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LE VICE A LA CAMPAGNE

Fiche technique
Nombre de pages 128
Langue Français
Date de parution 24/08/2020
Référence A00312N

Extrait gratuit

CHAPITRE PREMIER

Cela faisait deux mois que Rébecca et Stéphane vivaient là, dans une fermette isolée, à deux kilomètres de Châlons-sur-Marne. La jeune femme, une jolie blonde aux yeux verts, passait ses interminables journées à attendre le retour de son mari, ingénieur dans un bureau d’études parisien, qui venait d’être muté dans la Marne pour superviser un énorme chantier d’aménagement. C’était une étape importante dans sa carrière. Avide d’avancement, il avait accepté le poste sans hésiter, sans même attendre l’avis de sa femme. Il lui avait seulement dit :

— On déménage, on va vivre à la campagne !

Au début, Rébecca avait trouvé l’idée épatante. Militante écologiste, le retour à la nature lui donnait le sentiment de concrétiser de vagues convictions. En outre, Stéphane allait gagner plus d’argent et leur confort n’en serait que mieux assuré. Elle resterait à la maison, ferait quelques traductions d’anglais et se promènerait dans les bois. Ils avaient loué une ancienne ferme retapée, à quelques kilomètres seulement de la base du chantier.

Toutes ses copines lui avaient dit de ne pas partir s’enterrer ainsi, mais Rébecca n’avait rien voulu savoir. Elle aimait son mari, et c’était une raison suffisante pour le suivre.

La maison était une construction de deux étages, en brique, aux fenêtres et au seuil encadrés de pierre blanche. Elle occupait un terrain d’angle, avec vue sur les champs. Derrière, il y avait de la place pour planter un jardin.

Au début, Rébecca n’eut pas le temps de s’ennuyer, tant la bâtisse était grande. Elle vida les cartons, organisa de nouveaux rangements, et tenta de décorer son intérieur de son mieux. Le sentiment d’étouffement qu’elle ressentait dans leur appartement parisien disparaissait. L’impression d’espace lui donnait la force de se lancer dans des travaux d’aménagement qu’elle croyait jusque-là exclusivement réservés aux hommes.

Cependant, à l’heure où Stéphane rentrait, elle était changée, parfumée, et sur la table, des bougies étaient allumées. Elle aimait alors créer une ambiance de fête, dresser un couvert soigné, servir le vin dans une carafe de cristal.

Les premiers temps, elle racontait sa journée, éprouvant subitement le besoin de parler. Mais peu à peu, voyant que cela n’intéressait guère son mari, elle s’en lassa, se replia chaque jour davantage sur elle-même, et n’exprima plus que le strict nécessaire.

Confrontée à l’indifférence fatiguée de Stéphane, elle se voyait mal lui avouer qu’elle avait pris l’habitude de se masturber l’après-midi, pendant de longues siestes. En fait, Stéphane n’avait qu’une chose en tête, son travail.

Sans savoir pourquoi, ce jour-là lui avait paru plus long que les autres. Elle avait somnolé une bonne partie de l’après-midi et n’était pas allée dans la forêt. Le silence de la campagne l’avait assaillie. Elle prit conscience qu’elle était loin de tout, déconnectée d’un monde citadin qu’elle n’avait au fond jamais quitté.

Malgré les longues journées, elle ne trouvait plus le temps de lire, d’écouter de la musique ou de prendre l’air. Elle tournait en rond ; l’ennui la rongeait. Les jours paraissaient avoir le même goût maussade. De fait, elle ne revivait que le soir, au retour de son mari qui pourtant semblait préférer la tranquillité.

Il ne lui faisait plus l’amour comme avant. Harassé par son travail au grand air, il s’écroulait devant la télévision. Le matin, il se levait sans prendre garde à la jeune femme nue, qui, allongée à ses côtés, écartait sournoisement les cuisses pour attirer son attention. Elle allongeait le bras pour l’effleurer, mais ne palpait que la moiteur des draps. Stéphane avait disparu dans la salle de bains. Après sa toilette, il buvait son café en s’habillant et sautait dans sa voiture.

Au début, Rébecca se levait avec lui, jetait un peignoir sur ses épaules et partageait le moment matinal avec lui. A présent, elle ne s’en sentait même plus le courage. A quoi bon ?

Elle entendait claquer la porte, puis ronfler le moteur de l’Audi. Les pneus crissaient une dernière fois sur le gravier qui bordait la haie. Après, c’était le silence, un vide infernal. L’étau se resserrait sur sa tête. Elle allumait la radio sans l’écouter, faisait couler un bain qu’elle laissait refroidir. Elle restait prostrée des matinées entières devant une tasse de café qu’elle oubliait de boire.

En ville, elle aurait trouvé à se divertir. Le cinéma, le théâtre, le shopping, mais ici, dans ce hameau de dix maisons, que pouvait-elle espérer ?

Elle attendait le week-end avec impatience. Stéphane se levait tard le dimanche, allait bricoler un peu dans son atelier ou bien faisait du jardinage. Elle l’observait à travers la vitre, sentant naître en elle un fort désir sexuel.

Après une journée de détente et un repas bien arrosé, il se décidait enfin à lui faire l’amour. C’était devenu un rituel, à l’heure de la sieste, il entraînait Rébecca dans leur chambre, puis la déshabillait. A ce moment, elle était parfaitement heureuse. La complicité sexuelle qui les unissait était forte. L’abstinence ou l’air de la campagne la faisaient crier plus fort quand elle jouissait. Elle en redemandait, comme pour combler d’avance la diète de six jours qu’elle allait devoir s’imposer.

Heureusement pour elle, Stéphane pouvait retarder très longtemps son éjaculation. Il voulait toujours faire jouir sa femme la première. Après seulement, il remuait les reins en accélérant progressivement la cadence puis enfin il giclait par saccades, indifféremment dans son vagin, sa bouche, ou son cul.

Pour des raisons connues de lui seul, il éprouvait alors le besoin d’insulter son épouse, de lui dire qu’elle n’était qu’une chienne. Elle devait s’excuser, se traîner à ses pieds, lécher la verge qu’il lui collait sur la bouche. Rébecca se pliait de bon gré à ce scénario, car il était annonciateur de nouveaux attouchements. Stéphane la basculait à nouveau sur le lit et restait de longs moments à examiner sa chatte. Il y glissait les doigts, patiemment, avec une lenteur exaspérante qui la rendait malade de désir. Il lui suçait le clitoris jusqu’à la faire à nouveau jouir. Puis dans une sorte de frénésie, il lui faisait l’amour jusqu’à ce que, épuisé, il s’endorme dans ses bras, le sexe encore raide vissé dans son vagin.

Peu à peu, la verge ramollissait et finissait par glisser hors de son sexe. A cet instant, Rébecca savait que la fête était finie, et que la semaine à venir ne serait qu’une morne parenthèse, durant laquelle la masturbation lui tiendrait lieu de consolation.

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