Osez 20 histoires de soumission et domination

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La MusardineOsez 20 histoires


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Résumé

Qui a dit que les jeux de domination appartenaient au passé ? Deux cents ans après la mort de Sade, esclaves et maîtres perpétuent les vices et sévices du divin Marquis avec délectation. Époux cocu qui se venge de l’’infidélité de sa femme et reconquiert son amour en la soumettant, domina expérimentée qui prête son esclave à sa jeune élève pour lui apprendre à dominer, marchand de sommeil crapuleux en proie à la vengeance sadomasochiste des gens qu’’il exploitait, reine cruelle et perverse qui tyrannise sexuellement sa cour, dans Osez 20 histoires de soumission & domination, le SM n’’a jamais été aussi moderne, vivant et inspiré !

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« Le Cadenas » – Octavie Delvaux

Ce jour-là, Émilie lut dans le journal que tous les cadenas du pont des Arts, ces souvenirs accrochés aux grilles par les amoureux pour immortaliser leur union, avaient disparu en une nuit.

Tentative dissimulée des autorités pour éliminer les breloques inesthétiques ? Pied de nez d’un cartel anti-romantisme ? Le mystère demeurait complet.

À la lecture de la nouvelle, Émilie eut un mauvais pressentiment. Elle et son copain Simon avaient suspendu un cadenas sur le pont à leur arrivée à Paris. Depuis, chaque fois que le hasard guidait leurs pas vers la passerelle, ils constataient que l’objet était toujours là, parmi une armée d’autres preuves d’amour narguant la Seine et ses bateaux-mouches. Émilie n’était pas de nature superstitieuse. Pourtant, il lui semblait entrevoir dans cette profanation l’ombre d’un mauvais présage.

L’été arrivait à grands pas. Chaque matin, la chambre des tourtereaux baignait dans une lumière jaune annonciatrice des beaux jours. Les rayons du soleil réchauffaient leurs corps enlacés sous les draps, adoucissant le réveil, qui souvent, s’éternisait dans des étreintes langoureuses.

En faisant le ménage dans son dressing, Émilie découvrit, soigneusement dissimulé entre deux sweat-shirts, un cadenas en tout point similaire à celui du pont des Arts. Elle saisit la breloque, qui se révéla solidaire d’un entrelacs de sangles de cuir bien caché au fond de l’armoire. Sa perplexité fut à son comble lorsqu’elle constata que l’étrange attirail, une fois déroulé, s’avérait constitué d’une laisse et d’un collier de chien.

Le couple ne possédait pas d’animal de compagnie. Et Simon se montrait d’ordinaire peu enclin aux cachotteries. Archétype de l’homme sain, sportif, un brin naïf, il avait séduit Émilie par son franc caractère. Pourquoi avait-il caché ces objets ? Quel usage en faisait-il ? Le cadenas intriguait particulièrement sa compagne, car il était fermé. La clé demeurait introuvable : Simon devait la conserver sur lui. Toutes ces manigances ne lui ressemblaient pas. Émilie voulut lui téléphoner pour lever le malentendu, puis elle se ravisa, sans renoncer pour autant à tirer l’affaire au clair. Afin de ne pas éveiller les soupçons, elle remit tout en place et se promit de surveiller Simon.

Le soir, Émilie accueillit son copain, de retour d’un marathon, avec les effusions d’usage. Cependant, tourmentée par le mystère du dressing, elle peinait à cacher son jeu. Le couple dîna dans la cuisine sans échanger une parole : Émilie n’était toujours pas d’humeur à la confrontation. Puis ils filèrent devant la télévision, paravent idéal des conversations fâcheuses. Par habitude, ils se blottirent l’un contre l’autre sur le canapé, devant un talk-show racoleur qui promettait un sujet sulfureux pour la dernière partie de soirée. Or ce soir-là, la discussion portait sur les excentricités sexuelles. Le présentateur recevait un couple dont l’aspect fit tressaillir Émilie. Une femme masquée, toute de cuir vêtue, trônait sur les reins d’un homme à quatre pattes en combinaison de latex. Tout cela aurait prêté à rire si la femme n’avait tenu en laisse le soumis, qui ne répondait aux questions du présentateur goguenard que par des jappements. « Les chiens ne parlent pas ! » s’exclama sa partenaire pour justifier son comportement, avant de tirer sur la laisse d’un coup sec. Étranglé, l’homme souleva le menton, exposant aux caméras son collier orné d’un cadenas. En d’autres circonstances, Émilie aurait ri de bon cœur, mais se remémorant sa découverte du dressing, elle était incapable de se réjouir.

Sous le choc, elle sentait que son sang bouillait. Comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? L’attitude de Simon devant l’écran ne faisait que confirmer ses soupçons. Lui, d’ordinaire si prompt à la moquerie, ne pipait mot. Son embarras était visible. Enfoncé dans le canapé comme s’il avait voulu s’y dissoudre, il se tapotait nerveusement les genoux, un demi-sourire crispé aux lèvres. Lorsqu’il demanda à changer de chaîne, Émilie ne se faisait déjà plus d’illusion.

Une fois au lit, la jeune femme peina à trouver le sommeil. Terrassée par des images violentes de relations sadomaso, elle ne pouvait fermer l’œil. Simon voyait-il quelqu’un pour assouvir ses fantasmes ? Depuis combien de temps ?

Pourtant, le lendemain, Émilie se réveilla sereine. La nuit lui avait soufflé la solution. Puisqu’elle n’était pas résolue à renoncer à Simon, elle allait se prêter à son jeu. Oui, elle allait lui montrer qui était la Maîtresse des lieux.

Cependant, elle aurait besoin d’aide. Simon étant parti faire son footing aux Buttes-Chaumont, elle en profita pour se connecter à des sites internet de rencontres SM. Après avoir sélectionné l’entrée : « Femme cherche femme dominatrice », elle vit défiler une ribambelle d’annonces et de photos, toutes plus aguicheuses les unes que les autres. Des corps de femmes mûres y côtoyaient des silhouettes de nymphettes dans un déballage de cuir, de vinyle, de poitrines retouchées, de cuisses gélatineuses…

Émilie envoya à toutes le même mail :

« JF débutante souhaite apprendre à dominer un homme. Accepteriez-vous de m’enseigner votre savoir-faire ? »

Les premières réponses furent négatives, et la majorité des sites s’abstinrent de répondre. Seule une personne prit sa demande en considération. Émilie se pencha sur le profil de son interlocutrice : une certaine Mlle Formello, que son annonce définissait comme une « Maîtresse sévère, sensuelle et sophistiquée ». Le reste de la fiche était auréolé de mystère. Sa photo, en noir et blanc, la représentait de dos dans la pénombre. On ne distinguait qu’une silhouette corsetée, aux proportions agréables, surmontée d’un chignon de cheveux bruns qui contrastait avec la blancheur laiteuse de la nuque. La femme tenait dans sa main une fine cravache qui se reflétait en ombre chinoise sur le mur.

La dominatrice lui proposait de la rencontrer dans un café. Elle lui laissait une adresse et un numéro de téléphone. Émilie se présenta au rendez-vous sans avoir la moindre idée de ce qui l’attendait. Son appréhension s’évanouit lorsqu’elle découvrit Albane. La jeune femme, d’une trentaine d’années, frappait autant par sa beauté que par sa simplicité. Elle la salua avec un sourire aimable, qui ne la quitta pas de tout l’entretien. Ses yeux espiègles, sa voix expressive donnaient le ton de la conversation :

— Vous voulez en mettre plein la vue à votre chéri ?

— Je veux lui faire une surprise, c’est pour notre anniversaire de rencontre, dans quinze jours.

— Je ne me sens pas l’âme d’une enseignante, mais je peux vous proposer d’assister à l’une de mes séances.

— Je ne voudrais pas vous déranger.

— Chacune y trouvera son compte : vous verrez comment ça se passe en vrai, et moi, je n’ai rien contre une paire d’yeux supplémentaire, ça pimente le jeu. Quel est votre genre d’homme ?

— Je les aime sportifs et bien bâtis.

— J’ai ce qu’il vous faut : Chicken !

Lorsqu’elle se retrouva dans l’appartement de la dominatrice, Émilie n’en menait pas large. Le fameux Chicken n’était pas encore arrivé, mais sa Maîtresse l’attendait de pied ferme : vêtue d’un tailleur à boutons dorés d’inspiration militaire, elle portait des bas couture et des escarpins vernis aux talons aiguisés. Émilie fut saisie d’effroi lorsqu’elle risqua un regard vers la table où la dominatrice avait disposé son arsenal. Fouets, cravaches, martinets, rangés par ordre de grandeur, trônaient auprès de menottes et de cordes.

On frappa à la porte. Émilie vit Albane prendre une longue respiration.

L’homme qu’elle découvrit dans l’embrasure de la porte était aux antipodes de ce qu’elle avait imaginé. La trentaine, grand, plutôt mignon, il portait un treillis et des rangers qui lui donnaient une dégaine sexy. Mais, ce qui frappait en premier lieu, c’était son regard. Un regard fixe, fier et froid, de prédateur. Il salua Albane avec l’assurance que donne le pouvoir.

Une fois la porte refermée, Émilie comprit qu’elle n’avait assisté qu’à un simulacre de salut. Les vrais hommages furent moins conventionnels. Sans préambule, Albane fit valser la tête du bellâtre d’une paire de claques retentissantes. Les gifles laissèrent le jeune homme sonné. Son regard se voilait.

— Bonjour, Chicken ! Qu’est-ce que tu attends pour présenter tes hommages ?

Le ton cassant d’Albane donnait le « la » de l’entrevue : elle ne souffrirait aucune opposition.

Rompu au cérémonial, l’homme commença par ôter sa chemise en se confondant en excuses. Il dénuda un modèle de torse bronzé. Sa voix, douce comme une caresse, contrastait avec son attitude arrogante devant la porte. Il risqua un regard de biais vers Émilie, qui ne perdait pas une miette du strip-tease. Albane intervint :

— Mon amie Émilie mourait d’envie de voir comment je traite les carpettes dans ton genre. Respecte-la comme moi-même.

— Bonjour, mademoiselle, osa-t-il murmurer en regardant Émilie par en dessous.

Émilie le trouvait touchant. Ce sentiment s’accrut lorsqu’elle vit le corps viril se recroqueviller sur lui-même, puis se prosterner devant la Maîtresse. Calmement, Albane posa son pied chaussé sur la nuque offerte du jeune homme, l’y l’enfonça.

— Te voilà à ta place, dit-elle.

Lorsque le talon de son escarpin pénétra la chair résistante du soumis, celui-ci fut pris d’un tremblement incontrôlable — comme si un souffle de vérité lui parcourait la colonne vertébrale. Mort au monde extérieur, il reprenait vie sous le joug délicieux de sa Maîtresse.

La dominatrice se pencha sur lui, lui souleva le menton du bout de l’index, le regarda dans les yeux. Son œil de chatte maléfique le transperça. Vaincu par l’insistance de ses pupilles, l’homme baissa les yeux pour ne plus jamais oser les relever. Albane lui accrocha un collier de cuir autour du cou.

— Ta marque d’appartenance, tâche d’en être digne !

Puis, le reliant à une laisse, elle lui ordonna de la suivre à quatre pattes.

— Voilà, comme un bon chien.

L’homme, lui emboîtant le pas, la suivit jusqu’au salon. Émilie, troublée par la ressemblance entre le corps de l’inconnu et celui de Simon, les suivait, emportée par le rythme claudicant de leur danse.

Tel un pantin articulé, Albane manipula le garçon en vue de son supplice. Son corps, dont elle lia les poignets, fut étiré au moyen d’une corde qu’elle noua à un crochet du plafond. Puis elle lui banda les yeux. Ainsi offerte, la silhouette athlétique avait encore plus d’attrait. Albane, inspirée par le physique de l’apollon, l’enveloppait de sa présence tentaculaire. Elle semblait être partout à la fois : ses joues, ses mains, ses cheveux, ses ongles cherchaient le corps masculin, le frôlaient, l’agaçaient, pour mieux se refuser à lui une seconde plus tard. Tour à tour, câline, enjôleuse, menaçante, capricieuse, Albane jonglait avec une palette d’émotions.

Émilie demeurait suspendue aux modulations de la voix venimeuse de la dominatrice.

Albane entra dans le vif du sujet en saisissant une forme oblongue qui dépassait de la ceinture du soumis. Émilie eut le souffle coupé en constatant qu’il s’agissait d’un pistolet : l’arme de service de Chicken, surnom dont elle comprenait enfin le sens.

À l’aide du canon de l’arme, Albane fit glisser le treillis et le caleçon du policier le long de ses cuisses. Sa verge bondit comme un ressort. Le jeune homme arborait une érection provocante, qui alimenta les délires sadiques de la dominatrice. Elle prit un malin plaisir à lui pointer le pistolet sur les parties intimes, sans lui faire grâce de ses commentaires. La respiration du soumis, qui soulevait sa poitrine, s’accélérait à mesure que le canon de l’arme le chatouillait.

— Alors, petit poulet, tu fais moins le malin avec un flingue pointé sur ta bite au garde-à-vous ? Et dire que je pourrais faire disparaître cet attirail inutile d’une pression de l’index ! À moins que je te fasse exploser le cul… j’enfonce le canon bien profond, et clac ! Le viol ultime. Qu’en dis-tu ? Je divague, comment pourrais-je encore t’enculer avec le tonfa, après ça ? Ce serait dommage d’abîmer un si beau jouet.

Le soumis, qui avait retenu son souffle, émit un soupir de soulagement lorsqu’il entendit sa Maîtresse reposer l’arme sur la table. Pour la première fois, Albane s’adressa directement à Émilie :

— Il me vient une idée : si nous le flagellions ? Chicken devra deviner qui le fouette.

Elle se tourna vers sa victime :

— Gare à toi si tu ne tombes pas juste, conclut-elle en lui pinçant les tétons du tranchant des ongles.

Émilie n’eut pas le temps de protester. Déjà, la dominatrice l’avait prise par le bras, puis encouragée à choisir dans sa collection de fouets. Albane se munit d’une chambrière tressée, tandis qu’Émilie optait pour une simple cravache.

La dominatrice s’avança sur la pointe des pieds de façon à ne pas être trahie par ses claquements de talons. Elle adressa un clin d’œil à Émilie, puis entama les hostilités. La langue de cuir souple, d’une précision perfide, lécha d’abord les reins du policier, puis s’enroula autour de son torse, avant de s’abattre bruyamment en travers de ses côtes.

Le soumis sursauta, transpercé par la puissance de l’impact. Mais la douleur, sitôt ressentie, sembla se changer en une sensation tout autre. En l’espace de quelques secondes, l’homme fut transfiguré. Une vague de volupté traversa son visage, qu’un sourire empreint de reconnaissance irradiait. En proie aux frémissements de l’extase, ses membres s’alanguissaient. Les coups suivants tombèrent en pluie sonore sur son corps. La dominatrice, enhardie par l’abandon sensuel de sa victime, ne ménageait pas ses efforts pour châtier la chair, qui tressaillait sous les coups. Le fouet cinglait de toutes parts, sifflant, mordant, attaquant la peau élastique, dont l’aspect et la teinte changeaient à vue d’œil. Le soumis ondulait sous la danse du serpent de cuir, sans jamais se départir de son sourire extatique.

Le regard d’Albane, voilé par l’égarement du plaisir, était hypnotisé par sa cible. La transe des deux partenaires les transportait. Émilie, subjuguée, se tenait en retrait, gênée par l’évidence de leur intimité, et pourtant avide d’en voir davantage.

Albane s’arrêta net.

— Alors, poulet, qui était-ce ?

— C’était vous, Madame.

— Bien, répondit sèchement Albane, déçue de ne pouvoir sévir.

Elle fit signe à sa complice de s’avancer pour prendre le relais. Émilie tenta de protester d’un froncement de sourcils, en vain : Albane n’avait pas l’habitude qu’on lui résiste. La novice se posta derrière le garçon encore secoué par l’étreinte magnétique du fouet. Sa main, moite de trac, se cramponnait au manche de la cravache. Elle n’avait aucune idée de la force à donner au coup. Mais une voix lui soufflait qu’elle ne pouvait pas faire moins bien qu’Albane. Elle voulait à son tour connaître la transe, éprouver l’ivresse. Elle compta jusqu’à trois, puis frappa sans retenir son bras. La cravache s’abattit sur la croupe de la victime en sifflant. Le policier bondit, scié par la tige mordante, poings et mâchoires serrés. Au même instant, Émilie sentit une onde électrique se propager dans son bras, la traverser tout du long. Le choc de l’impact résonna dans son ventre comme les répliques d’un tremblement de terre, la laissant aux prises avec un vertige. Tous repères perdus, elle leva le bras pour asséner le coup suivant…

 

Le jour de leur anniversaire de rencontre était enfin arrivé. Depuis son initiation auprès de la dominatrice, Émilie attendait fébrilement ce moment. Elle brûlait de faire connaître à Simon les tourments infligés au policier. Albane lui avait donné une cravache et des menottes qu’elle conservait cachées sous le lit. Pour l’occasion, Émilie attendait son copain en guêpière et bas résille dissimulés sous son peignoir. Elle entendit le cliquetis de la serrure, puis des bruits inhabituels : quelque chose grattait le parquet.

— Chérie, j’ai une surprise pour toi.

— Moi aussi ! répondit Émilie.

Simon la rejoignit dans la chambre. Il tenait dans sa main la fameuse laisse du placard, et il traînait derrière lui un charmant chiot, pataud et débordant d’enthousiasme. Sur son pelage soyeux, luisait le cadenas qui avait causé tant de souci.

— Ça alors ! s’exclama-t-elle, entre rires et larmes, tandis que le chien lui léchait la paume.

— Et ma surprise ? questionna Simon.

Émilie entrouvrit son peignoir… Ils firent l’amour comme d’habitude : tendrement et simplement. La jeune femme, écrasée de déception, s’endormit en visualisant le fouet qui trônait toujours sous son lit.

Elle se promit de rappeler Albane le lendemain.

 

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