• Nouveauté

VACANCES EN SOUMISSION

Fiche technique
Nombre de pages 150
Langue Français
Date de parution 04/06/2020
Référence K00006

Extrait gratuit

1

Plus qu’une heure de route, j’y suis presque. J’envoie un message à mon amie Mel pour lui confirmer mon arrivée prochaine au Garric.

Je l’ai connue l’été de mes dix-huit ans. Je vivais là avec ma famille et m’ennuyais ferme malgré la plage. Ses parents avaient acheté un mas à l’écart du village et elle traînait souvent vers chez moi sa silhouette maigre. Elle avait quatorze ans et un corps de garçon. Longues jambes, poitrine plate, rapide comme une anguille et regard de félin. Personne n’osait l’approcher tant elle intimidait, avec son air de vouloir mordre. Moi je l’ai aimée tout de suite.

Après l’avoir observée quelques jours je me suis décidée à m’asseoir près d’elle sur la plage. Elle ne portait jamais de maillot de bain, mais éternellement un short, avec un grand tee-shirt qui flottait sur son petit corps.

Arrivée près d’elle j’ai imité sa pose en prenant mes genoux entre mes bras et j’ai regardé la mer en silence, lui laissant le loisir de parler la première. Ce qu’elle a fait après un long soupir :

— Je sens qu’il va être long, cet été.

Son ton dépité, cet aveu fataliste, comme s’il concluait une longue conversation entre deux vieilles copines, m’a charmée. J’ai éclaté de rire et lui ai souhaité la bienvenue au Garric. Elle m’a observée de ses fins yeux verts et m’a souri :

— Je m’appelle Mel. Et toi ?

Nous nous sommes vues tous les jours jusqu’à la rentrée de septembre. J’étudiais à trente kilomètres du village et passais mes semaines enfermée dans un internat. Je ne vivais qu’en attendant le week-end et mes retrouvailles avec Mel.

Un soir du printemps suivant, Mel et moi nous étions retrouvées à l’un de nos lieux de rendez-vous préférés : une barque retournée sur le sable tout au bout de la plage. Nous regardions la lune se refléter sur la mer. Pas de vent. L’air était lourd. Toujours aussi abrupte, elle asséna :

— T’as de beaux seins, toi. Les miens sont pourris.

— Dis pas ça, je les adore. Tu ressembles à Jane Birkin.

— Et tu la trouves belle ?

— Plus que ça, même.

— Je peux les voir, tes seins ?

Je portais une robe en jean boutonnée sur l’avant. Je l’ai ouverte en essayant de sourire, mais j’étais plus troublée qu’amusée. Mel me regardait avec un grand sérieux. Une fois ouvert le dernier bouton, elle a écarté les pans de ma robe, dévoilant mon corps. Dix-huit années plus tard je me souviens encore du soutien-gorge que je portais. Il était blanc, de forme pigeonnante. J’avais une culotte en coton très enfantine qui contrastait avec mon décolleté.

Mel a tendu avec hésitation une main vers ma poitrine, comme pour me laisser le temps de la repousser. Elle m’interrogeait du regard et je ne disais rien. Quand elle m’a caressée, j’ai fermé les yeux. Jamais des doigts si doux n’avaient touché ma peau. J’avais été embrassée par des garçons, pelotée, n’étais même plus vierge, mais là ! Rien à voir.

C’était la main de Mel, c’étaient ses doigts graciles. Mes soupirs ne laissaient pas de doute sur mon consentement. Je voulais qu’elle poursuive, qu’elle ne s’arrête jamais. Elle dessinait sur mes seins de la pulpe de ses doigts, les contournant pour éprouver leur rondeur. Quand elle s’est rapprochée du téton je l’ai encouragée d’un mouvement de buste. Tirant sur la dentelle blanche, elle l’a dévoilé et embrassé. Je pense avoir joui au contact de ses lèvres.

Après ça nous avons perdu la tête. Je l’ai couchée sur la barque renversée, j’ai relevé son tee-shirt – elle était nue dessous – et l’ai embrassée partout. Elle s’est laissée faire, me rendant mes baisers. J’ai ouvert son short et glissé ma main dedans. Je n’oublierai jamais sa toison, fine sous mes doigts, et de la chaleur liquide qui a mouillé ma main quand je l’ai ouverte.

À partir de ce jour, sans rien dévoiler à personne, nous avons souvent dormi ensemble, prétextant quelques secrets de filles. On faisait l’amour à chaque fois.

Notre petit manège a duré jusqu’à ce qu’elle rencontre Bruno l’année de ses dix-huit ans. Elle étudiait la psycho tandis qu’il donnait des cours de philosophie. Elle, qui se voulait si libre, s’engagea dans une histoire d’amour intense avec ce type plus âgé qu’elle. Moi j’avais découvert que faire des longues études était en désaccord avec mon tempérament. Il fallait que ça bouge ! J’avais décidé d’ouvrir une boulangerie et commencé un apprentissage. Ne faisant rien à moitié je visais l’excellence et voyageais beaucoup pour apprendre des plus grands. Nos liens se sont distendus. Mes études achevées, j’ai ouvert mon commerce et passé moins de temps au Garric. À chacune de mes visites nous partagions tout de même un dîner tous les trois mais avoir Mel près de moi et me contenter d’une conversation mondaine me rendait dingue. Alors j’écourtais ces moments.

Il y a deux ans Mel et Bruno se sont mariés civilement après douze ans de vie commune. Elle s’appelle désormais Mélanie André. Son époux, adjoint aux finances à la mairie, est respecté pour son engagement dans la vie communale. Sa capacité de travail n’aurait d’égale que l’immensité de ses connaissances et chaque dossier passé entre ses mains serait maîtrisé à la perfection. Parmi les viticulteurs locaux il se présente comme un notable, un homme de confiance. Et pourtant je me sens toujours mal à l’aise avec lui. Sans doute parce que ses compétences professionnelles m’indiffèrent. Je vois juste l’homme dont mon amie est folle. Et ces deux-là semblent éternellement de jeunes amoureux. Pourtant il n’est pas un agneau ! Pour des broutilles il peut entrer dans une colère froide à vous glacer le sang. Et même si ce type, malgré son caractère, semble faire l’unanimité, j’espère bien cette fois voir Mel sans lui. En tout cas, quand je lui ai annoncé que je confiais ma boulangerie à mes employés et venais passer quelques semaines de vacances au Garric, elle était folle de joie ! Je pense qu’elle s’ennuie à mourir… Que fait-elle de ses journées, toute l’année dans ce village qui ne s’anime que l’été ?

Perdue dans mes pensées, je n’ai pas vu passer le trajet et suis déjà arrivée. Le Garric est calme au soleil du midi. J’ouvre grand les vitres ; l’habitacle s’emplit d’un air plus doux et plus épais que celui de la ville. Je respire à pleins poumons et je gonfle chaque alvéole, chaque cellule de mon corps, jusqu’au dernier neurone, du parfum de la mer. Je sens aussi l’odeur de la garrigue, de la poussière soulevée par le vent et même des minéraux. Comme chaque fois que ma petite maison appuyée à la falaise réapparaît devant moi, je vais me reprocher de n’être pas venue depuis trop longtemps, presque un an, cette fois.

Je traverse le village sans m’arrêter et longe la mer en direction des étangs. Trois minutes plus tard me voilà devant chez moi. J’ai toujours mal au cœur quand je pense qu’aujourd’hui la Magnague est presque toujours fermée. « Magnague », ou « magnagou », ça veut dire « mignon », en patois. Cette appellation est fixée sur la façade en lettres de fer forgé depuis au moins trente ans. Ça lui va bien. Elle se cache après la sortie du village sur une route que l’on ne prend que pour rejoindre la vigie de la falaise. Autant dire qu’elle ne souffre pas de la circulation, sauf l’été, quand les touristes s’échappent de la plage pour venir voir un peu les trésors de la terre, à quelques pas du sable.

Je me gare sous le préau construit par grand-père pour abriter son tracteur et me hâte vers le figuier à l’arrière de la maison. Près de son tronc, un tas de ceps de vignes abrite un secret : c’est là que depuis toute petite j’adore faire pipi. J’aime dénuder mes fesses et m’accroupir dehors cachée par les grandes feuilles.

Je relève ma robe et observe jaillir l’urine. Elle éclabousse la terre sèche et même mes escarpins. Au soulagement de vider ma vessie s’ajoutent les plaisirs du vent entre mes fesses, du risque d’être surprise et même de me salir. Je me relève, et laisse couler les dernières gouttes entre mes cuisses. Les vacances peuvent commencer.

Je décharge la voiture et range les clés sur la console dans l’entrée de la maison. J’ai bien l’intention de vivre les prochaines semaines à pied ou à vélo. Je pose mes sacs dans la chambre à l’étage et ouvre les fenêtres. Toutes donnent sur la mer, même le grenier, un simple fenestrou duquel on voit la côte s’étirer de stations balnéaires en villages de pêcheurs.

La Magnague est exiguë. À l’étage, une chambre, la salle d’eau et un petit bureau. En bas, une grande pièce servant aussi de bien de cuisine, salle à manger et salon.

J’enfile la robe légère que je ne porte qu’ici. Son voile fin de coton blanc laisse deviner mon corps nu. J’aime sentir le tissu me caresser en volant sur ma peau. Ranger, épousseter et balayer deviennent alors une danse sensuelle.

Après un déjeuner léger, satisfaite, je m’allonge sur mon lit en contemplant la mer.

 

Mel m’a proposé de passer vers seize heures. Bercée par les craquements familiers de la maison je me laisse aller et m’endors vite. C’est un cri qui me réveille. Le mien. Je viens de jouir dans mon sommeil ! Je me souviens de tout, encore haletante : dans des toilettes publiques, à genoux, robe ouverte, seins dehors. Des hommes devant moi. J’ouvre grand la bouche. Le premier sort son membre et le fourre. J’aime ça ! Je gémis, le veux jusqu’à la gorge. Il accélère ses va-et-vient et éjacule dans ma bouche. Je n’avale pas. Je laisse le sperme couler sur mes nichons. L’homme vidé s’en va, un deuxième le remplace. Sa bite encore plus grosse. Je caresse ma fente en la suçant. Je veux qu’il vienne vite. Touche ses couilles et il gicle, lui aussi. Je ne déglutis toujours pas, le liquide laiteux dégouline, tombe de la langue en gouttes épaisses. Ma robe et ma poitrine sont maculées, je me sens sale. Un troisième homme se présente, un quatrième, un cinquième… Je les dégorge un par un, jusqu’au dernier. Des femmes attroupées devant la porte me regardent avec horreur. Je suis une putain, la pire de toutes, celle qui baise gratis. Rien ne me gêne. Je me branle bouche ouverte, seins poisseux des foutres mélangés. Des queues, encore des queues, je ne les compte plus.

J’ai encore fait ce rêve ! Il est récurrent. Et comme à chaque fois je me réveille trempée.

Je me rince la bouche à la salle de bains comme si les bites étaient vraiment venues. Je retire ma culotte mouillée et remplis ma main d’eau froide pour éclabousser mes lèvres gonflées. Mes seins sont douloureux, tendus d’excitation.

C’est l’heure de voir Mel. J’enfourche mon vélo et cheveux au vent, contente de prendre l’air, je pédale vers le village.

Vous aimerez aussi