Salle des Vamps

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DOPKINE Frank

BrigandineMedia 1000


polar



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Résumé

Le blouson d’Evelyne gisait sur le tapis derrière elle. Le mouvement qu’elle fit pour faire passer la robe au-dessus de sa tête découvrit son corps hâlé, la ligne gracieuse de ses jambes, son ventre plat. Elle exécuta le geste en un seyant ralenti, livrant en se cambrant ses seins jeunes et ronds, aux pointes couleur de pain brûlé.

­— Envoie-moi ton slip.

Le geste de la jeune fille pour s’en défaire ne démentit pas l’impression de souple aisance qu’évoquaient ses lignes. Elle tendit du bout de ses doigts le triangle humide, et comme Alexa ne faisait pas mine de s’approcher, le lança vers elle. Il disparut dans la main baguée qui le froissa.

— Joli, très joli, vraiment, murmura Alexa.

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II

Le blouson d’Évelyne gisait sur le tapis derrière elle. Le mouvement qu’elle fit pour faire passer la robe au-dessus de sa tête découvrit son corps hâlé, la ligne gracieuse de ses jambes, son ventre plat. Elle exécuta le geste en un seyant ralenti, livrant en se cambrant ses seins jeunes et ronds, pointes couleur de pain brûlé. Elle espéra un instant, le visage encore voilé par le tissu, le contact brusque et impérieux des deux mains d’Alexa se plaquant sur elle. Mais la femme resta immobile, se contentant de la contempler, et la robe tomba vers l’arrière. Évelyne baissa les bras, essoufflée.

– Envoie-moi ton slip.

Le geste de la jeune fille pour s’en défaire ne démentit pas l’impression de souple aisance qu’évoquaient ses lignes. Elle tendit du bout de ses doigts le triangle humide, et comme Alexa ne faisait pas mine de s’approcher, le lança vers elle. Il disparut dans la main baguée qui le froissa.

– Joli, très joli, vraiment, murmura Alexa. Tourne-toi, veux-tu…

Évelyne voulait bien. Elle aurait voulu aussi boire davantage, ou se jeter contre la femme, la renverser sous elle ; ou encore que celle-ci vienne s’agenouiller devant elle, et boive à même sa peau le foutre qu’elle sentait sourdre de son sexe. Mais elle se tourna en lâchant simplement un soupir.

– Tu ne connais pas les vertus de la patience, j’en ai peur, fit Alexa.

La fugitive grimace de dépit qui passa sur le visage d’Évelyne échappa à Alexa, mais la suite lui prouva à quel point elle était devinée.

– J’aime apprendre aux femmes la patience, et tu seras une bonne élève.

Évelyne sut qu’Alexa s’approchait, cette fois. Elle voulut se retourner.

– Ne bouge pas. C’est moi qui te regarde, et pour l’instant, c’est tout.

Elle s’immobilisa. Ce qu’on lui avait dit d’Alexa lui paraissait maintenant bien loin de la vérité. Les goûts attribués à cette femme ne la rebutaient évidemment pas, mais le rituel qu’elle imposait, dès lors que sa mission était remplie, et qu’elle allait devenir la secrétaire particulière de Bartolomé, parut soudain bien lourd à la jeune fille. Le désir qui s’entretenait en elle depuis le début de leur entrevue fléchit d’un coup, lui laissant les nerfs à vif et le ventre serré.

À deux pas d’elle, Alexa détaillait d’un regard minutieux la ligne de son dos, l’étranglement de sa taille, et sous les hanches étroites le modelé de son petit cul. Évelyne eut envie de faire volte-face et de la gifler. Elle se retint de bouger. Deux ongles longs et effilés griffèrent son épaule, et elle pensa qu’enfin Alexa se lassait de seulement regarder, et venait au fait. Elle se cambra. Les ongles tracèrent deux sillons rectilignes sur son flanc, se plantèrent au creux de ses reins. Elle tressaillit et eut une plainte. Les doigts s’incrustèrent dans la chair ferme de ses fesses. Elle fléchit en avant et un giclement de foutre inonda sa vulve. Ses cuisses se mirent à trembler. Les doigts s’écartèrent, laissant des stries rouges et profondes sur sa croupe.

– Rhabille-toi, il est temps que nous partions. Je ne me suis pas trompée, tu feras très bien l’affaire.

Alexa s’était reculée de trois mètres et lui avait parlé du même ton qu’elle lui aurait demandé son numéro de Sécurité sociale. Évelyne resta un instant sans réaction, le visage palpitant, les reins brûlés par un fer rouge. Elle se retourna enfin, et comprit en croisant le regard de la femme qu’il lui était impossible de dissimuler ses sensations. Elle avait l’air éperdue, chavirée d’excitation, et l’humiliante frustration lui faisait mal. De fait, son sexe lui était douloureux. Avec un sens aigu de la remarque qui blesse, Alexa laissa tomber :

– Tu fais une ravissante écorchée.

Évelyne ravala les mots qui lui venaient.

Son parfait bronzage ne suffisait pas à cacher le rouge qui empourprait son visage, et ses yeux luisaient de fureur. La pâleur d’Alexa paraissait accentuée, au contraire. Elle eut un sourire féroce.

– Allons, dépêche-toi, tu commences à travailler aujourd’hui même, et M. Bartolomé nous attend. Je garde ton slip…

Évelyne ramassa sa robe et au passage acheva d’un trait le verre entamé.

– J’espère que tu es capable de garder l’esprit clair quand les circonstances l’exigent, fit Alexa. Julien ne déteste rien tant que l’affolement ou le désordre.

Au point où elle en était, cette nouvelle pique effleura à peine Évelyne, qui lissait avec trop d’application sa robe sur ses cuisses. Elle pensait à autre chose, et s’efforçait de se recomposer un visage. Elle qui se trouvait si fière de son sang-froid… Elle se prenait à présent de fureur contre elle-même.

– Nous rentrerons à Paris au plus tard en début de soirée, dit Alexa. Tu n’as pas besoin de repasser chez toi, je pense…

Évelyne aurait justement voulu pouvoir repasser chez elle, ou s’arrêter n’importe où pour téléphoner. Après une courte hésitation, elle hocha néanmoins la tête. Robert, après tout, pouvait bien attendre un peu pour connaître le résultat de sa démarche.

L’idée qu’elle avait malgré tout réussi, et qu’elle allait être sans plus tarder introduite dans le repaire de Bartolomé, rasséréna la jeune fille, et lui mit un peu de baume au cœur. Pour le reste, c’était un peu dur à avaler, mais elle reprenait le contrôle d’elle-même. Alexa, qui ne cessait de l’observer, nota ce ressaisissement, mais ne dit plus rien jusqu’à ce qu’elles soient sorties de Paris par l’autoroute du Sud. Elles restaient silencieuses dans la voiture d’Alexa. Une Alfasud que la femme conduisait sans mollesse.

– Avais-tu jamais entendu parler de moi ? demanda soudain Alexa ?

– Non, jamais, mentit Évelyne.

– Même pas dans ce genre d’articles qui décrivent Julien comme un trafiquant ?

– Euh… non, je ne crois pas.

Alexa parut amusée et s’en tint là.

– Tu as des amants, bien sûr ? interrogea-t-elle un peu plus loin.

– Bien sûr. Cela dépend des moments.

– Tu veux dire, pour le nombre ?

– C’est ça. En ce moment, assez peu.

– Et des amantes ?

– Parfois.

Malgré son ton badin, Alexa semblait toujours aussi grave à Évelyne.

– Ne sois pas comme ça sur la défensive, je ne suis qu’un peu curieuse de mes nouvelles, euh… protégées.

Elles quittèrent l’autoroute et prirent la direction de Milly-la-Forêt. Évelyne repensait à Robert, qui devait s’impatienter.

– Julien, et ce qu’on dit sur lui, cela ne t’intrigue pas ? reprit Alexa.

– Je ne me pose pas tant de questions à l’avance. On verra bien. Je cherche du travail, c’est tout.

– Et si le plaisir est offert en prime…

– Pourquoi pas ?…

– Tu as déjà été foutue par plusieurs hommes à la fois ?

Évelyne regarda Alexa à la dérobée. Son profil pur était le même.

– Cela m’est arrivé, et je ne l’ai pas regretté. M. Bartolomé est plutôt âgé, non ?

– Oh, lui, il a dépassé l’âge des folies, c’est sûr. De ces folies-là, en tout cas. Mais il a encore toute sa tête, tu verras.

– Il n’habite pas seul ?

– Il a un chauffeur, une espèce de majordome, une vieille cuisinière…

– Et mon travail exige que…

– Il n’exige rien, sauf de l’efficacité, de la disponibilité, et un peu de vivacité d’esprit. Le reste dépend de toi. Tu as goûté au fouet ?

Évelyne fit une petite grimace, et Alexa rit, pour la première fois depuis qu’elles étaient ensemble.

– Tu as un cul qui donne envie de manier le fouet. Et finalement, tu es prête à tout, je me trompe ?…

L’éclat de rire d’Alexa dispensa Évelyne de trouver une réponse. La jeune fille, pour la première fois, eut peur. Pas du fouet ; elle eut soudain peur de n’être pas de taille, et que la femme à ses côtés n’ait pas un instant été dupe.

La voiture entra dans la forêt. Évelyne regardait la route droit devant elle.

– Nous arrivons, ma petite Ève.

Évelyne se força au calme. Il était impossible qu’Alexa se doute de quelque chose. Elle prit en tout cas la résolution de l’éviter autant que possible, et pria pour que son séjour chez Bartolomé ne s’éternise pas. Quelques semaines, avait prédit Robert, cela devait suffire. Suffire à la rendre dingue, oui…

La voiture vira dans une allée forestière, et passa une allée cavalière, avant d’obliquer vers une grande grille fermée. Les panneaux ne manquaient pas, qui répétaient qu’au-delà de la bifurcation, la propriété était privée. Évelyne aurait été incapable de reconstituer le trajet qu’elles avaient fait. Mais son rôle ne l’y obligeait pas. Par contre, à partir du poste de garde, un petit bâtiment carré et gris qui se devinait à cinquante mètres en arrière de la grille, il fallait que la jeune fille ouvre l’œil et note tout ce qu’elle pourrait voir. Il n’y avait pas beaucoup de personnes qui pouvaient se vanter d’avoir franchi cette grille derrière laquelle, depuis plusieurs années, s’était retranché Julien Bartolomé. À cette idée, Évelyne sentit un picotement le long de sa colonne vertébrale, et par un effort de volonté, rassembla tout son courage, et toutes ses facultés.

Robert ne lui disait-il pas qu’elle était une vraie femme de tête, et pas seulement une bandeuse au cul trop inflammable ? C’était l’heure de le prouver.

L’Alfa s’arrêta devant la lourde grille close.

– Voilà le saint des saints, commenta Alexa.

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