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BANLIEUES CHAUDES

Fiche technique
Nombre de pages 128
Dimensions 110*178 mm
Langue Français
Date de parution 17/02/2021
Référence A00535

Extrait gratuit

CHAPITRE 2

Depuis quand le mercredi ne tourne plus qu’autour des soldes du Makla Center ? Depuis quand ne s’est-il pas levé pour une autre raison que l’ouverture de sa boîte mail, vide du moindre message une fois les spams, les pubs pour agrandir son chibre ou vantant les promos sur le Viagra ou le Cyalis supprimés ? Quand est-ce qu’un vrai échange viendra animer ses écrans, il aimerait appeler ses gosses.

La moitié de la barrette est déjà partie dans ses grandes feuilles, la fumée inonde l’appart et Malik ouvre les fenêtres, regarde l’horloge et y ajoute dix minutes avant de s’exclamer :

— Sa mère, déjà quatorze heures !

Il n’est pas le dernier à savoir que passé quinze heure, il ne lui restera plus rien à se mettre sous la dent, si ce n’est un peu de bagarre avec les vieilles du coin pour chiper les derniers fruits et légumes traînant sur des étals ravagés. Sur le portable ne s’affiche toujours aucun appel en absence ni message. Plus que dix pour cent de batterie mais on sait jamais : il glisse le téléphone dans sa poche, enfile ses pompes et claque la porte avant de dévaler les escaliers.

Le Makla Center déjà bondé. Il court et chope tout ce qu’il peut, ce n’est que sur le tapis roulant qu’il s’en rend compte : du sac de courses émerge un pack de purée Blédina que la caissière bipe déjà. Malik tente un sourire et entame une excuse pour qu’elle annule l’achat, mais la boucler face aux deux icebergs le fixant au travers de la fente de la burka.

En bas de son immeuble, sa main tâte ses poches les unes après les autres, dans l’ordre puis dans le désordre et il faut bien se rendre à l’évidence : il a laissé ses clés dans l’appart. Son cri résonne dans la petite cour :

— SA MÈRE LA PUUUUUUTE !

— Eh ben, faudra dire à mon keum que son shit détend pas des masses.

Ce n’est pas tous les jours comme ça mais cette fois, Malik est prêt à en découdre. On va pas non plus se foutre de sa gueule sept jours par semaine, un sur deux ça va déjà bien. Le regard embrasé il fait volte-face, punch line à la Vin Diesel aux lèvres mais la ferme fissa : la femme du dealer lui sourit d’un air mutin.

— Toi, t’as une tête à avoir paumé tes clés.

— Heu je – c’est pas tout à fait ça, enfin si mais disons que je ne les ai pas vraiment oubliées, c’est que j’aime bien… j’aime bien…

Mais qu’est-ce qu’il aime, après tout ? Ce qu’il voudrait plutôt, c’est savoir ce qui motive cette apparition à se pointer sous son nez et surtout se débarrasser de son air imbécile pour lui sauter dessus pour lui faire son affaire en vitesse, basta ! Trop longtemps que rien du tout, depuis un bail le vide et le rien, alors c’est sûr : c’est pas pour enfiler des perles qu’elle s’est radinée, il se dit, et un petit pot Blédina roule du sac jusqu’aux pieds de la belle. Il se précipite pour le ramasser, ne peut s’empêcher de lever les yeux sur les genoux et la brise souffle, dévoile la pâleur du bas des cuisses, suspend le temps. Seulement pour lui et très peu pour elle, qui rabat le tissu sur ses jambes, un sourire flottant dans ses yeux d’amandes sombres. Dans un genre de valse en solo, le voyeur recule en bredouillant une marmelade de mots incompréhensibles.

— T’es un rigolo, toi. Je te vois souvent, c’est quoi ton blaze ?

— Malik.

— Moi c’est Yasmina. T’as paumé tes clés, donc ?

— Ouais, c’est bien la première fois que ça m’arrive – d’habitude je suis pas comme ça mais j’ai la tête ailleurs depuis que…

— Me raconte pas ta vie non plus, je te demande juste si t’as laissé ton trousseau. Y a personne chez toi ?

— Non, pas pour le moment.

— Parce qu’après y aura quelqu’un ?

— Non.

— Ouais. Tu vas faire quoi ?

— Bah je sais pas : appeler un serrurier ?

— Et niquer ton RSA ?

— Chômage, il corrige.

— Excuse, seigneur. Bah t’auras pas l’air fin avec quatre cents boules en moins.

Malik songe que non, il n’aura pas l’air bien malin et il est déjà dans le rouge, autant ne pas ronger les économies qu’il met difficilement de côté chaque mois. Comment il fait ? Supprimer le joint du matin ? Se contenter de pâtes ? Mais sans rien dessus, c’est pas la panacée. Ou bien… – Yasmina glousse silencieusement devant son air d’intense réflexion, tandis qu’il porte la main à son menton et se le frotte pensivement. Elle ne tient plus et se fend la gueule.

— Va pas non plus risquer la commotion cérébrale. Attends.

Elle sort son portable, fouille le répertoire, tourne le dos pour passer un appel. Elle porte encore une robe ample, plus transparente que la précédente. À travers, Malik voit ses jambes se dessiner. Elle fait du sport ou peut-être pas et c’est juste de naissance ; mais elle a un boule de rêve, parle correctement et s’habille trop bien, c’est pas dans les habitudes de la cité. Elle se retourne, son dos laisse place à son ventre, plat sous le tissu, quel âge elle a cette gosse ? Impossible de distinguer la ligne de sa culotte ou de son string. Elle porte quoi sous sa robe, combien de courants d’air pour la débarrasser de ce vêtement qui gâche la vue ?

Les doigts de sa main gauche remuent, les jointures de la droite blanchissent autour de l’anse du sac de course, de la sueur perle sous ses aisselles et de la mouille humidifie son boxer Obama. Hé. Il va durer combien de temps son appel ? Autant qu’il se finisse jamais c’est pas tous les jours que l’aprèm passe aussi vite. HÉ !

— Hein ?

Malik relève les yeux sur son sourire. Presque tendre le sourire.

— Tu regardais quoi là, on peut savoir ?

— Rien, rien. C’est quoi la marque de ta robe ?

— T’es quoi, tu bosses pour La Redoute ou bien ?

— Non, je la trouve juste jolie. J’aime bien les motifs – enfin pas les motifs je sais bien qu’il y en a pas c’est pas ce que je voulais dire, mais… et il s’interrompt, le temps de trouver un moyen de terminer sa phrase, sa main serrant à nouveau son menton.

— Le voilà reparti pour sa commotion, se moque-t-elle. C’est juste du H&M, t’emballe pas.

— Ah. Oui.

— J’appelais un copain qui pourrait te dépanner mais il est pas dispo de suite.

— Ah, c’est super gentil mais t’étais pas obligée, t’sais.

— Je sais que j’étais pas obligée, je suis jamais obligée à rien.

— Bah, merci. Et il arrivera dans combien de temps ?

— Je sais pas, on sait jamais quand ses trucs finissent. Deux, trois heures peut-être ?

Et dire que son portable n’a plus de batterie. Même gratter une entrée à la médiathèque ce sera chaud : y en a bien pour deux bornes jusque là-bas, et avec dix kilos de bouffe pendus au bras, bonjour l’angoisse.

— Mais sérieux, arrête de te prendre le menton, tu veux le mettre dans ta poche ou bien ?

Malik le lâche, regarde sa paume l’air de se demander à qui elle peut bien appartenir.

— Bah je vais attendre. Tu pourras donner à ton pote mon adresse et lui dire que je serai en bas, s’te plaît ?

Elle réfléchit, le regarde : lui d’abord, le sac duquel débordent toujours les pots de Blédina ensuite, allume et éteint l’écran de son portable.

— Allez viens, j’ai rien de prévu cet aprèm.

— Venir où ?

— Il le fait exprès ! elle s’exclame. À ton avis : chez moi ! J’ai l’air partie pour te payer le café ?

— Ah mais chez toi c’est, comment dire, c’est chaud quoi ; il y a ton mec et tout et je sais pas si ça va le faire kiffer de me voir débarquer à l’impro’. Ça fait désordre et tout, et puis j’suis là avec mon sac de course, genre ça le fait moyen.

— Hé, gros : ferme-la deux secondes, OK ? En route, j’ai pas envie de finir cuite devant ton immeuble de charclo.

Elle tourne les talons. Sac de courses à la main il trottine sur place, pied gauche pied droit, regarde sa montre bas de gamme et souffle. De toute façon l’après-midi est niquée, pas vrai ? Malik se met sur sa trace.

Yasmina habite à une dizaine de minutes. Façade couverte d’échafaudages déserts, cage d’escalier sombre, marches usées et peinture écaillée : Malik ne voit pas la différence entre son « immeuble de charclo » et celui-ci, la seule et notable différence reste la guide le précédant, et ses hanches qui balancent, vertigineuses, à vingt centimètres de son nez, si près que son souffle pourrait faire voler cette robe. Si près que son érection est à deux doigts de percer son pantalon.

Elle tire un trousseau de clés et ouvre la porte, lui à sa suite. Il referme et se tient sur le seuil, immobile.

— Je te sers un truc ? Café, thé, Coca, de l’eau ?

— Du Coca, je veux bien.

Il la voit fouiller la cuisine, bousculer des verres et ouvrir un réfrigérateur gigantesque, bien deux mètres de haut, pour y prendre une bouteille puis le refermer.

— Merde, mais il est géant ton Frigo !

— Ouais, c’est super utile pour y garder du coca et trois burgers. Y a que le mien, ou aucun mec sait faire les courses, ici ?

— Ben moi, je sais faire les courses, il répond en désignant le sac.

— Ouais, puis tu manges de la bouillie pour marmots, aussi.

Malik se creuse la tête pour trouver une réplique mais Yasmina est déjà dans le salon, dispose le tout et redresse la tête pour le voir au même endroit.

— Eh, tu sais que tu bloques, là ?

Il s’excuse, avance jusque dans le salon. Pas de chaise, seulement un canapé en tous points similaire au sien, où il prend place.

— Tiens, lui dit-elle en lui tendant le verre de Coca.

— Merci. C’est sympa chez toi.

— J’imagine que c’est un décor de mec, alors. Perso, j’y trouve pas mon compte.

— Ah, c’est pas toi qui as fait la déco ?

— Ça a l’air de me correspondre, peut-être ?

Malik jette un regard circulaire. Les murs blanc crème, la table basse de verre, les fauteuils en skaï et les étagères de teck vitrées ; Malik ne s’y connaît pas en architecture d’intérieur, ici ça ne lui semble pas plus vilain qu’ailleurs mais tout de même, mieux vaut la fermer plutôt que dire une connerie. C’est qu’il fait chaud dehors.

— Hm.

— Je suis tombée sur le bavard du quartier, moi. Bref, pour te dire que non c’est pas moi qui m’en suis occupée dans tous les cas. Avec Allan on sort ensemble depuis pas longtemps, et vu que j’étais en dèche de piaule, on s’est dit autant habiter ensemble, tu vois. Donc je me suis radinée ici et voilà où j’en suis. Enfin tu vois.

Non, il voit pas trop mais c’est toujours plus agréable de laisser l’autre faire la conversation. Yasmina fait de grands gestes quand elle parle. Sa poitrine se soulève souvent et se presse entre ses bras qu’elle jette au ciel avant de les plaquer à nouveau contre ses côtes, comprimant un sein contre l’autre, formant un sillon sombre qui s’allonge en travers de sa peau lisse. Quand elle relance ses bras au plafond, sa peau se détend et la sueur accumulée dans les replis de sa chair s’épanouit et forme une pellicule humide sur son épiderme. Malik ne l’écoute pas, peine à détacher le regard de cette transpiration qu’il a envie de boire en y étalant sa langue pour sentir le grain de la peau et s’imprégner de son goût, de son parfum qui s’épand dans la pièce à chacun de ses mouvements.

— Mais genre c’est cool et tout, mais quand je dois me taper tous les lourdingues c’est vite relou. Okay ils sont respectueux, mais je sais pas : il y a un truc qui bloque.

Sur la table basse la diode de veille de l’ordinateur clignote, alternance de lumière et de vide dans le petit habitacle, flashs sensuels dans le cerveau de Malik qui ne contrôle plus ses yeux, les laissant traîner sur les cuisses de la belle que sa robe délaisse petit à petit. À l’une de ses chevilles fines est attaché un bracelet en or qui danse sous les impulsions du pied, comme un serpent qui s’y enroulerait.

— Ce que j’aimerais c’est quelqu’un de pas trop con. Et surtout moins grande gueule ! Genre…

La robe est à mi-cuisses et cette fois c’est marre : il n’arrive plus à détacher le regard de la peau pâle qui court depuis ses genoux jusqu’aux hanches, plus que cinq centimètres pour que se dévoile le pli de l’aine. Dix pour que l’intérieur de ses jambes s’offre à sa vue, et la chaleur est telle – il transpire. Sur la cuisse dénudée roule une goutte de sueur, dessous la peau frémit et la goutte s’écrase sur le canapé. Yasmina se déplace un peu, sa peau accroche au skaï, laisse une empreinte luisante, la robe s’est encore relevée et un bout d’étoffe noire apparaît un instant dans l’encadrement de ses jambes.

— Et tes pots Blédina, c’est ton petit kiffe ou tu dois garder des mômes ?

— Mes pots ? Ah, mes pots. Juste une erreur : je suis allé au Makla Center et j’ai pris ça par réflexe, vu que j’en achetais pas mal il y a peu.

— Ah ? T’as des gamins ?

— Ouais. Enfin j’en avais. Maintenant je sais plus trop. Et je sais pas si j’ai trop envie de savoir.

— T’as de toute façon pas l’air de savoir grand-chose.

— Ça dépend.

— Tu veux dire quoi ?

Malik ne répond rien, d’ailleurs il ne sait qu’assez peu ce qu’il voulait dire – un point pour elle. Ce genre de répartie ne lui ressemble pas et de la répartie il s’est toujours dit qu’il n’en avait pas. La chaleur l’électrise et il peine à réfléchir, tout juste songe-t-il que ses yeux sont aux antipodes de la pudeur.

— J’ai pas compris ce que tu voulais dire et j’aime pas quand on me répond pas, ça me donne l’impression d’être prise pour une conne.

Mais décidément non, il ne répétera pas. Yasmina esquisse un mouvement dans sa direction. Collée par la sueur sa cuisse droite accroche. Agacée, elle peste, se soulève pour se rasseoir plus près et le tissu ne suit pas ; ses jambes s’écartent encore, dévoilant le sous-vêtement : collée par la sueur, la dentelle de la culotte presque avalée par les lèvres rose vif et gonflées sous la pression du tissu. Un flot de salive s’accumule dans la bouche de Malik. Il déglutit avec force, son jean se resserre davantage sur son entrejambe, cisaille ses couilles au bord de l’explosion.

— Hé tu me réponds quand je te parle, mec !

Ses yeux noirs et furibonds sont presque sous son nez. Il sent son souffle brûlant dans son cou, la sueur y coule et mouille son t-shirt déjà moite. Il balbutie, les mots se bousculent dans sa bouche mais rien n’en sort.

— Qu’est-ce tu marmonnes ?

De profil elle approche l’oreille, son coude se pose sur la cuisse de Malik qui ne murmure plus qu’une boucle, disque rayé réglé au volume minimum : j’ai envie de toi putain j’ai envie de toi putain envie de toi envie de toi envie de toi.

— De quoi ? Mais parle plus fort !

Elle se dresse de quelques centimètres supplémentaires, sa main prend appui sur lui. Une vague de plaisir presque douloureuse le traverse au contact de la paume sur son membre. Les yeux de Yasmina s’écarquillent, sa bouche s’ouvre sous la surprise alors qu’elle perçoit en simultané sa formidable érection et la litanie qu’il ne cesse de répéter.

L’un et l’autre restent figés. Dans le silence de la pièce on n’entend que la rauque de Malik, sifflante de Yasmina, dont les yeux surpris plongent dans ceux de son invité, volent du visage luisant à l’entrecuisse gonflé. Le pénis hoquette sous les doigts frémissants qui ne relâchent pas leur prise. Sa chatte totalement visible, les fils empêtrés dans les chairs, les lèvres un peu plus écartées, le skaï gluant sous elle et sa main qui ne bouge pas. Ses jambes s’ouvrent d’un centimètre, d’un autre encore et son visage ne se détourne pas, à un doigt du sien. Elle sue, son haleine est chaude, trop, au bout de son nez s’accumulent les gouttes d’une transpiration au parfum enivrant qui s’agglutinent et chutent sur le jean tendu, secouant à chaque fois l’échine de Malik. La paume de Yasmina posée sur sa bite se ferme et s’ouvre, il halète : ce regard dévoré de stupeur et d’une lueur qu’il ne comprend pas plus que la situation, cette chatte aux bords luisants, dissimulée puis dévoilée par les mouvements de jambes de la belle. La dentelle brille, entre les mailles se tissent des filets translucides.

Elle lui prend le poignet, guide la main le long de sa cuisse ; sa chair se hérisse sous la paume qui la parcourt.

Malik glisse sur la peau moite, son index et son majeur effleurent timidement la dentelle et y glissent, écartent enfin le voile détrempé. Elle se cambre, l’aide à s’enfoncer en se tortillant jusqu’à sentir les deux doigts larges pénétrer son ventre. Combien de temps sans mouiller à ce point, que des doigts deux fois plus gros que les siens ne se sont pas glissés en elle avec une telle facilité ? Quelle importance, elle se demande en se soulevant avant de se laisser tomber sur sa main, sentant chaque phalange plonger en elle et lui remuer le bas-ventre. Elle lui glisse une main sur la nuque, l’autre sous la ceinture, passe l’élastique du boxer. Sa poitrine bondit en sentant l’effet qu’elle lui procure : le tissu et la peau trempés se dérobent sous ses doigts, les quelques poils qu’elle y sent sont comme des algues dansant dans une mare de jus. Son ventre la brûle, que l’index et le majeur de Malik continuent de fouiller, caressant ses lèvres et distendant ses chairs dans un bruit de flotte.

Elle se cambre, elle souffle, rougit soudain : déviant de sa cible un doigt supplémentaire glisse entre ses fesses. Il bat en retraite, refoulant déjà vers la fente mais Yasmina positionne l’entrée de son cul sur le bout de l’annulaire, appuie tout contre et se tend davantage jusqu’à ce que l’extrémité y pénètre. Sa gorge feule, elle s’assoit un instant sur la main logée sous son bassin et se redresse, pour mieux retomber dessus.

Un instant elle s’extrait du boxer de Malik et contemple, fascinée, ses doigts englués de désir. Dans son anus s’égare un deuxième doigt. Front contre front, Yasmina ferme les yeux et halète sous le va-et-vient dont sa chatte et sa croupe sont pleines. Ses yeux tremblent, brillent d’incompréhension et ses lèvres s’ouvrent pour y fourrer sa main souillée, se délectant de la viscosité dont chaque jointure est couverte. Sans plus se contrôler elle bredouille :

— Mon cul.

— De quoi ?

— T’es con ma parole, murmure-t-elle avant de reprendre, les joues rouges : tes doigts, mets-les dans mon cul en entier.

Malik, tant que c’est clair, n’a que rarement besoin qu’on lui dise ce genre de choses deux fois. La soulevant presque sous la poussée, il enfonce jusqu’à la garde deux doigts dans l’anus de sa complice.

— C’est bon comme ça ?

— Oui, elle répond hors d’haleine, oui c’est bon.

— Je mets le dernier ?

— Non, non c’est déjà bien, ça va comme… ÇA !

Son pouce plonge entre les petites lèvres. Sa chatte s’écarte, épouse les trois doigts de la main qui en sort et s’y enfouit tandis que l’anus dilaté s’empale sur les deux autres. Yasmina laisse passer un cri, presque un sanglot, s’immobilise avant de se hisser lentement puis se rabattre sur cette main qui lui fait perdre la tête. Elle défait la ceinture, sort du fute le membre frémissant et y fait glisser sa paume. Ses cuisses tremblent, elle s’entend, se rend compte à quel point elle gueule, une partie de son cerveau éprouve de la honte mais c’est loin, bien loin derrière ces doigts qui la fourragent, lui remuent le bide et font siffler ses oreilles, blanchir sa conscience. Le hurlement resté bloqué dans sa gorge descend jusqu’au feu qui lui brûle la poitrine et s’extrait enfin de ses lèvres. De la bave en coule, goutte sur le gland, ses paupières se ferment, incandescentes.

Des secondes ou des minutes s’écoulent, elle n’en sait rien. Les contractions de son vagin expulsent le pouce puis l’index et le majeur. Ses fesses crachent les deux doigts restants. Elle avale sa salive, murmure « attends ». Les doigts s’engouffrent à nouveau, doucement et comme pour lui en demander la permission.

— Oui, voilà. Voilà. Encore – elle déglutit, trouve le courage de demander : encore un.

Trois doigts, accueillis par l’anneau de chair élastique.

— C’est bon. C’est bon, parfait.

Sourire aux lèvres du bonhomme. Un peu narquois, difficile à imaginer sur ce visage un peu con, rencontré sur le parvis d’un immeuble comme tous les autres il y a une heure, difficile à concevoir aux lèvres de ce crétin pestant sur ses clés paumées. Pourquoi il sourit ce con ? La question ne reste pas sans réponse. Lubrifié par sa chatte dégoulinante, son cul s’ouvre sous une poussée de plus, se distend autour des quatre doigts enfoncés jusqu’à la base. Sa respiration se hache, elle étouffe et cherche l’air. Quand ses poumons se remplissent et que la vue lui revient, elle trouve la force de laisser à nouveau sa voix porter :

— Putain d’enfoiré.

Mais elle savoure son cul comblé, son corps suspendu à des fils qui la tiennent par la croupe et lui dictent des mouvements encore jamais esquissés.

— Tu veux bien me faire gicler ? J’en peux plus.

Yasmina acquiesce. Seulement pour sentir ce lien de jouissance qui les unit pour encore quelques instants. Au rythme des doigts qui lui fouillent le cul, elle le branle d’une main expérimentée, caressant le gland et serrant la hampe, tire et lâche le prépuce englué, se laisse porter par la respiration mâle qui devient rauque et trébuche, jusqu’à ce qu’une grimace douloureuse lui déforme le visage. Il enfouit sa main entre ses fesses, sa queue à l’agonie lâche une éruption de foutre qui remplit le décolleté de son hôtesse.

Malik s’écroule contre le dossier tandis que Yasmina laisse tomber son front au creux de l’épaule de son partenaire. Difficilement, leurs souffles s’apaisent. Yeux fermés, elle passe une longue langue sur son menton, y recueillant le sperme en suspension.

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