s’ouvrent d’elles-mêmes. J’ai du mal à les garder closes. J’entends des Italiens prier. Des bruits de voix. « Santa Anna… » Ils stationnent devant la chapelle. Un guide raconte l’histoire de la statue. Mon cœur s’accélère. Le faux curé marmonne derrière la grille :

— Branle-toi… Plus vite que ça…

Ma tête va exploser. Les voix deviennent diffuses. Je continue, avec ma main, palpant ma chair qui dégorge. Des bribes d’italien retentissent et s’amplifient. Je me relève d’un coup et je prends la fuite, mes collants roulés en boule au creux de ma main.

 

Je le retrouve au salon du Bourget, au mois de juin. Il était sûr de m’y rencontrer puisque je suis interprète. Il se doutait même qu’il allait me croiser au pavillon américain. J’avais dû le lui mentionner à la terrasse du café. Il me reproche mon départ précipité du confessionnal de Saint-Sulpice. Il s’était senti inutile tout à coup. Est-ce que j’ai visité Soyouz, la navette russe ?

À l’heure du déjeuner, nous doublons une file de gens qui attendent au bas de l’escalier métallique du vaisseau spatial russe. Philippe Grenier connaît les responsables. Il prononce quelques mots en russe. Le gardien nous fait entrer, puis il tend le bras pour interdire le passage aux autres.

Un peu partout, des poignées pour se tenir dépassent des parois blanchâtres. J’essaie d’imaginer comment vivent les cosmonautes. En apesanteur, on flotte.

— Regardez la douche ! commente Philippe Grenier.

Une alvéole en plastique d’un blanc usé par le temps est aménagée dans la paroi. Des tongues éléphantesques sont collées au sol.

— C’est pour tenir en place. Essayez-les.

Il m’aide à glisser mes pieds dedans. Les visiteurs qui nous précédaient s’éloignent. Les suivants n’arrivent pas.

— Personne ne nous dérangera. On m’a accordé une visite privée…

Il soulève la jupe de mon uniforme de la Nasa, ouvre sa braguette.

— Vous êtes fou ! Pas ici !

Mes pieds sont rivés au sol par les brides des tongues. La chaleur de son haleine contre mon front et l’incongruité de la situation m’excitent. Il plie les genoux pour se mettre à ma hauteur et me prend debout. La vue de son grain de beauté dans l’ouverture du jean me réconforte. Ce type ne porte jamais de slip. J’aime ça. J’enlace ses épaules, et on y va. Il me baise à toute vitesse, j’ai sans cesse peur que quelqu’un arrive, je cherche des mots d’excuse en russe, mais j’ai la mémoire comme une passoire. Je jouis, puis je veux avancer. Philippe Grenier me retient au moment où je tombe en avant. j’avais oublié les tongues. Cette fois, il range le préservatif dans sa poche, roulé dans un kleenex.

Le lendemain, un Russe de la sécurité vient à mon stand. Il est dix heures du matin. Le vigile m’invite dans son bureau, au bas du Soyouz, pour me montrer une vidéo. Je reconnais sur l’écran la cabine de douche, la nuque de Philippe Grenier, mes mains qui pétrissent son dos et mes petits pieds dans les larges tongues intégrées. J’avais une caméra dans le dos. Le Russe sort d’un frigo une boîte de caviar. Cadeau. Il ouvre la boîte, déniche une petite cuillère. Je mange en regardant la vidéo défiler. Douze minutes de baise. C’est rapide. Je comprends enfin ce qui m’excite, moi qui mets une heure à jouir avec Vincent. Des inconnus à proximité… La peur d’être surprise… Le vigile arrête le moniteur. Il m’explique en mauvais anglais… Ce soir, après la fermeture, il veut essayer la cabine de douche avec moi. Aucun risque : c’est lui qui gère la surveillance nocturne. Je lui tends sa petite cuillère et m’en vais.

Non, pas de seconde fois. L’insolite du lieu ne suffirait pas. Et puis, il faudrait qu’on risque de nous découvrir. C’est pour ça que je jouis si vite sous les coups de boutoir de Philippe Grenier.

Mon « événementiel » me rappelle la semaine suivante. Il m’invite à venir le rejoindre au Caire. Il a installé à l’hôtel Sheraton les représentants d’un constructeur automobile pour lesquels il organise un concert nocturne. Il a repéré les salles du musée archéologique de la ville, où les étiquettes des bas-reliefs sont souvent absentes, où des guides lymphatiques traînent leurs babouches. Peu de touristes à l’heure de la sieste et de grands sarcophages ouverts, un peu hauts à enjamber, certes. Il me fera la courte échelle…

 

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