POKER CRAVACHE

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RIFFAUD François

ContraintesMedia 1000


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Broché / 122 pages


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Résumé

Il ne faut ni bouger, ni crier, ni pleurer, ni gémir. Si la jupe tombe, la fille est aussitôt éliminée, puisqu’elle ne doit pas faire un mouvement… La jeunesse dorée de province passe le temps comme elle peut. Le dernier jeu en vogue est ce concours d’endurance : supporter stoïquement cinquante coups de cravache ! Certaines candidates essaient pour se rendre intéressantes et s’exhiber. D’autres pensent à la prime offerte. Odile aimerait tenter sa chance. Mais elle a peur de ne pas réussir. N’y aurait-il pas moyen de s’entraîner, de s’habituer à la souffrance ? À qui demander un service aussi délicat ? À Serge, que personne ne connaît ? Que voudra-t-il en contre-partie ? Ce concours fait régner un vent de folie : il faut se méfier des autres concurrentes et des bonnes copines, et les garçons en profitent pour exiger des choses vraiment répugnantes. Après les jeux de rôles et le strip-poker, ça devient de plus en plus dur, d’exister. Dur, dur !

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I – La bande à Régis

Le patron du café hésite toujours à chasser la bande à Régis, même au delà de l’heure de fermeture. Ils viennent rarement à moins de cinq ou six et boivent des whiskies ou des boissons coûteuses… De plus, ils saturent de monnaie le juke-box, le flipper et les deux nouveaux jeux-vidéo. Ce serait maladroit de mécontenter d’aussi fidèles clients…

Pourtant, ce soir, l’ambiance est morose. Les couples se pelotent en chœur à leur table habituelle. Thierry, le frère de Régis, est absent et Odile, sa petite amie, s’ennuie un peu plus que les autres, toute seule dans son coin.

D’abord, le patron a cru que l’inconnu faisait partie de la bande. Avant d’entrer dans le café, il a regardé à travers la vitre comme s’il cherchait quelqu’un, levant la main pour masquer les reflets. Or, à ce moment-là, il n’y avait déjà plus que Régis et ses amis. Mais il est allé s’asseoir un peu à l’écart, a sorti de son blouson un petit carnet sur lequel il s’est mis à griffonner. Après quelques minutes, il s’est redressé pour boire une gorgée de bière en observant distraitement le groupe de garçons et de filles installés devant lui.

Accolés deux par deux, ceux-ci parlent un peu, pour meubler le silence entre deux airs techno. Ils se lancent des regards vides, s’embrassent sans conviction. De temps à autre, Albert, un grand rouquin, essaie d’être drôle, mais ses amis rient à peine de ses plaisanteries et le calme revient.

Au bout de la table, la fille seule trace des figures géométriques sur la table avec l’extrémité noircie d’une allumette.

L’arrivée de l’inconnu a provoqué quelques commentaires. Marie, une grosse poupée blonde accompagnée d’un barbu, se retourne pour l’observer. Soudain, elle se détache de son partenaire, se lève en balançant ses rondeurs charnues et s’approche du buveur solitaire.

— Ne restez pas tout seul. Venez donc vous joindre à nous. Nous avons une amie qui est seule et qui s’ennuie…

L’inconnu lui sourit, mais il n’a pas le temps de répondre. Albert, le grand dadais roux, se met à rire, et reprend l’invitation à sa manière.

— Mais oui, venez donc, crie-t-il de sa place. Regardez comme notre petite copine s’ennuie toute seule. En vérité, elle n’attend que vous !

L’inconnu referme son petit carnet, le glisse dans son blouson et suit Marie en emportant son verre.

— Je m’appelle Serge.

Albert lui présente les autres, énumère les prénoms.

— Elle est mignonne, n’est-ce pas ? clame-t-il en pinçant sèchement le menton d’Odile, la brune isolée.

— En effet…

Odile a une vingtaine d’années. Ses cheveux bruns sont ramassés derrière la nuque et maintenus par une grande boucle fluorescente, ce qui souligne la forme d’amande de ses yeux. Elle dégage un charme indéniable, mais Serge se contente d’acquiescer aux paroles du rouquin.

— Il faut que vous restiez avec elle, insiste celui-ci. Son mec est absent jusqu’à la fin de la semaine, et elle est en manque, comme vous voyez…

Albert semble intarissable. Les autres paraissent soulagés d’avoir enfin trouvé un dérivatif à leur morosité. Ils se lancent des sourires entendus tout en observant les réactions de Serge et d’Odile.

— C’est une fille très bien… Elle a encore très peu servi…

Blessée par les remarques d’Albert, la brune cherche à rencontrer le regard du nouveau venu, et quand elle le croise, elle lui lance une œillade maladroite.

— D’ailleurs, regardez ! continue le rouquin en écartant brutalement le col de son chemisier. Elle ne porte même pas de soutien-gorge…. Quand je vous disais qu’elle vous attend ! Elle vous attend ! Elle est déjà prête pour vous… Et ces roberts, matez-moi ces roberts !

Charles, le barbu, ricane. Odile devient écarlate, mais n’écarte pas la main d’Albert. Ses seins volumineux remontent vers l’échancrure de son corsage au rythme oppressé de sa respiration.

Serge trouve l’exhibition d’un goût douteux. Il se lève et se tourne vers la grosse poupée blonde qui l’a invité.

— Excusez-moi, dit-il froidement. J’avais cru comprendre que vous vous amusiez… Il vaut mieux que je parte…

Avant que Serge ne soit debout, Odile se dresse devant lui.

— Je suis baisable, vous savez !

Les yeux étincelants, les pommettes écarlates, elle ouvre son corsage. Un bouton de nacre roule sous la table avec un bruit cristallin. Elle ne porte pas de soutien-gorge. À deux mains, elle écarte les pans de son chemisier.

— Vous pouvez tâter ! Allez-y !

Elle écume de rage. D’humiliation.

— Mademoiselle, je pense que vous êtes assez désirable pour ne pas avoir besoin de ce genre de démonstration. Alors, si tout cela n’a pour but que de distraire vos amis, vous devrez continuer sans moi…

La fille a des seins splendides, fermes et gonflés, accrochés haut sur un buste gracile. Elle les agite à quelques centimètres du visage de Serge, les écarte, les rapproche en les faisant bondir.

— Vous avez raison, intervient Régis. Il y a maldonne… Rasseyez-vous, je vous prie… Et toi, rhabille-toi !

Son élégance tapageuse atteste de sa position de chef de la bande. L’ascendant qu’il exerce sur ses amis provient autant de son aisance financière que d’une amabilité à la fois flegmatique et autoritaire.

Tout le monde redevient grave et Odile referme son corsage, avec une attention exagérée, pour se donner une contenance. À l’emplacement où le bouton a sauté, le tissu bâille, laissant paraître le sillon mœlleux entre les seins. Serge s’assied de nouveau auprès d’elle et lui adresse un sourire chaleureux auquel elle se force à répondre.

L’incident est clos. La présence de Serge sert de prétexte à une nouvelle conversation sur les occupations de chacun et autres banalités.

Dépité de ce que le scandale naissant ait tourné court, le patron décide qu’il est l’heure de fermer. Ses idées sont brouillées par l’image persistante d’une jolie paire de seins rebondis.

 

 

*

 

 

La maison de Régis est grande et cossue, richement meublée et décorée. Le groupe s’installe dans le living-room. Albert s’écroule sur un divan et renvoie Irène, une brune maigrichonne à la peau mate, lorsqu’elle veut s’installer près de lui. Charles, le barbu, place un CD dans la chaîne hi-fi et commence aussitôt à danser avec Marie sans se soucier des autres.

L’heure tardive favorise le retour de ce même ennui dont la bande souffrait déjà au café, avant que Serge ne se joigne à eux. Seul Régis paraît de plus en plus dispos.

— Alors ? Nous n’allons tout de même pas finir la nuit comme ça… Qui a quelque chose d’intéressant à proposer ?

Des murmures endormis fusent ça et là.

— On pourrait faire un strip-poker ou un concours, continue-t-il, imperturbable. Je suis même prêt à offrir une récompense, si cela peut vous réveiller un peu…

Cette suggestion fait briller des regards, en particulier celui d’Émilie, la partenaire habituelle de Régis. Elle suggère un concours de strip-tease.

— Écoutez-moi cette chienne ! lâche Albert d’une voix râpeuse. À tous les coups, c’est la même chose ! Elle ne rate jamais une occasion de se foutre à poil… Tes miches, on les connaît par cœur, et nos petites chéries n’ont jamais autant d’enthousiasme que toi ! Ce n’est pas drôle, tu gagnes toujours !… Non, il vaudrait mieux leur faire faire un concours d’endurance ! Quelque chose de sportif ! Ça, ce serait une idée !…

— Tu peux parler de sport ! dit en riant la grosse Marie. Elle hausse les épaules. Fainéant comme tu es, ça te va bien de parler d’endurance !… Mais dis, Irène, c’est une idée, ça : nos mecs feraient la course en nous portant sur leurs dos… On leur donnerait des coups de talons !…

Irène fait une moue dubitative, prévoyant la réaction de son partenaire. De fait, Albert adapte aussitôt cette idée à ses préférences.

— Mais oui, voilà ! hurle-t-il. On ne peut pas utiliser nos greluches comme montures, ce serait déloyal ! Mais on pourrait leur cravacher le derche et celle qui ne crierait pas gagnerait !…

Régis ne semble pas enthousiasmé. Les quatre filles échangent des regards inquiets. Charles, le barbu, s’apprête à parler, mais Régis l’interrompt d’un geste.

— Ce n’est pas si bête, après tout… Mais au lieu d’en faire une compétition entre elles, nous allons donner sa chance à chacune ! J’offre deux mille francs à celle qui supportera cinquante coups de cravache sans bouger, ni crier, ni pleurer, ni gémir… Évidemment, je serai le seul juge, et le bourreau, pour éviter toute contestation possible !

Ces paroles provoquent des remous. Personne n’ose protester ni approuver ouvertement. Assise près de Serge, Odile lui lance un regard navré.

— Alors, pas de candidates ? demande Régis à la cantonade.

— Moi, je veux bien ! finit par lâcher Émilie. Pour ce prix-là, je veux bien avoir chaud aux fesses ! Mais promets-moi que tu me dorloteras après, et que tu me mettras de la pommade partout, hein, mon loulou ?

Elle se frotte à Régis. Insensible à ses reptations, il la repousse et s’en va dans le corridor. Il en revient quelques secondes plus tard en faisant siffler une longue cravache recouverte de cuir rouge. Il arbore un rictus cruel.

Subrepticement, Serge observe Odile qui frissonne et ouvre la bouche, fascinée.

Émilie, par contre, émet un rire de gorge qui sonne faux et ne parvient pas à masquer son angoisse. Elle se tortille d’une manière qui se veut à la fois insouciante et irrésistible. Son regard ne peut plus se détacher de la cravache.

— Alors, en position ! déclare Régis. Cela vaudra pour toutes celles qui voudront essayer : mains sur les genoux, dos à l’horizontale… Oui, comme ça ! Relève ta jupe sur tes reins et baisse ta culotte sur tes chevilles. Si ta jupe tombe, tu es éliminée puisque tu ne dois pas bouger… Et pas une larme, n’est-ce pas ? Pas un murmure !… Bon, alors, Millie, tu es prête ?

Un petit coup cinglant vient frapper les mollets galbés de la fille. Son enthousiasme a disparu, mais pour rien au monde, elle ne voudrait donner aux autres filles, la satisfaction de la voir renoncer.

Elle s’avance vers la zone la plus éclairée, exagérant le balancement de ses hanches. Albert siffle et Émilie, malgré son inquiétude, ne peut réprimer un sourire de coquetterie.

— Je préférerais me déshabiller complètement, en dessous… De toute façon, j’ai un collant, et puis mes talons…

Régis secoue la tête. Il lui accorde d’enlever ses chaussures mais ajoute qu’elle n’a qu’à descendre son collant sur ses chevilles.

— N’espère pas m’attendrir, raille-t-il.

Émilie ne répond pas. Satisfaite d’être le centre d’attraction, elle retire ses escarpins puis remonte sa jupe étroite en se dandinant. Ses cuisses longues et fuselées sont plus charnues que ne suggère sa silhouette élancée. Les reflets irisés du nylon accentuent le galbe de ses jambes.

Au travers du collant se devine le sillon, court mais profond, entre ses fesses. Quand elle a retroussé sa jupe, elle se penche en avant et cambre les reins. La ligne sombre de sa croupe s’élargit. Ses mains descendent le collant qui émet des crissements électriques en se détachant de la peau.

Personne ne bouge plus, hormis Émilie dans la lumière vive.

Serge suppose que de telles séances de déshabillage doivent être fréquentes chez Régis, et cela rend d’autant plus remarquable le fait que toute l’assistance semble subjuguée.

Les doigts d’Émilie glissent sur ses fesses, entraînent le sous-vêtement. La fissure apparaît, immodeste sous l’éclairage violent. Le pli, peu profond, révèle ses secrets : fil rose plus luisant au centre de la raie, l’étoile ridée et la coquille, mal cachée par les poils frisés. Pour conserver son équilibre, la fille écarte les jambes. Son sexe s’entrouvre, laisse filtrer des reflets moites, nacrés. Le bourrelet formé par le collant s’épaissit en descendant sur ses cuisses puis sur ses mollets. Lorsque le collant franchit ses genoux, elle comprend pourquoi Régis ne voulait pas qu’elle le retire complètement. Il l’empêche d’écarter les pieds autant qu’elle l’aimerait et rend sa position instable.

Enfin, de la taille aux chevilles, Émilie se trouve nue. Après avoir vérifié que sa jupe ne va pas glisser, elle pose les mains sur ses rotules et attend, un peu tremblante.

— On y va, maintenant !

Régis se place de biais derrière la croupe tendue. Puis il lève haut la cravache et l’abat à toute volée.

Consciemment ou non, chacun retient sa respiration. Le sifflement du rotin lacère le silence. La chair heurtée fait un bruit mat, faible par rapport à la force du coup. Émilie serre les dents, crispe ses muscles. Elle ne peut s’empêcher d’osciller sur ses jambes raidies.

Des soupirs de soulagement saluent son exploit. Toute idée de compétition a disparu et chacun semble se réjouir de ce que la victime ait supporté ce premier coup. Sur le globe blafard de la croupe, apparaît une ligne écarlate, presque sanglante.

Une seconde ligne surgit, comme par enchantement, tellement la cinglade a été rapide. Puis viennent d’autres marques, de plus en plus proches les unes des autres. La raie palpite, se referme, s’ouvre sans régularité. Émilie se contracte, les yeux clos, les mâchoires serrées. Ses phalanges blanchissent sur ses genoux. Son corps en équerre se balance très légèrement d’avant en arrière. Mais elle tient bon.

Bientôt, les spectateurs, et même les spectatrices, respirent plus librement. La première émotion passée, la longue cravache rouge n’est plus qu’un métronome barbare dont seul Régis compte les coups.

— Mais c’est qu’elle résiste, la salope ! ricane Albert. Regarde-moi ça ! elle en a l’abricot qui suinte… Eh, Charles ! Je te parie cinq sacs qu’elle ne dépasse pas la vingtaine.

L’interpellé ne répond pas et Régis foudroie le rouquin du regard.

— Bon, bon, ça va ! je me tais…

Est-ce à cause de ces commentaires ou vient-elle réellement d’atteindre les limites de sa résistance ? Le onzième coup est fatal à Émilie. Ses fesses balafrées ont la couleur uniforme d’une tomate très mûre. Elle se redresse et éclate en sanglots à l’instant où tombe le coup suivant. Elle ne l’évite pas tout à fait, à cause du collant qui lui entrave les chevilles. Plus honteuse d’avoir perdue que de s’être exhibée, elle s’enfuit en courant vers la salle de bains. On entend clapoter ses pieds nus sur le plancher puis le carrelage. Une porte claque. Régis va la rejoindre.

 

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