Osez 20 histoires de sexe au soleil

Osez 20 histoires de sexe au soleil

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COLLECTIF

La MusardineOsez 20 histoires



256 pages


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Résumé

Les 20 nouvelles érotiques qui composent ce livre n’ont qu’un objectif : vous donner chaud ! Le temps d’un long voyage qui vous conduira de Punta Cana à Casablanca en passant par les lacs italiens, les plages libertines du sud de la France et même sur les sentiers d’Auvergne, vous découvrirez que partout où le soleil brille, le désir s’embrase et nous conduit à expérimenter les plaisirs les plus inavouables… Comme le dit la chanson, « l’été sera chaud », et ce n’est pas les histoires brûlantes et moites qui constituent ce livre qui affirmeront le contraire ! De quoi piocher des idées pour mettre un peu piquant dans vos prochaines vacances ?

Débuter la lecture

Casablanca – Eugénie Daragon

« Fumer dans tes yeux

Voir passer le temps

Et baiser un peu

Baiser tout le temps. »

Alex Beaupain

 

Bien sûr qu’elle ira, elle trouvera un moyen, elle trouvera l’argent, le temps, le motif, elle ira, c’est obligé. Même si elle s’en fout de Casablanca, qu’elle se passe très bien de couscous-tagine. Annulera tout le reste, se fera remplacer, improvisera, inventera un truc, le passeport dans la poche droite, l’arrangement dans la poche gauche.

Il viendra la chercher à l’aéroport.

Ou bien non, il ne viendra pas et elle prendra un taxi, un qui parle à peine français, elle lui donnera l’adresse dans la médina blanche, il lui fera faire six fois le tour de la ville, tant pis, elle n’a qu’à connaître, elle n’a qu’à savoir, bien fait pour elle, choukrane.

Il fera 1 000 degrés, le soleil ne déconne pas là-bas, surtout en juillet, il te tape, tape, tape sur la gueule, le soleil, il te tabasse comme Mohamed Ali c’est n’importe quoi, mais elle ira quand même. Il lui demanderait de le rejoindre en Laponie, elle irait tout pareil. Elle se sera épargné le Guide du routard et les recommandations Tripadvisor, le meilleur panorama de la ville sera celui sur son petit cul. Ils voudront baiser, nom de Dieu.

Au détour d’une ruelle, il ouvrira la porte du riad, sûrement une porte lourde, de bois sombre, il prendra sa valise, il sera torse nu, il dira en riant, en tapant sur ses pecs « Hey, t’as vu, chuis gaulé, là, non ? » pour la faire rigoler, mais un peu pour de vrai quand même, alors elle répondra sûrement « Ouais ? Je vois pas trop la différence ». Il y aura beaucoup d’escaliers comme dans tous les riads, les murs seront clairs, aveuglants de lumière, il y aura ses affaires en pagaille, n’importe où, son bordel bordélique, il les poussera plus loin, des choses qu’il traîne de valise en valise et de gare en gare. Les mêmes qu’il ne range pas à Paris, ni à Rouen, ni à Marseille, ni à Bordeaux, ni à la montagne, toujours des ordonnances, des papiers, des câbles, des fringues, des clés, des cahiers, des machins.

Ou bien, il aura rangé, justement pour lui donner tort, pour dire « T’as vu, j’ai rangé », pour la faire rigoler. Il aime bien la faire rigoler. Il posera la valise dans une chambre d’amis, elle espère qu’il y aura une chambre d’amis, qu’elle ne sera pas obligée de partager son sommeil dans la fournaise, ce serait pire que tout.

Que je te dise, encore. Même si c’était Naples, Dublin, ou Lamarck-Caulaincourt, ça se passerait exactement de la même manière. Casablanca n’a aucune importance. Casablanca n’est qu’un prétexte. Ces amants-là sont toujours de passage.

Mais avant, et alors ça par contre, c’est complètement sûr, c’est qu’avant de visiter les toits-terrasses, l’atelier de peinture, elle aura perdu ses vêtements, il aura glissé ses mains partout dessus, partout dedans, tiré, déboutonné, ouvert, la saharienne blanche sera au sol et en quelques gestes, il aura transformé la Parisienne en monument de chiennerie, la bave qui coule sur le menton, sur les seins, la bave jusque dans les cheveux, le noir qui dégouline. Beaucoup de noir, il aime bien ça. Sainte Pute, fourrez pour nous, elle est belle, tiens, la bourgeoise, à genoux, bouche ouverte, nichons pincés au supplice, elle en est à prendre l’avion pour se faire charbonner, elle fait moins la snob ! Sans détours ni hésitations, les bouches se grefferont, les mains empoigneront, contraindront. Odeurs opulentes de chatte en chaleur, raie du cul qui transpire, cuisses qui collent, elle se demandera si elle est encore présentable.

Lèche mes couilles, tais-toi, tiens, tu l’as pas volée, t’es belle comme ça, tu vas te prendre une grosse raclée de sperme, tu seras pas venue pour rien.

À genoux sur le carrelage, elle lèvera les yeux vers un visage au regard sombre et tranchant. La voilà pourtant dégainant ses caresses les plus aiguisées, les plus douces, ses baisers les plus dévots, se pourléchant de ce qui suinte, gourmande de sa tartine d’homme, espérant tirer des replis de peau une culminance de testostérone. Qu’il s’agisse d’une odeur d’urine, de sueur, de sexe, l’absorber, l’amalgamer à elle, la faire disparaître, l’avaler, la digérer avec la volonté d’un parasite qui a enfin trouvé un hôte et qui lui sucera tout. Boire sa peau, c’est ça qu’elle voudra. Prélever son ADN. Il soufflera « Putain, t’en veux, toi, hein ! ».

— J’ai pas l’air d’une folle ?

— Non, t’es belle je te dis, ta gueule. Ta chatte, putain ta chatte, j’y pense jour et nuit. Tu m’as manqué. Allez, donne, dépêche-toi.

— Attends, schhht, regarde-moi.

Elle reculera de deux pas, se retournera pour lui saturer les yeux de ses mains, écartant un string sorti pour l’occasion, ouvrant ses fesses, mettra un doigt dedans, deux doigts dedans. Il aimera ça, voir les doigts disparaître dans la petite ouverture, que ce geste honteux lui soit montré, qu’elle se branle le derche devant lui, et c’est pas tout. Elle les sucera, les doigts, avec ostentation, pour que l’info « traînée qui lèche les doigts qui sortent du cul » lui monte bien au cerveau, elle bavera en montrant bien qu’elle bave, pressera ses nichons, le lait tombera en gouttes blanches bleutées sur la peau noir cuivré de son ventre. Le genre de poitrine qu’on peut chercher des yeux toute la soirée sous les fringues, cette femme est plate, jolie mais plate, à rendre les murs jaloux, à désespérer le moindre bonnet A, et pourtant le lait en gicle blanc et gras sans motif précis, source intarissable, inexplicable. Ce sera un jour où elle se sentira peut-être même carrément belle, mais dans un état de puterie à décontenancer Madame Claude.

— Regarde mes marques de maillot, regarde, je suis bonne, je te plais comme ça ? en agitant l’autre main sur sa fente enflée, au bruit humecté, tapotis, clapotis sonore, flasque, où s’amarrer. Cette femme se répand gentiment.

— Quelle chienne. Viens, viens t’asseoir là, sur mon visage, viens m’écraser, je vais te fourrer ma langue dans le cul.

Il se branlera en bouffant du fion, allongé sur le dos, étouffé entre la chatte et les cuisses rondes, en se retenant de balancer sa purée, en se tordant le corps, la rage de jouir comme un condamné à mort qu’on va exécuter demain à l’aurore, sa dernière jute, comme s’il allait disparaître, comme si c’était la dernière fois, dans une urgence de vie ou de mort. Le mec va se donner comme un agonisant. Comme un détraqué. Oui, c’est exactement ça. Comme un détraqué.

— Allez, vide-moi, j’en peux plus, je me branle trois fois par jour, on garde les politesses pour plus tard, donne-la-moi.

À quatre pattes, la femelle. Deux pouces aux ongles larges écarteront la flottasse, il y fait noir comme le Nigeria, là-dedans, faut suivre le rose pour trouver les entrées. On s’y noie. On peut la matraquer, elle prend bien, de la pouliche de compète, solide, à attraper par le gras, à mordre, à pincer, pincer, claquer, et vas-y que je te tiens par les cheveux. Elle fait des bulles, elle se cambre pour se donner. Autant le nichon est discret, autant le boulard rappelle qu’elle a bon appétit.

— T’as la chatte trempée, t’étais prête à te prendre le premier clébard qui passait, je te rattrape juste à temps, ma salope.

— Mais t’aimes ça. Les roulures, y’a que ça qui te fait bander, c’est pour ça que tu reviens. T’es bien, là, à fourrer ta queue dans la mouille de roulure.

Il divorcera violemment du corps de son amante, sourcils froncés, pour ne pas bâcler. Lui, tout à la contention de son plaisir. Elle, tout à l’abandon.

Par le moucharabieh le piaillement des moineaux, brusquement perturbé par la plainte nasillante, menaçante du muezzin. L’appel à la prière rendu inquiétant par tout le harām qui coulera de leurs corps, comme une promesse d’enfer musulman jurée d’un haut-parleur tout proche. Il retournera dans les 37 Celsius liquides avant la fin de la litanie puis, une fois le silence revenu et les souffles repris…

Tu me tiens par les couilles, ça, c’est clair. Parle-moi encore…

Je te veux, je te veux à mort… baise-moi bien sale, essore-le ton sperme, montre-moi ce que tu as fait à tes autres petites putes… depuis tout ce temps… Elles ont aimé autant que moi ?

Il évitera de répondre clairement, fera un « oui » évasif de la tête, se contentant de bander dru à cette évocation sans être certain qu’il faille vraiment se lancer dans le sujet casse-gueule, est-ce qu’il faudra dire oui ou non, et si il y avait une mauvaise réponse ? Et si il n’y avait que des mauvaises réponses ? Dans le doute, il bandera qu’elle soit lubrique au point de parler de ça, leurs corps pris l’un dans l’autre.

Dis… C’était qui ? Parle-moi de ses seins, t’as aimé ses seins ? Ils sont gros ?

Oui, j’ai aimé, pas très gros, mais qui bougent bien.

Elle s’est bien occupée de toi ? Elle t’a bien sucé, dis ?

Elle s’est très bien occupée de moi, mais elle m’a pas très bien sucé, faudrait que tu lui montres.

Elle n’est pas gouine, mais quand même, ça lui fera quelque chose de penser à cette autre chatte qui aura joui sur cette même queue.

Tu lui as joui où, dis ?

Sur sa gueule.

Elle est belle ?

J’ai pas besoin qu’elle soit belle, j’ai besoin qu’elle me vide quand t’es pas là, mon amour.

Fais-moi comme à elle, montre-moi.

Là… il attrapera un verre d’eau où flotte un glaçon, le boira d’un trait, gardera le glaçon en bouche, le crachera sur les nichons, ça la fera gueuler, à cause du froid. Elle aura le cerveau qui brûle à cause de ce qu’elle vient d’entendre, froid chaud, jalouse mais excitée, cette fille elle l’aime tout en voulant lui crever les yeux, l’envie et la plaint en même temps. La voilà balancer le glaçon sur la géométrie rouge et crème d’un tapis berbère, essayer de lui tirer les cheveux, de se battre, mais avec moins de force que lui, parviendra à le pincer ou à le mordre, et encore. Pas convaincante, un petit peu comique dans sa rébellion à deux balles, alors qu’elle veut surtout se faire mettre. Ilmaintiendra les deux poignets d’une seule main, pour avoir la paix, en se moquant « Tu sais vraiment pas te battre ». Des poignets d’enfant, si petits. Avec l’autre main il esquissera une gifle en forme de caresse, il y arrive de moins en moins. D’où les femmes-trous, qui sucent mal, mais à qui on peut mettre des raclées sans complexes.

— Ça suffit, les conneries, écarte, je vais me branler dans ta chatte, montre-moi que t’es un bon tapin.

Elle ouvrira les jambes avec un sourire de satisfaction, il étalera un crachat sur l’ouverture pour s’assurer de la viscosité des cinq prochaines minutes qu’il estimera être sa dernière ligne droite.

Elle chuchotera encore, peut-être :

— Tu vois, j’ouvre grand, c’est tout à toi, prends… Salis-moi, je me branlerai dans ton sperme.

Il plantera son braquemart dans un bruit poisseux, en la regardant dans les yeux, de ce regard brouillé, siphonné, aux paupières à demi baissées. Un entrelacs de mots d’amour et d’insultes, dans n’importe quel sens, à se cracher dans la bouche en s’embrassant. Disloqués par leur libido, ils seront. À s’en étrangler, l’envie de jouir l’un de l’autre. À y revenir même de loin, même quand ça ne rime à rien d’autre.

Le sperme du jeune homme jaillira sur le ventre de la femme, lourdement, à la même température que l’air ambiant, même s’ils sont assommés de soif, de fatigue, de faim. Elle se finira avec les doigts jouant dans le sirop de bite chaud, à l’odeur pesante et malpropre, calée contre lui, en train de se faire happer par le sommeil. Seront réveillés de nouveau par un autre muezzin.

Ils sortiront quand le soleil aura passé la ligne d’horizon, mieux vaut ne pas lutter, mieux vaut attendre qu’il se couche pour se lever.

Peut-être qu’il déprimera, se demandera ce qu’elle lui trouve vu qu’il est dépressif, fauché et terriblement seul. Pleurera. Ou peut-être qu’il chantera. Ou bien il roulera un joint, c’est autre chose que ce qu’on leur vend en France. Ou il cuisinera.

Ils sortiront à peine, cette semaine-là, dans Casablanca, elle aura trop peur des 50 degrés dehors, c’est hors de question, « je resterai dans la seule pièce climatisée jusqu’à mon départ », ira quand même voir la mer. Ils referont l’amour tous les jours, tous les soirs, un peu moins violemment chaque fois, les corps s’apaisant au fil des orgasmes, au clair de la tendresse, les derniers jours ne seront plus que douceur, apaisement, tranquillité. Ils finiront par travailler dans la même pièce et regarder des films avant de dormir, comme un couple finalement assez banal, et ça les fera bien ricaner, cette banalité. Il la ramènera à l’aéroport. Elle dira « Remercie ton oncle de nous avoir prêté sa maison ». Elle ne dira pas « Quand est-ce qu’on se revoit ? », n’attendra rien, remerciant simplement la vie d’avoir eu cette escale supplémentaire dans ses bras. Il dira« Tu me manques déjà » et elle trouvera ça beau, triste, touchant et doux, et doux. La fois d’après, ils referont à peu près pareil, mais allez savoir où, allez savoir quand. Dans un autre futur de l’indicatif, un peu plus tard dans la saison, puis dans une autre saison, eux qui n’ont jamais eu d’avenir.

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