CORRESPONDANCE ÉROTIQUE

Je suis inscrit sur Meetic. Je n’ai pas honte de le dire et si je ne l’affiche pas avec un autocollant sur ma voiture, cela ne me gène en rien de l’expliquer. Je cumule deux emplois, un en tant que salarié, l’autre free-lance et il faut bien dire ça me prends du temps. Beaucoup de temps. Alors bien sûr les rencontres sociales sont moins courantes. Disons dans ce cas que Meetic est une solution pour croiser des gens qui ont des profils similaires au mien.

Sur ces sites de rencontre, on ne croise pas comme le veut la légende urbaine que des obsédés et des filles faciles. On ne croise que les gens que l’on veut bien fréquenter. C’est du moins ce que j’ai toujours cru, ce à quoi je me suis toujours raccroché. On peut dire toutefois que je me suis bien trompé il y a quelques semaines, pour mon plus grand bonheur en réalité.

Nous avons discuté elle et moi. Sa fiche m’avait attiré mais soyons honnête je n’avais pas eu le coup de foudre pour ces quelques cases remplies sans même y mettre une photo. Des loisirs communs, une curiosité pour sa façon de se décrire, rien de plus. J’ai essayé tout de même d’engager la conversation. Dans le pire des cas cela ne mène à rien, parfois à une aventure et il parait même que l’on peut tomber amoureux.

Finalement, le chat s’est plutôt bien déroulé et chose assez rare pour être précisé dans ce genre de site, la jeune femme en face arrivait à faire des phrases entières et parfois même poser des questions. Il ne m’en fallait pas plus pour continuer à discuter. On a parlé de tout, de nos boulots, nos sorties, nos hobbies. C’est là que les choses ont dérapé, délicieusement dérapé. Je lui ai parlé de mon second job qui est dans le domaine de l’écriture et je lui ai dis, sans me méfier, que j’adorais aussi écrire pour moi-même. Elle a voulu savoir ce que j’écrivais et là le piège s’est refermé sur moi. Il ne me restait plus qu’à lui parler des nouvelles érotiques que j’écris. Or parler de sexe le premier soir sur un site de rencontre, soit il faut une femme très ouverte d’esprit en face ou un sacré coup de chance sinon on est assuré de passer pour l’obsédé de service !

La jeune fille me plaisait bien et je me suis dit que je pouvais tenter le tout pour le tout. Je lui ai expliqué que j’écrivais parfois tard dans la nuit des nouvelles érotiques. Elle m’a rassuré en disant qu’elle en avait déjà lu depuis la folie des 50 nuances, mais rien de SM. J’avoue que j’ai poussé un grand ouf de soulagement. Évidemment, elle a voulu en savoir plus sur mes raisons d’écrire, sur ma façon de voir la sexualité, sur pleins de choses. Elle a même voulu en lire une. Je lui ai confié celle que je considère comme la plus intime. Elle lui a plu. Beaucoup plu. Alors, de ce fait, nous avons aussi parler de sa sexualité encore un moment, de ces aventures, de ses envies, de son passé. Il était déjà tard, elle devait se lever tôt le matin, nous nous sommes promis de revenir discuter le lendemain soir. Je lui ai même laissé mon numéro de téléphone au cas où elle aurait une indisponibilité.

Oui, la soirée fut virtuellement chaude. Pas de là à me caresser devant une sinistre page de chat et un portrait générique au crayon à défaut de photos. De quoi tout de même avoir assez de matière la nuit pour me caresser et laisser vagabonder mon esprit. Et mes doigts sur le clavier.

Je voulais lui envoyer un mail pour le lendemain matin, qu’elle lirait avant de partir au boulot. Je voulais qu’elle parte au travail avec moi en tête et surtout que je la mette en émoi pour la journée. Alors voilà ce que je lui ai écris. Ne vous étonnez pas du vouvoiement, je trouve cela excitant !

Je vous la retranscrit à l’identique :

« Vous ne l’avez pas fait volontairement, je n’en doute pas, que de me donner matière à fantasmer en me parlant de vos pratiques sexuelles. Il faut dire après tout que c’est de ma faute. Nous avons parlé de nos sexualités il est vrai pour nous découvrir, pas pour nous agiter sous nos draps une fois l’ordinateur refermé. Toutefois, j’ai fantasmé sur vous cette nuit, alors, je me suis dit que je pouvais me permettre de vous parler de la façon coquine dont je vous ai imaginé la nuit dernière alors qu’il était tard et qu’il n’y avait plus un bruit au dehors.

Je vous sais être blonde, je vous imagine être une petite blonde, assez menue mais bien faite de sa personne, souriante, en somme une jolie petite poupée que l’on a envie de séduire, ou de connaître bibliquement. Mais au regard des goûts dont vous m’avez parlé, vous n’étiez bien sûr pas seule. Une blondinette qui veut s’amuser ne peut le faire qu’avec un grand black, costaud et comme le veut la légende, monté comme un âne. Quand on aime la pluralité et quand on aime la couleur, ce sont vos propres mots, c’est aussi pour s’amuser. Vous étiez donc allongée sur le bord du lit et, pourquoi s’embarrasser de préliminaires, déjà dans un état d’excitation avancé. Soyons honnête, vos diverses expériences sexuelles vous ont permis d’être décontractée en ce qui concerne les choses du sexe. Votre partenaire y allait donc fort, se délectant de vos jambes à l’équerre pour vous prendre avec force. S’il y avait eu vos cris de plaisir, on aurait entendu à quel point vous profitiez de la performance. Toutefois, vous ne pouviez crier aussi fort que vous le vouliez car même si votre sexe était exploré comme jamais par ce bel homme, vous aviez la bouche pleine. En effet, comment auriez-vous pu laisser votre compagnon assister à la scène sans pour autant lui en faire profiter. Vous approchiez de l’orgasme et il ne pouvait être mis a l’écart. Et c’est avec bonne volonté que vous lui suciez le sexe. Vous aimez vous sentir pleine. Pas facile quand on rebondit aussi fort sur un lit mais quel plaisir pour ces deux hommes que profiter de vous. Vous n’en étiez pas non plus à le remercier à chaque coup de butoir pour l’honneur qu’il vous faisait de vous baiser. Non, lui était là pour son plaisir, vous pour le vôtre et votre compagnon pour celui de son sexe. C’est pour cela que ce beau black, arrivé au summum de son plaisir en même temps que vous, est sorti de votre intimité pour asperger votre ventre. Allongée sur le dos, le ventre maculé et le visage souriant de celle qui a eu ce qu’elle voulait, votre compagnon n’avait plus qu’une option. Après une telle chevauchée, après un membre si fier, il n’aurait pu faire que piètre figure, n’aurait pas tenu, pour une rare fois, la comparaison. Il s’est donc offert un plaisir bien rare et pourtant si intense, il s’est caressé au dessus de votre visage, le maculant, après votre ventre, de la preuve de son désir pour vous. Joueuse, vous ne pouviez le laisser encore coulant de son plaisir. La bouche en joie et le sourire aux lèvres vous avez nettoyé consciencieusement votre compagnon, retirant jusqu’à la dernière goutte de plaisir. Mais si vous étiez en train de sourire, c’est surtout parce que vous saviez qu’il vous en fallait encore, et tout de suite. Fière de votre corps, vous saviez qu’un si bel étalon n’avait plus d’autres choix face à une jolie blonde comme vous, il fallait la posséder à genoux sur le lit… Un si beau sourire illuminait à cet instant votre visage…

Voilà ma Belle ce que vous avez fait de moi, voilà ma Belle l’excitation que de simples mots de votre part ont pu provoquer en moi. La suite de notre correspondance dira si j’ai exagéré, fantasmé devrais-je dire, votre vie intime ou si je dois vous révéler la façon dont je vous ai imaginé ensuite…

Oui, belle inconnue, je vous le dis sans fard, c’est tel que je vous ai imaginé dans mon lit hier soir. Je n’ai pas dit que j’étais toujours très original dans mes fantasmes masturbatoires, je n’ai pas dit que vous aimiez les parties avec deux hommes, le sperme dans votre bouche. Je n’ai pas dit non plus que c’est déjà ainsi que je vous veux. Non, comme presque tous les soirs, j’ai assouvi une envie naturelle de sexe à la façon des célibataires et de ceux qui dorment à l’hôtel du cul tourné. J’ai laissé mes instincts les plus primaires, mes visions les plus récurrentes des clips pornos venir à moi et dans ces images je vous y inséré. Vous, parce que je trouvais que ce que vous aviez dit de vous collait assez bien à l’ensemble. Ne me demandez pas si c’est excitant, ne me demandez pas si vous devez trouver cela flatteur que de devenir l’objet d’un trio sexuel. Libre à vous. Cette nuit vous avez été intégrée à mes fantasmes, à mes pulsions. »

Alors que je m’apprêtais à lui envoyer, je me suis dit que j’étais peut-être présomptueux, que si nous avions parlé sexe la veille, aller jusqu’à lui dire que je m’étais caressé en pensant à elle était peut-être de trop. J’ai cliqué. Dans le pire des cas, j’aurais perdu un bon contact alors pourquoi ne pas tenter le coup d’une histoire audacieuse.

En début d’après-midi j’ai reçu la réponse de ma Belle :

« Vous êtes un homme audacieux, il n’y a pas de doutes. Me dire hier soir que vous écriviez des nouvelles érotiques, c’est déjà audacieux. J’aurais pu imaginer en vous un pervers, un malade, un obsédé sexuel. J’ai même hésité quelques instants mais je ne voyais pas un homme avoir des problèmes avec le sexe en parler vous l’avez fait. Je me suis dit rapidement au contraire que vous étiez tout simplement à l’aise avec ce sujet, sûrement bien plus que la plupart des personnes. Et puis j’avoue aussi que cela m’a émoustillé. Arrivée à 25 ans, je ne vais pas jouer les vierges effarouchées quand on prononce devant moi le mot fellation.

Par contre, avoir l’audace de me raconter comment vous vous êtes masturbé en pensant moi, chapeau ! Soit vous avez une confiance insolente quand à votre capacité à faire passer vos ressentis par l’écrit, soit vous êtes prêts à toutes les folies pour coucher avec une femme, soit vous êtes très audacieux dans votre façon de séduire. J’ai opté pour la dernière solution. Bien que je ne puisse me départir de l’idée que vous avez une confiance en vous qui touche à la prétention.

En vous lisant, lorsque j’ai compris sur quel terrain vous m’emmeniez je me suis dit que vous étiez fou. Deux lignes plus loin j’attrapais mon gode dans la table de chevet. Il était 7h00, je n’étais pas encore sortie du lit et déjà envie de sexe. Mais avec vos mots, je ne pouvais pas ne pas me faire du bien.

Je n’irai pas vous envoyer des fleurs jusqu’à vous dire que je n’ai jamais vu une telle écriture. Non, loin de là. Par contre, je n’avais lu que très peu de prose érotique et vous voir en parler avec tant d’envie et de respect, j’ai été conquise. En réalité, votre héroïne a su trouver écho en moi. J’ai eu l’impression, quelques lignes durant, que vous parliez de moi sans même me connaître. Vous ne saurez pas encore si j’ai déjà été celle que vous avez imaginé, si j’ai envie de le devenir. Mais vous m’avez parlé.

Mon intérêt pour votre courrier n’était pas là juste pour me donner un prétexte pour me caresser, je l’aurai fait ce matin de toute façon. Mais j’ai aimé me caresser en vous lisant. Je n’avais jamais fait cela mais c’était bon. Ce fut simple et court aussi. Mon gode au fond de moi, des allers et retours très franc, à l’image de la relation sexuelle de votre personnage et voilà qu’en deux minutes j’ai joui.

Voilà, vous savez tout à mon propos. J’ai joui en vous lisant. Bien plus vite que d’habitude, je suis parvenue au plaisir, en vous imaginant comme ce grand black qui me prend de façon animale, j’ai joui en pensant à l’autre sexe que j’ai aimé prendre dans ma bouche, j’ai joui en pensant à ces quatre mains sur mon corps. J’ai joui de plaisir à l’idée que j’avais provoqué tout cela chez vous.

Je joue les hypocrites à vous faire croire que vous seul avez eu les mains baladeuses cette nuit en pensant à notre conversation. Si ce matin, courrier de votre part ou non, je me serais caressée c’est parce qu’hier soir en m’endormant, je m’étais déjà offert un moment de volupté. Vous et moi hier avons pris quelques minutes en repensant à notre discussion.

Notre première nuit fut moins plurielle que la votre, c’est seule que je vous ai caressé, touché, léché, sucé, branlé, bu, excité, apaisé, titillé, embrassé, agacé, soulagé… Comme vous, je ne sais pas grand chose de votre physique. Vous avez donc été un grand brun, cheveux courts, pas particulièrement musclé ni particulièrement athlétique mais vos yeux me plaisaient. Après notre conversation, croyez bien que je n’ai pas eu besoin de préliminaires. J’étais déjà allongé sur vous, nue, les cuisses écartées autour de votre tête. Je vous suçais comme je sais si bien le faire. C’est par égoïsme que j’aime la fellation parce qu’elle me permet ensuite de me faire prendre par un homme au mieux de sa virilité. Pourquoi dans ce cas se contenter d’une fellation alors que je peux me faire faire un cunni ? C’est ainsi que pendant que vous mangiez mon intimité, avec je dois dire un talent certain, je sentais votre cylindre de chair dans ma bouche. J’aime sentir le sexe d’un homme dans ma bouche, j’aime quand mes lèvres se posent sur le gland et épousent la forme jusqu’au plus profond. J’aime lécher sur toute la longueur un sexe, j’aime sentir monter le désir, j’aime lécher ces petites gouttes de liquide séminale qui annonce le plaisir. J’aime la fellation parce que c’est une pratique dangereuse. J’aime sucer un homme pour l’exciter mais je sais aussi qu’il y a une point à ne pas franchir sous peine de devoir assouvir ce sexe excité par ma bouche. Si je ne veux pas faire jouir mon partenaire avant que celui ci me prenne, il faut que je l’excite tout en le contrôlant. C’est bon mais je me laisse aller parfois et si c’est avec plaisir qu’il va jusqu’au bout, il faut que j’attende moi avant de jouir. Voilà pourquoi une bonne fellation peut être dangereuse

Puisque je n’ai fais que me masturber hier en pensant à vous, je n’ai bien sûr pas franchi la ligne rouge, je ne vous ai pas fais jouir. Je vous ai gardé intact pour le moment où vous alliez me posséder. Pour cela, j’ai fais quelque chose que je ne fais jamais. Je me suis levée de mon lit, et me suis collé face contre le mur. C’est plus exactement les mains que j’ai collé, assez bas, mon dos bien plat et formant un angle droit avec mon cul. En somme, je vous ai exposé mon intimité sans pudeur et sans ambiguïté. Il vous fallait me prendre avec vigueur, énergie et sans romantisme. Je voulais jouir. Il vous fallait assumer l’audace de vos échanges sur le chat. Vous l’avez bien compris car c’est sans aucune autre forme de caresse que vous êtes venu vous planter en moi.

Soulagement, désir, plaisir, cri, harmonie, c’était si bon que j’ai cru sur l’instant être le fourreau qui n’attendait que votre sexe. Je ne suis pas une romantique mais ce qui est sûr c’est que j’avais besoin que ça dure. Je voulais de vos coups de reins dans mon bassin, je voulais de vos mains fermes sur mes hanches, je voulais jouir et tant mieux pour vous si c’était avec vous.

Hélas, oui je vous dis hélas, ce n’était que dans mon fantasme cette nuit. Pendant que je m’imaginais prise par vous, j’étais allongée dans mon lit, les jambes repliées et bien écartées. Je me servais du même gode que ce matin pour me faire du bien. Je me suis littéralement défoncée avec, comme j’aurai aimé que vous le fassiez. Ma main libre, elle, jouait pendant ce temps avec mes seins et j’ai poussé un grand cri de délivrance quand l’orgasme m’a traversé comme une lame de fond. Je suis restée haletante dans mon lit. C’est toujours comme cela que je devrais me caresser car bien trop de fois c’est juste mécanique, pour me soulager. Là, ce fut un plaisir, un moment érotique.

J’ai joui moi aussi cette nuit. Hélas vous n’étiez pas là mais j’attends avec impatience que cela change… »

erosplume69@gmail.com – je serai ravi de vous commentaires 🙂

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