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Résumé

Ce livre numérique compile trois romans candaulistes d’Éric Mouzat : Je t’en supplie, trompe-moi encore !, Ménage à trois et Petits arrangements conjugaux. Qu’est-ce que le candaulisme, vous demandez-vous peut-être ? Il s’agit du fantasme de voir son ou sa conjoint(e) succomber aux charmes d’un ou d’une autre… Jolies histoires en perspective !

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PREMIÈRE LETTRE

Ma très chère Clara,

Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais la première fois que tu m’as trompé, nous étions encore au lycée. Tromper est certes un bien grand mot, mais j’ai vécu ces petits jeux entre nous de cette façon-là. Ce que j’ai ressenti alors (je l’ai compris bien plus tard) était ce mélange, cette confusion de l’esprit, ce brassage de sentiments contradictoires et tellement forts. Tu as été la première et la seule jusqu’à ce jour, ma très chère Clara, à me bouleverser à ce point de non-retour, à m’humilier et à me gratifier de tes regards les plus doux, les plus sincères, les plus profonds.

J’ignore lequel de nous deux avait remarqué l’autre en premier, mais sitôt que mon regard eut croisé le tien, tu as irrémédiablement été gravée en moi, un peu à la manière d’un tatouage qui aurait envahi la face interne de ma peau : invisible de l’extérieur, aveuglant de l’intérieur. Tout, absolument tout de toi, s’était imprimé en ce premier instant décisif. Ton sourire, ta bouche, ton nez, tes yeux, ta malice, la courbe de ton dos, la finesse de tes doigts, la couleur de ta peau, la forme de ton visage.

J’avais dix-sept ans, bientôt dix-huit, tu en avais seize, tout juste. Je terminais ma scolarité dans ce lycée ordinaire de notre petite ville tranquille où tu venais juste d’emménager avec ta famille. Brillante élève, tu avais une année d’avance. Le hasard des répartitions ne nous avait pas permis d’être dans la même classe. C’était peut-être mieux ainsi pour moi : comment aurais-je pu travailler si je t’avais eu sous les yeux en permanence ?

Pourquoi t’es-tu jetée dans les bras de ce garçon alors que tu passais le plus clair de ton temps à me dévorer du regard lorsque nous nous croisions dans les couloirs, au réfectoire, ou dans la cour de récréation ? Quelle raison avais-tu de te retourner dans ma direction de nombreuses fois dans le bus que nous prenions chaque matin et chaque soir ? Vérifiais-tu que je ne m’intéressais pas à une autre fille ? T’assurais-tu que j’avais bien les yeux rivés sur toi ?

Toute ma vie je reverrai ces deux grands yeux bleus, perçants et sublimes, par-dessus l’épaule de ce bellâtre athlétique me poignarder de leur sourire enjôleur. Pourquoi me regardais-tu ainsi, pelotonnée dans ses bras ? Pourquoi ces imperceptibles clins d’œil complices, ces œillades assassines, cette extase sur ton visage lorsqu’il t’embrassait dans le cou, caressait tes longs cheveux blonds et que tu me savais à quelques mètres à peine, vous épiant, meurtri, battu par la pire tempête à l’intérieur de mon corps où tu t’étais inscrite en lettres de feu dans chaque cellule, dans chaque larme de mes yeux, dans chaque goutte de mon sang ? Pourquoi l’as-tu choisi lui, beau, certes, mais niais, cancre, paresseux, éternel redoublant, affligeant, ancré dans ses certitudes, médiocre après tout ?

Je le connaissais depuis le collège. Il s’appelait Jean-Marc. Il avait deux ans de plus que moi, mais à force de prendre son temps, de le perdre, de bâiller aux corneilles, de trafiquer, de boire et de fumer comme un adulte, de courir tous les jupons, j’avais fini par le rattraper, le dépasser, et il était fort probable qu’il lui faudrait au moins un an encore pour obtenir son baccalauréat, s’il l’obtenait jamais. Beau, j’en conviens et je le déplore, indéniablement notre maître dans tous les sports que nous pratiquions, d’une sensualité débordante (comment pourrais-je oublier ces longs baisers langoureux qu’il t’infligeait, ses mains sous tes vêtements, sa langue dans ta bouche, ses doigts palpant tes seins que tu as toujours refusé d’emprisonner dans d’inutiles soutiens-gorges ?), téméraire, décidé, audacieux comme aucun d’entre-nous qui l’admirions, mais creux, fade, insipide sitôt qu’il ouvrait la bouche pour autre chose que manger, boire, ou embrasser une fille. Je le connaissais bien car il nous avait ravi toutes nos amoureuses, il nous avait ridiculisés auprès d’elles à tel point que les plus effrontées cherchaient à l’oublier dans les bras des jeunes adultes qui tournaient autour du lycée ou dans les bars de la ville et que les autres, inconsolables, entraient dans son harem, ramassant les miettes de la favorite du moment. Qu’est-ce qui t’a plu chez ce butineur qui ne tenait pas davantage à toi qu’à aucune autre ?

Bien sûr tu étais la plus jolie de toutes et il s’est acharné à te faire basculer, mais je n’ai pas eu l’impression que tu aies beaucoup résisté non plus. Entre ton envie charnelle de lui et cet acharnement à me martyriser dès que tu eus compris mon ivresse incontrôlable de toi, il ne t’a pas fallu très longtemps pour l’épingler à ton tableau de chasse.

Il est vrai que vous étiez beaux tous les deux. Certainement le couple le plus harmonieux qu’il m’ait été donné de voir. Chaque fois que vous vous retrouviez, aux récréations, pendant le temps de midi, le soir quelques minutes avant qu’il ne prenne le bus pour rentrer chez lui dans une autre direction que la nôtre, vous vous enlaciez, tels deux serpents enroulés l’un autour de l’autre, ta cuisse entre ses jambes. J’imaginais que tu sentais son sexe gonfler et votre désir l’un de l’autre devait vous chatouiller l’intérieur du ventre. Lorsque tu me regardais, ta main dans ses cheveux, vos corps collés, vos bouches jointes, vos langues réunies, j’aurais tout donné pour être à sa place. Je sentais les caresses que tu lui prodiguais, tes mains dans son cou, tes cheveux contre ses joues, j’avalais ta salive, je léchais tes dents, j’étais lui grâce à toi, j’étais à toi grâce à lui.

Comment as-tu fais pour comprendre aussi vite le plaisir que j’éprouvais à vous voir vous amuser de moi ?

Lorsque vos exhibitions dépassaient la décence d’une cour de lycée, vous alliez derrière un bosquet, presque à l’abri des regards, et vous vous caressiez d’un peu plus près encore. Je me souviens parfaitement du jour où il a déboutonné ton jean et a glissé sa main au bas de ton ventre. Tu m’avais entraîné du regard à vous suivre de loin afin de profiter de ce spectacle inouï pour moi à cette époque, à me délecter de gestes d’une sensualité et d’un érotisme effréné. J’avais les yeux rivés sur sa main qui s’enfonçait entre tes cuisses, j’imaginais ses doigts toucher ton sexe, peut-être le pénétrer. Je suivais leur progression sur ton visage où l’extase se lisait. Tu entrouvrais parfois les yeux pour vérifier que j’étais bien là, à quelques mètres de vous, vous épiant, torturé, excité, désespéré et heureux en même temps. Il t’embrassait, il te palpait, tu te régalais de cette situation de fille facile, lascive, désirée, observée par un autre garçon que celui qui profitait de toi. J’aurais aimé que tu poses ta main au bas de son ventre pour que je ressente les mêmes sensations que lui, pour que je m’assimile à lui, que je l’incarne, lui et sa beauté navrante.

Tu t’es contentée, ce jour-là de ces attouchements prolongés. As-tu jouis ou as-tu feint ? J’ai beaucoup aimé lorsque ta tête s’est renversée à l’arrière, que ta bouche s’est ouverte et que sa main s’est agitée un peu plus. Mon érection était à son comble et je n’ai pas eu besoin de plus pour éjaculer dans mon pantalon.

J’en ai rêvé des nuits entières de cette scène. Je ne m’en lassais pas. Je l’aurais usée jusqu’à la corde si tu ne m’avais pas offert, vers la fin de l’année un spectacle encore plus édifiant, encore plus troublant.

Nous étions devenus, toi et moi, des amis platoniques. J’espérais en secret que mon intelligence te convaincrait de l’abandonner. Je connaissais trop sa fadeur pour ne pas imaginer qu’une fille aussi brillante que toi se lasserait vite de ses discussions plates, de son obsession pour le football, les beuveries et les motos. Je savais que tôt ou tard tu t’apercevrais que j’avais un peu de charme et que nous étions faits pour nous accorder. Nos goûts musicaux en témoignaient, les films que nous aimions tous les deux aussi, les livres que nous lisions et que nous échangions. Nos questions d’adolescents étaient les mêmes et nous y apportions des réponses similaires. J’étais convaincu que j’étais pour toi le compromis idéal.

Jean-Marc ne voyait pas d’un mauvais œil que tu me fréquentes. Il avait la certitude que je n’étais pas un rival pour lui (se posait-il même semblable question ?), et tu lui donnais toutes les preuves de ton attachement voluptueux à lui, à ses manières épicuriennes, à ses cajoleries de plus en plus soutenues. Du haut de sa stature d’athlète décérébré, j’étais un nabot. Nos discussions le dépassaient. Il tolérait sans peine, lorsque vous étiez rassasiés de caresses et de baisers, que tu m’adresses la parole tandis qu’il prenait le chemin du bar pour rejoindre ses compagnons de jeu.

C’est ainsi qu’il ne fut pas étonnant que tu m’invites à la surprise-party de ton anniversaire, deux semaines avant les épreuves du baccalauréat.

Une fille de ta classe me tournait autour. Belle sans doute en raison de son âge, fraîche surtout, elle ne se lassait pas de m’inviter à chaque danse. J’ignorais son prénom. Elle me l’a certainement dit. Je doute qu’elle ait oublié ce détail. Elle se pelotonnait dans mes bras, posait sa tête sur mon épaule, tanguait mollement au rythme des Rolling Stones, se prenait pour Angie. Elle jouait son va-tout pendant que je vous espionnais imbriqués l’un dans l’autre au fond de la salle, dans cette zone d’ombre où les caresses se font plus précises, où les vêtements se soulèvent et s’entrouvrent, où l’on imagine ce que l’on devine à peine. Vous n’étiez pas le seul couple à vous étreindre sans réserve, mais incontestablement vous étiez le plus beau, le plus harmonieux, quelque chose d’insolent pour nous tous qui nous débattions dans notre normalité. La fille me pressait de l’embrasser. Je n’avais pas le cœur à le faire. Elle me parlait dans l’oreille, mais ses mots n’atteignaient pas mon cerveau. J’étais tout à toi, tout à vous. La danse me privait parfois du spectacle de vos effusions : la fille en profitait pour me harceler. Elle fit tant et si bien que je finis par accepter son baiser. C’était autant par faiblesse de ma part que pour ne pas l’offenser. Et puis, tu sais ce que c’est : les circonstances, l’obstination, un verre d’alcool, le dépit.

Nous n’étions, ni l’un ni l’autre, de grands experts à ce jeu des effusions amoureuses. Elle s’appliquait pourtant à expérimenter ce dont elle avait dû parler mille fois avec ses amies en gloussant. Peut-être avait-elle une petite pratique ? Mes acquis n’étaient cependant pas suffisants pour pouvoir en juger.

Je me laissais faire. Mon esprit était ailleurs. J’espérais au fond de moi qu’elle se lasserait vite de ma passivité.

Tu nous vis.

J’ignore ce que tu ressentis. Je ne peux jurer que l’un fut la conséquence de l’autre, mais tu te figeas. Jean-Marc ne s’aperçut de rien. Il continuait à t’embrasser dans le cou et à te tripoter sans vergogne. Pétrifiée par la trahison de ma chasteté tacite entre nous deux, tu me parus encore plus belle. C’était la première fois que je te faisais ainsi réagir. J’en conçus une forme de victoire honteuse. Tu me montrais que j’étais un peu plus pour toi qu’un simple ami spirituel. Tu n’étais donc pas indifférente non plus à mon enveloppe charnelle.

Tu retournas quelques instants à tes embrassades fougueuses, je restai aux miennes, désespéré que tu ne sois pas à la place de cette fille rousse, probablement amoureuse de moi depuis des semaines, fière de sa conquête. Il me sembla que tes ardeurs redoublèrent, comme si tu me punissais de ma hardiesse inconsidérée. Je vis ta main entre les cuisses de Jean-Marc. Il arrêta de t’embrasser et te parla à l’oreille. Tu me regardas. Je devinais, plus que je ne les voyais, tes yeux. Un éclair traversa la salle. Quelque chose se glaça en moi. La fille le sentit et suspendit la succion méthodique de ma langue.

Il te prit par la main. Tu traversas la salle à sa suite. Au pied des escaliers, tu te retournas une nouvelle fois vers moi. Le défi était lancé. Je m’en voulais de cette guerre que j’avais déclenchée. Je haïssais cette fille. Elle m’écœurait.

Tu disparus.

J’ai le souvenir encore aujourd’hui de ton pied qui se posa sur la dernière marche visible de l’endroit où j’étais. Mon univers s’effondrait sur lui-même. L’envie d’étrangler la fille me traversa l’esprit. Cette succube avait ourdi ma perte. Tout était de sa faute. J’avais été envoûté, et ce démon infernal était tout près de réussir son coup. Elle voulut m’embrasser encore. Elle jubilait.

Je décrochai ses bras de mon cou et prétextai un besoin pressant. Je ne lui répondis pas quand elle m’assura qu’elle m’attendrait. Mon esprit était ailleurs.

Je coupai à travers les danseurs emmêlés, et je fus bientôt au pied des escaliers. Mon cœur se mit à battre. Quelqu’un m’appela. J’évitai de me retourner, et je gravis les marches deux à deux. J’ouvris la porte et posai un pied dans le couloir sombre du premier étage.

Refermer la porte derrière moi signifiait me retrouver dans le noir et allumer pouvait me faire repérer. Quatre portes étaient fermées. J’appris par cœur leur distribution et je tirai la porte, me coupant de la fête qui battait son plein en bas.

Lorsque le couloir fut dans le noir absolu, il me fut aisé de deviner où vous étiez. Un rai de lumière jaune s’échappait de deux des cinq portes. Celle d’où je venais, bien sûr, et celle où vous étiez. Je sortis mon briquet de ma poche, l’allumai et muni de ce frêle flambeau, j’avançai dans votre direction.

J’avais beaucoup de peine à respirer. Mon briquet commençait à me brûler le bout des doigts. Je l’éteignis au dernier moment, lorsque je fus certain de ne plus risquer de faire de bruit en me cognant contre une cloison ou la petite commode sur la droite. Je m’agenouillai devant la porte suspecte. Il n’y avait pas de clé dans la serrure. J’approchai mon œil du trou. Mon cœur battait dans ma gorge, mon sang tapait dans ma tête.

Il me fallut quelques secondes pour m’habituer à ce périscope improvisé sur votre intimité, mais je finis par vous reconnaître, lui surtout, allongé de tout son long sur ton corps. Il était nu. Tes cuisses écartées ne laissaient aucun doute sur vos occupations. Je tendis l’oreille : tu gémissais. C’était la première fois de ma vie que j’assistais à pareil spectacle, et c’était toi l’actrice principale. Un déchirement insupportable m’accabla. Le ciel s’effondrait sur moi, sur ma vie, sur notre vie, sur l’amour pur que je te portais. Mon ventre se serra. Des mots terribles se mirent à gronder dans ma tête. J’ose à peine te les rapporter aujourd’hui, tant d’années plus tard ! Je te gratifiai de tous les noms obscènes et dégradants que je connaissais. Ils tournaient en boucle dans mon esprit en ébullition. Plus je me les répétais, plus ils me faisaient mal, et plus ils me faisaient mal, plus mon érection montait.

J’étais partagé entre le désir de rester et de vous épier jusqu’au bout, l’envie de mourir sur l’instant tant j’avais mal, l’idée de m’enfermer dans les toilettes pour pleurer en me caressant le sexe, le besoin de voir ton visage lorsqu’il aurait terminé de te faire l’amour, la tentation de faire du bruit pour vous interrompre et te sauver ainsi des griffes de ce prédateur.

Tes mains dans son dos s’agrippant à lui me firent autant de mal que ce que j’imaginais entre tes cuisses. Mon sexe battait contre la toile de mon pantalon. Ma respiration accéléra d’un cran.

Je le vis donner quatre ou cinq coups de rein. Il me sembla qu’il allait t’écraser, te traverser, te perforer. Ses muscles étaient tendus. Tu crias. J’avais mal. Je bandais. Je bandais. Je bandais.

Il se releva enfin. Son sexe me parut énorme. Comment avait-il pu entrer dans ton ventre ? Tu avais dû souffrir. Ton amant t’embrassa sur la bouche. Tu lui souris. L’aimais-tu ? Pensais-tu un peu à moi ? Qu’avais-tu ressentis ? Savais-tu que j’étais à quelques mètres de toi ? L’espérais-tu ? Un filet rose se mit à couler de ton ventre. Ton indécence me troubla. Tes cuisses écartées gratifiaient Jean-Marc d’une preuve supplémentaire qu’il t’avait possédée. Tu fermas les yeux. Tu étais heureuse, cela se lisait sur ton visage.

Jean-Marc commença à se rhabiller. Tu te levas et disparus de mon champ de vision. J’entendis de l’eau couler. Mon sexe ne voulait plus redescendre.

Je repris mon briquet, ouvrit dans le plus grand silence deux portes avant de trouver les toilettes et je m’y enfermai à clé. Des larmes coulaient de mes yeux. Je descendis mon pantalon et mon slip sur mes chaussures et je m’assis sur la cuvette. Ma main fut attirée par ma chair douloureuse à force d’attendre que je la masse et la maltraite.

Tu m’avais fait payé chèrement ma trahison avec cette fille insipide. Je méritais ma peine.

Je vous entendis passer dans le couloir. Ta voix me troubla au point que je ne pus me retenir plus longtemps. Je fermai les yeux. C’était ta main qui me donnait ce plaisir. Je me retins de gémir tellement c’était fort, tellement j’avais mal, tellement j’étais bien, tellement je jouissais de ta débauche, de ta perversité, de ta luxure.

J’avais assisté, impuissant, à ta première fois.

Je pris le temps nécessaire pour que la tension retombe en moi et je revins dans la salle du bas.

Tu n’étais plus avec Jean-Marc : il buvait avec ses amis et riait très fort. Il me sembla pitoyable. Qu’est-ce qui pouvait bien te plaire chez cet apollon vulgaire ?

Tu bavardais avec ta meilleure amie. Tu me vis. Ton visage se figea dans une gravité impressionnante. Je te souris timidement, comme pour te dire que je ne t’en voulais pas, mais tu ne pouvais pas savoir ce que j’avais vu. Ton amie répéta ce qu’elle t’avait dit et posa sa main sur ton épaule pour attirer ton attention. Tu lui répondis et tu me regardas encore.

Que fallait-il que je fasse ? Voulais-tu que je te rejoigne et que je boive le calice jusqu’à la lie ? Deux autres filles vous rejoignirent. Je me sentis seul, perdu au milieu de cette foule grouillante. La musique bourdonnait dans mes oreilles.

La fille rousse s’approcha de moi.

— On danse ? dit-elle en me prenant par le bras.

— Non, je vais rentrer, répondis-je sans même la regarder.

Elle essaya de me rattraper. Je la repoussai comme le dernier des goujats et je quittai la fête, triste, malheureux, et apaisé.

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