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CINEMA COCHON

Fiche technique
Nombre de pages 128
Langue Français
Date de parution 26/05/2020
Référence A00298N

Extrait gratuit

CHAPITRE PREMIER

Comme tous les jours à treize heures, au Franprix du boulevard Magenta, Nadine faisait sa caisse. Elle comptait consciencieusement les billets et faisait des rouleaux avec les pièces de monnaie. Janine arrivait pour prendre la relève. C’était une ancienne, employée du magasin depuis sept ans. Elle faisait la fermeture à 20 heures. Bavarde, elle parvenait à pérorer tout en enregistrant les milliers d’articles qui passaient sur son tapis roulant. La quinquagénaire semblait adorer son métier de caissière. Avec elle, chaque client avait l’impression d’être unique. Nadine l’avait longuement observée, au début. Mais hormis sa façon de parler aux clients, elle ne savait rien de sa vie. Toujours est-il qu’elle était parfaitement maquillée, qu’elle achetait des soutiens-gorge qui mettaient ses seins en valeur, et qu’elle portait des jupes très courtes. Un homme l’attendait toujours à la sortie, jamais le même. La plupart du temps, ils étaient bien plus jeunes qu’elle. Nadine avait entendu dire que Janine était une ancienne stripteaseuse de Montmartre, qu’elle avait eu des ennuis avec la police, et que quelqu’un de très bien placé lui avait un jour trouvé cet emploi.

Par pure coïncidence, Nadine avait déménagé dans le même immeuble qu’elle, rue des Vinaigriers, à deux pas du supermarché. Elle avait loué ce studio dès qu’elle avait obtenu la place de caissière. Elle était seule, encore sous le choc de sa récente rupture avec José. Elle avait pourtant tout quitté pour lui, pour recommencer une nouvelle vie à Paris. Puis elle s’était aperçue, trop tard, qu’il s’agissait d’une passade sans lendemain. Du coup, elle se retrouvait isolée dans la capitale, comme une orpheline.

 

Quelques mois auparavant, Nadine était vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter, à Roubaix, rue Basse. Ce magasin qui vendait également des sous-vêtements féminins était fréquenté par des femmes de la petite bourgeoisie locale. Quand elles n’avaient pas le temps d’aller faire leurs emplettes à Lille, elles venaient voir les nouveaux arrivages chez Mme Serre, et demandaient à Nadine de tout déballer pour en fin de compte n’acheter qu’une paire de collants. Le magasin était constamment au bord de la faillite, mais la patronne parvenait chaque fois à sauver la situation, en obtenant des délais de paiement auprès des fournisseurs.

L’un d’eux, José, passait toutes les semaines livrer des robes de la maison Greda, dont le siège était à Paris. Il avait un rire gras et donnait l’impression de prendre la vie du bon côté. Il avait des mots gentils pour Nadine, mais cela n’allait jamais plus loin. Quand il la regardait de façon trop insistante, elle baissait les yeux en rougissant. Mme Serre exigeait qu’elle s’habille de façon un peu provocante, pour le standing de la maison, disait-elle. Nadine portait souvent un bustier rose saumon qui s’arrêtait au-dessus du nombril. Ses seins, assez volumineux, pour son jeune âge, pointaient à travers l’étoffe. Sa gorge ainsi que ses bras étaient nus, dévoilant une peau d’un blanc laiteux qui contrastait avec sa chevelure noire tombant sur ses épaules. Une jupe courte faisait ressortir ses cuisses bien en chair. Quand elle se baissait, le fond de sa petite culotte apparaissait dans l’ombre.

Quand José passait, elle était gênée car elle savait que Mme Serre n’avait pas de quoi payer les factures. Le fournisseur suivait habituellement sa patronne dans l’arrière-boutique.

— Nadine, nous allons discuter affaires. Je n’y suis pour personne, vous entendez ?

Elle percevait des gémissements, des râles, dont ingénument elle n’avait jamais suspecté la cause. Cependant, elle remarquait, quand ils sortaient, que les vêtements du fournisseur étaient un peu froissés, et le maquillage de sa patronne endommagé. Après, Mme Serre lui confiait que tout était réglé pour les factures, qu’il n’y avait plus lieu de s’inquiéter.

Au bout d’un moment, Nadine dut se rendre à l’évidence. Sa patronne n’hésitait pas à avoir recours aux rapports sexuels pour régler ses problèmes d’argent. Le jeune fille voyait là quelque chose de choquant et de sale, mais qui la troublait confusément. Le soir dans son lit, elle se masturbait en imaginant ce qu’ils faisaient dans l’arrière-boutique. Pour dormir, elle portait un large tee-shirt mais retirait toujours sa petite culotte. Dans le noir, attendant que ses parents soient couchés, elle glissait sa main entre les jambes, sur son pubis. Son doigt trouvait le bouton de son clitoris et le pressait. Elle sentait alors une chaleur lui envahir le bas-ventre. Elle écartait davantage les cuisses et son index s’insinuait dans sa vulve qui suintait. Elle massait les lèvres de son sexe en gémissant, la bouche dans l’oreiller. L’image de José, le fournisseur, venait la hanter. Elle se faisait jouir ainsi, les yeux clos, dans sa chambre de jeune fille, se demandant si un jour elle ferait comme sa patronne.

 

Un vendredi, Nadine était seule à la boutique quand elle vit arriver le fournisseur. C’était presque l’heure de la fermeture. Craignant un problème de facture, elle prit les devants.

— Je suis désolée, mais la patronne n’est pas là.

D’un ton badin, José lui expliqua qu’il passait dire bonjour. Il était dans le quartier pour signer un contrat avec un nouveau magasin qui ouvrait à Tourcoing.

Nadine se sentit embarrassée soudain ; elle ne savait que dire. Elle voyait bien qu’il prenait plaisir à la regarder et cela la troublait. Sa timidité lui donnait l’air d’une gourde. Elle se souvint de ses rêves érotiques avec lui et son trouble augmenta. Elle rangea quelques emballages pour se donner une contenance, en pensant qu’il allait partir.

— Madame Serre doit être chez elle. Vous désirez son numéro personnel ?

Il répondit qu’il le possédait déjà.

— Nous allons pouvoir faire connaissance, n’est-ce pas ?

Elle trouva son rire obscène. Ses joues s’empourprèrent. Elle craignait que quelqu’un entre dans la boutique. Son cœur battait plus vite. L’homme semblait évaluer son corps. Elle ferma le rideau de fer en précisant qu’ils sortiraient par-derrière.

— Comme ça, nous sommes enfermés tous les deux.

Elle n’y avait pas pensé. Elle fit mine de ne pas avoir entendu et commença à éteindre les lampes du magasin.

— Votre chiffre d’affaires n’est pas mauvais, pour la province, dit-il.

Nadine avoua qu’elle n’était pas au courant. La patronne ne lui faisait jamais de confidences. José fit la grimace.

— Je n’aime pas trop votre patronne, lui confia-t-il. Elle ne vous a jamais demandé de vous déshabiller devant elle ?

Nadine ne cacha pas sa stupéfaction.

— Si je vous disais qu’elle adore me sucer ? Elle ne pense qu’à ça…

Nadine devint écarlate. Le fournisseur allait-il lui raconter ce qu’il faisait avec sa patronne ? Confuse, elle expliqua qu’elle était pressée et devait fermer. José restait placidement sur sa chaise à la contempler. Penaude, elle resta debout devant lui, les yeux au sol. Elle ne pouvait tout de même pas employer la force pour le chasser. En même temps, quelque chose de plus fort qu’elle la poussait à s’attarder, et elle en éprouvait une lancinante excitation. Ses jambes tremblaient. Le fournisseur lui passa la main entre les cuisses. Surprise, elle se déroba.

— Restez donc tranquille ! Grâce à moi, votre patronne dispose d’importantes facilités de paiement ; vous ne voudriez tout de même pas la mettre en faillite ?

Nadine se sentit prise au piège. José la regardait sévèrement.

— Je suis sûr que tu es une petite vicieuse.

— Oh non !

— Trousse-toi, que je te voie.

Nadine se demanda si elle avait bien entendu. Elle réalisa tout à coup qu’elle avait souhaité que les choses en arrivent là, sans oser se l’avouer.

— Vous voulez que… que je vous montre mes fesses ?

Cramoisie, elle croisa pudiquement les bras sur sa poitrine.

— Ma patience a des limites, ne m’oblige pas à me mettre en colère.

Fermant les yeux, elle saisit à deux mains l’ourlet de sa jupe. Elle la releva au ralenti, découvrant ses cuisses un peu fortes mais appétissantes. José mit sa main entre elles. Elle ne se rebella pas. Il la tenait fermement par la taille, l’empêchant de bouger. Une ignoble faiblesse engourdissait sa volonté.

— Voilà pour la petite culotte. Montre-moi tes seins, à présent.

— Je vous en prie !

— Assez de pudibonderie !

Elle baissa les yeux, incapable de répondre.

— Enlève ton chemisier et montre-moi tes seins. Ne m’oblige pas à répéter, je finirai par croire que tu es idiote.

Nadine, humiliée, pivota pour déboutonner son corsage. Elle ne put réprimer un sursaut quand José saisit son sein et le pétrit.

— Mine de rien, tu es drôlement bien foutue !

Elle rougit comme une gamine. Elle ne se serait jamais crue capable de s’exhiber aussi impudiquement devant le premier venu. Son soutien-gorge était garni de dentelle. Les bouts des seins étaient visibles à travers l’étoffe. Il les pinça en guettant ses réactions.

— Oh, monsieur !

— Belle comme tu es, il ne faut pas rester dans ce patelin. Tu as d’autres ambitions, j’espère ? Je peux te trouver quelque chose à Paris, si tu veux. Ça te plairait ?

Elle ne put cacher son exaltation. Docile, elle laissa ses jambes s’écarter.

— Je vois que tu comprends vite.

Elle était à présent en petite culotte et en soutien-gorge. José la guida vers le sofa réservé aux clientes. Tout était flou dans sa tête.

— Assieds-toi et écarte bien les cuisses.

Elle s’agenouilla et glissa un doigt sous sa culotte. Sous l’étoffe ajourée, le clitoris pointait. De chaque côté du slip, des poils bruns dépassaient. Les lèvres bombées formaient un renflement qu’il pressa, avant de lui ôter sa culotte. Il fouilla la touffe abondante qui montait jusqu’au nombril et sépara les lèvres.

— Mais tu es toute mouillée !

Nadine devint écarlate, une douce chaleur l’amollissait. José se pencha et passa sa langue sur sa vulve, titillant son bouton puis l’entrée de son vagin humide.

— Tu t’es déjà fait enculer ?

— Oh non, monsieur !

— On verra ça la prochaine fois ! Je vais te baiser normalement, tu vois, je suis gentil. Car tu en crèves d’envie.

Honteuse, elle cacha son visage dans ses bras repliés, tandis qu’il ouvrait sa braguette. Il dirigea le gland sur sa vulve et poussa lentement. Il entra en elle, lentement, puis d’un coup de reins, s’enfonça jusqu’au fond. Il bougea, d’abord imperceptiblement, puis de plus en plus vite. Nadine haletait. Le plaisir montait en elle. Elle avait complètement oublié où elle était. Seul le plaisir comptait. Elle cria quand il éjacula. C’était bon, cette queue qui venait de gicler en elle. Elle resta un moment à reprendre son souffle. Déjà, José se rhabillait. Elle se sentit horriblement gênée, vautrée sur le sofa avec les jambes écartées. Un filet de sperme mélangé de mouille suintait de sa chatte. Elle eut le sentiment de s’être comportée comme une vraie dépravée.

— Pour une débutante, tu promets d’être vicieuse.

Le mot la fit sursauter. José la toisait d’un air supérieur. A sa grande honte, elle se sentait prête à tout pour lui plaire. Avant de sortir, il la regarda une dernière fois.

— Pense à ce que je t’ai dit, pour Paris. C’est toi qui décides.

Encore sous le choc du plaisir, elle s’imagina là-bas, libre et accaparée par toutes les beautés de la ville. La vie à Roubaix l’étouffait, habiter avec ses parents lui pesait. Elle rêvait d’autre chose.

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