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Résumé

Quand Biagio suggéra à sa femme, Marie-Caroline, de consulter quelques sites coquins sur internet, il ignorait jusqu’où ce jeu les conduirait. Il s’agissait pour lui de calmer les ardeurs trop pressantes de sa jeune compagne. Il ne pouvait prévoir l’infl uence qu’aurait cette occupation sur leur vie de couple. Très vite il se verra contraint d’accepter que la vie intime de Marie-Caroline passe sous la coupe d’un parfait inconnu : le Sex Master.

Une fois de plus, Jean-Charles Rhamov s’abandonne à ses fantasmes de dressage. Il faut reconnaître qu’il est devenu lui aussi un « maître » en la matière…

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CHAPITRE PREMIER

Marie-Caroline se délectait de la minuscule photo. Elle représentait le bas-ventre d’un jeune homme aux proportions impressionnantes. En pleine forme, le membre atteignait loin au-delà du nombril et son diamètre semblait quasi monstrueux. Elle se souvenait de ces phallus dont elle savourait les représentations photographiques avec quelques copines au collège, elle revoyait ce nain, aux traits martyrisés par l’âge, dont elle avait encore l’étrange colonne de chair dans les yeux, ainsi que ses lourdes bourses qu’elle imaginait aussi dures que chaudes. Combien de fois, malgré la difformité de l’engin, n’avait-elle fantasmé sur cette erreur de la nature. Aujourd’hui la photo avait des airs de normalité et pourtant le membre paraissait gigantesque.

Elle avait trouvé la revue sur la table de nuit. Son mari, Biagio, ne cachait pas son plaisir à ce type de lectures. Il dévorait souvent des mensuels masculins et les laissait parfois traîner ça et là sans y prendre garde. Il arrivait parfois à Marie-Caroline d’en trouver un et, par oisiveté plus que par désir, elle se laissait aller à le feuilleter.

Cette fois-là, sans trop savoir pourquoi, elle porta son attention sur les petites annonces. Dans ces moments elle avait coutume de s’abandonner à quelques caresses innocentes, caresses n’ayant pour but que d’agrémenter sa lecture. Elle ne cherchait pas véritablement l’orgasme mais, plus simplement, un moment délicieux propre à la rêverie. Mais très vite, l’intensité des souvenirs qui affluaient, et les proportions évidentes de cette virilité firent que ses doigts s’activèrent plus nerveusement entre ses jambes. Elle ne pouvait plus détacher les yeux de la minuscule photo et la fièvre qui montait dans son ventre lui fit perdre la tête.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle avait dégrafé son chemisier, retroussé les bonnets du soutien-gorge, et fait glisser jusqu’à mi-cuisse un string de dentelle qui n’allait pas résister longtemps. D’une main elle se cisaillait maintenant les muqueuses humides tandis que, de l’autre, elle agaçait les tétons par des cercles délicieux. Très vite elle abandonna toute retenue et se surprit elle-même à subir un orgasme rapide, qui ne lui laissa dans la bouche qu’un goût d’inachevé. Elle se souvint alors de ses premiers émois qui finissaient par de brèves sensations de bonheur. Tout avait été si vite qu’elle se crut revenue à l’adolescence.

Un brin déçue de cette courte extase, elle tenta de rappeler la fièvre par quelques attouchements précis mais n’y parvint pas. Son corps lui parut insensible. Elle ne parvenait plus à puiser dans ses fantasmes. Comme si quelque chose qu’elle ne comprenait pas s’était subitement cassé. Ce n’est que quand ses yeux accrochèrent la photo, découvrant une nouvelle fois la verge aux proportions hallucinantes et dont l’extrémité joufflue et écarlate semblait se jouer d’elle, qu’elle fut comme électrisée. Une violente secousse parcourut ses reins pour diffuser jusqu’à la nuque. Dans un réflexe de survie, elle replongea alors ses doigts dans la chaleur de son ventre et celui-ci répondit instantanément aux caresses.

Dès lors, elle ne quitta plus des yeux l’engin au volume étrange, collant presque la revue sur son front pour n’en pas perdre une miette, et elle se laissa aller à un nouvel orgasme aussi bref que le premier, mais sans nul doute plus fort. Elle cessa alors toute agitation et, maintenant ses doigts fermement enfoncés dans sa chatte, comprimant délicieusement ses chairs intimes, elle prit le temps de détailler l’annonce.

De la photo elle n’avait retenu que la disproportion entre les dimensions du phallus, le volume des bourses, et la largeur des hanches. Maintenant, la fièvre retombée, elle constatait l’absence évidente de toison. Cet homme, au demeurant viril, s’épilait comme elle-même pouvait le faire. Elle devinait chaque ride des bourses et distinguait la tension extrême qui tendait leur peau délicate à la base du membre. Elle imagina le volume de sperme qui n’attendait qu’une caresse pour gicler en violentes saccades, elle s’imagina recueillir cette manne dans ses mains, sur ses bras, sur son visage, et se laissa aller à nouveau à quelques mouvements de poignet.

Après avoir détaillé la minuscule photo qui laissait deviner un ventre plat et musclé et un corps d’athlète, elle s’intéressa au texte.

C’était un couple provençal qui proposait aux femmes de passage de goûter à un jeune homme très bien monté. Il était précisé que tout se passerait avec l’accord, et en présence, de madame. Une seconde photo laissait apercevoir une beauté brune, au visage flouté, qui n’avait d’autre raison que de valider les dires de l’annonce et de rassurer les femmes seules. Marie-Caroline parcourut plusieurs fois l’annonce, tentant de percer le mystère de ce couple inhabituel.

Biagio lui avait expliqué que, sous de présumés couples, se cachaient parfois des hommes seuls, déroulant en quelques lignes l’éventail de leurs fantasmes et se laissant aller à des manipulations dérisoires, dans le seul but de fantasmer ou de voler quelques photos intimes à des correspondants naïfs. Il s’agissait probablement d’hommes délaissés, à la timidité maladive ou au physique ingrat, voire des pervers en manque de sensation. Toute la misère sexuelle s’étalait dans ces revues libertines, avec pour conséquence l’attirail de faux-semblants inhérents aux rapports humains.

Pourtant la jeune blonde ne pouvait croire à pareille tromperie. Elle parcourut encore l’annonce et, quand elle se trouva convaincue de la réalité des personnages, elle ne put s’empêcher de se donner à nouveau du plaisir, une main crispée sur sa poitrine, l’autre profondément enfoncée dans sa chatte. Puis, épuisée d’avoir trop joui, elle resta allongée sur le lit, à rêvasser sur de monstrueuses virilités dont elle ne parvenait plus à oublier l’image. C’est en milieu d’après-midi que Biagio la trouva ainsi alanguie, les yeux clos et la mise en désordre.

 

Marie-Caroline et Biagio – prononcer Biadgio – avaient élu domicile aux alentours d’Arles. Les hasards de la vie les avaient conduits en Camargue et ils avaient abandonné leurs familles respectives, elle dans la vallée de la Maurienne, lui dans le Piémont italien. Tous deux travaillaient dans la grande industrie et s’étaient rencontrés au hasard de réunions techniques dans la banlieue de Turin. Ils avaient rapidement sympathisé et sans le vouloir vraiment, ils étaient tombés dans les bras l’un de l’autre. Pour elle il représentait le latin lover, l’Italien au regard sombre et à la sensualité évidente. En outre il présentait l’avantage de parler un français très académique, ce qui avait contribué, pour une bonne part, à leur rencontre. Pour lui, elle était l’image de la femme française, la blonde naturelle au charme fou, celle dont la froideur laisse perplexe, mais à laquelle on ne peut résister.

Très vite, sous le masque des rapports de travail, il avait découvert une femme sensible, plus ouverte qu’elle ne le laissait paraître, et en quelques rendez-vous à l’aspect innocent, il avait fait sa cour avec tout le succès espéré. Il l’avait étourdie de visites culturelles, de dîners fins et de bon vin. Il l’avait charmée aussi par son savoir et par sa voix chaude.

Elle s’était laissé faire, libre qu’elle était à cette époque, et avait succombé sans combattre. Elle cherchait une épaule, il cherchait un rêve, ils s’étaient trouvés.

Deux ans après, ils étaient mariés et leur amour avait trouvé refuge en Camargue. Depuis ce temps, ils conformaient leur vie à leur pays d’adoption. La liberté des paysages, le sauvage du décor et le mistral permanent les avaient modelés jusque dans leur façon d’aimer. Eux, plutôt citadins, étaient devenus amants des grands espaces et ne perdaient pas une occasion de satisfaire leur sensualité dans tous les lieux possibles. Très vite elle avait aimé cette nouvelle vie, les longues promenades dans les marais, la proximité des manades, l’aspect rude et réservé des hommes du cru, et les troupeaux de chevaux sauvages qui fuyaient à leur approche. Au fil du temps elle s’était habituée à ce que Biagio la dévête rapidement, entre deux bandes de roseaux, ou à l’abri d’une haie de cyprès, pour satisfaire à la fougue italienne.

Elle avait quitté son travail pour se consacrer à leur couple et y trouvait son compte. Biagio était ce qu’elle avait rencontré de meilleur dans la vie et grâce à lui elle se découvrait femme. L’imagination italienne faisait des merveilles. Dans ses bras elle devenait amante exceptionnelle et ruisselait à la moindre caresse. Il savait jouer d’elle jusqu’en des extrémités qu’elle n’aurait jamais soupçonnées et ne dédaignait pas laisser traîner telle ou telle revue pour exacerber sa sensualité.

 

Alors que Biagio admirait le corps féminin étendu mollement, la main encore en cocon sur le bas-ventre, son regard fut attiré par la revue au pied du lit. Celle-ci était en désordre, les pages pliées dans tous les sens comme si elle avait été jetée, ou était tombée du lit. D’un mouvement réflexe il la ramassa, la secoua pour lui redonner un semblant d’ordre et y jeta un œil machinalement.

La page qu’il avait sous yeux ne lui apporta pas d’emblée une réponse claire. Il y voyait une bonne vingtaine d’annonces, qui ne présentaient pas de point marquant qui put attirer l’attention. Il connaissait cette littérature pour s’en inspirer parfois, à la recherche d’un fantasme quelconque qui soit en phase avec les siens, mais dans ce fatras de couples et d’hommes seuls qui tentaient l’aventure sexuelle, il ne voyait pas ce qui aurait pu intéresser Marie-Caroline. Il la connaissait bien et savait tant de choses sur elle qu’il était certain que tous ces échangistes en herbe, tous ces mélangistes timides, et tous ces soumis en mal de maîtresses n’étaient pour rien dans les émois de sa compagne. Quant à retenir le couple BCBG qui cherchait son alter ego, haut niveau socioculturel et physique parfait, ça prêtait à sourire plutôt qu’autre chose.

Il allait poser la revue quand il songea à tourner celle-ci. L’autre page ressemblait à la première. Une dizaine d’annonces, dont certaines avec photo. Son attention se porta immédiatement sur l’énorme sexe masculin. Se pouvait-il que…

 

Quand elle ouvrit les yeux, elle le vit, assis près d’elle, lui sourit, et tenta, par simple pudeur, de masquer sa nudité d’un coin de drap. Il aimait quand elle faisait ainsi, donnant son vrai sens au fruit défendu. Il posa un doigt sur la photo et elle ne put s’empêcher de rougir. Elle avoua son trouble, et s’étonna même de celui-ci. Elle lui vanta ses multiples plaisirs et tenta de l’associer à cet embrasement.

— Tu as gagné !

Il ouvrit de grands yeux.

— C’est ce que tu cherchais ? Que je m’excite avec tes sales revues ?

Elle n’avait pas usé du qualificatif dans un but moral, mais plus par humour, associant à ce terme tout une imagerie torride dont elle savait qu’il était friand.

— Tu as vu ce membre ?

— C’est ça qui t’a tant bouleversée ?

— Il y a de quoi, non ?

— J’avoue que ça paraît impressionnant. C’est une belle bite, mais…

Elle le fixait, attentive à son avis.

— Mais la photo déforme les proportions… Avec un grand-angle, on peut obtenir pareil effet.

La perplexité se lisait maintenant sur le visage de Marie-Caroline. Il en perçut les prémices et rattrapa son propos. Elle avait rêvé, il ne se sentait pas de briser ce rêve.

— Mais j’avoue que ça impressionne. Beaucoup de femmes doivent fantasmer face à pareille monstruosité.

Il n’avait pu se retenir de lancer une pique. Peut-être par dépit, sans doute par jalousie. Quel homme n’a pas rêvé d’un sexe plus volumineux ?

— Tu crois que je suis anormale ?

Il ne sut quoi répondre. Bien sûr que non, elle n’avait pas de raison de se croire anormale. Il comprenait qu’une femme fantasme, surtout sur un sujet pareil, et si lui-même avait été femme, peut-être la chose l’aurait-elle tenté, mais il était un homme, et ne pouvait éviter de se comparer au modèle. Il n’avait pas à se plaindre, la nature avait été généreuse, du moins l’avait-il pensé jusque-là, mais si la photo était une représentation fidèle de la réalité, il ne pouvait soutenir la comparaison. Il pensa éluder la question mais ça n’était pas dans ses habitudes, et Marie-Caroline aurait été assez fine pour mesurer son subterfuge. Il décida de jouer franc-jeu.

— Je sais très bien que tu es la plus folle des jolies filles que j’aie pu rencontrer. J’adore ta façon de t’offrir, ton sourire prometteur et ton regard lascif, à l’occasion. C’est une des raisons, peut-être la principale raison, pour laquelle j’ai voulu lier ma vie à la tienne. Une femme normale, comme tu dis, m’aurait profondément ennuyé. Non tu n’es pas anormale ! Tu es Marie-Caroline, ma Marie-Caroline !

Il se pencha sur elle et écrasa ses lèvres d’un baiser fougueux. Puis, tout en introduisant sa main sous le drap avec une cruelle précision, il poursuivit son discours.

— Crois-tu que si tu avais été normale, je t’aurais aimée ? Une femme qui refuse de faire l’amour si ce n’est pas l’heure ou si ce n’est dans la chambre, j’en connais. Une autre qui refuse un porte-jarretelles par morale ou par niaiserie, j’en ai connu. Quant à la femme qui refuse de pénétrer dans un sex-shop par simple jeu, c’est plus fréquent qu’on ne croit. Tu n’imagines pas les frustrations de nombre de mes collègues qui s’apitoient sur leur sort dès que l’occasion leur en est donnée. A croire que la femme normale, aussi bien pour toi que pour les autres, c’est, celle qui se refuse. On n’est plus sous la reine Victoria. La morale n’a rien à voir avec le plaisir et la satisfaction des sens. Je comprends très bien qu’une grosse bite te fasse mouiller.

Il avait utilisé un vocabulaire plus cru qu’à l’ordinaire pour voir sa réaction. La main se faisait plus précise et malaxait désormais la vulve moite.

— Mais ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit ! J’adore la morale…

Il laissa planer un silence.

— Sans la morale il n’y aurait pas d’interdit. Et sans interdit, il n’y aurait pas de plaisir. La moitié de notre sensualité est purement animale. Une histoire d’hormone paraît-il. L’autre moitié n’est qu’imagination et surtout transgression. Pas de barrière, pas de transgression !

Elle tenta de s’intéresser à cette thèse mais les attouchements dont elle était l’objet brûlaient son ventre et modéraient son entendement. Elle écarta plus violemment les cuisses pour s’offrir davantage. Il comprit le message et cessa de parler. Leurs deux visages affichaient désormais le sérieux de la fièvre. A l’aveugle, en quelques manipulations savantes, il introduisit un doigt, puis deux, puis un autre entre les muqueuses ruisselantes. Le corps féminin réagissait aux caresses. Il ne pouvait en être autrement. Il la connaissait bien.

Quand elle accompagna ses mouvements, accentuant les vagues déchirantes qui naissaient dans ses reins, il força l’allure. Elle s’effondra dans un ultime orgasme et referma les cuisses sur la main masculine en signe d’abandon.

— Tu as vu que c’est une annonce de la région ? lui souffla-t-elle entre deux râles de plaisir.

 

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