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Résumé

Quand on s’appelle « Aimée », il faut s’attendre à ce qu’on vous prenne au pied de la lettre. Seulement, il y a tant de façons d’être « aimée ». Par-devant, par-derrière, en tête-à-tête ou en « assemblées générales ». Aimée ne les aime pas toutes, mais elle est si curieuse qu’elle se laisse facilement persuader qu’il n’est pas de plus grand plaisir pour une jeune « branchée » que de faire celui de tous les candidats qui ont envie de l’aimer. Voilà de quoi déboussoler plus d’une oie blanche. Très vite, Aimée cessera d’en être une pour découvrir les noirs plaisirs des cochonneries interdites. Est-il toujours question d’amour ? Bien malin qui le dira. Du moment qu’on prend son pied, est-ce tellement important ? Aimons donc « Aimée », elle nous le rendra au centuple !

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CHAPITRE PREMIER

Aimée est mon nom et je le suis. Dans tous les sens du terme, toute la journée et toute l’année. Pour peu qu’on veuille de moi, qu’on me l’ordonne. Avant, j’avais l’impression de pouvoir choisir. Tout cela est fini. J’obéis, on décide pour moi, mon corps ne m’appartient plus.

J’écris ces lignes pendant un gros orage. Il faut que je trouve le courage de dire ce qui m’est arrivé. Que je vous parle de la salope que je suis devenue, dont la vie tout entière est consacrée au sexe. Cet homme, Monsieur Jean, mon maître, je ne le hais même pas. Pourtant, ce que je vis depuis des mois est indigne. J’ai honte de ce que je suis devenue. Une obsédée, une putain, une esclave. Mais cette honte n’étouffe pas le cri de mon corps. Je suis presque fière de moi. J’ai honte de mes affreux plaisirs et pourtant, je me regarde avec satisfaction, dans les glaces de ma chambre ou du salon. Je crois même que je me plais de plus en plus.

J’ai 25 ans, mais je fais plus jeune, on ne m’en donne guère plus de 18. Je suis brune, plutôt petite, très ronde, des cheveux longs presque jusqu’aux fesses, et des yeux gris. Mais j’ai changé. Auparavant, du temps où ma vie n’avait pas basculé dans le sexe, j’avais les cheveux mi-longs, une coupe sage qui m’allait bien d’ailleurs. Parfaite pour les études et le lycée. Avec mes petites jupes sages, mes mocassins à talon plat, je n’avais pas besoin d’être grande pour avoir de l’allure. Une jeune fille vive et décidée, voilà l’impression que je laissais. Et c’est bien ce que j’étais.

Mon corps a changé. J’avais déjà une poitrine lourde, basse, des seins très écartés. J’ai toujours eu une belle chute de reins, la taille marquée, fine, avec une paire de fesses monumentale. Bref, j’avais déjà, je peux dire, un beau corps et je sais bien que je n’ai jamais eu de mal à plaire.

Maintenant, juste avec un traitement hormonal, on a fait de moi une bête de sexe, une femelle aux seins énormes pendants sur la taille. Et une sacrée salope. Au début, amoureuse, j’ai accepté beaucoup de choses, et déjà je sortais des sentiers battus. Avec Monsieur Jean, c’est différent, ce n’est plus de l’amour, de toute façon il n’en voudrait pas. On a fait de moi une esclave et c’est ce qui le fait jouir, lui et ses amis. Je ne voulais pas. Je voulais être sensuelle, vicieuse. Mais consentante. Monsieur Jean me préfère révoltée, terrifiée. On m’a forcée. Je ne cède qu’à force de douleur, je subis, je finis par faire tout ce qu’on veut de moi parce qu’on brise ma résistance. Qu’on me soumet à d’affreux chantages. J’ai honte de l’avouer, parce que je finis toujours par jouir. Non pas sous les coups, mais ensuite, quand, à bout de forces et de douleur, épuisée, je consens aux gestes qu’on exige de moi. Mes bourreaux savent que ma chair me trahit, et je le sais aussi, et du fond de l’abjection je triomphe, mon corps jouit malgré moi, c’est sa revanche. Enfin il y a l’habitude, ces gestes que je répète, jour après jour, ces postures obscènes auxquelles j’ai pris goût, que mon corps réclame.

Me voici donc dans une ancienne maison de vin de la campagne du Bordelais, en train d’écrire, comme on m’y a autorisée, enchaînée par de gros anneaux fixés au bout des seins à mon meuble personnel, qui fait chaise et bureau. Comme toujours assise sur l’énorme pieu d’ébène poli par l’usage que je me suis habituée, à force, à loger tout entier dans mon vagin élargi à sa mesure. Pendant tout le temps où j’attendrai qu’apparaissent mes amants du matin, j’écrirai. Voilà la punition que Monsieur Jean m’a inventée et que mon corps attend. A chaque poussée d’un membre dans mes entrailles, je sens glisser, sous mon pubis épilé, mes nymphes baveuses, compressées sur le bois mouillé du siège, j’entends le cliquetis métallique des lourds anneaux qui pèsent à mes grandes lèvres distendues. Des mains d’homme sur mes hanches serrent la chair tendre à la limite de mon corset de tulle blanc, sous le frêle et court jupon transparent qui s’évase sur mes grosses fesses striées. Souvent on me tire la tête en arrière, par ma tresse, pour tendre les chaînettes de mes seins, qui s’allongent, se déforment.

Alors je ne peux plus écrire, je subis l’étirement de mes chairs, la pénétration qui comble mes profondeurs anales et les délicieux frottements de mon vagin autour du bois rigide qui me cloue au meuble. Je ne suis plus qu’une chair pantelante, avide. Voilà dans quelles conditions j’écris. Le pire est qu’à certains moments, chaque fois qu’une atroce jouissance liquéfie mon âme, chaque fois que mon œil éperdu croise mon reflet dans les glaces qui tapissent tous les endroits où on me fait vivre, dans une commotion de tout mon être, je remercie mon bourreau.

J’ai fait un long chemin. Commençons par le début.

 

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