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LA NOUVELLE CAISSIERE DU CINEMA

Fiche technique
Nombre de pages 156
Dimensions 135*185 mm
Langue Français
Date de parution 20/01/2021
Référence K00008

Extrait gratuit

1

Le manteau mauve quadrillé de blanc descendait jusqu’au sommet des cuisses. Des collants orange, sinués de motifs, protégeaient ses jambes fines du froid hivernal. La soufflerie du chauffage la saisit lorsqu’elle franchit la porte vitrée du cinéma. Elle se déboutonna, révélant un short en tweed gris. Une tenue courageuse que seule une fille de vingt ans pouvait assumer dans un lieu public sans être jugée, pensa Sophie, l’assistante de direction, qui accueillit la jeune femme main tendue et sourire bienveillant. Comme on lui avait appris, elle analysa cet échange droit dans les yeux. Elle apprécia son apparence mi-timide, mi-espiègle, un nez fin et anguleux en totale harmonie avec ses yeux vert clair et ses longs cheveux blonds en ondulation. Pour elle, cette étudiante semblait un bon choix, une recrue idéale pour le cinéma et sa clientèle. À sa main fraîche, Sophie proposa une imperceptible caresse du pouce sur deux centimètres carrés de sa peau, d’une pâleur nordique. L’avait-elle remarquée ? Ce premier contact enchanta la quadragénaire. Un frisson. Un épiderme doux comme l’intérieur d’une cuisse. Une illusion d’intimité électrisante. Elle avait pourtant l’habitude de voir défiler les étudiantes depuis ses quinze ans de présence entre ces murs. Elle imagina ses deux fesses, lisses et rondes comme deux énormes galets érodés par l’eau ruisselante d’une rivière.

Elle relâcha sa main et ses pensées :

— Je m’appelle madame Désir – je sais, ça ne s’invente pas – mais tu peux m’appeler Sophie, je suis l’assistante de direction de monsieur Regnier que tu as déjà rencontré au cours de ton entretien. Tu peux me tutoyer. Ici, travail rime avec convivialité, respect et découverte de l’autre, le tout au service des spectateurs.

Intimidée, Louisa ne saisit pas toutes les nuances de cette phrase. Elle se contenta de sourire.

— Je vais te former à ton rôle d’hôtesse d’accueil polyvalente. Comme monsieur Regnier te l’a notifié, tu seras amenée à effectuer diverses tâches sur plusieurs postes : la caisse, la confiserie et l’aide au contrôle, essentiellement.

À pleine puissance, le chauffage rougissait les joues de Louisa. Elle retira son manteau, fit quelques pas pour s'éloigner de la chaleur et se retourna vers l’assistante. Sophie ne s’était pas trompée. Son cul merveilleusement moulé dans le minishort méritait d’être épinglé sur le haut d’un CV. Ses seins semblaient aussi ambitieux que le chef-d’œuvre qui s’exposait devant elle. Avant de se vêtir de son uniforme de travail, Sophie proposa à Louisa de visiter le multiplexe. Elle avait du mal à détacher son regard de sa nouvelle employée. Afin de reprendre le contrôle de la situation, elle décida de passer devant elle.

— Combien y a-t-il de salles ? demanda l’étudiante.

Sa voix, fine et mélodieuse, s’accordait avec un érotisme enfoui sous sa timidité.

— Quatorze. Des grandes et des plus petites, c’est un vieux cinéma de centre-ville qui s’est agrandi au fil des ans. Il y a beaucoup d’escaliers, et de nombreux recoins cachés. J’ai un penchant pour la salle numéro un, la plus spacieuse, mais aussi la neuf pour son atmosphère. Et toi ? Tu les préfères grandes, petites, larges ou fines ?

Cette phrase pleine de sous-entendus lui avait échappé. Elle ne comprenait pas son absence de maîtrise, se comportait comme ces individus lourds que l’on croise trop souvent. Malgré tout, elle guetta la réponse de la jeune fille avec amusement ; elle détaillait son visage, dans l’attente du moindre signe. Deux grains de beauté – ils humanisaient sa figure d’ange –, un sous le coin droit de sa lèvre inférieure, l’autre au milieu de sa joue gauche, contrastait avec sa blancheur naturelle. Durant deux secondes, la jeune femme baissa la tête. Une auréole rouge teinta sa peau. Un léger sourire. Qui disparut. Elle repoussa ses cheveux couleur paille d’une main et répondit qu’elle les aimait longues et larges, mais que la qualité de l’œuvre était son premier critère. Peut-être pas aussi angélique qu’elle y paraît, pensa Sophie. Une gourmande qui s’ignore ? Doit-elle la tester dès le premier jour ?

Après avoir arpenté une partie des couloirs et deux salles du cinéma, elles firent face à un escalier en fer, abrupt et étroit, qui menait à la cabine de projection. Sophie hésita à laisser passer Louisa en premier – elle serait encore happée par la vision de son cul se mouvant à l’intérieur du tissu. Plus elle visualisait la scène et plus son excitation se réveillait : d’abord, elle remplirait sa main de la rondeur juvénile d’une fesse qui se malaxerait dans sa paume à chaque pas ; puis elle glisserait entre ses cuisses et remonterait vers sa fente, ce qui stopperait tout mouvement. Elle devait résister, cela ne faisait que trente minutes que Louisa était là. Elle repensa aux paroles d’une amie : l’attente engendre la frustration et la frustration décuple le plaisir. Elle commencera par la case frustration. Bref, Sophie se baissa pour éviter le groom de la porte et s’engagea dans l’escalier.

— Attention à la tête.

Avec ses petites caissières, l’assistante se montrait aussi prévenante qu’une mère avec ses filles. À chaque marche, Sophie se demandait si la jeune femme observait son gros derrière. En tout cas, à moins de garder les yeux rivés au sol (ce que Sophie n’espérait pas), Louisa ne pouvait pas le rater. La brune plantureuse savait que ses fesses plaisaient beaucoup, une source d’invitation, redondance à son nom de famille. De belle facture, elles attiraient les gourmands, les assoiffés, les cajoleurs, les pleurnicheurs, les caresseurs, les experts en palpations et autres fesseurs, mais surtout, malgré ses quarante ans passés, elle avait su les garder fermes et lisses (les séances de sport et de massages prenaient tout leur sens). À mi-parcours, elle jeta un regard vers l’arrière. L’ange flottait tout près d’elle, ses mains glissaient sur les rampes de chaque côté, le port de tête droit. Encouragée par son imaginaire, Sophie se permit une fantaisie : prétextant une maladresse avec son talon aiguille contre une marche, elle s’arrêta sans prévenir. Ça n’y manqua pas. Le visage de Louisa heurta la surface fine de son pantalon marron en simili cuir. Était-ce son nez ou sa bouche qu’elle sentit à l’entrée de sa vulve ?

— Oups, pardon, susurra l’étudiante avant de s’excuser d’une voix faible, une nouvelle fois.

Sophie envisagea de répondre que tout le plaisir était pour elle, mais se contenta d’un « ce n’est rien ».

Fin de l’ascension. Un homme d’un mètre quatre-vingt, soixante-dix kilos, trente-cinq ans, astiquait l’objectif doré du projecteur avec une peau de chamois.

— Mathias, je te présente Louisa, notre nouvelle recrue. C’est son premier jour.

Mathias passa sa main sur son crâne rasé. Louisa lui tendit une main un peu molle.

— Mathias a démarré chez nous à seize ans, en apprentissage. Il connaît toutes les ficelles du métier.

Mathias caressa sa barbe blonde, blanchissante (sur le côté gauche de sa mâchoire).

— Ici, tout le monde se… s’embrasse. On est comme une famille. Bienvenue, j’espère que tu te plairas parmi nous. Tu es d’ici ?

— Non, j’arrive de Paris. Je viens finir mon DUT comptabilité. Je ne connais personne dans cette ville. J’ai eu de la chance d’avoir trouvé ce travail.

Elle repensa à son entretien : monsieur Regnier lui expliquait que son profil l’intéressait, mais qu’il avait une pile de CV qui s’entassait. Il ne cachait pas son hésitation. Louisa avait remarqué que toutes les caissières étaient canon ; à n’en pas douter, malgré la loi sur la discrimination, le critère physique comptait double dans le recrutement du personnel féminin. Elle nota que sa chaise, à deux mètres du bureau du directeur, laissait à ce dernier tout le loisir d’observer les jambes des candidates. Sans réfléchir, Louisa qui tenait les siennes serrées depuis le début du rendez-vous les écarta de telle manière que le cadre grassouillet, aux traits fatigués, puisse discerner sa culotte. Le rose lui allait bien. Le visage du gérant muta. Regard obnubilé par quelques centimètres d’étoffe. Louisa n’avait pas prémédité son acte, elle l’avait fait, c’est tout. La magie opérait. Sa bouche entrouverte, il essaya de parler, mais n’y parvint plus. Son front devint moite. Enfin, sa respiration revint à la normale et il retrouva l’usage de ses sens : il lui demanda quand elle pourrait démarrer. La jeune opportuniste recroisa ses jambes et répondit qu’elle était disponible, mais qu’il faudrait adapter le planning en fonction de ses heures de cours. Bien entendu ! Affaire conclue. Le contrat serait préparé sous peu, prévoyant une période d’essai de quinze jours. Louisa remercia Paul Verhoeven d’avoir laissé au montage la scène de l’interrogatoire qui propulsa Sharon Stone au firmament du septième art. Le directeur, toujours cloué par l’émotion, la raccompagna du regard jusqu’à la porte de son bureau.

— Comptable ? s’exclama le projectionniste, formidable ! J’ai un souci avec ma feuille d’imposition, comme j’ai…

Sophie le coupa. Pas le moment d’écouter les faux problèmes de Mathias, qui ne pouvait s’empêcher de roucouler devant chaque nouvelle caissière. Mais elle ne lui en voulait pas, car son opérateur préféré regorgeait d’énormes qualités.

— Maintenant qu’on a fini le tour de la maison, Louisa, je t’amène au vestiaire. Je vais te donner ta tenue. Tu devras la mettre et l’enlever sur ton lieu de travail. As-tu des questions ?

— Je n’ai encore jamais fait de caisse, vous… euh… tu vas me montrer ?

— Bien sûr, ne t’inquiète pas, je vais bien m’occuper de toi.

Après lui avoir confié son pantalon, taille 36, sa jupe, son tee-shirt rouge (une taille en dessous) et sa veste noire, Sophie referma la porte et s’éclipsa en direction de sa salle secrète ; elle sentait déjà l’excitation poindre. Installée au creux d’un ancien fauteuil de cinéma (les plus moelleux) face à une large vitre, elle disposait d’une vue imprenable sur le vestiaire des filles.

La jeune étudiante n’avait aucune raison de penser que le grand miroir à côté d’elle était une vitre sans tain, la même que dans les films policiers. Son short franchit, avec hésitation, l’obstacle de ses hanches. Il glissa jusqu’à ses chevilles. Une fine dentelle écarlate bordait son slip. Louisa se tourna pour regarder ses fesses dans la glace. Le shorty, en semi-transparence, ne recouvrait pas la base de ses globes. Un cul de mannequin, dessiné par les dieux, comme l’imaginait Sophie. Elle avait hâte d’y faire glisser ses mains chaudes. En attendant, c’était dans sa culotte que sa main jubilait… Putain, sa chatte était déjà toute mouillée. Elle trouva de suite son gros bouton qui se décapsula de son enveloppe de peau fine. Collés l’un contre l’autre, la caresse de son index et de son majeur la renversa.

En s’observant dans le miroir, Louisa souriait. Elle aussi aimait son petit cul sensuel, mais était-elle prête à l’assumer ? Ôter son pull l’avait décoiffée ; dessous, elle portait un chemisier ivoire, classique mais efficace. Elle défit un à un les boutons. Son soutien-gorge blanc n’était pas assorti avec le bas, c’était la mode. Ses seins s’harmonisaient avec son corps : ni trop gros, ni trop petits, sans doute un bonnet 90B ; la vision des mamelons pointant sur des aréoles roses et larges échauffa Sophie. D’un coup rapide, elle plongea deux doigts à l’intérieur de sa vulve, béante. La mouille suinta dessus. Ils se retournèrent sur son clitoris ; la cadence des caresses circulaires s’accéléra.

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