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Résumé

Le mot « transgenre » désigne une personne qui se sent du sexe opposé au sien et s’efforce de vivre en harmonie avec ses aspirations intimes. De fait, l’homme transgenre est proche du transsexuel dans sa quête de féminité, mais sans éprouver le besoin d’une opération chirurgicale. Sofia Azuria témoigne dans ce récit des rencontres décisives pour progresser dans cette démarche. Un long itinéraire jalonné d’aventures sexuelles qui ont peu à peu construit le bonheur de « Sofia » : passer pour une femme sensuelle et épanouie, dans son apparence et sa psychologie.

Séduit par le talent de Sofia Azuria – bien que les messieurs habillés en dames n’aient pas entre les cuisses l’objet que je désire – je me suis dit que je n’allais pas imposer une censure aux envois qui ne correspondent pas à mes goûts personnels… Et je vous laisse seuls juges.

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Chapitre premier – Je suis Sophie, fille manquée

Ma première éjaculation, nu, une nuit d’été, allongé sur le gazon frais du jardin.

Déjà les cuisses ouvertes, je m’imaginais gladiateur au centre d’une arène aux gradins remplis d’une foule hurlante. Ici, pas de lion ni de glaive, mais des joutes spéciales où s’affrontaient des esclaves sexuels. Les spectateurs décidaient de leur sort : récompense ou flagellation publique…

Merci à ma prof de latin qui, sans s’en douter, aiguisait ma sensualité naissante en nous enseignant Rome et Pompéi, en marge du cauchemar des déclinaisons. Sans trop en dire, la vieille fille m’en apprenait bien plus que je n’aurais pu imaginer sur les plaisirs des hommes.

À ma période romaine succéda ma période petits dessous féminins, qui ne m’a plus quittée.

À la fin de la dernière guerre, au début des « Trente Glorieuses », maman faisait sécher ses sous-vêtements mignons dans le jardin. Je n’ai pu résister à la tentation incongrue de chaparder une de ces adorables petites culottes si échancrées qui ressemblaient fort à celles que portaient les stripteaseuses. Je le savais, puisque je chipais aussi des numéros de Paris-Hollywood dans la collection de mon oncle, grand amateur de jolies femmes et chaud lapin.

Et le soir, quand on croyait que je dormais, j’allumais ma lampe de poche sous les draps pour baver devant les photos des pin-up aux mamelons cachés par de pudiques étoiles, qui laissaient malgré tout admirer des seins avantageux.

Plus tard, une grosse partie de mon argent de poche passa à l’achat de numéros de Paris-Hollywood auprès des bouquinistes des quais de Seine.

Parfois, sur les pages jaunies, à l’odeur de papier moisi, que j’associe depuis à l’excitation sexuelle, des clichés montraient une certaine Coccinelle – très belle dans sa pétillance féminine. Les légendes pleines de sous-entendus demeuraient obscures pour moi. Mais je subodorais que, malgré sa féminité de bombe sexuelle, la splendide créature n’était sans doute pas tout à fait femme.

Avec ce petit matériel de départ, je m’initiais nuit après nuit aux indicibles satisfactions de la masturbation. Toujours en cachette bien sûr, avec cette légère peur au bas-ventre au cas où maman m’aurait surpris.

J’enfilais sa culotte, je chevauchais mon traversin à la missionnaire, l’oreiller figurant la tête. C’était ma poupée gonflable à moi. En quelques va-et-vient d’éjaculateur précoce, je lâchais ma substance intime. J’avais remarqué que l’odeur du sperme séché renforçait ma libido déjà exacerbée. Maman, peu attentive à certains aspects pratiques, ne s’apercevait de rien, bien que mon traversin de plume fût maculé de mes jouissances à répétition. L’expérience m’incita à interposer des chiffons entre ma culotte odorante et la housse de traversin.

À l’aube de la société de consommation, les bas étaient encore rares. Le nylon était nouveau, c’est la raison pour laquelle un ami américain de mon père offrit, sans malice, une montagne de superbes bas nylon beiges à ma mère. À l’époque, c’était un cadeau apprécié. Mais maman ne les portait jamais, sauf pour les très grandes occasions. Elle fourra le tout dans un tiroir pour les oublier. Moi pas. Je venais me ravitailler là, avec parcimonie, afin de préserver ma mine d’or. De fait, les bas étaient inusables et indémaillables. Quel bonheur !

Si le fait d’enfiler mes bas me procurait une véritable jubilation, je n’avais pas encore conscience de me sentir femme. J’étais un petit homme, mais tellement mieux avec ces jolis fourreaux gainants sur les jambes !

Déniaisé par les photos de Paris-Hollywood… auxquelles succédèrent celles de Lui, avec l’inoubliable poster central de la pin-up du mois fabuleusement dessinée par Aslan, il me manquait encore un porte-jarretelles. Maman n’en portait bien sûr pas.

Un providentiel séjour chez mes cousines de Paris me permit de « barboter » en toute facilité l’objet tant convoité. Et un soutien-gorge blanc en prime. À l’époque, j’avais la même corpulence que sa propriétaire ; aujourd’hui, je suis plus rondelette.

C’est ainsi que tout a commencé pour moi : jour après jour, semaine après semaine, dans le secret de mon alcôve, je me suis lové dans le troisième sexe – un état qui m’allait comme un gant. J’étais si à l’aise dans cette féminité lascive qu’elle me devint naturelle. Le jour, pour tous, j’étais – je suis – un garçon. Mais pour moi, je suis Sophie, une douce fille manquée du troisième sexe, heureuse de l’être.

Dans la vie sociale, j’ai accompli mon service militaire, puis côtoyé des femmes et des hommes dans mes activités professionnelles. Mais pourtant, au téléphone, si je ne veillais pas à m’appliquer pour forcer le ton de ma voix, la standardiste me donnait du « madame ». Et quand je portais les cheveux longs, les commerçantes m’abordaient fréquemment par : « Vous désirez, madame ? » Être du sexe opposé à celui de mon état civil fait donc vraiment partie intégrante de moi.

Je suis Sophie et fière de l’être. Surtout dans mes petits dessous froufroutants que j’adore… J’aime séduire et mettre en valeur mon corps pulpeux. Et tant pis si, à mon âge, mon maquillage outrancier évoque davantage celui d’une mère maquerelle de Fellini que celui d’une pin-up d’Aslan. Me sentir femme désirable, fille pas trop farouche, me garde dans la seule activité sérieuse de l’existence : l’amour…

Oui, la femme est sublime. Par la grâce de son corps, par sa perfection biologique qui lui permet de donner la vie. Il faut aussi célébrer son sérieux au quotidien, son courage face à l’adversité, sa détermination à faire le don d’elle-même à sa progéniture. Peut-on en dire autant des hommes ? Si les femmes n’avaient pas été écartées du pouvoir durant des millénaires, l’humanité aurait-elle dû subir toutes ces guerres – aussi destructrices que stupides ?

 

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