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FILLES A SOLDATS

Fiche technique
Nombre de pages 126
Langue Français
Date de parution 10/11/2020
Référence A00319N

Extrait gratuit

CHAPITRE PREMIER

Une porte a claqué. Il y avait de l’agitation. Des bruits. Je ne comprenais rien. Je n’avais jamais vu cet endroit. J’ignorais ce que j’y faisais et ce qui m’arrivait. J’étais étendue à poil sur une alèse en plastique. On m’avait attachée sur un lit.

Il m’a fallu quelques secondes pour identifier l’odeur qui régnait. Une odeur d’hôpital. Doucereuse, presque sucrée. Pourtant, la chambre ne ressemblait pas à celle d’un hôpital. On aurait plutôt dit un coin de garage, un entrepôt ou un vieux bureau délabré. J’étais dans le coaltar, je me suis endormie sans en avoir conscience.

Quand je me suis réveillée, j’étais toujours attachée et la nuit était tombée. Je ne distinguais presque rien. Tout à coup, j’ai entendu la voix assourdie d’un homme et le rire d’une femme. La voix féminine a dit : « Non, Kostas, pas maintenant ! » Une lampe s’est allumée dans le bâtiment. Elle n’éclairait pas la pièce, mais filtrait par les interstices. Puis une lumière crue m’a inondée et j’ai poussé un cri.

— Hé bien, ma petite ! Ça veut dire quoi ? Déjà qu’on vous a ramassée, vous allez pas nous faire une crise…

Ils étaient deux. Kostas et Miléna. Avec des blouses blanches. Ils voulaient savoir mon nom, ce que je faisais dans cette zone et pourquoi je me trouvais au centre des combats. Je n’en savais rien et j’étais même incapable de leur dire comment je m’appelais. Ça ne les a pas surpris.

— C’est fréquent après un bombardement, a dit l’homme. Essayez de dormir encore… on reviendra…

Un gémissement féminin m’a de nouveau tirée du sommeil. Après deux ou trois secondes, j’ai reconnu sans équivoque un gémissement de plaisir. Sous mes paupières baissées, j’ai vu Miléna et Kostas. Elle s’appuyait au mur des deux mains et lui l’enfilait, debout derrière elle. Il avait retroussé sa blouse en la tenant par les hanches. Son cul pâle dans la pénombre était superbe.

— Oh ! c’est bon Kostas… tu vas me faire partir…

Il a eu un ricanement en accentuant ses coups de reins.

— Oui ! Ça vient… cogne plus fort…

— Fais pas tant de barouf, tu vas la réveiller !

— Je peux pas… je peux pas m’empêcher… elle est trop bonne ta bite… elle me remonte jusque dans les nichons… oui, va vite… va vite comme ça…

La souffrance s’était atténuée et cette scène me l’a fait entièrement oublier. Un fourmillement dans mon bas-ventre m’a avertie que ma chatte participait à leur émoi. Ces deux salauds m’excitaient. Mais comme j’étais attachée, je ne pouvais rien faire d’autre que serrer mes cuisses l’une contre l’autre. Ça me soulageait un peu mais c’était loin de suffire.

Miléna était du genre bruyant. Non seulement elle parlait en baisant mais elle gémissait ou haletait selon les cas. Elle a joui en poussant un grand cri, ce qui n’a pas empêché Kostas de continuer à la limer à grands coups de cul. Comme une machine qui s’est emballée. D’une voix éteinte elle a demandé :

— Qu’est-ce qui se passe ? Tu y arrives pas ?

— Si. Mais j’ai envie de décharger dans ta bouche…

— Oh ! Oui, viens. J’aime ça…

Elle s’est agenouillée. Malgré l’éclairage défectueux j’ai eu le temps de voir la queue de l’infirmier. Une belle bite, pas particulièrement longue mais épaisse et cambrée. Elle a disparu entre les lèvres de la fille qui s’est mise à remuer la tête à toute vitesse d’avant en arrière. Kostas a dit d’une voix essoufflée :

— Continue… je vais juter…

Il a cessé de bouger. Miléna s’est relevée en s’essuyant les lèvres du revers de la main. Elle s’est tournée vers moi avec un petit sourire et elle m’a fait un clin d’œil. Kostas, lui, ne se doutait pas que je les avais vus. Puis ils sont sortis tous les deux. Les explosions à l’extérieur avaient cessé mais je n’avais pas envie de dormir. Je voulais savoir ce que j’avais et pourquoi on m’avait attachée. Mon mal de crâne était nettement moins douloureux.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée dans l’obscurité à me demander qui j’étais et ce que je fabriquais là. Je n’avais de réponse à aucune des questions que je me posais. Il faut dire que mon esprit était pas mal cotonneux. Sitôt que j’essayais de penser à quelque chose de précis, la souffrance se réveillait et je décrochais. J’ai dû m’endormir tout de même quelques secondes car au moment où j’ai ouvert les yeux, une forme sombre se tenait à côté de mon lit. Il n’y avait pas de lumière.

— Qui êtes-vous et qu’est-ce…

— T’inquiète pas ma petite, c’est moi…

J’ai reconnu la voix de Miléna et ça m’a soulagée.

— Pourquoi vous n’allumez pas ?

— On n’a plus de jus… Kostas essaye de remettre en route le générateur.

— Qu’est-ce qui m’est arrivé ?

— Tu nous as matés quand on baisait.

— Non… je veux dire avant…

— Ça, j’en sais rien. Tout ce que je peux te dire, c’est que tu n’as pas grand-chose, dans deux ou trois jours tu pourras marcher.

Puis, après un silence :

— Ça t’excitait de nous regarder ?

Sans attendre ma réponse, elle a effleuré les bouts de mes seins qui ont durci. Mon excitation était en sommeil mais elle restait présente.

— On dirait bien qu’oui…

Malgré mes liens, j’ai sursauté quand ses doigts se sont infiltrés entre les lèvres de ma chatte.

— Tu es toute trempée, ma chérie… tu veux que je te branle ?

J’ai hoché la tête mais dans l’obscurité elle ne pouvait pas me voir. De toute façon, sa question était de pure forme puisqu’elle avait déjà commencé à me caresser. Son index a immédiatement trouvé mon clito et j’ai tenté de soulever mon bassin en ouvrant les cuisses. Miléna a ricané.

— T’affole pas ! Je sais m’y prendre pour faire reluire les filles.

Elle ne mentait pas. Après avoir frotté mon clitoris deux ou trois secondes, elle a caressé ma fente de haut en bas, comme si elle cherchait à délimiter le terrain avant de se lancer à l’attaque. Elle a introduit un doigt dans mon vagin. Puis un second. Trois peut-être. Tout ce que je savais, c’est que c’était délicieux.

— T’es plutôt vaginale ou plutôt clitoridienne ?

— Les deux.

Elle a rigolé.

— C’est comme moi… attends que je me mette mieux…

Elle a disposé sa main de façon à coulisser dans ma chatte tout en astiquant mon bouton. Je n’ai pas mis longtemps à haleter. J’avais un peu mal à la hanche mais la montée du plaisir était plus forte que la douleur.

— Je… je vais jouir !

Miléna a accéléré la cadence de ses glissements et quand elle a écrasé mon clito l’orgasme a explosé. Ses doigts sont restés immobiles un petit moment. De l’autre main elle caressait mon ventre et ma poitrine.

— Tu t’appelles comment ?

Je suis retombée sur terre en m’apercevant que je ne me souvenais toujours pas de mon nom.

— Qu’est-ce que tu faisais à Belskoïé ?

— Je ne sais pas. Je ne connais même pas ce nom. Pourquoi vous me posez cette question ?

— La Sécurité pense que tu es peut-être une rebelle…

— Mais une rebelle de quoi ? Je ne comprends même pas de quoi vous parlez. C’est pour ça que je suis attachée ?

— Oui. Ils voudront sans doute t’interroger demain.

— Puisque je vous dis que je ne me rappelle rien !

— Tu te débrouilleras avec eux.

— Alors c’est pour ça aussi que vous m’avez branlée ? Pour me faire parler ?

— Non. Ça, c’était pour le plaisir.

Miléna est partie. Demeurée seule, j’ai essayé de faire le point, mais je ne parvenais à me rappeler ni qui j’étais ni ce que je faisais. Pourtant je n’avais pas été étonnée quand Kostas avait évoqué un bombardement, ni non plus quand Miléna avait parlé de la Sécurité et de rebelles. Si on m’avait interrogée là-dessus à l’improviste, j’aurais répondu que c’était à cause de la guerre.

Donc je savais que c’était la guerre et qu’il y avait des combats incessants. Mais pas plus. Qui se battait contre qui et pourquoi ? Je l’ignorais. Tout ça m’était familier sans que je sache à quoi ça correspondait. J’avais l’impression d’avoir toujours vécu dans un climat de danger et de fuite. A la fin, j’ai cessé de me tourmenter. Ça ne servait à rien.

Mon mal de crâne avait repris. Le silence était rompu de temps en temps par des bruits de voix trop faibles pour que je puisse comprendre ce qu’elles disaient. Il m’a fallu du temps pour trouver le sommeil.

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