Osez 20 histoires de sexe avec un inconnu

Résumé

Oserez-vous expérimenter le fantasme du parfait inconnu ?

Le fantasme du rapport avec une personne qu'on ne connaît pas, l'abandon au désir de quelqu'un avec qui on n'a parfois pas même échangé un seul mot, est très répandu. Certains l'expérimentent sur les applications de rencontres, d'autres dans les alcôves des clubs libertins, mais le sexe avec un inconnu peut aussi survenir à n'importe quel moment, dans le métro, dans la rue ou dans un magasin, à la suite d'un échange de regards particulièrement électrique... C'est en général une simple pensée fantasmatique, qu'on chasse rapidement de son esprit avant de reprendre le cours normal de sa journée... Sauf dans ce livre. Les 20 histoires qui le composent vont vous raconter comment les choses se passent quand on croise la route d'une personne, homme ou femme, qui nous excite de façon tellement irrépressible qu'on ose prendre l'initiative.


Fiche technique
Nombre de pages 256
Langue Français
Date de parution 28/10/2019
Référence Z00043

Extrait gratuit

L’art d’accommoder les vices - Cornélia Froh

J’ai toujours eu le vice des inconnus. Ce n’est pas vraiment ma faute, ma peau ne frémit qu’entre les mains de parfaits étrangers et mon sexe ne mouille jamais autant que lorsqu’il est en présence d’une queue nouvelle. Le moment que je préfère quand je rencontre un homme pour la première fois, c’est quand, après l’avoir fait bander, je descends la braguette de son pantalon pour libérer sa queue qui se dresse bien dure devant moi. Je la sens, je la touche, je la goûte du bout de la langue, avant de la prendre entièrement dans ma bouche. Tout se passe uniquement entre cette queue et moi. Le reste – le nom, l’âge, la profession, la couleur des yeux ou des cheveux, jusqu’à la forme du visage – n’a absolument aucune importance. Les inconnus ne sont rien d’autre que de vagues silhouettes qui n’existent pour moi que par leur queue. Moins j’en sais sur eux, plus ça m’excite, et plus le plaisir est intense.

J’ai donc le vice des inconnus, mais c’est un vice un peu problématique quand on est une femme. Il m’aurait été beaucoup plus facile de m’y adonner si j’avais été un homme, à condition, bien sûr, d’être attiré par les hommes. J’aurais pu, par exemple, me rendre la nuit dans des parkings isolés, m’agenouiller et sucer à volonté toutes les queues se présentant devant ma bouche. Ou fréquenter certains bars et, sur un simple regard, me retrouver dans les toilettes ou dans l’arrière-cour à côté des poubelles, à servir de vide-couilles. Ceci est absolument impossible quand on est une femme, pour d’évidentes raisons de sécurité, doublées d’un triste constat : les lieux de rencontres sauvages entre célibataires hétérosexuels n’existent pas. Une femme seule ayant, comme moi, le vice des inconnus, mais n’ayant pas un goût du risque trop prononcé, est condamnée à se contenter de pis-aller qui ne sont jamais totalement satisfaisants et il m’a bien fallu, par la force des choses, accommoder mon vice à la réalité.

 

J’ai d’abord commencé par miser sur le hasard. L’inconnu croisé dans la rue qui vous arrête alors que vous êtes en chemin pour tout autre chose et que vous vous retrouvez à suivre, jusque chez lui ou dans une chambre d’hôtel, presque sans un mot, et sans vraiment pouvoir expliquer les raisons de cette soudaine attirance. Mais il faut être lucide : ce genre de hasard ne se produit pas très souvent au cours d’une vie. Jamais, pour la plupart d’entre nous, une ou deux fois, pour quelques privilégiés. Une seule fois, j’ai suivi un homme rencontré dans la rue, un matin, en sortant de chez moi. Le plaisir a été à la hauteur de mes espérances, mais le risque pris un peu trop élevé pour que j’ose recommencer.

J’ai donc décidé de tenter les clubs libertins, excitée par l’idée des glory holes, ces trous pratiqués dans des cloisons à travers lesquels les hommes glissent leur sexe pour se faire sucer. La première fois, c’était effectivement aussi excitant que je l’avais imaginé. Ma bouche passait d’une bite à l’autre, en alternant les grosses et les petites pour laisser reposer un peu la mâchoire. Mais, très vite, je me suis lassée de ces queues sans corps, comme sans âme. J’avais besoin d’inconnus tout entiers pour pouvoir, tandis que je m’affairais sur leur sexe, croiser leur regard, m’agripper à leurs fesses, sentir leurs mains attraper fermement mes cheveux et appuyer sur ma tête pour imprimer à ma bouche le rythme qui leur convenait et s’enfoncer plus loin dans ma gorge. Et, pour finir, j’aimais fourrer entre leurs lèvres ma langue encore pleine de leur foutre, après les avoir fait jouir. Allez donc faire tout ça, à travers un pauvre trou.

Alors sont apparus les sites, puis les applications de rencontres et, soudain, tout semblait devenir beaucoup plus facile. Il suffisait de savoir faire le tri, en une photo et quelques lignes de présentation, entre les hommes en quête d’une belle histoire et ceux qui ne cherchaient rien d’autre que du sexe. J’étais très excitée, au début, par ce qui m’apparaissait comme un réservoir infini de queues qui n’attendaient que moi. Dans les premiers temps, il m’arrivait de ne pas savoir où donner de la tête, tant j’allais joyeusement de l’une à l’autre, parfois dans la même journée. Mais assez vite, j’ai été, là encore, gagnée par une certaine lassitude. Chaque rencontre obéissait au même schéma, passait par les mêmes questions et procédures d’usage, et les inconnus ont fini par tous se ressembler, au point que, rien ne les distinguant les uns des autres, j’ai fini par avoir l’impression de n’avoir plus qu’un seul amant muni de bites multiples et, finalement, aussi désespérément ennuyeux et prévisible que peut l’être un mari.

Mais tout ça, ces diverses expériences, mi-excitantes, mi-décevantes, c’était avant de rencontrer l’Inconnu qui allait enfin me donner accès à tous les inconnus. Rien, pourtant, au départ ne semblait le distinguer des autres et il aurait pu ne jamais sortir de l’anonymat dans lequel je maintenais volontairement la plupart des hommes que je croisais, si, lors de notre première rencontre, tout s’était déroulé exactement comme d’habitude. Nous aurions bu un verre ensemble, j’aurais fait quelques confidences salaces pour l’exciter, il aurait, à un moment de la soirée, glissé une main sous ma robe pour caresser ma cuisse et sentir du bout des doigts ma chatte déjà humide et nous serions très vite partis en quête d’un lieu plus intime : appartement, chambre d’hôtel, voiture ou porte cochère. Il aurait simplement bandé, je l’aurais sucé et il aurait joui dans ma bouche. Puis je serai passée au suivant et nous ne nous serions jamais revus.

Notre première rencontre s’est déroulée à peu près comme toutes les autres, à un détail près. À aucun moment de la soirée, sa bite ne s’est mise à durcir. N’ayant rien trouvé à faire avec cette petite chose toute molle, j’ai dû me résoudre à recevoir plus de plaisir que je ne pouvais en donner et, contrairement à mes habitudes, à accepter un deuxième rendez-vous, parce que je ne pouvais décidément pas laisser une bite dans cet état sans tenter d’y remédier. Le deuxième soir, j’ai obtenu une demi-molle qui ne pouvait que me convaincre de faire une troisième tentative, transgressant ainsi la seule règle que je m’étais fixée : un seul rendez-vous, éventuellement un deuxième si ça valait vraiment le coup, mais jamais de troisième. Le sexe est un tel accélérateur d’intimité qu’après deux rendez-vous, l’inconnu cesse d’en être un et perd ainsi tout ce qui fait son charme. Avec lui, c’est exactement l’inverse qui s’est produit. Le troisième soir, sa bite est devenue bien dure et jamais, depuis, elle ne s’est ramollie. Chacune de nos rencontres me donnait envie de le connaître davantage et, très vite, est venue l’idée que nos corps et nos esprits réunis pourraient se prêter à la réalisation libre et joyeuse d’un grand nombre de fantasmes et que nous pourrions très facilement faire en sorte que nos vices respectifs convergent. Avoir le vice des inconnus n’était plus problématique : il suffisait de trouver celui qui aurait envie de le partager et qui ne trouverait rien de plus excitant que de me voir sucer d’autres bites que la sienne. Le hasard ne pouvait pas mieux faire en nous plaçant chacun sur le chemin de l’autre. Nos vices s’accommodaient à merveille.

Depuis, je n’ai plus besoin d’élaborer diverses stratégies, plus ou moins efficaces, pour assouvir mon goût des inconnus, puisqu’il se charge de trouver les lieux, personnes et situations qui nous permettent de l’assouvir ensemble. Pour qu’un couple fonctionne et résiste à l’épreuve du temps, il suffit peut-être de se trouver une passion commune, peu importe laquelle. Certains couples passent leurs week-ends à faire des kilomètres à vélo ou à chiner dans les brocantes d’inutiles vieilleries, nous, nous les passons à rencontrer des inconnus dont je suce la queue avec une avidité et une délectation d’autant plus grandes que je sais qu’il est là, juste à côté, et que son plaisir est aussi intense que le mien.

Je ne sais jamais à l’avance quel sera le scénario du week-end, et cette part de mystère et d’imprévu augmente mon excitation. Parfois, nous restons chez nous, et je dois seulement me tenir prête sur le lit, les yeux bandés. Je guette avec impatience le bruit de la sonnette, et je tente de deviner, aux voix et aux pas qui s’approchent de la chambre, combien d’hommes il a conviés. Des mains se posent sur moi, des doigts se glissent dans ma bouche, dans ma chatte ouverte et très humide, dans mon cul. Je tire la langue à la recherche des queues, sans savoir qui ni combien ils sont. Il lui arrive, par jeu, de se mêler aux inconnus qui m’entourent sans dire un mot, pour que je le reconnaisse juste à sa bite, mais, le plus souvent, il reste assis dans un fauteuil près du lit, attendant que j’en aie fini avec eux et qu’ils soient repartis pour ôter le bandeau de mes yeux et venir se décharger bien au fond de ma gorge.

Certains samedis soir, nous nous rendons dans un hôtel miteux où nous avons nos habitudes et nous jouons à l’un de nos jeux favoris, « la putain et son maquereau ». Il m’aide à me préparer tandis que j’enfile une robe courte et transparente, des bas résille et des talons hauts, et que je me maquille en forçant sur le noir autour de mes yeux et le rouge sur ma bouche et mes joues, jusqu’à devenir la version la plus obscène de moi-même. Il ne me dit pas combien de clients vont défiler les uns après les autres, parfois deux ou trois, parfois jusqu’à une dizaine. C’est lui qui, quand ils frappent à la porte, les fait entrer et empoche le billet qu’ils lui tendent. Très petit, le billet. C’est la pute de bas étage qui nous excite, pas la pute de luxe aux prestations et clients haut de gamme. Puis, il s’installe dans la salle d’eau juste à côté, la porte légèrement entrouverte pour profiter de tous les bruits qui lui parviennent de la chambre, mais sans pouvoir regarder : gémissements, succions, claques sur mes fesses ou sur mes joues pour me faire aller plus vite, insultes, râles de jouissance. Je le devine assis sur les toilettes, la bite à la main, en train de se branler, mais pas trop fort ni trop vite, pour me réserver son jus qu’il viendra répandre sur mon visage à la fin de la soirée en me disant que je suis sa « sale petite pute », avant de m’aider, avec des gestes tendres et délicats, à me laver de tout ce foutre, le sien mêlé à celui des autres, collé à ma peau et mes cheveux.

L’été est notre saison préférée, qui libère les corps de toutes les entraves et offre de multiples possibilités de jeux de plein air. La nature regorge de lieux à l’abri des regards et propices à tous les fantasmes – forêts, dunes et criques ou bâtiments abandonnés – et il nous arrive de parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour en explorer de nouveaux, qu’il s’agisse de lieux de rencontre bien connus des cercles libertins, ou de lieux plus sauvages où nous retrouvons quelques hommes qu’il a sélectionnés auparavant et à qui il a donné rendez-vous. J’aime les trajets en voiture, au cours desquels l’excitation monte progressivement, sans que nous ayons besoin de nous parler. Il lui suffit de passer sa main sur ma nuque, ou d’effleurer ma cuisse, pour que mes jambes s’écartent par réflexe. Parfois, nous sommes obligés de nous arrêter en chemin pour calmer la tension douloureuse de nos sexes. Selon le lieu, nous nous contentons de nous branler mutuellement, en restant assis sur nos sièges, ou, si nous parvenons à trouver un coin à l’écart de la circulation, il me prend, rapidement et brutalement, debout contre la voiture, et nous repartons momentanément apaisés.

La dernière fois, nous sommes allés nous promener dans les bois. Nous nous sommes lentement enfoncés dans la forêt jusqu’à une ancienne maison forestière, à moitié en ruine. J’ai enlevé ma robe. Je ne portais rien dessous. Il s’est assis sur un tronc d’arbre coupé, je me suis mise à quatre pattes devant lui, à ses pieds, j’ai posé ma tête contre le sol et il m’a attaché les mains dans le dos à l’aide d’une corde. Dans le silence de la forêt, nous les avons entendus arriver de loin. Les branches et les feuilles mortes craquaient sous leurs pas lourds et décidés. Il a posé son pied sur mon dos, pour me cambrer et m’immobiliser. J’étais la proie que les chasseurs allaient se partager. Ils ont fait cercle autour de nous. Il m’a relevée en m’attrapant par les cheveux et il m’a forcée à les embrasser, l’un après l’autre. Ils étaient cinq. De leurs mains rugueuses, ils attrapaient tout ce qu’ils pouvaient, sans que je puisse me défendre : mes seins, mes hanches, mes fesses, ma chatte. Leurs bouches sentaient l’ail et le vin, et ma peau s’écorchait contre leurs joues et leurs mentons mal rasés. Il m’a ensuite fait mettre à genoux et ils ont sorti leurs bites que j’ai prises dans ma bouche, l’une après l’autre, après avoir consciencieusement léché leurs couilles, le nez enfoui dans l’odeur animale de leurs sexes. Puis il a détaché mes mains, m’a mise à quatre pattes et il est allé s’asseoir un peu à l’écart, me laissant seule au milieu d’eux. Ils se sont tous branlés au-dessus de moi en même temps. J’ai reçu leurs foutres sur mon cul, sur mon dos, sur mon visage, dans mes cheveux. Ils ont remis leur queue à leur place, ont refermé leur braguette et sont repartis après l’avoir remercié d’un simple signe de tête. Il s’est levé et est venu, à son tour, se vider les couilles sur moi. Il m’a ensuite fait jouir très vite en enfonçant profondément ses doigts dans ma chatte. Mon cri a résonné très haut dans les arbres.

Je ne sais quelle sera notre prochaine escapade en amoureux. Ni combien de temps dureront ces moments de plaisir partagé. Quand nous commencerons à prendre de l’âge, si nos envies ne nous passent pas, ce dont je ne doute pas vraiment, il nous restera toujours les clubs libertins de seconde zone, peu regardants sur l’âge et le physique de la clientèle. Quelque chose me dit que la vieille salope qui suce des bites au fond de la salle et le vieux pervers assis à côté d’elle qui se tripote avec un air réjoui, ce sera nous.