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Résumé

Louée comme bonne au docteur P., la jeune Lisette découvre les secrets de la maison. Le docteur, père très sévère, n’hésite pas à punir sa fille d’une main très énergique. Comme médecin, il n’est pas moins insolite ! Comme on dit à Saint-Flour, il n’est pas feignant et n’hésite pas à mettre la main à la pâte ! Que Lisette se retrouve dans son lit, faut-il s’en étonner ? Les nuits d’hiver sont si longues… Chacun tue le temps à sa façon, et le baron de S., par exemple, qui invite notre bon docteur (pour soigner son épouse, la belle Mathilde), collectionne les tableaux. Il a même à demeure un peintre pompier, qui immortalise dans des croûtes très léchées les turpitudes du maître du céans. Ah, ces séances de pose… Notre docteur y prend goût au point d’inviter le peintre chez lui. Et voilà Lisette métamorphosée en modèle nu pour des reconstitutions… qui n’ont rien d’historique !

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CHAPITRE PREMIER – La nouvelle servante

— Je te loue Elisa pour trois cents francs ! Ce n’est pas rien pour une gamine !

Sur ces paroles, Marcel Paulliac vida son verre d’un trait, le reposa d’un geste brutal sur la table de bois brut auréolée de demi-lunes rougeâtres. Il essuya sa moustache d’un revers de main et attendit la réponse du vieux paysan qui sirotait son vin pour se donner le temps de réfléchir. Bien qu’accoutumé à ces pratiques de maquignon, Paulliac s’irritait de sa lenteur à conclure ce marché, pourtant inespéré pour une fille de seize ans recueillie par charité.

Marie Gendre, sa première servante ou plutôt sa gouvernante, comme on disait maintenant dans la bonne société sanfloraine, avait insisté pour que le docteur accepte d’engager sa nièce. Marie était revenue à la charge avec une telle obstination, jouant des sentiments chrétiens de Jeanne, l’épouse du docteur Paulliac, que celui-ci avait fini par céder. En cette période troublée de la Libération, s’il n’avait tenu qu’à lui, il ne se serait pas encombré d’une fille dont la mère avait été tondue. Mieux valait ne pas savoir ce qu’était devenue cette putain qui couchait avec le premier venu.

Antoine Grolliac faisait toujours semblant de peser la proposition. Le docteur, qui lui faisait face de l’autre côté de la table, irrité de sa lenteur, dit très sec, en repoussant son banc :

— Décide-toi ! Je pars !

Le vieux ne bougea pas : il était chez lui, dans sa ferme, et il semblait concentrer toute son attention sur son verre, comme s’il ne voyait pas son interlocuteur et les femmes qui attendaient sa réponse. Il y eut un silence pesant. L’on n’entendait que les ronflements du feu dans le fourneau de la cuisine. Quand Elisa vit que Paulliac allait pousser la barrière qui empêchait les poules en liberté dans la cour d’entrer dans la maison, elle comprit. Elle se tourna vers sa tante qui, immobile et muette, épluchait des légumes qu’elle jetait dans la marmite où mitonnait la soupe, et la tira par la manche. Celle-ci, qui feignait d’être occupée par ses tâches ménagères, frotta ses mains rougies par les travaux, passa la pointe de son pouce strié de coupures sur son couteau, comme si elle cherchait à retarder le moment de parler, et s’adressa enfin à son mari :

— Dis oui, Antoine.

Et elle ajouta, comme un argument définitif :

— Tu ne la loueras pas plus cher à Saint-Flour, à la Toussaint.

Profitant de cette intervention, Paulliac poursuivit son attaque.

— Tu ne crois pas que je t’en débarrasse ? Si elle fait comme sa mère, elle se fera monter par tous les vachers !

Grolliac marchanda encore :

— Vous lui payerez son trousseau ?

— Si tu crois que je vais te la prendre avec ses frusques ! s’emporta Paulliac qui comprit à cet argument qu’il avait gagné l’affaire. Il va falloir que je l’habille. Deux robes et des chaussures ; c’est bien cent francs de plus !

A ces mots, la fille s’exclama, le regard luisant :

— C’est vrai ? J’aurai tout ça ?

Pour la première fois, le docteur sourit, amusé de la spontanéité de la gosse. Elle ne perdait pas le nord, mais qu’elle était mal attifée, avec ce bonnet de laine d’où sortaient deux nattes, ce tablier boutonné sur le devant et ce tricot grossier. Elisa avait dû beaucoup grandir, car on avait défait l’ourlet de sa robe et il semblait qu’il y avait une nouvelle bande d’étoffe aux couleurs plus vives qui cachait ses genoux. Elle était sans bas, en sabots garnis de paille en ce début d’octobre. On devinait qu’une bonne paire de seins ne demandait qu’à s’épanouir, et Paulliac fixa la poitrine de sa nouvelle bonne, une lueur dans l’œil.

Avec son cou épais, musculeux, boursouflé de longs tendons, son torse large, moulé d’un gilet noir, la grosse chaîne de montre en or qui barrait sa pointe de ventre, il dégageait une puissance virile qu’admiraient les paysans des alentours. Il était riche, possédait beaucoup de terres à blé sur les hauts plateaux volcaniques de la Planèze de Saint-Flour et un beau domaine où il avait ses chevaux. Héritier d’une famille aisée, il était devenu médecin et jouissait de la respectabilité d’un notable de province. Il n’avait été inquiété ni durant l’Occupation, ni à la Libération, et on chuchotait qu’il ne perdait jamais une occasion d’accroître son patrimoine.

Comme si elle avait voulu séduire cet homme important, la gamine s’avança vers lui. Paulliac remonta son pantalon d’un geste machinal, il sentait sa verge durcir, autant de la gaucherie de cette fille que de l’excitation du marchandage qui retardait le moment où il en prendrait possession. Il attrapa Elisa par le poignet, sans lui demander son avis :

— Viens !

Il fit le tour de la table. Arrivé devant Grolliac, toujours assis, il la lâcha, saisit la main droite du paysan, la desserra. Celui-ci, même s’il donnait l’impression qu’on lui faisait violence, se laissa frapper la paume à trois reprises, scellant le marché qui louait la fille pour un an.

— Je prends mes affaires ?

— Pas la peine, tu n’as rien, dit péremptoire et un rien méprisant le bourgeois qui maintenant qu’il avait ce qu’il voulait n’avait qu’une idée : quitter au plus vite cette masure.

Elisa n’en alla pas moins dans la chambre qu’elle partageait avec les autres enfants, prit un fichu, une photo de sa mère. C’était tout ce qu’elle possédait ! Sa maison avait été saccagée en juillet 1945, après le départ des Allemands, et elle avait dû s’enfuir en toute hâte. Elisa, sans se retourner, rejoignit Paulliac dans la cour boueuse en ce début d’automne. Le docteur était déjà à cheval, un fusil de chasse en bandoulière.

Elisa embrassa sa tante. Celle-ci était bien satisfaite d’être enfin débarrassée de cette gamine encombrante, tandis que son oncle, resté dans la cuisine, buvait en silence. Son cousin s’intéressait surtout à l’anglo-français, un bai luisant, qui piaffait d’impatience. Paulliac aimait les chevaux, et en avait conservé même après avoir acheté une traction. Quand celle-ci avait été réquisitionnée, il s’était remis à monter régulièrement avec plaisir. Il fit asseoir la gamine derrière lui, en croupe, à même le poil ras, et le cheval peu habitué à un deuxième cavalier fit un écart.

— Accroche-toi à moi.

Elle obéit, serra les bras comme elle le put, sur la veste de velours du docteur. La queue de l’animal s’agitait derrière elle, et elle avait un peu peur. Paulliac pressa sa monture et claqua de la langue. Ils sortirent de la cour de la ferme en faisant résonner les fers sur le chemin mal empierré, parsemé de bouses de vaches. Elisa ne regardait pas le hameau aux maisons de lave sombre, couvertes de lauzes, tant elle était crispée. Elle ne pensait qu’à s’agripper à son cavalier. Quelques femmes qui revenaient de la fontaine les regardèrent passer. Une fille lui fit un signe de la main, auquel elle répondit de la tête, cramponnée à Paulliac. Elle n’osait même pas lui dire au revoir, tant son patron l’impressionnait.

Elle avait appris à obéir et à se montrer discrète pour éviter les gifles. Sa mère travaillait dans une auberge du faubourg de Saint-Flour, et bien souvent des hommes passaient la nuit avec elle. A l’école, les autres enfants se moquaient d’Elisa qui n’avait pas de père. Ils l’avaient même persécutée, quand un Allemand s’était installé à demeure. Elle les haïssait ! Personne n’avait eu pitié d’elle, personne ne l’avait secourue quand sa mère avait été arrêtée. Epuisée par une longue marche, elle n’avait été acceptée qu’à contre-cœur chez son oncle qui craignait des ennuis et de nouvelles dépenses.

D’être engagée par un notable de Saint-Flour était ce qui pouvait lui arriver de mieux. Peut-être pourrait-elle même faire comme ces bonnes qui revenaient au village pour la fête patronale avec une belle robe à la mode. Les autres filles, jalouses, se moquaient d’elles, prétendaient qu’elles vidaient les pots de chambre ou se faisaient trousser par leurs patrons. Il n’empêche que les garçons s’empressaient autour d’elles. C’était Léontine Besse qui avait épousé Firmin, un palefrenier de Mérignac. On racontait que son enfant était du baron, mais le couple avait pu acheter une belle ferme de vingt hectares avec dix vaches. Et Elisa était décidée à réussir mieux que sa mère.

C’est sur ces rêves qu’elle quitta le village où elle avait reçu plus de taloches que de caresses durant ces derniers mois.

Elle s’accoutumait à être portée par le cheval, goûtant l’extraordinaire de la situation. Elle qui, jusqu’à ce jour, était allée à pied, découvrait son univers familier d’en haut. Quelques chiens de berger efflanqués coururent en claquant des mâchoires vers les pattes du bai, comme pour le mordre. Stop, le puissant braque d’Auvergne qui trottinait aux côtés de Paulliac, y mit rapidement bon ordre. Il fonça sur l’agresseur qu’il bouscula, le faisant rouler sur le sol, et ce coup de dent suffit pour apeurer les bâtards qui s’enfuirent la queue entre les jambes, les reins arqués. Elisa fut naïvement contente de voir comment les autres cabots le respectaient, comme si c’était son chien qui avait gagné ce combat.

Elle tenta un compliment :

— Il est costaud !

Paulliac resta muet. Il était encore irrité des réticences de Grolliac, même s’il connaissait les paysans auvergnats, âpres au gain et durs à l’ouvrage. Il regrettait presque d’avoir accédé à la demande de Marie : Elisa n’était qu’une gamine, et il aurait préféré une fille pulpeuse aux formes plus épanouies. On avait beau être en 1945, il se comportait toujours en maître qui avait droit de cuissage.

Ils débouchèrent sur un vaste plateau volcanique qui s’étendait jusqu’au Plomb du Cantal au sommet poudré d’une première neige. Paulliac prit un chemin bordé de frênes qui menait à ses champs, pour voir si le fermier les avait bien labourés.

Elisa, tout entière à ses pensées, la poitrine contre le dos de son maître taciturne, fut prise d’une appréhension incontrôlable. Saurait-elle bien se comporter ? Sa mère lui avait souvent répété que sa tante était aussi exigeante que peu patiente. Et puis elle était impressionnée par ce monsieur qui ne disait mot, comme si elle n’existait pas. Il était parfumé, alors qu’on ne trouvait pas d’eau de toilette ou seulement au marché noir et à des prix astronomiques. Qu’il était bien habillé ! Une veste de chasse toute neuve, en velours vert, avec des boutons de laiton astiqués, et des bottes de cuir fauve.

Elle raffermit sa prise, glissa ses fesses vers le milieu des reins du cheval pour ne pas tomber. Oubliant ses craintes, elle s’abandonna à la douceur de cette belle journée. Un vol de palombes passait très haut dans le ciel et, au loin, elle vit les tours de la cathédrale de Saint-Flour sur un autre plateau, en contrebas. Le vent du sud allait amener la pluie, mais pour l’heure le soleil brillait. La chaleur, le balancement du cheval, lui firent fermer les yeux.

Soudain Paulliac s’arrêta et sauta à bas de sa monture. Sur un signe de lui, revenant à la réalité, elle se laissa glisser, et il la prit par les aisselles. Ses mains pressèrent sa poitrine, et le docteur eut un sourire de satisfaction quand ses pouces rencontrèrent les seins d’Elisa. Cependant, il ne s’attarda pas, lui tendit la bride sans mot dire, et chargea son fusil. Le bois ciré de la crosse et les longs canons polis, astiqués avec soin, luisaient. La fille remarqua que ce n’était pas une de ces pétoires dont se servent les paysans, mais un beau fusil des messieurs de la ville.

Stop était à l’arrêt en bordure d’un labour. Figé, le cou tendu, une patte levée, les narines frémissantes ; il humait le gibier. Seule sa queue courte, agitée de mouvements spasmodiques, trahissait sa nervosité. Quand Paulliac eut sauté la muraille qui délimitait le champ, le chien avança au ralenti. Le chasseur vint à sa hauteur, regardant de tous ses yeux dans la direction qu’il indiquait.

L’animal se figea, une babine accrochée dans ses dents, devant une motte de terre. Paulliac scruta les sillons de terre rougeâtre et découvrit la prunelle marron d’un lièvre. Son poil beige se confondait avec le labour. La bête arrondit le dos et jaillit, les oreilles haut dressées, poursuivie par le chien.

Posément, Paulliac épaula et tira. La poudre noire fit tant de fumée dans l’air calme qu’il ne vit plus rien, mais un instinct lui disait qu’il ne l’avait pas manquée. Il baissa son arme et vit sa victime que Stop mâchait avec hargne.

A sa droite, la gamine releva ses jupes, traversa en courant le champ et arracha au chien sa proie. Qu’est-ce qu’elle foutait, au lieu de le laisser s’amuser de son gibier ! Excité, le chien se dressait pour mordiller le poil blanc du ventre, la truffe souillée de la pisse du lièvre.

— Arrête de l’emmerder !

Il lui prit le gibier des mains et sentit l’odeur forte du sang et de l’urine. Il aimait ces parfums puissants et musqués qui lui faisaient penser à ceux d’une femme qui a ses règles. Il allait gronder Elisa quand il vit Sultan s’éloigner au trot. Cette idiote l’avait délaissé. Lâchant le lièvre, il courut à la poursuite du cheval.

Après avoir rattrapé sa monture, il sortit une bouteille entamée d’une sacoche et avala quelques gorgées d’un vin aussi rouge que le sang de son lièvre. Ne voyant pas venir Elisa, il remonta en selle pour aller la chercher.

Du haut de son cheval, il aperçut ses fesses blanches. Elle pissait, accroupie à côté d’un buisson. Le voyant arriver à sa rencontre, elle s’empressa de se rajuster, le sourire aux lèvres, comme si elle n’avait pas conscience d’avoir fait une bêtise. C’est cette sottise qui raviva la colère de Paulliac. Cette idiote avait laissé filer son cheval, l’avait obligé à courir pour le rattraper. Elle allait lui payer ça, la garce ! Il allait la dresser !

Il descendit de cheval, ouvrit son fusil qu’il posa sur un muret de pierres sèches, et prenant ses précautions cette fois-ci, attacha Sultan à la branche d’un frêne. Elisa, soudain inquiète, lui tendit son lièvre, comme pour se faire pardonner. Stop était resté avec elle, et cette complicité finit d’irriter Paulliac.

Il lui arracha le gibier des mains, et le jeta sur le bas-côté où il tomba avec un bruit mou. Il dominait la gosse d’une bonne tête, et elle recula apeurée, levant ses bras pour se protéger. Paulliac frappait ses bottes de coups secs de sa cravache. Il la saisit par les épaules et la poussa dans un petit chemin semé de hautes ronces et de noisetiers, jusqu’à ce qu’ils arrivent au bord du plateau. Ici, il était tranquille, personne ne pouvait les voir.

Elisa sentit sur son visage le souffle de Paulliac. Elle avait peur. Sa mère n’hésitait pas à la frapper quand elle avait fait quelque bêtise, mais elle était certaine que Paulliac allait cogner de toute sa force d’homme. C’était son patron, et malgré ses craintes, il n’était pas question qu’elle se révolte.

Paulliac, furieux, pensait avant tout à la punir. Il la fit tourner, et, prenant ses jupes à pleines mains, les releva jusqu’au bas du dos. Quand il dévoila les jambes blanches, la croupe bien ronde, il ne put s’empêcher de siffler, agréablement surpris.

— Putain ! Quel cul !

Paulliac n’avait aucune délicatesse pour une bonniche. Il lui baissa d’un coup la culotte à mi-cuisses : la gamine était déjà formée, et sa main s’attarda sur le derrière qu’il flatta comme celui de son cheval. Il semblait en prendre possession. Sa colère n’était pas tombée, mais il se mit à bander. Il avala sa salive : il avait chaud, aurait encore bu du vin s’il avait eu sa bouteille à côté, tout en pelotant la petite. La main épaisse, poilue, souillée de sang, aux ongles noirs, passait sur les cuisses marbrées, s’accrochait à la peau granuleuse d’Elisa qui frissonnait.

Paulliac s’énervait à la vision de ces fesses, en plein jour, sur un chemin de campagne. C’était autre chose que le cul de sa femme dans la lumière tamisée de la chambre conjugale ou que celui de ses patientes dans son cabinet. Il passa un doigt dans son col pour l’élargir, il avait besoin de respirer un bon coup. Il souleva la jupe et le tablier, tourna la croupe d’Elisa vers le soleil pour qu’il l’éclaire bien. Des poils courts, presque transparents, luisaient sur ses fesses blanches, tandis que d’autres plus sombres ourlaient son anus.

— Nom de Dieu ! s’exclama-t-il, comme s’il revenait à la réalité.

Muette, le cœur battant à tout rompre, Elisa n’osait protester. Elle regardait droit devant elle, par-delà la vallée, l’autre plateau, les bois de pins et de chênes aux feuilles roussies par les premiers froids. Une dernière abeille s’attardait sur une fleur mauve près du chemin, et soudain, elle eut peur qu’elle ne la pique, tentant d’oublier avec cette crainte puérile le danger réel qui la menaçait.

— Penche-toi, dit l’homme, en lui pressant les reins, la voix toujours hargneuse, quoique plus rauque.

Elle sentit encore une fois son haleine aux relents âpres de vin et de tabac. Elle céda, alors que la main glissait sous sa chemise, le long de ses vertèbres saillantes. En inclinant son buste, elle trébucha et perdit un sabot. Elle chercha à reprendre son équilibre, et ses jambes s’écartèrent, montrant une touffe de longs poils entre ses cuisses et son anus contracté. Le soleil chauffait ses fesses nues.

Paulliac avança la main vers cette petite boursouflure pour la saisir, mais au dernier moment, il dut écarter le tissu qui retombait. Il s’en irrita et dit d’un ton qui n’admettait aucune réplique :

— Tiens donc ta robe !

Soumise, Elisa se troussa elle-même. Elle chercha une meilleure assise en se débarrassant du sabot restant, et remua des fesses pour profiter de la caresse du soleil.

Paulliac grogna encore une fois, admiratif et étonné, comme s’il se parlait à lui-même :

— Putain !

Ce cul s’offrait à lui. Il le voulait. Comme il avait tiré sur le lièvre pour le posséder, il le frappa de la badine de cuir tressé. Celle-ci s’imprima dans les chairs qui frémirent, parcourues du bas des reins jusqu’aux cuisses par une onde de chair de poule. La cravache laissa une marque blanche qui vira à l’écarlate.

Elisa cria. Elle avait été élevée à la dure, on l’avait battue, fouettée même, mais jamais avec une telle dureté.

Sous la brûlure, elle manqua tomber et prit appui de ses mains sur ses cuisses, la bouche entrouverte, les yeux pleins de larmes. Paulliac releva ses jupes qu’elle ne retenait plus, les roula sur ses reins. La culotte de coton était tombée à ses chevilles, et il lui fit sortir un pied pour lui écarter encore plus les jambes. Il ne la lui fit même pas enlever, et Elisa ne se souciait pas qu’elle traîne sur la terre tant elle avait mal.

Elle n’avait pas repris ses esprits, qu’un deuxième coup claqua. Elle hurla de nouveau, secouant la tête de droite à gauche. Son bonnet tomba et ses nattes s’éparpillèrent en mèches graisseuses. Elle restait cependant penchée, à la disposition de son patron. Elle serra ses genoux de ses mains pour demeurer comme il l’avait disposée, craignant que la moindre résistance ne l’irrite. Elle pleurait, le sang lui montait à la tête et elle avait mal.

Paulliac ne se pressait pas. Il regardait les deux stries parallèles qu’il avait dessinées. Il fixait le bas de sa croupe, cet endroit fragile où les fesses rejoignent les cuisses. Il le tapota de sa cravache, leva et baissa celle-ci avec lenteur, comme s’il prenait sa visée. Il répéta le mouvement à deux ou trois reprises, jouissant de l’angoisse de la fille. Il recula le bras pour prendre son élan. On n’entendait que le souffle du vent, puis la badine siffla et claqua sur les chairs d’un bruit sec comme une détonation.

A ce troisième coup, non seulement Elisa poussa un cri, mais elle chuta sur le chemin, écorchant ses genoux, ne se retenant de ses mains qu’au dernier moment. Elle resta agenouillée, le visage penché vers le sol, échevelée, hoquetant tant elle sanglotait. Elle supplia, incapable de supporter quoi que ce soit d’autre :

— Plus ! Pitié ! Assez !

Il se taisait, et elle eut peur que ses plaintes lui vaillent encore quelque châtiment.

— Pardon ! Je ferai tout ce que vous voudrez ! Pardon !

Paulliac ne lui répondit pas. Elisa attendait le cœur battant. Elle renifla, cherchant ce qu’elle pourrait bien dire.

Abandonnant sa cravache, le docteur s’agenouilla derrière elle et lui retroussa la robe. Il suivit de l’index une des stries vermillon qui marquaient son cul. Elisa gémit.

— Ferme-la ! Tu l’as bien mérité !

Elle obéit. D’une main possessive, il appuya avec rudesse sur ses reins, pour qu’elle se cambre et montre sa vulve. Il la saisit à pleine main, la malaxa, faisant s’entrouvrir les lèvres humides. Plongeant les doigts dans ses frisettes, il écarta en grand son sexe. Il regardait les chairs roses sous les plis bruns de l’anus contracté. L’orifice vaginal bien visible l’attirait, mais il se contenta de tirer sur les poils du cul où s’accrochaient des petites boules noirâtres. Elisa poussa un cri de surprise, mais se laissa faire.

— Salope ! Tu as laissé filer mon cheval !

Il n’y avait plus de réelle colère dans la voix du docteur. Il voulait plutôt justifier la punition qu’il avait administrée à sa domestique. Fasciné par ce cul zébré, à disposition, il était pris du désir de la voir toute nue, de profiter du spectacle de ce corps juvénile. Malgré les traînées grises de crasse, il caressa une cuisse à la peau laiteuse. La saleté des filles ne le gênait pas, bien au contraire. Il inclina la tête, et une bouffée de sueur chaude monta à ses narines. Ce fut comme un déclic, il jeta un regard autour de lui pour s’assurer qu’il n’y avait personne, et déboutonna sa braguette. Il dégagea sa queue au gland proéminent et lui enfonça un doigt dans la vulve. Elisa gémit quand il toucha son hymen.

— Tu es vierge, constata-t-il avec une évidente satisfaction.

Il la dépucellerait, dans sa chambre de bonne, sous les toits, comme il le faisait pour chaque nouvelle, l’utilisant nue, en pleurs, sans qu’elle ose protester. Les autres domestiques entendraient grincer le lit, soupirer ou crier la fille, mais aucun ne la défendrait. Il était le patron et personne ne s’opposerait à lui.

Excité à cette idée, il approcha son visage tendu de l’anus d’Elisa, cracha un jet de salive sur les plis serrés du sphincter. De son index, il le força, avant d’y joindre le majeur pour l’élargir. Brutal, il la possédait de ses phalanges osseuses, comme il l’aurait fait avec sa verge. Tenant sa queue de la main, il la pressa sur le trou du cul sale, et Elisa se mordit les lèvres quand le gland s’enfonça entre ses fesses.

Paulliac demeurait à moitié en dehors de la fille, jouissant de se sentir aussi comprimé. Puis, la saisissant par les hanches, il la tira vers lui, accompagnant son effort d’un grognement. Au claquement de son ventre contre le derrière répondit un cri de douleur et de surprise. Il repoussa la gamine avec violence, avant de la ramener à lui, d’un coup de reins qui plaqua son pantalon contre les fesses d’Elisa.

Il accéléra son allure, tandis qu’Elisa vibrait sous les coups de verge comme une poupée de son. Il repoussait la robe que son mouvement faisait retomber sur son ventre, dénudant toute la taille et le bas du buste. Il étreignait les chairs nues, comme s’il avait voulu se les approprier. La fille s’abandonnait, la tête inclinée, la joue sur l’herbe rase du chemin. Parfois, Paulliac baissait les yeux vers sa queue. Il la voyait sortir de l’anus. Il la dégageait jusqu’à la base du gland, et à peine le prépuce était-il à l’air qu’il le replongeait, roulant et déroulant à l’envi sur sa verge épaisse la peau blanchâtre des sphincters.

Elisa subissait tout sans broncher. Elle pleurait encore, mais quand il déplaça une de ses mains, qu’il la posa sur le sexe humide, tout le ventre de la fille palpita. Paulliac insista, pressa son index entre les lèvres, la pénétra jusqu’à l’hymen. C’est alors qu’elle eut son premier gémissement de plaisir. Elle remua du cul, timidement d’abord, comme pour mieux s’empaler sur la queue de l’homme, accentuant en même temps la pression du doigt sur son pucelage. Elle en oubliait la douleur sur ses fesses.

— Tu aimes ça, putain ! Tu veux que je te bourre !

Le plaisir qu’il sentait monter chez cette gamine l’excitait. Brusquement, il eut envie qu’elle crie sa jouissance, qu’elle se laisse aller.

Elisa, si elle avait subi avec agacement les injures que les gamins prodiguaient aux filles de son âge, était tout émoustillée des insultes de son patron, un homme, un vrai, lui. Elle n’avait jamais ressenti cette excitation, tandis qu’elle remuait des fesses, agitait son cul sur la verge qui la possédait, faisait coulisser sa vulve sur les doigts qui la pénétraient. Jamais un monsieur d’importance comme le docteur Paulliac n’avait eu pour elle ce quelque chose de pressant et de gourmand dans la voix. C’était comme si ses insultes étaient des compliments. Elle releva la tête, la tourna vers lui, oubliant la punition qu’elle venait de subir.

Les cailloux meurtrissaient ses genoux, ses fesses lui faisaient mal, mais une contraction noua son ventre, serrant son vagin sur l’index qui le fouillait. Ses yeux se révulsèrent, elle ne voyait plus rien. Elle s’abandonna aux secousses du plaisir, n’entendant même plus les cris qu’elle poussait.

Elle reprit conscience, les joues sur le sol, ses bras repliés dans l’herbe du bas-côté, les fesses en l’air.

Paulliac se retira, et son anus claqua à la sortie du gland. Agissant en maître, l’homme s’essuya la queue sur les fesses d’Elisa, y laissant des traînées brunes.

— Merdeuse !

Il cracha sur sa main et se nettoya sommairement. Elisa se releva, et ne sachant trop que faire d’un geste machinal essuya son cul avec des feuilles jaunies.

— Tu t’y connais, on dirait ?

Elle lança avec naïveté :

— Je fais ça quand j’ai fait caca.

Il rit, amusé de la remarque enfantine.

Stop, assis sur ses fesses, les pattes avant tendues, regardait la scène avec une drôle d’attention, une de ses babines coincée comme tout à l’heure quand il arrêtait le lièvre. Il bandait et sa verge, pointue et arquée, sortait de son fourreau velu, s’appuyait, rose avec des traînées blanches, sur le ventre plat, aux poils courts.

Il était tout aussi luisant que le sien, ce gland mince, et Paulliac éclata d’un rire vainqueur, heureux, disant sans finesse, comme une bonne plaisanterie :

— Tu vois, Elisa, tu fais déjà des jaloux !

 

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