Séances majeures

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DELANGE Isabelle

Les Érotiques d'EsparbecMedia 1000


BDSMdomination H/Fpremière fois


128 pages


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Résumé

Isabelle Delange menait une vie sans histoire ; dans ses moments de délire, elle rêvait, pour tromper l’ennui d’une vie trop banale, d’être dressée par un « maître »… Elle était loin de se douter qu’un jour la réalité surpasserait tous ses fantasmes et qu’elle deviendrait une « chienne soumise » ! Ce livre est le récit à peine romancé de ses aventures…

De cette expérience peu commune est né un véritable écrivain, auteur d’un texte sombre et scandaleux auprès duquel les timides audaces des auteurs féminins qui encombrent les vitrines des libraires sont de bien fades tisanes…

Débuter la lecture

CHAPITRE PREMIER

J’avais encore trompé Pierre. A qui pouvais-je raconter ça ? Même mon amie Marion n’aurait pas compris. J’en étais réduite à déverser mes secrets dans un cahier, comme quand j’avais quinze ans. Pierre n’avait rien soupçonné, comme d’habitude. Il s’obstinait à m’aimer, me faire confiance, gober mes mensonges. Me traiter comme une reine. On baisait seulement une ou deux fois par semaine, c’est vrai. Entre les travaux, les clients, les fournisseurs, les banques… Pierre avait de rudes journées. Quand je le rejoignais au lit, tard dans la nuit, je me contentais de ses bras refermés sur moi. Je m’endormais blottie contre lui.

Quand il se réveillait, le désir, parfois, l’emportait sur la fatigue, et c’était toujours très bon. Seulement, il y avait quelque chose que je ne m’expliquais pas. J’avais beau jouir avec lui, il me manquait un je ne sais quoi que je n’arrivais pas à analyser. Je n’avais rien à lui reprocher, c’était un ange, mais justement, c’est là que le bât blessait.

Voilà pourquoi je l’ai encore trompé… Avec un type moins beau, moins intelligent, moins excitant… allez comprendre ! « Ancien militaire », ces simples mots sur l’annonce Internet m’avaient mise dans tous mes états. Pendant des jours (surtout des nuits), j’avais imaginé un colonel à la retraite, droit comme un I, au regard glacé, au caractère vicieux. Qui m’aurait reçue dans un vieux manoir, avec une cheminée, de la musique classique en sourdine, des bottes en cuir, une cravache…

Mon fantasme. Celui de l’homme mûr et sévère. J’ai donc répondu à l’annonce, on a échangé des messages. Chaque soir, avant de m’endormir, derrière mes yeux clos, j’imaginais notre première rencontre…

— Bonsoir, Monsieur.

— Tu dois m’appeler « mon colonel ». A partir de cet instant, toute erreur sera sanctionnée.

— Oui, monsi… Oui, mon colonel.

— Approche.

Il me toise, tourne lentement autour de moi.

— Ton mari sait que tu es ici ?

— Non, bien sûr que non, mon colonel.

— Où lui as-tu dit que tu allais ?

Je baisse les yeux.

— J’ai parlé de shopping, de bibliothèque… Ne vous inquiétez pas, il me croit.

Il s’arrête face à moi, le regard méprisant.

— Il a bien tort… n’est-ce pas ?

Je me sens sale, salope.

— Déshabille-toi.

Comment refuser ? Il vient, en deux mots, de me balancer ma bassesse à la figure. Je suis une femme infidèle, une femelle en chaleur qui a traversé toute la ville pour se faire baiser par un inconnu. En tremblant, je déboutonne mon chemisier. Je le retire, le lui donne. Je fais glisser ma jupe le long de mes cuisses, l’enjambe, la lui donne aussi. Je suis en culotte et soutien-gorge. Avec porte-jarretelles assorti. Un ensemble en dentelle parme. Il a un léger sourire. Un sifflement moqueur.

— Madame a sorti ses dessous chics !

Je rougis.

— Enlève-moi tout ça, j’aime voir la marchandise sans emballage.

Mortifiée, je dégrafe mon soutien-gorge, dénude mes trop gros seins. J’ôte mon porte-jarretelles, mes escarpins, mes bas noirs. J’expose mon ventre, mes jambes, ce corps que je n’aime pas. Plantée devant lui, je baisse la tête pour cacher mes larmes de honte.

— Tiens-toi droite !

L’ordre m’a cinglée comme une cravache. Je redresse les épaules, rentre le ventre, serre les fesses. Mais je garde les yeux baissés, incapable de soutenir son regard. Voilà. Désolée. Toute la marchandise est là.

— Croise les mains au-dessus de la tête. Ecarte les cuisses.

Il prend son temps, tourne autour de moi. Je subis son examen en tremblant. Exhibition forcée, qui me torture, mais aussi me libère. Tout montrer, c’est aussi ne plus rien avoir à cacher. Attendre le verdict. Il revient face à moi.

— Tout est naturel ?

— Oui… mon colonel.

— Même les seins ?

— Oui, mon colonel.

Il s’approche de moi. Sa main gantée de cuir les tâte.

— Tu ne m’avais pas dit, dans tes lettres, que tu avais des mamelles pareilles !

Au supplice, je baisse la tête. Il pince les tétons, les étire, les fait rouler sous ses doigts. Ma respiration s’accélère. Il sourit.

— Ça t’excite ?

Pour toute réponse, je ferme les yeux, bombe le buste. Il serre plus fort, jusqu’à ce que je grimace de douleur.

— Je n’ai pas bien entendu ta réponse.

— Oui… ça m’excite… mon colonel.

Voilà le genre de scène que j’imaginais, le soir, avant de m’endormir.

Bien sûr, ses mails ne dépassaient jamais dix lignes, bourrées de fautes, mais je me suis quand même accrochée à « mon colonel », j’y ai cru, jusqu’à ce que la réalité…

Nous avions rendez-vous dans un bar, « pas très loin de chez lui », m’avait-il précisé. J’avais soigné ma tenue, je portais mon ensemble parme, sous ma petite robe noire boutonnée devant. Des bas, des escarpins à talon, alors que je n’en portais jamais pour Pierre.

Quand je suis entrée dans le bar, les trois ou quatre poivrots assis au comptoir se sont arrêtés de parler. Ils me dévisageaient du coin de l’œil ; j’avais la sale impression qu’ils savaient ce que je venais faire là. Un seul client était assis à une table, dans le fond, près des flippers. Il s’est levé, pour me montrer qu’il portait le blouson de cuir dont il m’avait parlé dans son dernier message.

Un antique rocker. Sous le blouson en similicuir, un tee-shirt Harley-Davidson. Une calvitie mal masquée par quelques cheveux gominés. Un visage et un ventre enflés de bière. Heureusement il était grand, carré. Quand il s’est penché pour me faire la bise, j’ai trouvé sa joue douce, son parfum agréable. Je me suis assise face à lui.

— Qu’est-ce que tu bois ?

J’ai hésité. Café si je repartais. Alcool si je restais. Je repars ou je reste ? Et si un bourreau se cachait derrière le gros benêt ?

— Martini.

Lui a commandé une bière. Le patron est venu nous servir en prenant son temps pour essuyer la table, changer le cendrier, me mater. J’avais hâte de partir. J’ai fouillé dans mon sac, allumé une cigarette. Le patron a fini par retourner derrière son comptoir. En faisant tinter son verre contre le mien, mon biker d’opérette m’a fait un clin d’œil.

— Comment tu me trouves ? Tu n’es pas déçue ?

— Heu… non, pas du tout ! Disons que… je ne m’attendais pas à ça. Tu n’as pas trop le look militaire.

Il a souri, fier de lui.

— Ça, c’est sûr ! Le perf et les tiags, c’est pas réglementaire ! Maintenant que je suis civil, je vais pas me priver, hein ?

Je lui ai demandé s’il s’était reconverti dans la sécurité, comme de nombreux militaires à la retraite.

— J’en ai bouffé pendant dix ans, ça m’a suffi. Je profite de la vie, tranquille. Je bricole à droite et à gauche, chez les petits vieux du quartier.

J’ai avalé mon Martini. La tête me tournait.

— Et moi… comment tu me trouves ?

L’enfoiré a eu une moue hésitante.

— J’ai pas tout vu. Mais ouais, t’as l’air pas mal.

Il se prenait pour qui avec sa bedaine et sa gueule d’alcoolique ? J’ai proposé :

— On va chez toi ? Tu pourras mieux juger, comme ça.

Il habitait un deux-pièces dans un vieil immeuble du centre-ville. Je me suis assise sur le canapé. Il a mis un disque de Goldman. Manquait plus que ça. Il s’est assis près de moi. D’un doigt, il a caressé ma joue, puis s’est penché, m’a bécoté les lèvres. Un romantique ! Je n’étais pas venue pour être câlinée, c’était même le contraire.

Je me suis collée à lui. A travers son tee-shirt, j’ai caressé son ventre, son poitrail de bœuf. J’ai ouvert la bouche, cherché sa langue. Je pensais à Pierre, à son corps musclé, bronzé, à sa bouche fraîche. A son sourire amoureux quand il était parti ce matin-là. Sa fichue confiance en moi.

Le gros connard commençait quand même à comprendre qu’il n’était pas tombé sur une petite fleur fragile. Sa langue s’est enfoncée dans ma bouche, sa main moite s’est posée sur ma cuisse. J’ai déboutonné ma robe, puis, sans cesser de lui sucer la langue, j’ai guidé sa main plus haut. Il tâtonnait, fébrile. Bas, porte-jarretelles, soie, dentelle, froufrous de pute… Je me suis assise à califourchon sur ses cuisses. Ses yeux allaient de mes seins à ma fente rasée. Je lui souriais d’un air candide.

— Pas trop déçu ?

Il a secoué la tête, bouche bée, les yeux sur mes seins que je sortais de leur corbeille de dentelle. Pierre les aurait déjà empoignés, pétris, dévorés. Lui s’est contenté de les palper poliment, du bout des doigts.

— Sacrés nichons ! Tu fais du combien ?

J’ai soupiré.

— Quatre-vingt-dix D.

Il a semblé déçu. Je me suis penchée en arrière en écartant les cuisses. Baise-moi au lieu de parler, connard ! Regarde comme ma chatte a faim !

— Bourre-moi. Salis-moi. Use de moi comme d’une pute. Punis-moi d’être ici avec toi, au lieu d’être chez moi à attendre mon homme !

J’ai gémi, les yeux mi-clos, en prenant une pose d’actrice porno. Ça a marché : j’ai vu dans ses yeux qu’il retrouvait ses repères. Il a caressé mes cuisses ; je me suis cambrée en m’ouvrant. Il a fait glisser sa main jusqu’à ma fente, a effleuré mes petites lèvres, puis m’a introduit un doigt. Il me branlait du bout du majeur. Je haletais en ouvrant de grands yeux, comme sous un plaisir surprenant. Il a souri.

— Tu vas avoir ce que tu es venue chercher !

Il s’est levé, s’est dirigé d’un pas décidé vers la salle de bains.

— Bouge pas, je reviens.

Je l’ai attendu à genoux sur le canapé défraîchi. Tout était encore possible. Qu’il revienne avec une ceinture pour me punir d’être aussi impudique ! Il brandissait une capote. Il n’avait plus sur lui qu’un slip, qu’il a retiré. Je me suis allongée ; il s’est agenouillé entre mes jambes, a enfilé sa capote et, sans plus de cérémonie, m’a enfoncé sa queue. Il était plutôt bien membré ; j’ai poussé un petit cri de plaisir non feint. Le seul.

Une fois en moi, il bougeait à peine, forçant comme s’il voulait aussi faire rentrer les couilles. Je l’ai empoigné par les hanches, j’ai essayé de le guider pour qu’il m’astique convenablement. Il a réussi quelques va-et-vient efficaces. Les yeux fermés, les cuisses ouvertes, j’essayais de me convaincre que ces faibles frissons justifiaient mes heures perdues. J’essayais de rendre Pierre responsable. C’est de ta faute, mon amour : tu me prends pour une sainte, alors que je suis une pute ! J’ai besoin de queues ! J’ai entre les jambes une bouche insatiable, et dans le ventre, un manque jamais comblé ! Ta femme est une chienne en chaleur, qui a besoin d’une chaîne et d’un collier, quand le comprendras-tu ?

Je gémissais, j’avais hâte qu’on en finisse. Le type s’est penché, a sucé mes seins, m’offrant son crâne dégarni, qui aurait pu être émouvant sans le gel qui couvrait ses derniers crins. Ça m’a ôté l’envie d’y passer les doigts. Il s’est redressé, le regard fou, la bouche baveuse.

— Oh putain… t’es bonne, toi !

J’ai pris mes jambes derrière les genoux, les ai écartées au maximum. Je le fixais en me léchant les lèvres. Il s’est retiré en comprimant sa bite à la base pour retenir sa jouissance. Je n’ai pas arrêté mon numéro pour autant. J’ai gardé ma position, qui ne cachait rien de ma fente grande ouverte. Les yeux mi-clos, je gémissais, me tortillais.

— Viens…

J’ai basculé en arrière, les genoux touchant les épaules. Il a compris ce que je lui proposais. Il a craché dans ses doigts, a étalé la salive sur mon petit trou contracté. Il a guidé sa queue, a placé le gland à l’entrée, a poussé…

— Oh putain…

Les yeux fermés, il s’est enfoncé dans mon cul en continuant sa litanie. C’est ça, mon gros ! T’arrête pas surtout… Sa queue était grosse, bien lubrifiée par la capote. Elle a pénétré en douceur, activant au passage mille capteurs, déclenchant mille décharges de plaisir. Sous mes doigts, mon clitoris se gonflait, noyé de mouille épaisse. Toute la force de mon désir se concentrait là. C’était violent. Je me branlais. La queue dans mon cul me rendait folle.

— Tu m’encules, hein… comme une chienne…

Tout en balançant son bassin, il a levé sur moi un regard fiévreux.

— Ouais… c’est ce que t’es… une putain de bonne chienne !

Les cuisses grandes ouvertes, je frictionnais à toute vitesse mon clitoris entre mes doigts. Soudain, un barrage s’est ouvert, une vague chaude a déferlé dans mon corps. Je me suis accrochée à ses fesses. Mon cul s’est contracté, comprimant la queue fichée au fond. J’ai fermé les yeux, la jouissance nous a emportés ensemble.

Il aurait fallu que la scène s’arrête là. Après, les peaux se sont décollées avec des bruits spongieux, la lumière s’est rallumée ; la capote souillée pendouillait. Ne pas penser au corps de Pierre après l’amour. Quand il s’endormait sous mes caresses, la joue contre mon sein… Me rhabiller, baisser les yeux, ravaler ma honte, supporter une dernière caresse sur les fesses, sourire quand il a parlé de se revoir.

J’ai retrouvé ma voiture. Pas fière du tout. Plus frustrée que jamais. Ce n’était pas cette honte-là que je recherchais.

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