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Résumé

Une fin de nuit glauque, dans un « cabaret de la dernière chance », Julian, sorte d’ange de la désolation à la Kérouac, tombe sur une femme, Rebecca. Ou plutôt, c’est elle qui s’abat sur lui, bouche ouverte et carte de crédit levée : une cougar.

Les voilà partis, tous les deux, dans la vache de vie, épaule contre épaule. Elle, belle, sensuelle, « pétée de thunes » ; lui, avec juste « sa bite et son couteau ». Et, puisqu’il va se révéler un étalon au lit, pourquoi ne pas le louer à des dames de la haute prêtes à payer le prix fort pour goûter à sa divine queue ? C’est le deal que Rebecca propose à Julian : elle sera la maman, lui la putain.

C’est ainsi que vous aurez droit au récit détaillé, d’une obscénité sans limites, de toutes les rencontres sexuelles de Julian. Se succéderont Marie-Odile, Nadine et sa sœur, Bénédicte-Bienvenue, dite BB, Hannabelle, Viviane, Christine, Salima, Melody, Marie et Antoinette, Sylvia et Liorah… nous en passons, des vertes et des trop mûres… Gaude !

 

Né en 1971, Jean-Yves Masson est dessinateur et illustrateur de presse. Libertaire, épicurien, amoureux fou de littérature, de cinéma, de bandes dessinées et de belles femmes, il signe avec Rebecca un premier roman d’une intensité pornographique hors du commun.

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Paris, rue Daguerre, novembre 2002, 23 heures
— Margot ! Un dernier !
Elle a incliné le verre, fait couler l’eau de feu et m’a tendu mon demi…
— Margot bouche à clodo ! Hu ! Hu ! Margot tronche de mégot ! Fnfff ! Margot ta chatte sent le bulot ! Pffff ! Ha ! Ha ! Ton cul, c’est une bouche de métro !
J’étais trop soûl pour réagir. Ces deux tarés l’em­mer­daient parce qu’elle s’en était sortie, et ils venaient régulièrement la faire chier, histoire de lui rappeler d’où elle venait. Elle a balancé un verre à travers la tronche du plus méchant, a shooté dans son tabouret, l’a récupéré par le col et l’a foutu dehors. L’autre a payé et s’est barré en vitesse.
Elle m’a toisé avec mépris et a nettoyé le bar.
— Alors Cyrano, on t’a coupé les couilles ce soir ?
Je n’ai rien répondu. Elle pouvait crever et moi aussi.
J’avais bu combien de verres au juste, depuis cette réunion ? Huit ? Dix ? Plus peut-être ?
J’étais ramassé sur moi-même, écrivant des inepties sur un bout de papier. Dès que mon demi était vide, Margot m’en servait un autre malgré les difficultés que j’avais à me maintenir sur ce foutu tabouret. Elle se vengeait de mon inertie. Les cafetiers sont rarement vos amis quand vous n’êtes pas un « natif » du quartier, et encore moins lorsqu’ils finissent par contrôler votre carte bleue bien mieux que vous-même.
J’étais prostré là, comme tous les cons qui viennent de se faire larguer, ajoutant du ridicule au pathétique, balançant de l’huile sur le feu par centilitres réguliers.
Elle était là, à l’autre bout du zinc, à m’observer.
Je dodelinais du chef comme un imbécile en lui lançant un regard mauvais : « Qu’est-ce vous voulez, vous ? »
Elle s’est approchée de moi et m’a tendu une cigarette, histoire de remplacer celle qui pendait, cassée, à ma bouche :
— Je te trouve très beau… très beau dans ta douleur. La souffrance te va très bien !
Elle s’est approchée encore un peu plus près ; ses yeux étaient d’une intensité singulière, deux soleils noirs perçants. Elle m’a souri et m’a embrassé tendrement dans le cou en susurrant de sa voix rauque mais sensuelle un fraternel et langoureux « ça va aller ».
J’ai explosé en sanglots. C’est sorti comme ça, comme un déluge amer. Elle m’a laissé pleuvoir mon chagrin et ma bière un long moment en me caressant les cheveux, en me parlant très doucement :
— Tu as quel âge ? Trente-trois ? Tu fais plus jeune.
— C’est pas l’âge qui compte, c’est le kilométrage !
— Allez, viens avec moi. Il est temps de changer de planète.
Elle a glissé ma Visa dans ma veste et a réglé la note :
— C’est pour moi.
J’ai suivi cette femme dans la nuit.
— Je m’appelle Rebecca, et toi ?
— Ce soir, je me sens innommable, mais accessoirement, c’est Julian.
— C’est un joli prénom. Tu fais quoi dans la vie, Julian ?
— J’écris et je dessine des bouquins de merde. Et toi ?
— Un artiste ! C’est très bien, ça. Moi ? Comment dire… Je suis une sorte de « rentière » et « accessoirement », j’offre un asile impolitiquement correct à des perles dans ton genre !

J’ai suivi cette femme dans la nuit. Elle était brune, cheveux mi-longs, très classe, des jambes magnifiques, le visage marqué, mais d’un charme et d’une expressivité extraordinaires. Et puis surtout, quelle prestance, quel style ! Elle devait avoir cinquante ans, peut-être un peu moins, cette déesse sombre qui tarentulait dans les bars.

— Allons boire un verre chez moi. Comme ça, tu pourras t’achever comme bon te semble et t’effondrer sans crainte. Le dessoûloir du xive, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux dans ton état, crois-moi.
En effet, je venais de glisser dans une flaque, et n’avais aucune envie de rentrer chez moi. Je tenais à peine debout, mais son rire communicatif me remit d’aplomb. Un « pioup ! pioup ! » se fit entendre et des feux clignotèrent :
— Le carrosse de monseigneur est avancé !
Elle a ouvert la portière de son 4 x 4, et nous sommes partis, direction Porte d’Orléans.
Elle habitait le Marais. Tout en conduisant, elle me montrait Paris qui brillait de tous ses feux. Il était tard, la circulation était fluide, et le vent qui fouettait mon visage me faisait du bien. Elle me parlait des transitions majeures, de la manière de les assumer :
— Tu sais, ça pourrait être pire. Dis-toi que Paris est le seul endroit au monde où il fait bon désespérer. Accepte surtout que ce qui est insupportable dans la vie, c’est que rien n’est insupportable.
C’était parfait, surtout sa main entre mes jambes pendant qu’elle m’invitait à passer les vitesses à sa place. Échange de bons procédés : troisième, seconde, première.
— Tu vois, tu te débrouilles comme un chef !
Elle me ramenait lentement à la vie. Je constatais, éberlué, que je bandais, je souriais, je respirais, j’écoutais, je contemplais, je m’amusais à nouveau. Cela faisait des milliards d’années que cela ne m’était pas arrivé, un tel panel !

Rue du Temple, trois heures du matin.

Elle a pianoté sur l’interphone et a poussé une lourde porte ancienne en bois massif :
— Je t’en prie, après toi. C’est au quatrième.
Elle a farfouillé dans sa boîte à lettres et m’a suivi dans l’escalier.
— Tu as un très beau cul, tu sais, on te l’a déjà dit ?
— Non.
Je soufflais comme un bœuf.
— Allons ! Allons ! Courage, soldat ! Comment crois-tu que j’ai pu conserver ce galbe relativement acceptable aussi longtemps ?
Elle a entrouvert sa jupe et déployé sa jambe telle une danseuse de flamenco. J’en ratai la marche suivante et patatras !
Nous étions enfin chez elle. L’odeur opiacée, sensuelle, voluptueuse, qui régnait dans cet appartement me fit un très fort effet. Fragrances femelles jasmines, subtiles et entêtantes à la fois, un véritable concert olfactif.
Pénombre, lucarnes, verrière, lune et elle derrière moi, qui frottait sa poitrine contre mon dos, dégrafant ma braguette, me léchant le cou en laissant courir sa main sur ma queue, avec un savoir-faire et une délicatesse infinis.
— Ça te plaît ?
— C’est beau chez toi. Vraiment beau.
C’était un grand duplex aménagé avec goût, tapissé de livres et d’objets étranges qui luisaient, dans le clair-obscur, telles des idoles païennes. J’ai goûté sa bouche, nos langues se sont emmêlées ainsi que nos corps. Je l’ai plaquée contre le mur, j’ai dégrafé son corsage, léché ses seins lourds, mordillé ses tétons. J’ai levé l’une de ses jambes, arraché son string et bu sa chatte semi-rasée en me branlant à ses pieds.
Ô fontaine ! Ô Graal que ce jus coulant sur mon visage et ce râle orgasmique en crescendo, faisant écho au mien, pendant que je maculais ses escarpins noirs de mon foutre brûlant…
Elle a soupiré. Puis a allumé une petite bougie et s’est éclipsée sans mot dire. Elle est revenue, peu après, avec un verre de vin et s’est allongée par terre, à côté de moi.
— Tu te sens comment ?
— Hors du temps, merveilleusement bien.
Je contemplais ses jambes croisées, magnifiques, et ses yeux à la fois tendres et venimeux qui me scrutaient. Je bandais à nouveau. La vie se déversait rouge, dans ma queue, comme des vagues ondoyantes.
— J’ai fait couler un bain. On passe à côté ?
— Après vous, très chère ! À mon tour de contem­pler votre magnifique fondement ! Clémenceau, ce diable d’homme, avait bien raison : « Dans l’amour, le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier ! »
Elle a pouffé de rire lorsque je lui ai touché le cul comme un sale gosse dans le petit escalier en colimaçon qui menait à la mezzanine.

Elle s’est déshabillée, puis s’est installée en soupirant au milieu de la vaste baignoire ronde, illuminée de l’intérieur. La salle de bains était entièrement laquée de noir, et quelques chandeliers diffusaient une lumière chancelante, irréelle. Je lui ai tendu son verre ainsi qu’une cigarette et me suis installé en face d’elle. Elle faisait des volutes avec sa bouche, tête en arrière, tandis que ses orteils massaient nonchalamment mes couilles. Je lui ai servi un autre verre et j’ai fait de même avec son clitoris. Elle a écarté les cuisses à fond en continuant à faire des ronds, sans mot dire. Elle a terminé son verre et l’a jeté en arrière :
— Tu vois, il n’y a que ça de vrai dans la vie ! Si le tien est fini et que tu as l’âme slave, ne t’en prive pas. Il n’y a que « ça » qui fasse écran à cette saloperie de PURGATOIRE que l’on t’apprend à accepter, et plus cyniquement encore à aimer, depuis ton premier cri jusqu’à ton dernier souffle : le plaisir. J’ai passé les deux tiers de ma vie à crever d’ennui, à souffrir, à me sacrifier, à culpabiliser, parents, mari, cons ingrats, travail lobotomisant, hiérarchie écœurante. À présent, c’est terminé. Je vis par, pour et à travers le plaisir, quel qu’il soit.
Elle était rouge de colère. J’ai balancé mon verre contre la faïence noire, bu ce divin Chasse-Spleen 86 à même la bouteille, et lui ai tendu le dernier quart en m’essuyant la bouche :
— Lekhaïm !
— Lekhaïm !
Nos yeux luisaient, perçants comme des balles dans ce duel étrange des âmes. Nous sommes restés ainsi, un long moment, à boire, à fumer, à nous scruter, à nous jauger silencieusement, les pieds lutinant sous la mousse.
Elle s’est glissée légèrement en avant et s’est empalée sur ma queue, bras et jambes écartés.
— Baise-moi lentement, presque imperceptiblement… Maintiens-moi au bord de l’orgasme jusqu’à ce que tu jouisses toi-même. Masse mes seins avec tes pieds, caresse mes jambes qui te font si fort bander et ferme les yeux. Je veux que nous partions ensemble vers les étoiles.

« Fais-moi l’amour que je ressuscite… »

Lorsque j’ai ouvert les yeux, il faisait nuit. Elle m’observait en me caressant le torse :
— Tu as fait le tour du compteur, petit soldat, et dans l’intervalle, tu as été un merveilleux gouvernail. Tu nous as amenés loin, très loin ! Aussi j’ai ça pour toi :
Elle m’a tendu une tasse de thé parfumé et une cigarette. En même temps que je me redressais, j’ai senti quelque chose de velouté courir sur ma queue encore gonflée de sommeil. Sa langue frissonnait tout le long de ma colonne, puis elle s’est mise à m’absorber de plus en plus goulûment. Elle me malaxait les couilles et me branlait rapidement en me regardant par en dessous, l’œil chienne, la langue fluide.

« Être partout avec toi et faire l’amour ! »

Je suis parti dans sa bouche, secoué de spasmes, comme électrocuté par la violence de l’orgasme qui venait de me déchirer le ventre.

« Parfum rouge de son âme… »

Nous avons passé la nuit emboîtés comme des Lego. Essayant toutes les positions possibles, insatiables, inventant, réinventant sans cesse, ne faisant de courtes pauses que pour manger ou pour boire. Je me souviens d’avoir chialé de plaisir, derrière elle, le museau enfoui dans sa nuque, après avoir déchargé dans son cul, sentant sa main presser mes couilles comme pour en extraire les dernières gouttes, tandis que de l’autre, elle me griffait en poussant un long gémissement.
Elle était ouverte comme une fleur humide, et c’était bon et chaud. Elle est venue sur moi et a continué à me marteler avec ses hanches, à me pilonner à grands coups de reins. J’écartais ses fesses pendant qu’elle me chevauchait, je glissais un doigt dans son anus tout en lapant sa poitrine, sa gorge, sa bouche, son iris. J’ai éjaculé pendant qu’elle suçait ma langue, comme si c’était une petite queue.

— Dessine-moi telle que tu me vois vraiment !
Elle me regardait naviguer. Les croquis se sont multipliés. L’un d’eux l’a fait pleurer.
Nous avons passé le reste de la journée comme des chats, immobiles, à parler et à nous caresser.
Elle m’expliquait qu’elle ne cherchait que des partenaires désespérés parce qu’ils n’avaient rien à perdre et tout à donner. Qu’avec des types « normaux », elle ne pouvait plus. Elle voulait du feu, de l’extrême. Pas le petit coït hygiénique laborieusement atteint avec un riche vieux bande-mou pénible et gluant d’attentions.
— Tu sais, j’ai bientôt cinquante-quatre ans…
D’où ses errances nocturnes.
— Qu’allons-nous faire de ça ? m’a-t-elle dit.
— Je n’en sais rien.
— Mon cul est vivant, mais mon cœur est mort. Depuis mes douze ans, j’ai l’impression que mon cœur a chaviré entre mes jambes.
Elle s’est lovée contre moi en souriant et m’a branlé lentement en me léchant l’oreille. J’ai joui dans sa main. Elle s’est léché les doigts en me regardant.
— Tu es d’une saveur rare, Julian. Je connais des tas d’amies qui paieraient cher pour goûter un tel nectar. Tu es mon meilleur cru depuis des siècles.

C’est comme ça que tout a commencé.

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