RIVALES MERE ET FILLE

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MASSEY Martin

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Broché / 160 pages


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Résumé

La duchesse Aurélie s’entendait bien avec Xavier, sa fille androgyne. De ses errances dans des lieux interlopes, Xavier ramenait de jeunes citadines craquantes et paumées. La duchesse, de son fauteuil roulant, ordonnait la chasse aux jolies petites paysannes des alentours. Ainsi mère et fille pouvaient-elles s’adonner à leur passion favorite : maltraiter des victimes plus ou moins innocentes, plus ou moins consentantes, mais toujours perverses, chacune à sa façon. Parfois, elles leur demandaient, surtout Aurélie, de leur infliger en retour les abus et les humiliations qui étaient leur lot quotidien. Survint Raymonde, la gardienne de porcs. Pour la posséder, mère et fille s’affrontent, prêtes à tout. La lutte s’engage. Sans merci. Entre une mère et sa fille, aussi vicieuses et cruelles l’une que l’autre.

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L’utilitaire bringuebale, danse, cahote sur le chemin défoncé. Marthe Lerefangier, maugrée, peste, jure, cramponnée au volant pour éviter les profondes ornières creusées par le passage des tracteurs. C’est une forte campagnarde d’une quarantaine d’années, brune, au teint hâlé, à l’expression rusée sur ses traits sans grâce.

À la sortie d’un tournant, un corps de ferme apparaît entre les troncs d’une haie de peupliers :les Deux-Chênes. Une grosse exploitation porcine. L’état du chemin s’améliore. Encore une centaine de mètres, le véhicule stoppe dans une vaste cour aux pavés inégaux. Un garçon d’une vingtaine d’années, vêtu d’une chemise à carreaux, de pantalons en gros velours côtelé enfouis dans des bottes de caoutchouc maculées de boue, vient à sa rencontre.

– Bonjour, madame Marthe.

– Bonjour, Gus. Ça va ?

– Point trop ! On a une truie vicieuse qui a tué trois gorets ! J‘l’avais prévu qu’elle nous emmerderait, celle-là. J’avais tout d’suit’ vu que c’était une vraie salope. Rien qu’à sa façon de s’t’nir en biais pour bouffer.

La paysanne compatit.

– B’en, oui ! C’est comme les personnes, mon pauvre Gus ! Il y en a qui doivent marcher de travers pour aller droit, sinon elles tournent en rond !

– Pour sûr, que c’est comme certains ! Entrez donc.

– Ton père est là ?

– Y fait ses comptes. Vous connaissez l’chemin.

– Oui, oui !

Marcel Rouget, assis derrière une table encombrée de paperasses et de classeurs ouverts, a écouté Marthe sans cesser de pianoter des chiffres sur le clavier de son ordinateur. Il détourne les yeux de l’écran, repousse la souris.

– J’sais pas, Marthe, j’sais pas. Cette fille est un vrai bestiau ! Elle travaille autant qu’un homme, et elle ne me coûte pas un sou. Juste la nourriture et le logement. Elle se passe même de chauffage ! Ta patronne devrait me dédommager à hauteur.

Marthe lève la main.

– Y a rien de fait, Marcel ! Faut d’abord que je la voie, que je lui parle. Elle fera peut-être pas l’affaire.

L’homme a un petit ricanement bref.

– Drôle d’affaire !

Les petits yeux noirs de la femme s’étrécissent encore. Un sourire rusé découvre ses fortes dents irrégulières.

– Explique-toi !

– Qu’est-ce que tu crois ? Depuis des années, toi et le Fernand, vous embauchez des filles aux alentours ! Le mois passé, c’était la nouvelle qui servait chez le boulanger. Y avait pas quinze jours qu’elle était là ! Une gamine qui a même pas ses dix-huit ans. Tout le monde se doute bien de ce que ta patronne fait avec elles. C’est une vraie honte !

La femme a un haussement d’épaules.

– Entre se douter et savoir, il y a de la place ! Et, que je sache, il n’y en pas une qui est allée se plaindre. Alors, tu me la montres ?

Le visage de l’éleveur se ferme.

– Écoute, Marthe, vos affaires, à toi et au Fernand, ne me regardent pas. Mais, je ne veux pas avoir d’ennuis. Un jour ou l’autre, y aura un scandale à Bouchecourt. Pour sûr qu’y aura un scandale ! Je veux pas être pris là-dedans.

Le visage de la paysanne se ferme.

– Je te comprends, Marcel. Bien sûr, il a toujours cette histoire de bornage qui est pas réglée !… Elle a l’air de vouloir aller jusqu’au bout. D’ailleurs, le notaire vient ce matin. Tu pourraisbien perdre l’accès à la rivière !…

Marcel Rouget réfléchit. Sur son visage tanné, l’intérêt le dispute à la prudence. Il se décide, se lève.

– Amène-toi, je vais t’faire montrer la Raymonde.

Ils contournent la construction, suivent jusqu’au large portail le chemin qui longe les étables, pénètrent dans le bâtiment tout en longueur, couvert d’un toit de fibrociment ondulé. Un concert de grognements aigus s’élève des soues d’où émane une odeur forte, fade et amère à la fois. Le fermier désigne une fille occupée à rincer les auges au jet. Elle est grande, blonde, vêtue d’une grossière blouse de travail.

– La v’là ! Je te laisse. À plus tard.

– À plus tard.

Marthe s’avance.

– Bonjour.

– Bonjour.

– Je ne te connais pas. Tu es nouvelle ?

– Oui.

– C’est quoi, ton nom ?

– Raymonde.

– Moi, c’est Marthe.

– Celle du château ?

– Oui. Qui te l’a dit ?

– Des fois, les maîtres parlent de vous à table, au souper.

– Faut pas tout croire. On dit beaucoup de choses sur le château.

– Ça m’est égal.

Une lueur excitée allume les petits yeux noirs de Marthe. Son regard s’attarde sur les plis qui accrochent, accusent, révèlent les formes sculpturales, robustes. Les cochons vont et viennent autour d’elle avec des grognements. De toute évidence, Raymonde ne porte rien d’autre que ce vêtement. Les mollets sont robustes, veloutés d’une mousse blonde. Les pieds, nus, couverts jusqu’aux chevilles épaisses de débris de paille, de fiente et de boue. Lourde, lente, il émane d’elle une force majestueuse. Sous le casque d’or pur d’une chevelure nouée sans recherche, le visage est d’une beauté puissante, sévère. Sous l’expression butée, on pressent, aux aguets, une intelligence secrète, presque sournoise, en tout cas dissimulée.

Marthe s’accoude au mur bas qui ferme la soue.

– J’ai l’œil, tu sais. Je vois bien que tu ne portes rien sous ta blouse.

La fille coupe le jet, bouscule les animaux, s’approche.

– Il fait chaud ici.

– Le Marcel aussi, il doit être chaud à te savoir nue comme ça. C’est un rapide !

Les yeux bleu clair de la porchère n’expriment aucun embarras.

– Ça lui arrive de passer la main.

– Rien de plus ?

– Non.

– Pourquoi ? Tu es en âge. Et tu es belle fille !

– Il ne va pas plus loin. C’est tout.

– Tu as un amoureux ? Tu as déjà baisé ?

– Non.

– Tu fais quoi, alors ?

La fille ne répond pas sur-le-champ. Sans timidité ni audace, elle observe Marthe. Cette dernière soutient un instant le regard calme des prunelles bleu pâle, puis, gênée, finit par détourner les yeux sur le côté, comme si un menu incident attirait son attention par-là. Un sourire indéfinissable joue sur les lèvres de la porchère. Elle dit enfin :

– Je me branle.

Une réponse simple, précise, sans détours. Faite d’un ton calme, sans intention de provoquer. Les sourcils noirs et drus de la femme se haussent d’étonnement. Elle ouvre la bouche, la referme sans rien dire. Des sentiments mitigés d’intérêt et de méfiance se lisent sur son visage sans beauté. Raymonde repousse d’un pied amical une bête qui, par jeu, pousse son groin sous le bord de sa blouse. Marthe lui adresse un sourire engageant.

– Tu n’es pas compliquée ! Ça me plaît. Je vais te dire, à mon tour. J’aime faire des cochonneries avec une fille.

– Ah !

– Oui. Et toi ?

– Je ne l’ai jamais fait.

La femme hésite encore, puis demande, avec un sourire salace :

– Tu veux qu’on s’amuse toutes les deux ?

– Si vous voulez. Maintenant, ce n’est pas possible. J’ai du travail.

– Quand ?

– Ce soir. Après le souper. Je loge là-bas.

Elle montre un appentis rudimentaire dans le fond du bâtiment.

Marthe éclate de rire.

– B’en ! on peut pas dire que le Marcel se met en frais pour le personnel !

La porchère a un geste indifférent. Sous la saleté, sa main est blanche, longue et forte.

– Ça me suffit. Je suis plus près des porcs, en cas de problèmes.

– Je comprends. À ce soir, alors ? Tu t’en souviendras ?

– Oui. De toute façon, je me couche après souper. Vous n’avez qu’à venir. Je laisserai l’étable ouverte.

 

Marthe se tient près du grand lit à baldaquin, où la duchesse Aurélie de la Fendraie-Bouchecourt est couchée, le dos calé contre des oreillers bordés de dentelles. Elle est vêtue d’une sévère chemise de nuit en lin brodé. Un châle de laine couvre ses épaules. Le visage est long, maigre, pâle sous sa chevelure noire, ramenée en bandeaux plats sur la nuque, où elle forme un chignon serré et bas. La bouche, grande, très rouge, sensuelle, est comme une plaie fraîche dans cette figure émaciée et crayeuse. À proximité, l’armature nickelée de son fauteuil roulant luit dans la lumière atténuée de la chambre. Sa canne d’ébène à pommeau d’argent est appuyée contre la table de nuit, à portée de main. La duchesse Aurélie est devenue paraplégique quelques années auparavant. À la suite d’une chute de cheval.

Marthe esquisse un geste.

– Monsieur le maire est là. Il voudrait vous voir. Il y a aussi l’abbé, et maître Desroseux qui vient pour le bornage du grand champ.

Le regard gris fer fixe la femme avec impatience.

– Fiche-moi la paix avec ces trois imbéciles, damnée bourrique ! Elle t’a dit qu’elle se branlait, n’est-ce pas ?

– Oui, madame la duchesse.

– Cette fille me plaît ! Avant même que je ne l’aie vue ! Elle semble différente des génisses excitées que tu ramènes d’habitude. Teste-la de façon très complète. Aiguilles, brûlures, pinces. Je te prêterai une trousse. Cravache-la aussi. Si elle réagit bien, ramène-la. À tout prix ! Je m’arrangerai ensuite avec Rouget pour le dédommager. Tu as eu tort de lui parler du bornage. Il est hors de question que je laisse cet abruti divaguer sur mes terres !

Marthe, dévouée, tout comme son mari, à servir les dépravations de la duchesse de la Fendraie-Bouchecourt, est chargée de recruter les “jeunes talents”. Elle racole dans les fermes de la région : filles de fermes, servantes, ouvrières agricoles dont elle évalue les aptitudes à la débauche, le goût des plaisirs irréguliers, les prédispositions à jouir dans la souffrance, avant des les présenter à Aurélie.

– Oui, madame la duchesse. Tout à l’heure, j’ai entendu Fernand qui parlait au téléphone. Je crois que c’était avec mademoiselle Xavier. Je n’ai pas eu le temps de bien entendre.

Mademoiselle Xavier ! C’est ainsi que se fait appeler Aude de la Fendraie-Bouchecourt, la fille unique d’Aurélie. Sorte de Diane chasseresse au corps androgyne. Homosexuelle à part entière, maîtresse ou esclave selon son humeur du moment.

Quoique aussi dépravées l’une que l’autre, complices dans la débauche et amantes incestueuses depuis toujours, une rivalité ouverte oppose la mère et la fille. Aussi bien, en ce qui concerne leur autorité sur le domaine de Bouchecourt, que leurs droits sur la petite cour d’“esclaves” entretenue à demeure.

– Je me fous de ce que peut faire Xavier ! Parle-moi donc de ce qui m’intéresse, triple idiote ! Je suppose que tu n’as rien dit à Rouget de ton rendez-vous avec cette fille ?

– Non, madame la duchesse.

– De quelle manière t’y prendras-tu pour ne pas être repérée ce soir ? Il y a les chiens. Ils vont aboyer. Il serait gênant pour nous, qu’on te trouve à rôder par-là dans l’obscurité.

La femme écarte l’objection.

– Je connais tous les sentiers et les raccourcis ! Fernand m’emmènera en voiture jusqu’aux Égrotières. De là, je couperai à travers champs, et j’arriverai aux Deux-Chênes par derrière. Les chiens n’entendront rien. De toute façon, la nuit, ils sont attachés.

Les lèvres de l’aristocrate se pincent ; elle approuve d’un petit coup de tête, ne dit plus rien pendant un moment. Son regard absent fixe un point indéterminé, Marthe, les mains croisées sur son ventre, attend. Aurélie sort de son mutisme.

– Décris-la-moi encore.

– Elle est comme je vous l’ai dit. C’est difficile !… Elle… Elle ressemble aux statues, sous le balcon du premier étage.

Aurélie a un petit rire sec.

– Ah !… À une cariatide ! Quoiqu’un peu éculée, la comparaison, de ta part, est originale. Cocasse ! A-t-on jamais vu un bœuf avoir le moindre sens esthétique ? Parce que tu es un bœuf, n’est-ce pas ?

La femme baisse la tête.

– Oui, madame la duchesse.

– Crois-tu qu’il soit convenable, pour un bœuf de comparer une femme à une statue ?

– Non, madame la duchesse.

– Que proposes-tu ?

– Je dois être punie tout de suite, madame la duchesse.

– Mais, non, imbécile ! Il ne faut pas que tu sois marquée ! Tu veux tout faire rater ? Elle ne doit pas savoir que tu es esclave. Pas tout de suite, en tout cas. Sors tout de même tes mamelles, j’ai envie de les voir.

Marthe déboutonne jusqu’à sa taille épaisse, le haut de sa robe noire. La poitrine opulente déborde des larges bonnets de satin rose, raidis par de fortes armatures. Elle passe les mains dans son dos, se contorsionne, défait l’agrafe. Les seins s’écroulent, oscillent sur l’estomac proéminent. La peau est d’un blanc terne, un peu bistre à la pliure des aisselles d’où s’échappent des frisons noirs, longs et drus. Les aréoles sont larges, très brunes, cernées de poils follets. Témoins d’une punition déjà ancienne, des hématomes s’estompent, virent au jaune.

– Va chercher le nerf de bœuf, attardée ! C’est de circonstance, non ?

Un enthousiasme veule se peint sur le visage de Marthe.

– Oui, madame la duchesse.

Marthe s’empresse, rapporte l’objet. L’aristocrate s’en empare.

– Approche !

Marthe se plante près du lit, tient ouverts les pans de sa robe. Aurélie tapote du bout de l’instrument une mamelle qui tremblote.

– Combien de coups demanderais-tu si je te punissais sur-le-champ ?

– Au moins, jusqu’à ce que je tombe sur les genoux.

– Je n’en doute pas. Tu es courageuse. Tu auras une correction demain.

Un désappointement mal dissimulé se lit sur le visage de la paysanne. Un sourire amusé et cruel étire les lèvres d’Aurélie.

– Déçue que je ne passe pas à la trique tes ignobles tétasses de maritorne ?

– Oui.

– Oui, qui, mocheté ?

– Oui, madame la duchesse.

– Approche encore ! Montre le reste !

Elle retrousse sa robe jusque sur sa taille. Une grande culotte de rayonne rose moule son abdomen imposant sous l’estomac proéminent. L’aristocrate caresse les cuisses grasses, trèsblanches au-delà du revers des bas de coton gris.

– Écarte !

Elle sépare les jambes. Aurélie crochète la culotte, cherche la vulve, enfonce sans précaution trois doigts dans le vagin qui cède avec mollesse sous l’effraction. L’orifice déborde d’une sève épaisse, révélatrice de l’excitation qui gagne Marthe, en dépit du châtiment reporté. Les doigts longs et nerveux malmènent les muqueuses détrempées. La femme gémit, ses reins se creusent, son gros ventre avance sous l’effet d’une sensualité bestiale. Aurélie redouble la vigueur de ses atteintes.

– Ma pauvre Marthe ! Je suis navrée de te voir dans cet état, mais cette fille passe avant toi ! Là… Là… Tu vas jouir !…

– Oui !… Merci, madame la duchesse !… S’il vous plaît, faites-moi mal !… Quelque chose qui ne se voit pas !… Je viendrais plus fort.

– Mon Aphrodite ! Ma Junon ! Mon Iduna ! J’ai tant de tendresse pour toi ! Va chercher une alêne, ahurie !

 

Un hurlement.

La grosse aiguille est plantée jusqu’au manche dans le sein gauche. Par-dessous. Six centimètres d’acier fichés jusque dans les glandes. À peine avait-elle saisi l’instrument, qu’Aurélie a frappé. De bas en haut. Sans prévenir.

Les yeux agrandis par la douleur, les flancs soulevés par une respiration courte et rauque, les poings serrés au bout de ses bras raidis, la paysanne ne se dérobe pas. Remuée en tous sens, agitée de secousses, presque ressortie à plusieurs reprises, pour être renfoncée dans une direction différente, la pointe de métal fouille la chair avec férocité.

Aurélie lâche l’instrument qui reste enfoncé. Elle tâte la vulve. Une marée poisseuse englue les poils sur la longueur de la fente.

– Ton con déborde ! Tu es à point. Écarte davantage !

Elle recommence à masturber la paysanne qui émet des râles bruyants. Tout son corps tremble. Les grosses mamelles oscillent, balancent, valsent au rythme des spasmes. Sans abandonner le conduit ruisselant, élargi, relâché, qui accueille quatre doigts, Aurélie arrache l’alêne. La chair se déforme un instant, qui adhère au métal. Aussitôt, de grosses gouttes écarlates tombent sur l’estomac, roulent jusqu’au ventre, tachent la culotte. Marthe jouit. Un masque bestial efface toute trace d’humanité de son visage déjà fruste au naturel. Ses jambes tremblent. Elle s’appuie à la table de nuit pour ne pas s’écrouler.

– Te sens-tu mieux ?

– Oui. Merci, madame la duchesse. Mon sein me lance. Il me fera mal, si Raymonde me le tâte, ce soir !

La robe de Marthe est retombée, ses seins ont réintégré les bonnets du soutien-gorge, elle s’est reboutonnée. L’aristocrate hoche la tête.

– Parfait. Tu n’en seras que plus motivée pour la torturer ! Pense à emporter des cigarettes. Elle ne fume peut-être pas !

La paysanne assure qu’elle n’oubliera pas. La duchesse se penche, ouvre le tiroir de la table de nuit, en retire une trousse de cuir.

– Tiens. Il y a là-dedans de quoi la faire crier longtemps et très fort. J’espère qu’elle aimera ce genre de distraction ! Si tu la sens réticente, n’insiste surtout pas.

– Oui, madame la duchesse.

L’aristocrate explose d’une façon tout à fait inattendue.

– Arrête de m’appeler madame la duchesse à tout bout de champ, andouille ! Ah ! gifle-moi ! Je suis dans un état épouvantable.

La paysanne, habituée à de telles crises, lui envoie une paire de claques. La tête ballotte de droite et de gauche. Aurélie exhale un long soupir d’apaisement.

– Merci. Ça va mieux. Crache dans ma bouche.

Elle lui tend ses lèvres ouvertes. Marthe se penche, expulse un crachat épais qui s’étale sur la langue rouge. Elle avale, pose sur Marthe un regard étincelant.

– Ah ! ce n’est pas assez ! Je te connais trop ! Comme je suis énervée ! Impatiente ! Gare à toi, si tu m’as fait espérer en vain ! Je t’arracherai la peau du ventre, maudite charogne !

– Je crois qu’elle est bonne, madame la duchesse. Je la sens.

– Oui, oui ! Tu avais déjà dit ça pour cette caissière de je ne sais quel supermarché ! Te souviens-tu ?

– Oui, je…

– Ah ! tais-toi donc ! Je dois me distraire ! Penser à autre chose. Où en est-on avec Paule et Andrée ?

Paule et Andrée ! Les “découvertes” les plus récentes de Marthe. Deux filles jeunes, sensuelles, excessives. Perverses d’instinct. Très dissemblables quant au physique, elles ont néanmoins pour point commun d’être soumises sans réserve à Aurélie.

Comme d’autres avant elles, les deux filles vivent à Bouchecourt, une existence discrète au statut incertain. Ni invitées ni servantes, les domestiques les ignorent, comme ils feignent de ne rien voir, de ne rien savoir des écarts, des dérèglements, des débauches de la duchesse et de sa fille.

Marthe tire d’une poche de sa robe un petit carnet noir, l’ouvre, feuillette, lit.

– Paule a menti au sujet du vase cassé dans le hall. Elle a avoué hier soir, que c’est elle qui l’a fait tomber. Andrée, elle, s’est préparé un bol de chocolat à l’office, pendant l’absence de la cuisinière.

– Ça suffira ! Va chercher ces deux putains.

– Que faut-il faire pour le maire, l’abbé, et maître Desroseux ?

Une rage soudaine emporte Aurélie. Elle saisit sa canne, frappe la femme à l’épaule, au bras, à la hanche.

– Tiens ! Tiens ! Et tiens ! Bougre d’ânesse ! Ah ! mais me foutras-tu jamais la paix quant à ceux-là ? Qu’ils partent ! Je les recevrai une autre fois. Je suis irritée. J’ai besoin de faire souffrir. Ramène-moi les guenons tout de suite !

 

Andrée, châtain, de taille moyenne, serait plutôt ordinaire, si ce n’était sa minceur anormale. Paule, elle, est rousse, petite, un peu boulotte. Tête baissée, elles s’arrêtent à distance respectueuse du lit. La duchesse les observe d’un regard implacable.

– Déshabillez-vous, détritus !

Elles s’empressent d’ôter leurs vêtements, houspillées par Marthe. Leur nom, un numéro et une date sont tatoués sur leur pubis rasé. Andrée est désignée pour commencer. La voix cinglante d’Aurélie :

– Approche, putain !

Sous les cils baissés, le regard de la fille brille d’excitation. Elle a des petits seins plats, pendants sur ses côtes saillantes, avec des aréoles trop grandes, fripées autour de tétons gros comme le bout de l’index. Aurélie l’observe avec une expression hautaine et ironique à la fois.

– Alors, déchet, tu avais faim ?

La fille se tasse sur elle-même, courbe les épaules.

– Oui, madame la duchesse.

– Goinfre ! Vorace ! Gloutonne ! Tu es répugnante ! Explique-toi, putain !

Une voix à peine audible. Presque un souffle.

– J’ai déjà beaucoup perdu. Je me sentais faible. J’ai eu peur de tomber malade.

– Tais-toi, crétine ! Je veux voir tes os saillir sous ta peau ! Je veux que ton ventre se creuse jusqu’à épouser tes organes ! Je veux contempler, à travers tes côtes, les battements de ton beau cœur gorgé de sang ! Ma chrysalide, mon insecte diaphane, ma libellule translucide, je dois te punir.

– Oui.

Aurélie adresse un signe à Marthe.

– Nourris cette putain goulue avec le meilleur de toi-même !

La femme marque un temps d’hésitation, regarde autour d’elle, s’enquiert :

– Je fais où ? Je prends un plat ?

– Mais aurais-tu décidé de me faire enrager à tout bout de champ, ce matin, sacrée bourrique ! Chie où tu veux ! N’importe ! Par terre, empotée !

La paysanne soulève sa robe, baisse sa culotte, s’accroupit. L’expression absente, touchante, troublante, émouvante, particulière aux femmes qui défèquent, vient magnifier son visage pourtant sans beauté. Un long pet, interminable, s’évade de sa vaste croupe blanche. Les narines d’Aurélie se dilatent, qui hume les vapeurs lourdes issues des entrailles de la paysanne. Un choc mou sur le sol, puis le regard de la femme, soudain abêti par le soulagement.

Elle se relève. Aurélie désigne le parquet à Andrée.

– Mange ! Tout !

Elle tombe à genoux, se prosterne, entame avec une avidité manifeste son ignoble repas. Aurélie ricane.

– Voilà qui va te donner des forces, putain ! Marthe, le nerf de bœuf !

La femme saisit l’instrument, frappe les fesses maigres. Andrée mastique avec bruit, s’aide de ses doigts pour porter avec avidité de gros morceaux dans sa bouche. Des ecchymoses allongées se forment sur la croupe émaciée. À la fourche des cuisses creuses, la vulve glabre s’entrouvre, le vagin dilaté expulse une sève épaisse, incolore. La correction prend fin en même temps que le festin.

Les lèvres maculées, Andrée remercie la duchesse qui détourne la tête, gronde :

– Disparais, immondice ! Disparais ! Ah ! je ne supporte pas de les voir après !

La fille s’éloigne, ramasse ses vêtements, sort.

C’est au tour de Paule.

Chevelure flamboyante, yeux d’un vert intense, visage constellé de taches de rousseur. Elle a un petit corps replet, laiteux. Les seins sont jolis, hauts, bien pommés. Des veines vertes transparaissent, là où la peau est la plus fine, vers les aines, autour des aréoles, au creux du bras. Les pieds joints, les bras le long du corps, la tête baissée, elle supporte le regard d’Aurélie qui l’observe un moment, avant de demander :

– Pour quel fait dois-je te punir en priorité ?… Pour avoir menti ? Ou bien, parce que tu as cassé un vase ?

L’éclat vif des yeux verts qui se relèvent pendant une fraction de seconde.

– Pour les deux choses, madame la duchesse. Mais surtout parce que j’ai menti.

– Oui, oui, oui, tout à fait !… En ce qui concerne le vase, je devrais plutôt te remercier. Je le trouvais très laid ! Un Yuan mal cuit de la fin du XIIIème siècle. Feu le duc de Bouchecourt l’avait ramené de Chine, où il était parti rejoindre son amant. Un obscur petit commissaire politique, taré, vicieux et pédé comme un phoque ! Mais revenons à nos affaires ! Je dois donc te châtier deux fois.

Elle fait signe à Marthe.

– Prends un godemiché. Le plus gros ! Tu vas casser les deux vases de ce petit tas de lard !

L’excitation le dispute à la crainte, sur le visage de la fille rousse. Aurélie a un petit rire sec, bruissant comme du papier froissé.

– Monte sur le lit ! Près de moi, mon doux miel. Plus près. C’est ça, prosterne-toi. Rapproche tes fesses. Lève-les, creuse les reins, écarte tes cuisses. Je veux voir de près ces trésors éclater !

La fille, placée en biais, recule sur les coudes et les genoux jusqu’à ce que sa raie ouverte, sa vulve déjà emperlée d’une liqueur limpide et filante, se trouvent sous les yeux de l’aristocrate. Cette dernière éprouve du bout des doigts les muqueuses offertes.

– Je veux qu’elle saigne, Marthe ! Ça sera facile. Elle n’est pas à Bouchecourt depuis assez longtemps pour être ouverte ! Ça viendra ! Ça viendra ! Commence par le con.

– Oui, madame la duchesse.

La femme présente le godemiché, d’une taille excessive, à la fissure entrebâillée. Elle force sur la base. L’orifice résiste. Les chairs repoussées entraînent la vulve qui semble aspirée de l’intérieur. La fille coopère à l’introduction. Coups de reins qui projettent sa croupe à la rencontre de l’objet. Elle râle autant de douleur que de plaisir. Le phallus gagne centimètre après centimètre. Les cris de Paule se font aigus, mais elle ne se dérobe pas. La fente a disparu. Une dépression en forme d’entonnoir s’est formée autour de la tête renflée. Aurélie encourage la femme.

– Là ! Là ! Ça va céder ! Vas-y maintenant ! D’un seul coup ! Brise-la !

Une brusque pesée de tout le corps. Avec une saccade, le gros gland de caoutchouc s’engage au plus large. L’impression d’entendre un bruit de soie déchirée. Puis, le hurlement de Paule. Interminable.

Marthe lâche l’énorme godemiché qui tient seul. Si gros qu’il repousse la chair à la jonction des fesses et des cuisses. Sous l’anus, déformé par la tension proche, le périnée, étiré, est livide. Aurélie opine.

– Superbe. Après ça, elle sera aussi large qu’une jument !

– Je la remplis ?

– Oui.

Sans se soucier des cris de la fille, Marthe, en quelques à-coups, enfonce les deux tiers du phallus. Paule est secouée de longs tremblements, tandis que des geignements misérables lui échappent. Aurélie éclate de rire.

– Alors, putain, apprécies-tu ?

– Oui !… Oui !… Madame la duchesse. Oh ! que j’ai mal ! Ça a dû craquer !

– J’espère bien ! Les grassouillettes comme toi sont toujours trop étroites ! Il faut passer en force, pour qu’elles soient bonnes à quelque chose ! Marthe, délabre son cul !

La femme tire sur l’objet. Le conduit adhère. La raie se soulève, entraînée. L’anus s’efface. La vulve suit dans un mouvement de succion obscène. Le phallus se dégage avec un bruit de bouchon. L’orifice, surpris, reste béant quelques secondes, avant de se refermer comme à regret. Du sang en sourd, qui s’accumule dans la fente, imprègne les nymphes, puis déborde, coule sur le pubis. Marthe hoche la tête.

– Elle est bien éclatée. Il faudrait peut-être appeler le docteur Lalloinde pour qu’il la recouse.

– Ah ! laisse-moi tranquille avec ce marchand de maladies ! Le périnée a tenu. C’est le principal. Ce sont les lambeaux de l’hymen qui saignent ! Regarde !

Elle sépare la faille rougie. En effet, les vestiges d’une virginité, perdue depuis peu, sont gonflés, meurtris, blessés.

– Son cul, à présent !

 

Bien plus tard, dans la soirée, Marthe a rejoint la porchère dans son galetas voisin des soues. Une paillasse, une couverture et une caisse où elle rangeait ses quelques affaires personnelles, constituaient tout le confort de Raymonde.

Elle ne s’est dérobée ni aux baisers ni aux caresses de la femme. Ensuite, sous la lumière crue de l’ampoule nue qui éclairait l’immonde réduit, Raymonde a tout accepté : sévices, pratiques ignobles, gestes dégradants. Toutefois, sans paraître y prendre plaisir. Comme si cette descente dans l’abjection allait de soi.

À l’aube, elle a demandé la permission de se masturber. “Pour en sortir”, a-t-elle expliqué. Elle a trituré son clitoris avec une sorte de brutalité, jusqu’à ce qu’un tremblement bref la secoue. Ensuite, avec la même indifférence, elle a réuni ses quelques affaires dans un sac, pour suivre la femme du métayer au château de Bouchecourt.

 

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