PERVERSES PATIENTES

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BARRIOL Alain

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au travaillesbienvieux et jeune



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Résumé

Frais émoulu de la fac de médecine, Jacques remplace son parrain, pendant l’’été, dans une grosse bourgade du Rhône. Les « examens médicaux » insolites vont se succéder à un train d’’enfer. Une mère lui amène une grande jeune fille qui semble souffrir d’’anémie. En effet, elle est pâlotte, renfermée. Mais elle saura vite, avec son médecin, franchir toutes les bornes de l’’impudeur et des aveux les plus lubriques. Dans le dispensaire d’’un certain organisme, le voici aux prises avec deux jeunes tripoteuses portées sur les plaisirs de Lesbos. Mais pour autant, elles n’’ont rien contre les jeunes médecins. Une jeune personne qui s’’est donné une entorse éprouve une envie pressante… et notre médecin se dévoue volontiers. Et voilà que la pharmacienne éprouve des douleurs lombaires, un massage fessier s’’impose, pas vrai ? Et de la fesse, on passe aisément à la cuisse, de la cuisse… Vous ferais-je un dessin ?

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CHAPITRE PREMIER

Le docteur Nevel leva son verre et proposa un toast en l’honneur de son filleul, Jacques Moras, qui venait de soutenir sa thèse de médecine. La famille était réunie pour célébrer ce moment faste, consécration d’années d’efforts et de sacrifices.

— Mon cher Jacques, c’est toute ta famille que tu honores aujourd’hui. Ça y est, te voilà toubib pour de bon, et, crois-moi, tu as l’étoffe d’un grand médecin !

Jacques rougit, les yeux bleus embués, et leva sa coupe de champagne. Sa mère l’étreignit sans pouvoir retenir des larmes de joie. Elle, petite ouvrière de la Croix-Rousse, avait un fils médecin !

Jacques prononça quelques mots à son tour, avec cette intensité dans la voix qui le rendait si séduisant auprès des infirmières, leur faisait dire qu’il ressemblait à Montgomery Clift. Il remercia ses parents de leur appui, son parrain de ses conseils et finit sur une note solennelle, avec des sanglots dans la voix.

— Que ce 24 juin 1963 reste gravé dans nos mémoires à tous !

Nevel avala son champagne d’un trait, masquant la grimace qu’avait provoquée le ton pompeux du jeune homme. Pour qui se prenait-il, pour Bonaparte ? Que diable, il n’était que médecin, pas Premier consul !

Le repas commença, ponctué de rires et de quelques larmes maternelles, et l’humeur de Nevel s’égaya. Outre l’affection qu’il portait au jeune homme, il avait des raisons plus égoïstes de se réjouir de la présence d’un autre médecin dans la famille : pour la première fois depuis presque dix ans, il allait pouvoir prendre de vraies vacances. Son remplaçant au cabinet était tout trouvé.

Six semaines plus tard, Jacques chantait à tue-tête dans sa Dauphine, vitres ouvertes, tandis qu’il roulait à vive allure sur la N 86 ensoleillée. Le ciel bleu, les paysages superbes des Côtes du Rhône avec ses vallons semés de vignes, ses maisons au bord de l’eau aux façades envahies de lierre, le mettaient en joie. A sa gaieté bien naturelle, se mêlaient fierté et orgueil à l’idée d’être Le docteur, celui que tous les villageois salueraient bien bas, un être au-dessus du commun.

La perspective de remplacer un mois durant son parrain, en tant qu’unique médecin de Saintes-Murgues-du-Rhône, n’allait pas sans trac. Une belle trouille, même. Serait-il à la hauteur ? Tous ses faits et gestes seraient épiés, rapportés, jugés, il en était conscient. Il lui faudrait se montrer digne de la confiance que lui accordait Nevel.

Nevel l’attendait devant la maison, la 403 déjà chargée de bagages, les enfants piaillant autour de la voiture, excités à l’idée de prendre la route.

Il le gratifia d’une accolade et l’attira dans les deux pièces du rez-de-chaussée dont il avait fait son cabinet. Il fit asseoir le jeune homme dans son fauteuil, derrière l’imposant bureau de chêne.

— Alors, docteur, quel effet ça fait ?

Jacques eut un rire embarrassé, à la fois ravi et intimidé.

— Surtout, ne t’en fais pas ! Les gens sont solides par ici et à cette époque de l’année, cela me surprendrait qu’il y ait un seul malade.

Il passa derrière Jacques et lui posa la main sur l’épaule.

— Cela te laissera un ou deux accidents de tracteurs, les inévitables bagarres de bal, les touristes attaqués par des couleuvres et, bien sûr…

Il marqua une pause, sa voix grave prenant une tonalité amusée.

— Tous ceux qui seront curieux de voir à quoi tu ressembles !

Il acheva son tour du bureau et se rassit en face de Jacques qui l’écoutait religieusement.

— Je devrais plutôt dire celles ! Parce que, vois-tu, tu t’apercevras bien vite que le mal le plus répandu par ici – surtout à la belle saison –, c’est le bovarysme, une certaine langueur qui provoque chez les épouses oisives une insatisfaction chronique.

Il éclata d’un rire tonitruant devant la mine inquiète de Jacques.

— Pas de quoi inquiéter un séducteur dans ton genre !

Jacques rougit malgré lui, et eut quelques difficultés à se concentrer sur le reste des recommandations de son parrain. Quand, enfin, le docteur Nevel et sa famille s’éloignèrent dans la 403 flambant neuve, Jacques fut saisi d’une excitation fébrile. Il avait hâte d’être au lendemain, d’accueillir les premiers patients et de les épater par son érudition.

Après avoir fait maintes fois le tour de la maison, répété, comme un acteur avant la générale, chacun de ses gestes du lendemain, il prit une douche, enfila son complet neuf et partit à la découverte du village assoupi en ce samedi après-midi.

 

Il alla dîner au Coq Rôti, l’hôtel-restaurant de Saintes-Murgues, dont la terrasse donnait sur le Rhône. L’air était tiède et la terrasse bondée, la plupart des tables occupées par des vacanciers qui faisaient étape sur le chemin du Midi ou par des touristes étrangers qui remontaient vers le nord.

Il se fit connaître, ce qui lui valut aussitôt un traitement de faveur. La matrone, qui l’avait accueilli en bougonnant, se détendit et le gratifia d’un large sourire, avant de se retourner vers la cuisine, criant d’une voix autoritaire :

— Mariette, mets une table pour le docteur ! Et tâche de te dépêcher !

Dès qu’il la vit, Jacques fut reconnaissant au destin. De l’avoir amené jusqu’ici, d’abord, et ensuite d’avoir fait en sorte que l’affluence oblige la dénommée Mariette à quitter son bac à plonge. Elle portait un tablier élimé sur lequel elle s’essuya les mains avant de venir à sa rencontre. Grande et élancée, ses cheveux blonds en désordre encadrant son visage aux traits délicats, elle s’approcha d’une démarche gracieuse. Jacques, le cœur battant, l’aida à dégager une petite table, s’efforçant non sans mal de regarder ailleurs que dans le profond décolleté de sa blouse qui laissait deviner la fermeté de sa poitrine.

Emu, Jacques était persuadé d’avoir trouvé sa Cendrillon.

— Je suis navré de vous causer ce dérangement.

Elle leva vers lui de grands yeux verts en amande dont le regard était curieusement inexpressif. Elle haussa les épaules avec un air de complète indifférence.

— Qu’est-ce ça peut faire ? Le boulot, c’est le boulot, hein ?

Jacques crut un instant qu’elle plaisantait et qu’elle imitait le parler des paysans du cru, mais elle continua sur le même ton, le gratifiant d’un nouveau lieu commun en dressant le couvert avec mollesse. Il chercha son regard, le trouva toujours aussi vide. La patronne revint vers eux.

— Ma pauvre Mariette ! Ah, t’es vraiment pas aidée par la nature, toi ! Active un peu !

La jolie blonde haussa de nouveau les épaules, signifiant qu’on ne pouvait lui demander davantage, avant de s’en retourner vers la cuisine.

Sans pouvoir détacher les yeux de ses longues jambes fuselées, de sa croupe aux proportions parfaites qui tanguait sous la blouse, Jacques prêta une oreille distraite à la patronne.

— C’est ma nièce, je la prends par charité. Elle est belle fille, mais elle est simple, la pauvre. Pas plus de cervelle qu’un moineau !

Jacques eut du mal à trouver le sommeil. Sa fébrilité, son impatience ne s’étaient pas calmées. En se tournant et retournant dans le grand lit dont il faisait grincer le sommier, il s’imaginait avec Mariette. Il se voyait devenir son pygmalion, rêvant de lui insuffler un peu de son intelligence pendant qu’elle lui abandonnait son corps de rêve.

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