Osez 20 histoires de voyeurs et d’exhibitionnistes

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COLLECTIF

La MusardineOsez 20 histoires


exhibitionvoyeurisme


256 pages


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Résumé

Qui n’’a jamais rêvé de s’’exhiber ?
Vous aimez mater votre voisin ou votre voisine d’’en face ? À moins que vous ne préfériez vous exhiber devant vos fenêtres ? Dans un cas comme dans l’’autre ce livre est fait pour vous ! Plus inspirées que jamais, les plumes de la collection « Osez 20 histoires » ont en effet exploré toutes les situations possibles : femme qui drague des amants de passage dans le seul plaisir de s’’exhiber avec eux devant son voisin, couple qui découvre un système de vidéosurveillance dans une maison de location et décide de s’’amuser un peu, femme esseulée amoureuse de sa voisine qu’’elle photographie en compagnie de ses amants, couple qui découvre les joies de l’’exhibitionnisme à l’’occasion d’’un flagrant délit de fellation sur un parking d’’autoroute… De pages en pages, les auteurs de ces vingt nouvelles érotiques exhiberont leurs fantasmes les plus inavouables pour votre plus grand plaisir voyeur.

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Avis de recherche – Anne de Bonbecque

Mes parents m’ont installée dans ce petit appartement sombre, ne sachant que faire de moi, tant je suis inapte au travail qu’à séduire un homme qui, à leur place, subvienne à mes besoins. Je suis loin, en effet, d’être un canon de beauté, et je ne fais aucun effort pour m’améliorer. Je suis née avec un œil en moins, et n’y suis pour rien. Je ne rate d’ailleurs pas une occasion de reprocher ce fâcheux handicap aux auteurs de mes jours. Je suis plutôt bien faite, mais j’ai gardé la brutalité des gestes d’une petite fille. J’attire des hommes que mon étrange visage excite : des pervers. Je les déteste, et suis plus sensible aux charmes féminins. Borgne, j’ai une vision du monde nécessairement différente. Le sexe féminin est pour moi un grand œil, différent d’une femme à l’autre, comme un regard. Une camarade étudiante aux Beaux-Arts avait accepté que je la visite du bout des doigts. J’en garde un souvenir bouleversant : mes doigts se promenaient dans ses chairs moites, palpitantes, pleines de recoins et d’aspérités, de bosses et de creux, de vagues, d’enclaves sombres et rugueuses, de gisement de cyprine. Un voyage au centre du monde. Courbet avait vu juste. Une autre amie, ivre, m’avait laissée coller mon œil à sa vulve, pour me permettre de voir de plus près.

Mon propre sexe ne m’intéresse pas. Je ne me masturbe jamais. Je me sens d’ailleurs asexuée, n’appartenant ni à un genre ni à l’autre. Mon premier petit ami, qui fut aussi le dernier, ne pouvait obtenir de moi ce qu’il désirait. J’acceptais de le sucer longuement, profondément et avec beaucoup d’application. Cette pratique me plaît beaucoup, je trouve qu’elle relève davantage du jeu que de la sexualité véritable, comme la sodomie. Il qualifiait mon anus de deuxième œil, mon vagin lui étant interdit. J’aimais qu’il dédramatise mon handicap. Je l’autorisais à m’enculer pour les grandes occasions. Il pensait que je redoutais de perdre ma virginité, et s’accommodait de la situation. Un jour d’été, il est parti avec une autre.

De mon appartement, donnant sur une rue étroite, je pouvais espionner mes voisins à loisir. Je ne faisais d’ailleurs plus que cela. J’avais des jumelles, des caméras, un appareil photo avec téléobjectif, je songeais même à m’offrir un télescope. J’étais mieux équipée que le grand observatoire. Je réalisai le film de la vie de mon voisinage, et restai dans l’obscurité, afin de voir sans être vue.

La voisine qui m’excitait le plus était une grande brune élancée. De ma chambre, j’avais une vue plongeante sur la sienne. Je voyais tout, et elle me facilitait la tâche, vivant face au grand miroir de son armoire. Les films expérimentaux que je réalisais sur elle étaient les plus beaux. Elle avait de nombreux amants, un véritable défilé de queues en érection. Je pensais qu’elle se prostituait. Pourtant, je n’ai jamais vu quiconque lui glisser un billet. Peut-être était-elle tout simplement nymphomane. Comme moi, elle avait l’air d’aimer tout particulièrement se faire sodomiser. Quand sa fenêtre était ouverte, je pouvais l’entendre gémir, malgré les bruits de la rue. Je rêvais de pouvoir placer des micros dans son appartement pour savoir tout d’elle. Je ne vivais plus que par procuration. Pendant qu’elle s’absentait, je visionnais les vidéos.

Elle non plus ne se masturbait pas. Pas dans son lit en tout cas. Peut-être jouait-elle avec son trou sous la douche. Je ne pouvais pas le savoir, et cette incertitude me rendait folle. Car j’étais folle. Si elle découvrait qu’elle était filmée en permanence, je risquais des ennuis. Bien sûr, je gardais les précieux clichés et vidéos pour mon usage personnel. Mais j’allais trop loin : elle était devenue mon addiction.

Une nuit, elle était rentrée avec deux grands types très imposants. Je n’en croyais pas mon œil. Le premier, moustachu, sortit sa bite en érection devant le visage de ma voisine, assise sur son lit. Elle commença à le sucer goulûment. L’autre prenait des photos.

J’étais éberluée. Je sentais l’excitation monter en moi, j’avais envie de me caresser, mais résistai. Vilaine ! La cyprine coulait le long de mes jambes.

Il enfonçait son sexe loin dans sa gorge. La fenêtre était malheureusement fermée, je ne pouvais donc pas les entendre. Que j’enviais ce moustachu ! L’homme à l’appareil photo semblait leur donner des ordres. Elle arrêta alors de pomper le moustachu pour débraguetter le photographe. Il continuait de la viser de son objectif pendant qu’elle aspirait l’énorme verge avec application. Pendant ce temps, le moustachu se déshabillait. Ma belle voisine abandonna son œuvre, ôta ses vêtements et s’installa à genoux sur une chaise, les seins contre le dossier, face au miroir de la grande armoire. Elle s’écartait les fesses avec ses mains. Ainsi, je vis tout de son intimité. Cette image était splendide. La lueur d’une faible lampe l’éclairait. Si seulement j’étais un homme, j’aurais pu lui plaire.

Moustachu s’accroupit pour placer son visage devant le sexe de ma belle brune. Il la léchait avidement. La moustache devait la chatouiller. Je frémissais à cette idée. À deux mains, il écartait le cul de la jeune femme, et semblait, avec sa langue, ne rien manquer de ses deux orifices : du point d’observation où je me trouvais, il paraissait boire son jus, et il lui titillait l’anus, cette rose qui s’épanouissait sous son doigt. Le photographe shootait toujours, la queue à l’air, bien raide. Il posa son appareil photo pour sortir un petit tube de sa poche. Du lubrifiant, sûrement.

Moustachu cessa la dégustation. J’eus le temps d’admirer le sexe bien rasé de ma voisine, grand ouvert, offert au regard des deux hommes, et au mien. À ma grande surprise, elle échangea sa place avec le moustachu. Le spectacle était soudainement plus décevant : ses gros testicules pendaient, il se branlait d’une main. Ses fesses étaient très poilues, ainsi que son dos. Diantre ! Pourquoi les choisissait-elle toujours si repoussants, elle si belle, si délicate, si fragile ? Elle se saisit du tube, et avec vigueur, enduisit de lubrifiant l’anus de Moustachu. Son doigt, happé, disparaissait dans le cul poilu. Elle avait l’air de s’amuser. Pendant qu’elle fouillait le grand moustachu avec deux doigts, elle léchait goulûment le gland du photographe. L’homme la saisit par les cheveux pour l’entraîner sur le lit, laissant Moustachu fesses écartées, face au miroir. Celui-ci pouvait ainsi voir leur reflet sans tourner la tête, attendant son heure. Il serait enculé sans états d’âme.

Le photographe baisa ma belle amie en levrette, en envoyant sur ses fesses des claques rythmées, ce qui n’avait pas l’air de lui déplaire. Tous deux, de profil, étaient gracieux. Elle se cambrait le plus possible, ses petits seins bougeaient en cadence. D’une main, il s’agrippait à ses cheveux, de l’autre, il la fessait. Elle semblait en transe.

Le photographe la plaqua sur le ventre. Elle était si belle dans sa posture de soumise au désir de cet homme ! Il reprit son appareil photo au moment où Moustachu, qui bandait toujours, quitta son trône pour venir enculer son offrande, laquelle attendait avec dévotion. Sa queue glissa très facilement. Elle serrait ses jambes pour mieux l’emprisonner dans l’orifice déjà très étroit. Il faut dire qu’elle en avait l’habitude – je pouvais en témoigner. Moustachu se positionnait étrangement, pour que le photographe puisse capter la scène dans les moindres détails, c’est-à-dire l’anus assailli, défoncé, enserrant l’énorme queue. Elle s’accrochait aux barreaux de son lit. Un lit à barreaux : encore un truc de vicieuse. J’aurais voulu être à la place du photographe, pour voir de plus près comment le cul gourmand de ma voisine accueillait le chibre de ce géant.

Abandonnant son appareil photo, le photographe se joignit à eux, en glissant son gland dans le cul du moustachu, qui ne broncha pas. Bien au contraire, il continuait à s’occuper des arrières de ma voisine lubrique. Je regrettais de ne plus très bien la voir, sous ces deux satyres. Comment respirait-elle dans cet enchevêtrement ? Ils avaient l’air d’une pièce montée.

La configuration du croc-en-jambe changea enfin. La brunette chevaucha le photographe allongé sur le dos, pendant que Moustachu recommençait à lui chatouiller l’anus avec sa langue. Elle était déchaînée. On aurait cru un succube échappé des enfers pour se gonfler de testostérone brute. Moustachu, qui décidément se passionnait pour l’anus béant de la créature infernale, y enfonça à nouveau sa queue. Visiblement, elle n’attendait que ça. Prise en double par les deux cerfs en rut, elle m’apparaissait moins sensible et vulnérable qu’auparavant. C’était elle qui, insatiable, maîtrisait la situation. Elle renversait la nuque en arrière, griffait, accrochait ses ongles à la chair du photographe.

Ce dernier manquait tout de même à son devoir. Heureusement, j’étais là, et filmais tout. Je me demandais où les deux foutres allaient jouir. L’artiste, qui perdait une scène capitale en privilégiant son plaisir personnel, ne manquerait sans doute pas le dernier acte, celui de la jouissance. Je ne me trompais pas. Moustachu se retira de l’anus du succube, qui se laissa glisser sur le côté pour libérer le photographe, lequel se releva et se remit au travail. Assise sur la chaise devant le miroir, elle ouvrit grand la bouche et Moustachu gicla au fond de sa gorge. Elle avait l’air d’aimer cela, elle se léchait les babines comme une bête. Moustachu se mit à genoux devant son maître, afin d’être nourri à son tour.

Ils se rhabillèrent rapidement tous les trois, et filèrent. Peut-être l’emmenaient-ils dîner ? J’étais étonnée qu’ils partent dans la précipitation, sans même prendre le temps de se reposer.

Je me retrouvai donc seule. Bouleversée, j’avais même envie de faire l’amour. Un instant, je songeai à rappeler mon ex, mais n’en fis rien. J’étais déjà excitée à l’idée de revoir, le lendemain, la vidéo de la scène de luxure offerte à mon regard vicieux et attentif.

Je la guettais, j’avais hâte qu’elle rentre seule, hâte de l’avoir pour moi, en tête à tête. J’étais amoureuse d’elle. Mais elle ne revenait pas. Six jours passèrent. Je ne mangeais plus. Je ne sortais plus de chez moi, et attendais. Où était-elle ? Partie en vacances avec les deux barbons ? J’en doutais : elle n’avait rien emporté avec elle, pas même une veste. Devais-je prévenir la police ? Mais comment expliquer à la police la raison de mon inquiétude ? J’étais perdue. J’étais peut-être la seule à savoir qu’il se passait quelque chose d’anormal. Était-elle séquestrée ? Non. Elle avait l’air d’être partie de son plein gré. Dix fois j’avais revu la vidéo des ébats. Elle s’était habillée en vitesse, sans même remettre ses sous-vêtements, et avait suivi les deux hommes. Elle était pressée, mais pas forcée.

Trois jours plus tard, je reçus une convocation de la police. J’étais donc démasquée. Ils devaient savoir pour les vidéos, pour mon travail précis d’espionnage. J’allais finir en prison, battue, violée, j’en étais certaine. Que faire ? Mentir ? Amadouer les policiers ? Appeler tout de suite un avocat ? Et si on me reprochait tout simplement de ne pas avoir prévenu immédiatement de l’enlèvement ? Non-assistance à personne en danger ? Ridicule, elle n’avait pas été kidnappée. Mais cela, sans doute étais-je la seule à le savoir. Devais-je apporter mes œuvres volées ? Non plus. Du calme. Un détail peut-être m’avait échappé dans les vidéos. Mais je n’étais pas censée avoir filmé ma voisine, ni même l’avoir espionnée. Cependant, j’étais torturée par un sentiment de responsabilité à son égard.

Le commissaire m’attendait. Je me voyais déjà menottée, passée à tabac. Pas du tout : l’homme, charmant, m’installa confortablement dans un fauteuil, me proposa du café, des sandwiches et ne semblait pas chercher à me piéger.

Il me montra une photo de ma voisine.

— Connaissez-vous cette personne ?

J’hésitai. Inutile de mentir. Si elle était morte, j’en avais déjà bien assez fait.

— Oui, cette jeune femme vit dans l’appartement en face du mien.

— En effet, mademoiselle. Et c’est pour cette raison que nous avons convoqué tous vos voisins, sans succès. Vous êtes la dernière. Que savez-vous d’elle ?

— Pas grand-chose. Je ne travaille pas et suis souvent chez moi. Alors parfois, je la vois qui rentre, tard dans la nuit, elle allume une lumière. Je dors mal, voilà tout.

— Pensez-vous qu’elle ait des activités suspectes ?

— Je l’ignore. Pour tout dire, j’ai remarqué qu’elle rentrait souvent avec des hommes, mais je n’en sais pas plus. Cela ne me regarde pas. C’est une jolie fille, pourquoi n’en profiterait-elle pas ?

— Certes. Mais vous vous doutez bien que si nous avons lancé un avis de recherche sur cette personne, c’est qu’il y va d’une affaire plus grave que quelques liaisons. Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ?

Avis de recherche… Elle était donc peut-être en vie ? Allait-on la retrouver grâce à moi ?

— C’était il y a dix jours exactement. Je m’en souviens bien parce que je ne dormais pas, je fumais une cigarette à la fenêtre, et je l’ai vue rentrer accompagnée de deux hommes. Je ne voulais pas les espionner.

— Deux hommes. Que s’est-il passé ? Qu’avez-vous eu le sentiment d’espionner ?

— Ils ont fait l’amour tous les trois.

Allait-on me passer les menottes ? Non. Le commissaire caressait le dessous de son nez avec son index. J’avais lu des livres sur l’interprétation de gestes. Le commissaire était excité. Cette fille émoustillait donc tout le monde.

— Pourriez-vous identifier ces deux hommes ?

— Je ne sais pas…

Oui, bien sûr que je le pouvais ! Je les avais filmés, ainsi que tous ses partenaires depuis que j’avais emménagé.

Le commissaire sortit – vous l’aurez deviné – une photo de Moustachu et du photographe.

— Ce sont eux ?

— C’est possible… Il y a une grande ressem­blance.

Le commissaire me tendit un paquet de photographies, je les scrutai, l’œil grand ouvert.

— Avez-vous déjà vu ces personnes ?

— Oui, ce sont ses amants.

— Ses amants, comme vous dites, sont des membres de sa famille, que nous avons retrouvés, jetés dans le canal. Ils étaient morts avant la noyade, égorgés de la manière la plus cruelle.

Mon cœur battait la chamade. Je pâlis : je ne sentais plus mes mains, ni mes lèvres. J’aimais une meurtrière. Mais pourquoi baiser les membres de sa famille avant de les assassiner ? J’avais besoin de réfléchir. Était-ce une vendetta ?

— Je ne me sens pas bien…

— Mademoiselle, vous êtes peut-être notre unique témoin. Êtes-vous certaine d’avoir vu toutes ces personnes dans l’appartement de votre voisine ?

Je songeai à tout avouer, à livrer mes vidéos à la police. Mais il fallait que je réfléchisse encore.

— Oui, j’en suis certaine. Je ne me sens pas bien…

— Pardon mademoiselle. C’est beaucoup pour aujourd’hui. Mais je dois vous placer sous la protection de la police, parce que vous en savez assez long sur une dangereuse criminelle.

Criminelle… mon amour, ma vie, une cri­minelle !

Le policier me raccompagna. Je tremblais d’é­motion.

En arrivant, j’eus l’impression que l’immeuble était étrangement calme. Un silence de mort. Chez moi, régnait une envoûtante odeur de jasmin. Elle était là, tapie dans l’ombre, je le pressentais. Les enregistrements vidéo avaient disparu de leur cachette. Je ris aux éclats.

 

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