Osez 20 histoires de sexe sur Internet

Osez 20 histoires de sexe sur Internet

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COLLECTIF

La MusardineOsez 20 histoires



256 pages


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Résumé

Followez ce livre et découvrez le #sexe 2.0
D’’Adopte un mec à Facebook, Internet est devenu LE lieu privilégié pour faire des rencontres faciles, rapides, expérimentales… mais aussi plus chaudes ! Webcam coquine qui dégénère en plan à trois virtuel, plans Q éphémères d’’une twitteuse compulsive avec ses followers, blogging libertin qui dérape en marivaudage sexuel familial…… Un livre idéal pour enrichir vos fantasmes, mais attention : après l’’avoir lu, vous ne verrez plus jamais votre souris de la même façon ! Ce livre est le fruit de la rencontre entre La Musardine et welovewords.com, premier réseau social réservé aux amoureux des mots. Les 20 nouvelles sélectionnées dans ce recueil ont été écrites par les membres de la communauté We Love Words, qui confirme avec panache son rôle de dénicheur de talents.

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Ctrl + Q – Mathias Jambon-Puillet

— Voilà ce que tu vas faire.

Il se passe la main dans les cheveux dans une grande inspiration. Basculé en arrière sur son fauteuil de bureau, il scrute la petite fenêtre de conversation G.Talk au bas de l’écran de son ordinateur portable.

— Il est 10 heures 08. Je veux que d’ici 10 heures 15, tu te sois éclipsé pour te branler. Je ne veux pas savoir comment… tu te débrouilles. À 10 heures 15 pile, j’appellerai directement ton poste. Si tu n’es pas là, un collègue répondra. Ou je finirai au standard. Peu importe qui décroche, je demanderai si tu t’es bien branlé.

Il sourit dans sa barbe, se rapproche du clavier.

— Qu’est-ce qui m’empêche de terminer mon tableau croisé dynamique en retard à la place, et de te mentir ?

Le curseur clignote, réfléchit.

— Je le saurai. 😉

—
 Bien entendu.

— Il est 10 heures 10, tu devrais te dépêcher.

Les toilettes sont trois pâtés de bureaux plus loin. Il court aussi vite que le lui autorise son statut de cadre moyen. Une rapide vérification de la non-présence de ses collègues, et le voilà enfermé face une cuvette en faïence. Il déboutonne son pantalon, où son sexe est comprimé depuis le début de sa mission. Il aime ça. Il aime ce petit jeu et s’empoigne la verge avec délice. Son sexe est déjà bandé. C’est parfait, pas besoin de démarrer quoi que ce soit. Ses premiers va-et-vient suffisent à le faire frissonner. Il pourrait jouir en quelques secondes s’il le désirait. D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’appuyer du bout du pouce contre son gland.
 Non.

Autant en profiter. Il a le temps, une poignée de minutes. Alors, il ralentit, varie le rythme. Il vient prendre appui contre le mur en face, se cambre vers l’avant. Les contractions de son corps le font se mettre sur la pointe des pieds. De nouvelles sensations lui parviennent dans les hanches, le bas du dos. Sa bouche s’est entrouverte sans qu’il en ait donné l’ordre. Le bout lubrifié par les prémices de son sperme, il s’autorise à être plus agressif, plus rapide, plus ferme. 
Quand claque la porte des toilettes.

Bloqué dans son élan, il suit d’une oreille le parcours des bruits de talonnettes contre le carrelage. Il attend, compte les secondes. Mais l’intrus ne part pas, préférant prendre son temps. Peut-être que lui aussi est en train de se masturber. L’idée est séduisante, flotte un instant. Lorsqu’il baisse à nouveau les yeux, c’est pour constater la demi-mollesse de son sexe en même temps que l’heure sur sa montre. 10 heures 14.

Paniqué, il s’astique de plus belle, maudit intérieurement chaque bruit qui s’échappe. Bouffi d’adrénaline, il échappe un orgasme silencieux. Les dents serrées pour ne pas gémir, il prend à peine le temps de respirer à nouveau avant de tirer la chasse. Fébrile, il s’enfuit des toilettes sans demander son reste et court à la poursuite de la sonnerie de téléphone, qui retentit déjà dans tout l’open space.

Arrivé à son bureau, un collègue est en train de décrocher quand il lui arrache le combiné des mains.

— C’est bon, je prends !

Au bout du fil, la voix n’attend pas de savoir qui est au bout du fil pour demander, comme convenu :

— Alors, tu as joui ?

Il inspire.

— Oui.

Expire.

— J’entends que c’est vrai. Merci. Ça me plaît.

Il sirote son café qui n’a de noisette que le nom au retour de sa pause déjeuner-cigarette. Facebook lui redemande son login et mot de passe. Inhabituel, mais il s’acquitte de la tâche. Sur son tableau de bord, l’attendent plusieurs messages et notifications. Il s’apprête à remonter le fil de conversation, quand une nouvelle fenêtre apparaît.

— Dis.

— Quoi ?

— Je crois que j’ai un peu chauffé ta collègue Sandra…

— ?

— Pendant que tu étais pas là, j’ai farfouillé dans ton Facebook parce que je m’ennuyais. Et je suis tombé sur ses photos de vacances. En maillot.

Il jette un rapide coup d’œil à l’open space, s’assure que tout le monde est occupé, et va cliquer sur le profil de la blonde du juridique, puis sur Photos, puis sur Biarritz 2011, puis sur ce qui semble être le meilleur morceau de la série. Effectivement, l’œil alerte distingue tout de la poitrine et des hanches de la dame, dans plusieurs positions hasardeuses, conséquences d’un mari trop peu photographe. Il déglutit, repense aux deux parties de baise furtives du printemps. Elle avait fini après coup, suante de honte, par lui faire jurer que c’était la dernière fois, que c’était fini. 
Mais.

— J’ai liké quelques clichés. De manière tactique attention ! Une photo chiante pour une photo suggestive. Elle s’est connectée presque tout de suite. Alors je lui ai tapé la discute depuis ton compte.

— Putain, j’espère que tu m’as pas encore mis dans la merde…

Il se passe les mains sur le visage, tire sur les poils de ses joues pour rester alerte. Le café fait mal son boulot.

— Tout dépend. Tu as un impératif à 17 heures ?

— Non.

— Parce que tu as rendez-vous avec elle dans le box de réunion B-7 au quatrième.

— Quoi ?!

— C’est une vraie chaude. Sincèrement. J’ai à peine eu besoin de la titiller. Au bout de cinq minutes de chat, elle me reparlait de votre aventure, avec les « … » en fin de phrase et autres smileys ambigus. Sérieux, elle en redemande. Petite Sandra aux cuisses bien seules. On lui doit bien ça.

Sursaut de panique. Il scanne de nouveau les bureaux des yeux. Un collègue lutte avec son pot de nouilles à emporter tandis qu’une autre est elle-même absorbée par son flux Twitter. Personne ne s’occupe de lui, et de sa conversation illicite sur Facebook. Rassuré, il retourne à son clavier.

— Qu’est-ce que je dois faire ?

L’énorme Xerox de l’étage crachote le document qu’on lui a ordonné d’imprimer. Le fichier était déjà prêt dans leur dossier commun Google Docs à la fin de la conversation Facebook. Il est tenté de le lire, mais préfère se conserver la surprise.

Feuille pliée en trois qui dépasse de la poche arrière de son pantalon, l’ordinateur portable sous le bras, il part monter un étage par l’escalier de service. D’ordinaire, il prend l’ascenseur ; cet après-midi, il se cache d’instinct. Son cœur palpite de marche en marche. Son sang pulse.

Sandra est déjà là, derrière la porte opaque du box. La pièce est si petite qu’il ne voit qu’elle. Bonne élève, elle se tient les mains dans le dos, le buste en avant. Elle porte sa robe bleu marine, sérieuse. Il se mord discrètement la lèvre. La première fois qu’il l’a vue avec cette robe dans le hall du rez-de-chaussée, sans encore connaître ne serait-ce que son prénom, sa première pensée aura été de la prendre contre le mur d’en face. Il voulait pouvoir fondre sur elle, en ligne droite, et la pousser jusqu’au bout de la pièce, l’empaler dans la trajectoire la plus droite possible. Le chemin le plus court entre elle et lui.

Il referme la porte sans un mot, avant de poser son ordinateur sur l’un des fauteuils autour de la table basse. Il rouvre l’écran, comme s’il allait réellement travailler, comme si cette réunion était formelle. Il s’assure en réalité simplement que la conversation Skype, webcam allumée, tourne toujours derrière le tableau Excel qui lui sert de couverture. L’autre est toujours là, à regarder, voyeur. Elle est toujours là, à attendre, prête.

Il retire le papier imprimé de la poche arrière de son pantalon.

— Comme convenu. Tu dois lire à voix haute et signer si tu es d’accord.

Il déplie la feuille sur la table basse, face à elle, qui déglutit. Pourpre, elle se baisse pour ramasser le papier et commence à se relever lorsqu’il l’interrompt.

— Non non, ne bouge pas. Comme ça, c’est très bien.

Honteuse, elle s’exécute, elle reste pliée en avant, les cheveux blonds tombant sur son visage. Il en profite pour tourner autour de la table et venir derrière elle placer ses mains sur ses hanches par-dessus la robe. Les lèvres tremblantes, elle entame la lecture :

— Je soussigné Sarah…

Il descend ses mains le long du tissu, sans sentir la bosse d’un sous-vêtement. Il sourit. À présent, lui, la juriste et la caméra de son ordinateur sont parfaitement alignés. Le chemin le plus court entre la webcam et lui. La lentille placée en contre-plongée offre la plus belle perspective de levrette possible. Il se représente la situation sous cet angle. Rien que l’idée lui tiraille la bite.

— … accepte ce jour de me faire…

— Allez. Tu peux continuer, je ne te juge pas. Je suis simplement là, avec toi.

— … de me faire baiser…

Ses mains arrivent à la limite de la robe, et il en profite pour passer dessous, remonter entre ses cuisses. Il glisse contre sa chatte du bout des doigts et ne l’entend plus. La voix de Sandra est devenue bruit de fond, alors qu’il écarte doucement les lèvres de la belle pour venir y plonger ses empreintes. Par réflexe, elle ouvre ses cuisses, penche toujours plus contre la table.

Il s’interroge à voix haute :

— Tu as fini ?

Elle hoche la tête, à moins que ce ne soit le va-et-vient.

— Alors, signe.

Il enfonce son index au plus profond de son intimité et la pousse, le visage jusque sur le papier, comme on manipule une marionnette. Sandra embrasse le bas de la feuille, marque le contrat de son rouge à lèvres.

Il est content. Il espère que le spectateur l’est aussi. Alors, il retire ses doigts de la chatte de sa collègue, s’essuie du jus contre une de ses cuisses et descend à son tour.

Coudes à angle droit, elle s’appuie du plat de la main sur la table pendant qu’il s’affaire entre ses jambes. Sa langue file le long des petites lèvres, jusqu’à son clitoris qui hurle de ne pas avoir droit à plus. Il la tient fermement, les bras autour de la taille. Le bout du nez entre ses fesses, il suffoque de plaisir. De la pointe de la langue, il parvient à s’écarter un chemin vers l’intérieur, dans lequel il engouffre un bon centimètre.

Couinant, terrassée, elle lâche prise et vient poser la tête sur la table, les bras ballants. Il défait sa ceinture, qui produit un son métallique. Elle en sursaute d’excitation. Telle la chienne de Pavlov, elle salive au son de l’emballage du préservatif que l’on déchire. Il lui faudra à peine quelques secondes pour se vêtir. Empoignant sa verge encapotée, dure et les veines gonflées, il se fraye un chemin jusqu’à sa chatte, et glisse à l’intérieur comme dans du beurre brûlant. La cyprine suinte jusque sur ses couilles.

Il profite de la douce chaleur quelques secondes et entreprend de baiser sa collègue avec toute la fougue qu’elle mérite. Sandra étouffe chacun de ses cris, qui meurent à mi-chemin. Pour ne pas se blesser, elle a attrapé le bout de la table, juste en face de l’ordinateur ouvert, et se cramponne avec force. Les chiffres du tableau Excel fondent, elle voit flou, suinte du coin des lèvres. Ses cuisses tremblent. Elle essaie de prendre appui sur ses talons, pour proposer une résistance à la bite qui la plaque au sol.

Peine perdue. Condamnée à jouir, elle attend l’orgasme comme un malade espère être libéré de sa folie. Il sent qu’il peut éjaculer à tout moment. Son bas-ventre entier frétille, tous ses nerfs sont à l’affût. Ils n’attendent que ça, murmurent à son oreille. Gicle. Gicle. Il fixe son regard sur la caméra de l’ordinateur portable. J’espère que tu aimes ça. J’espère que ça te plaît. Il veut jouir, mais surtout pas seul. Il libère une de ses mains, monte lécher son pouce. Il vient ensuite le placer contre l’autre trou de sa camarade de jeu.

Au travers de ses propres sensations, elle sent un début de pression entre ses fesses. Elle veut protester. Mais c’est trop tard. Contre son gré, et sans lui demander son avis, l’étau s’est ouvert puis resserré de lui-même autour du pouce. Douleur et plaisir se mélangent pour ne plus faire qu’un, décuplé. Elle est prise de spasmes. Alors, il se lâche, se déverse en elle en un cri saccadé.

Le couple s’effondre d’épuisement, les muscles tendus et brûlants. Couché sur elle, sur la table, il lève les yeux vers l’ordinateur d’en face. Le décompte des minutes de la conversation Skype continue à s’égrener en bas de l’écran.

— J’espère que tu n’en as pas perdu une miette.

Il fait déjà nuit lorsqu’il gare son scooter devant l’entrée du bâtiment. Un paquet sous le bras, il trottine sous la bruine légère jusqu’à pénétrer dans le hall. Parvenu au bon numéro de chambre. Il toque contre la porte déjà ouverte.

— Jean ?

Jean lève les lunettes de son ordinateur portable. Il tourne la tête et sourit. Sa voix craque un peu.

— Tu es en retard.

Le visiteur s’approche du lit d’hôpital, dépose le paquet à côté du malade. Il rapproche l’unique chaise de la pièce et s’assoit au chevet de son ami.

— C’est de ta faute. J’ai perdu une demi-heure à la poste pour retirer le colis que tu m’as commandé – sur je ne sais quel obscur site, d’ailleurs.

Jean tend ses bras trop fins jusqu’au carton. Les muscles tendus, tremblants, il le soupèse avant d’en déchirer le scotch par à-coups. De l’intérieur, glisse un mince plug anal violet, prisonnier de son emballage plastique à l’illustration criarde. Jean a les yeux qui brillent.

— Encore mieux que sur la photo ! Et pile comme je voulais ! Il me ressemble, mais en moins gros.

Il se penche vers son visiteur. Ses sourcils dansent au-dessus de son regard taquin.

— Je ne voudrais pas que tu me remplaces quand même…

Il est secoué d’une violente quinte de toux. La position ne lui convient pas, mais il semble incapable de se rallonger. Son ami se rue sur lui. Il lui attrape la poitrine d’une main, le dos de l’autre. Lentement, il repose le malade au fond de son lit, vérifie machinalement que le cathéter n’en a pas profité pour se détacher. Ensuite, il attrape l’ordinateur portable au bord du lit. Il en ferme le clapet, le range dans le premier tiroir de la table de chevet.

— Tu sais bien que l’écran te fatigue.

Il repense à toutes les fois où son ami lui a déjà reproché d’être paternaliste et se mord la lèvre. L’autre croise les bras par réflexe.

— J’ai besoin de m’occuper quand je ne dors pas. Et j’ai surtout besoin de m’occuper de toi ! Tu devrais me dire merci, plutôt !

Le valide embrasse le front du malade, qui se détend petit à petit, les lèvres chaudes faisant fondre sa carapace.

— Merci, mon petit Big Brother rien qu’à moi.

Leurs mains se joignent en une étreinte timide qui part se cacher sous les draps.

— C’était bien ? Avec ta collègue Sandra ? Ça avait l’air bien. L’angle était super, je voyais tout. Merci !

— C’était pas mal. Moins sympa que de sucer ta bite, qui me manque horriblement, mais sympa.

Jean rougit. Il ne lui demande pas faussement si c’est vrai. Ils n’en sont plus à ce stade de leur relation.

— J’aime Internet.

— J’aime toi. Idiot.

Ils échangent un silence, entre deux baisers.

 

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