Sans tabou ni trompette

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MURDOCH Frank

BrigandineMedia 1000


polar



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Résumé

Marc jeta un coup d’œil circulaire et actionna la portière dans le dos de Claude. D’une poussée, il la bascula hors de la voiture, sur l’herbe. Elle réalisa ce qui se préparait et fixa l’arme qui entrait soudain dans son champ de vision. Marc s’était rapproché d’elle d’une détente, et allongeait le bras vers sa poitrine.

Le silencieux effleura son ventre, remonta vers ses seins et eut un petit sursaut dans la main de l’homme. Claude fut d’abord surprise de n’entendre que si peu de bruit, puis surprise que cela fît si mal, si vite. Touchée dans le sein gauche, elle chavira, les lèvres ouvertes sur une question muette. Marc s’était déjà redressé. Il savait qu’une seule balle était suffisante.

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II

Ses talons claquaient sur les marches de pierre. Elle le précéda dans l’escalier, longue silhouette qui se détachait sur les eaux sombres de la Seine. Une rame de métro passa au-dessus d’eux dans un fracas assourdissant. Alain rejoignit la fille au bas des marches et enlaça sa taille. Le contact de sa hanche contre son ventre lui noua l’estomac. Un sein dur frôla son torse. Il s’immobilisa. Elle se dégagea souplement, et continua à marcher.

Rectiligne au milieu de la Seine, l’allée des Cygnes était déserte. Alain revint à hauteur de Lise, mais ne put faire un geste pour renouer le contact. Il enfouit ses mains dans ses poches. La tête levée, le dos bien droit, elle balaya ses épaules de ses cheveux, et se rapprocha de lui, à le frôler.

Ils avaient roulé un long moment au hasard, avant qu’elle ne se gare sur le quai et ne propose de marcher un peu.

Pour déjouer le silence qui lui déchirait les nerfs, Alain avait parlé d’abondance. Lise ne ressemblait pas aux filles qu’il avait pu rencontrer de la même façon. Elle l’intimidait. S’il l’avait draguée dans la rue, dans un bistrot, il n’aurait peut-être pas ressenti ce malaise diffus. Le préliminaire téléphonique, en général, balisait le terrain, le délimitait précisément. Ils venaient de passer une heure ensemble, le temps en toute autre occasion de se jeter sur le premier lit venu, et de s’envoyer en l’air sans arrière-pensée, sans échanger de mots inutiles. C’était différent cette fois, et Alain s’en trouvait déconcerté.

Au téléphone, il s’était dévoilé, répondant sans tergiverser aux questions précises de la fille. Depuis qu’ils étaient ensemble, elle restait plutôt silencieuse, et c’était lui qui avait pris l’initiative de meubler le silence. Une façon de repousser la gêne qu’il sentait poindre. Il avait parlé de lui, posé des questions qu’elle esquivait sans chercher à donner le change. Le silence ne semblait pas la déranger, elle. Elle était là, à côté de lui, attentive, l’encourageant d’un sourire, mystérieuse.

Il s’était livré sans contrepartie, d’une voix assourdie au débit rapide, qui entassait les mots comme un écran devant son désir.

En essayant de la prendre dans ses bras et de l’embrasser, il venait encore de se planter. Il se vit soudain la prenant de force, sur le sol gravillonneux, lui arrachant un cri, un geste de révolte, un regard apeuré…

Tout en marchant, elle se rapprocha un peu plus, à le toucher.

– Viens t’asseoir… Tu as froid ?

Il bredouilla un « non » excédé. Il frissonnait. Elle s’assit contre lui, sérieuse. Ses traits étaient lisses, dans l’ombre. Il se pencha vers elle et la plaqua contre le dossier dur du banc. Sa langue buta sur les dents serrées. Elle ne se raidit pas, pourtant. Sa paume glissa sur la jupe, froissant le tissu. Elle entrouvrit les lèvres et leurs langues se frôlèrent, puis d’un coup se livrèrent l’une à l’autre.

Il l’embrassa à pleine bouche, avidement, sans raffiner. Il lui tenait la taille, et d’une main pressait ses seins. Il tremblait un peu. Son corps à elle était dur. Seule sa bouche participait. Il s’écarta légèrement pour reprendre haleine et croisa son regard fixe, délavé. La poitrine haute et ferme se soulevait à peine plus vite.

– Tu as envie de baiser ?

Il cessa de lui caresser les seins, souffla.

– Bien sûr, j’y tiens plus…

– Ici ?

Il regarda autour d’eux. L’allée était déserte.

– Pourquoi pas ? C’est toi qui a voulu venir ici… Tu habites dans quel coin ?

– Pas tout près. Tu préfères l’hôtel ? Chez toi ?

La voilà qui se remettait à parler, à présent. Il soupira.

– L’hôtel, je veux bien, mais je suis sans un, et chez moi… C’est pas terrible, mais possible.

Il lui avait déjà dit où il créchait, et qu’il était seul dans une espèce de studio trop cher pour ses petits revenus.

– On peut toujours trouver un endroit, mais pour le moment, on n’est pas mal ici, c’est bucolique…

Il hocha la tête. Une péniche descendait la Seine. Les longs doigts fins de Lise descendirent, eux, jusqu’à sa braguette, soulignant le renflement qui la tendait. Il voulut reprendre l’initiative.

– Non, ne bouge pas, murmura-t-elle.

Elle tira le zip de la fermeture Éclair.

Il portait ses jeans à même la peau. Il tressaillit au contact des doigts fureteurs sur son sexe comprimé.

– Tu es disponible, n’est-ce pas ?

La verge se déploya hors du pantalon, entre les doigts déliés.

– Comment ça, disponible ?

– Sans attache, sans contrainte… Libre, quoi.

Dans le creux de ses doigts, elle prit ses couilles et les libéra, griffant au passage le périnée. Il respira plus vite, raidi d’excitation. Il lui caressait les cheveux, et la regardait faire, craignant s’il bougeait de rompre le fragile équilibre de son désir, suspendu à cette main qui lentement prenait possession de son membre, le parcourait, l’enveloppait, le maniait avec une incroyable légèreté.

– Je te proposerai quelque chose, après…

Elle avait dit cela si bas qu’il ne fut pas certain de l’avoir bien comprise. L’impalpable caresse le faisait bander presque douloureusement. Sa main descendait sur la gorge de Lise quand elle se redressa à demi, s’écartant un peu de lui. Elle se pencha et ses cheveux vinrent recouvrir le ventre tendu, s’enrouler à la tige dressée. Alain retint son souffle.

Le simple effleurement des lèvres humides sur son gland lui tira un gémissement. Il aurait dû rompre cette position, différer les menées de cette bouche qui courait le long de son membre. Le choc qu’il ressentit jusqu’à la moelle, quand les lèvres s’arrondirent sur sa queue, le priva de réactions.

Il s’avança davantage au bord du banc. La langue de Lise folâtrait le long de la veine saillante, frétillait contre ses couilles, revenait humecter le gland. Elle le prit dans sa bouche et le téta, puis aspira lentement la verge entre ses joues resserrées.

Alain se cabra et s’enfonça dans cette gaine chaude. Les lèvres refluèrent, comprimèrent plus fortement la tige luisante, et coulissèrent jusqu’à la racine. Alain sentit céder ses dernières défenses, buta au fond du palais et grogna.

Lise lui tenait les couilles très serrées, et le gardait dans sa bouche, tétant et lapant en accentuant la pression. Il se rua en elle sans parvenir à se contrôler, et éjacula en se renversant en arrière. Lise ne dévia ni ne recula d’un pouce. Il avait l’impression qu’elle le siphonnait jusqu’au plus profond de ses reins. Elle déglutit et continua de le pomper. Il haletait.

Il ne lui restait plus une goutte de foutre quand elle se redressa, après l’avoir lapé comme une chatte.

Elle se tenait debout face à lui, calme, toujours aussi lisse et dure, impénétrable. Il chercha en vain un éclat dans son regard. Elle repoussa ses cheveux sur ses épaules. Une seule trace de sperme, luisant au coin de sa bouche, témoignait de ce qui venait de se passer. Alain était tassé sur le banc, reprenant son souffle et ses esprits. Son sexe restait pointé. Au son de la voix de Lise, il se sentit rebander.

– Viens, allons-nous-en d’ici.

Le temps de se rajuster, elle s’éloignait déjà, le buste droit. Au sommet de ses longues jambes, son cul roulait, fascinant. Alain la rejoignit, posa sa paume au creux de ses reins, l’arrondit sur la croupe haute et ronde. Lise ne modifia pas son allure. Tandis qu’ils remontaient l’escalier, il sentit les fesses tendre le tissu, le jeu harmonieux des muscles fuselés. Il avait envie d’elle. Il le lui dit.

Ils regagnèrent la voiture.

– Chez toi, alors ? demanda-t-elle en démarrant.

Il était trop impatient, à nouveau, pour chercher une autre solution. Il lui donna l’adresse, et ils traversèrent Paris par des rues peu fréquentées. Alain lui indiqua l’endroit, dans la rue de Clignancourt, et elle alla se garer cent cinquante mètres plus haut. Ils traversèrent la cour en silence. Les télés s’étaient tues depuis longtemps, seules demeuraient les odeurs. Un mélange varié que la chaleur précoce rendait âcre et touffu. Alain grimpa en tête, très vite, les étages. Lise paraissait totalement indifférente au décor.

Chez lui, elle se contenta de balayer la pièce d’un coup d’œil vague. Il dissipa la gêne que lui procurait son intérieur miteux en allant sortir des bières du frigo.

Quand il revint dans la pièce, Lise était nue au bord du matelas. Il posa les canettes par terre et la contempla.

Ses tétons dardaient vers lui leurs pointes brunes. Le triangle clair de son ventre se détachait à peine sur sa peau dorée. En quelques gestes, sans la quitter des yeux, Alain se déshabilla.

Elle retroussait ses lèvres et, entre les deux rangées de dents brillantes, passa un bout de langue. Elle ne souriait pas et son regard gardait la même expression un peu figée, lointaine. Mais sa voix parut plus rauque à Alain, quand elle se retourna et lui tendit son cul.

– Baise-moi, maintenant.

Il n’avait pas besoin qu’on le lui répète deux fois. Il se colla contre elle et se frotta à son corps. Le désordre de la chambre n’avait plus d’importance. Tout en lui pétrissant les seins à deux mains, il lui lécha et lui mouilla la nuque, les aisselles.

Lise se laissa tomber à genoux sur le matelas, les bras étendus vers l’avant, la croupe levée. Il fut encore étonné par ce changement d’attitude, cette brusque passivité. Mais il en avait marre de se poser des questions à propos de cette étrange louloute. Sous ses doigts et sa bouche, les fesses étaient dures, polies comme du marbre. Il griffa la courbure de la hanche, et glissa une main dans la fente offerte.

Lise se cambra et s’ouvrit. Maîtrisant son empressement Alain la caressa lentement, agaçant d’un doigt le clitoris, patinant la vulve rosée. Elle frottait ses seins à la couverture, et balançait doucement sa croupe tendue. Alain colla sa bouche au sillon, et l’enduisit de salive. Il insinua sa langue dans les replis de la chair, la darda à l’entrée du conin étroit, dans l’œillet plissé de l’anus. Lise ne lui livrait pas encore le goût de son foutre. Il fit coulisser son gland entre les lèvres disjointes. Son excitation le rendait fébrile. Il ne voyait pas le visage de Lise, couvert par sa chevelure, et préférait cela, d’une certaine façon. Mais il aurait aimé savoir si le plaisir pouvait bouleverser l’ordonnancement de ses traits, animer son regard. Il tenta de la pénétrer. Elle était étroite, un peu sèche.

Elle s’esquiva d’un mouvement de hanche et se redressa sur ses avant-bras.

– Dérouille-moi, souffla-t-elle. Fous-moi une fessée, et ne te retiens pas. Après, tu m’enfileras… Vas-y, bon sang !

Elle continuait de diriger les opérations, même en demandant cela. Et Alain se sentait un peu dans la situation d’un puceau à qui il faut tout indiquer. La paume ouverte, il claqua la croupe saillante. La peau fine rougit. Lise poussa un soupir.

Il la prit aux hanches et, dans un accès de fureur qui le surprit, se mit à gifler à tour de bras le petit cul insolent.

Les soupirs de la fille allaient croissant, enflaient en un sourd gémissement continu. Il s’arrêta, la main engourdie. Elle oscilla, glissa une main sous elle, se caressa.

– Continue, plus fort ! Dégèle-moi.

Il changea de main, frappa jusqu’à ne plus sentir ses doigts. Lise remuait de plus belle, et gémissait. Elle se plaignit et l’insulta quand il la délaissa soudain.

Il retira la ceinture de cuir de son jean, et revint au-dessus d’elle. Elle se branlait en geignant. Elle mouillait et il voyait battre l’orifice de son con. Elle cria quand le cuir cingla sa croupe.

La queue gonflée et la tête en feu, Alain était bien décidé à ne plus s’en laisser conter. Il abattit de toutes ses forces la ceinture. Lise ne cherchait pas à se dérober. Elle tangua plus vite, se cabra et s’écartela.

– Comme ça, oui… Plus fort !

Son débit s’accélérait, sa voix posée se brouillait. Elle l’encouragea jusqu’à ce que les gémissements qu’il lui arrachait couvrent ses mots. Du haut des cuisses aux reins, elle fut bientôt écarlate. Elle poussait des cris plus aigus quand le cuir venait mordre la chair sensible de sa fente, mais s’exposait aussitôt davantage. Alain ne sentait plus son bras quand il lâcha la ceinture. Lise se tordait et réclamait en râlant un supplément. Il lui enfonça deux doigts dans le con. Elle était trempée, béante. Lui n’en pouvait plus.

Il lui agrippa la taille, et d’un coup de rein pas maladroit, la pénétra. Elle rua et l’engloutit jusqu’à la racine. Elle était brûlante, juteuse. Elle jouit dès qu’il se mit à la pistonner. Un spasme la raidit, elle cria sourdement, et son cul se mit à rouler à une cadence folle. Il la couvrit et s’accrocha à ses épaules pour ne pas être désarçonné. Il la vit, quand un second orgasme la reprit, mordre à pleines dents la couverture. Tout son visage tremblait. Il se retira juste à temps et, tout aussitôt, se remit à la fesser, des deux mains. Elle rampa et se tordit sur le lit. Elle tenait ses deux mains serrées entre ses cuisses, et se branlait furieusement. Elle jouit encore, avant même qu’il ne se replonge en elle. Elle ruisselait.

Il la laboura de coups de boutoir furieux. Ils se cognèrent aux murs et dévastèrent le lit. Aux traces rouges qui marquaient la peau dorée, Alain ajouta, des flancs aux épaules, des morsures et des griffures.

Lise se cabrait sous lui et feulait. Elle le fit rouler sur le côté, le renversa sous elle, l’immobilisa entre ses cuisses. Il grogna, hors de lui. Elle haletait, échevelée.

Tenant sa pine d’une main, elle se redressa, à califourchon, creusa ses reins. Il buta contre son anus. Elle s’empala d’un coup de rein et il fut happé sans effort par son cul.

Elle le tint planté en elle, s’arc-bouta sur son torse, en le griffant au sang, et commença à onduler, de plus en plus vite, en geignant. Ses longs cheveux balayaient le visage du garçon. Il s’arqua et s’accorda tant bien que mal au rythme qu’elle imprimait. Elle jouit encore, le visage renversé, tandis qu’il lui pressait les seins. Elle enfouit ses doigts dans son con, et il sentit leur caresse à travers la mince paroi. L’orgasme d’Alain se déclencha alors, telle une lame de fond submergeant ses entrailles, et il explosa dans le cul resserré, en fixant le regard extatique et noyé de la fille. Il chavira en criant. Tout se mit à tanguer, et Lise au-dessus de lui précédait encore le mouvement, se tordant et ahanant en lui martelant les flancs. Dans la semi-inconscience où il sombra, il comprit qu’elle prolongeait encore son plaisir, coulissant sans relâche sur la queue fichée en elle. Il avait l’impression que son membre ne lui appartenait plus. Lise ne le lui rendit qu’après en avoir usé les ultimes forces. Elle se releva alors et d’un pas incertain s’éloigna. Il la perdit de vue, identifia une odeur de tabac blond, ne se sentit pas le courage de faire un geste.

Il s’était peut-être endormi.

Lise lui glissa entre les lèvres une cigarette. Rien à voir avec ses habituelles gauloises. De l’herbe, et de la bonne, lui sembla-t-il. Il aspira voluptueusement. Il pensa qu’il devait être très tard, et qu’il était parfaitement bien. Un peu de temps s’écoula encore, avant qu’il ne reconnaisse la voix de la blonde. Sa voix neutre et lente, bien posée. L’idée lui vint qu’elle devait être étrangère. Peut-être…

Lise répéta, dans la pénombre de la pièce :

– Tu veux gagner du fric, Alain ? Beaucoup de fric ?

Il pigea lentement. Il n’avait aucune envie de faire des efforts. Il s’entendit demander ce qu’il fallait faire, pour gagner du fric.

– Venir avec moi, t’absenter d’ici un moment.

Le mégot du joint lui brûlait les doigts. Il roula sur le côté. Elle était debout près de la fenêtre, habillée.

– M’absenter de ce palace, c’est tout ? Pour aller où ?

– Je t’emmène, si tu veux. Pas très loin, mais le dépaysement est assuré.

Il s’assit et s’étira. Elle était plus sérieuse que jamais.

– Tu plaisantes ?… T’as pas l’air. Il faut que je me décide tout de suite ?

– Avant que je parte.

– Tu dois te tirer, vraiment ?

– C’est ça.

– Mais, pour gagner du fric, faut faire quoi ?

– Partir d’ici un moment, laisser tout en plan, et faire ce qu’on te dira.

Il ne sut quoi dire. Il aurait pu questionner des heures sans tirer d’elle davantage d’explications. Il commençait à s’habituer à ses façons mystérieuses. Elle n’en dit pas plus, et il sentit qu’elle allait partir. Qu’est-ce qu’il aurait pu dire pour la retenir ?… Et quant à se retrouver seul, là, maintenant…

– Attends une seconde, j’arrive.

Elle ne dit rien pendant qu’il se fringuait à tâtons. Sa montre marquait deux heures du matin. Il demanda, hésitant :

– Faut que j’embarque mes affaires ?

– Non, rien, tu auras ce qu’il faut…

Il haussa les épaules, en regardant autour de lui. Pour ce qu’il avait à perdre, de toute façon… Et elle avait parlé de gagner… Du fric.

– Beaucoup de fric ? enchaîna-t-il tout haut.

– Pas mal, oui.

Il n’était pas sûr que ce fût la même fille qui lui avait demandé de la battre, de la « dégeler », avait-elle dit, tout à l’heure.

« C’est la soirée des énigmes », pensa-t-il en lui tenant la porte. Ils sortirent. Alain se contenta de tirer la porte derrière lui.

La nuit était douce. Ils ne croisèrent personne et s’installèrent à nouveau dans la Datsun. Alain n’avait même pas envie de parler, cette fois. Et Lise était toujours aussi muette, à nouveau lointaine.

Les rues défilaient et Alain fut repris par une douce somnolence. Il s’imagina roulant ainsi le reste de la nuit, et se réveillant ailleurs, au bord de la mer, pourquoi pas ?…

– T’es pas étrangère ? demanda-t-il en regardant la fille entre ses paupières mi-closes.

Elle prit deux virages et répondit :

– Pas assez.

Alain dut faire un effort pour rouvrir les yeux. Ils roulaient sur du gravier. Il pensa au hasch, qui le faisait parfois irrésistiblement roupiller. Il n’avait guère picolé, pourtant.

– C’est là.

Lise coupa le moteur. Alain aperçut une baraque grande et carrée, des arbres, des massifs en fleurs.

– Qu’est-ce que c’est ?

– On est arrivés, viens…

Il la rejoignit sur le perron. Il était crevé. La porte s’ouvrit, mais il ne vit personne. La bicoque était silencieuse. La campagne autour aussi. Il pensa « campagne » parce qu’on entendait même pas de bruit de bagnoles. Le silence à la campagne est toujours empli de bruissements, pourtant. Étrange, encore.

Il suivit Lise dans la maison. Une entrée peu éclairée, plutôt bien arrangée, mieux que ça, même. Un air rupin. Le fric, et la classe ; il lui sembla, au moins.

– Installe-toi là, fit-elle.

Il se laissa tomber sur un canapé moelleux, profond, superbe. Lise disparut par une autre porte. Un silence parfait. Il se laissa aller, finit par s’étendre. Le temps s’écoulait sans douleur. Il s’endormit là, d’un coup.

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