Je me souviens de Mai 68 comme si c’était hier

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Carlo Vivari


à plusieurstriolismevacances



JE ME SOUVIENS DE MAI 68 COMME SI C’ÉTAIT HIER

Oui, je me souviens de Mai 68… non, ça nous rajeunit pas…

Je me souviens de l’occupation de notre usine de tréfilage à froid, là-haut, en Lorraine profonde, la vache… entre Puttelange et Ernestviller, pour ceux qui connaissent…

Je me souviens de mon copain Ramón… on avait le même âge tendre, la même tête de bois… on débutait dans la « vie professionnelle » – si on peut appeler comme ça le cirque que c’était…

Et puis surtout… je me souviens du jour qu’on s’est fait violer, lui et moi… ensemble, en plus… Oui, par une bande d’ouvrières tréfileuses-bobineuses-lamineuses déchaînées… Le pastis pur, quand on n’est pas du Midi, c’est traître… remarque, l’alcool de prune lorraine… ça mâchure aussi, surtout le matin à jeun…

Qu’est-ce que je disais déjà ? Oui, les ouvrières… une vraie horde de bacchantes en proie à leurs « fureurs utérines »… (Oui, depuis que je suis à la retraite, je me suis inscrit dans une université du 3e âge : un peu d’Euripide… beaucoup d’Eddy Mitchell pour faire descendre.)

Oui, voilà, ce jour-là, Ramón et moi, on a connu l’enfer… Quoique… je me tâte… c’est peut-être mon meilleur souvenir, en réalité… Et c’est vrai que chaque fois que j’y pense, la nuit de préférence, je chope une trique à casser une assiette. À soixante ans, maintenant, ça fait du bien, c’est bon pour les artères… pour le moral aussi… mon docteur m’a dit de pas hésiter… de piquer et repiquer au truc autant que possible… Aussi, je me gêne pas… je tends le bras vers ma femme couchée à côté de moi dans le lit, je lui mets la main où on pense, sous sa chemise de nuit en pilou qui lui arrive aux chevilles… Pour ça, avec Aglaé, pas de souci, elle est toujours d’attaque… elle attend que ça… Oui, c’est le genre heureuse nature gâtée par la nature : elle possède un corps tout en roulures, courbures, fruits mûrs… je m’installe confortablement sur elle, à l’aise Blaise, roule Raoul, rame William… ses cuisses, son ventre, ses seins font coussins… je surnage comme un naufragé sur un matelas gonflable, avec les vaguelettes en dessous qui font « floc floc »… On navigue en douceur, elle et moi… on module… on ondule… on fait durer… c’est pas tous les jours… on profite… au long cours… à la fin, on coule à pic en plein nirvana… en douceur… au plus noir de la nuit.

Par contre, j’y reviens, nom d’un chien… en Mai 68, en pleine usine occupée, ça ne s’est pas passé en douceur, ni en douce, pour Ramón et moi… Qu’est-ce qu’on a pris ! C’était de notre faute, en fait, à mon copain et moi. Moi, c’est Rémi.

« Ramón et Rémi », elles se foutaient de notre gueule, les ouvrières. Elles nous appelaient « les siamois »   « les petits pédés » aussi, c’est moins gracieux. Pourtant, je jure qu’il n’y a jamais rien eu entre Ramón et moi, même pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette, même si, c’est vrai, les apparences, ce jour-là, étaient contre nous…

Oui, j’en viens au fait : c’est parce qu’on s’était fourrés dans la gueule du loup qu’elles nous sont tombées dessus, les bobineuses-lamineuses. Ce matin-là, à la mi-mai 1968 (l’occupation de l’atelier de tréfilerie à froid avait commencé depuis quelques jours), je me souviens qu’on s’ennuyait ferme du fait qu’on n’avait rien à faire, Ramón et moi. Et on en avait marre de taper le carton en levant le coude du matin au soir… je traduis : ras-le-bol de jouer à la belote coinchée en buvant comme des trous — et ce, dès les sept heures du mat’. Faut pas oublier qu’on était tout jeunots, lui et moi, et qu’on ne parlait la journée durant que de ce qui nous intéressait : le cul — spécialement celui de nos camarades féminines. On s’entraînait à scruter le jeu de leurs paires d’hémisphères sous les minces blouses de travail, de façon à établir avec le plus de précision possible les conformations, les contours, les couleurs, et même les poids, les poils, les senteurs des fesses et des entrefesses ! Ça demandait un tel effort de concentration – « oculaire », pour le coup – qu’à la fin de la journée, à cause de mes excès masturbatoires, j’avais des éblouissements. (Je courais me branler dans les chiottes toutes les demi-heures environ, au point que je ne prenais même plus la peine de raboutonner ma braguette entre deux séries de giclées.) À ce train-là, si j’ose dire, je tenais plus en l’air… Ramón, pareil… sa mère, inquiète de sa mine de papier mâché, lui préparait des poêlées d’œufs frits avec des ronds de chorizo épicé autour

Je reviens aux faits : ce matin-là, on s’était enfermés ensemble, mon pote et moi, dans l’un des cabinets des toilettes pour étudier de près les fourches et les raies de nos collègues — toutes adultes et bien développées de partout… Les toilettes en question étaient unisexes pour la bonne raison qu’à part mon copain et moi, il n’y avait que des femmes dans les ateliers de tréfilage, bobinage, laminage, étirage, cisaillage… mis à part aussi, c’est vrai, quelques vieux graisseurs de machines qui n’inquiétaient pas ces dames vu qu’ils tenaient à peine debout (effet, dans leur cas, de l’âge avancé et du gros rouge qui cogne).

Et donc, Ramón et moi (alors que nos tréfileuses en étaient à l’apéro depuis les sept heures du matin, comme j’ai dit), on surveillait à tour de rôle le couloir par le trou de serrure de notre porte de chiotte. Et voilà que s’amène Toilette… euh, Toinette… « soûle comme une grive », comme on dit chez nous. Ramón et moi, on avait tiré les postes d’observation à la courte paille : l’un de nous deux zyeuterait par un trou percé à mi-hauteur dans la cloison, tandis que l’autre, grimpé sur le réservoir de la chasse d’eau, materait, par-dessus ladite cloison, la femme dans ses « œuvres intimes »… Toinette, une bobineuse, était du genre rousse crépitante : 45-47 ans, une chevelure auburn lui arrivant aux fesses, et des fesses qui sentaient le roussi… oui, à cause de son postère « d’enfer »… qu’on mourait d’envie, mon camarade et moi, d’admirer à l’air et en l’air depuis des mois.

La belle bobineuse, qui avait sans doute attendu le dernier moment pour courir se soulager, a pénétré en trombe dans la cabine voisine, a tourné le verrou d’un geste brutal, s’est campée dos à la cuvette de faïence ; mon pote et moi avions déjà rejoint nos postes de visionnage. Juché sur le réservoir de la chasse d’eau, j’avais de la Toinette une vue surplombante arrière magnifiquement éclairée par le néon du plafond. Elle trépignait en pleurnichant tout fort que sa vessie était sur le point d’éclater. Et elle s’évertuait à remonter sa blouse trop moulante le long de sa paire de cuissots mastoc. À la pensée que j’allais, d’une seconde à l’autre, assister à l’apparition de sa divine croupe, j’avais du mal à aspirer l’air. Mon cœur emballé pulsait un sang neuf dans ma queue : du coup, ladite… ou la bite (c’est l’émotion, près d’un demi-siècle après !) soulevait le devant de mon tablier de travail… qui tutoyait durement le plâtre de la cloison… laquelle faisait rempart entre mes organes cochons et ceux de la rousse en plein strip-tease…

Crénom d’un dieu sévère ! La bobineuse a réussi à trousser sa blouse jusqu’au creux des reins. D’un geste brusque des deux pouces passés sous l’élastique de la taille, elle a abaissé sa large culotte noire en projetant très en arrière son monument d’arrière-train… Alors là, mesdames et messieurs… comme une pleine lune des pays chauds émergeant d’un nuage d’orage, l’éblouissant fessier a baigné mon visage de lumière argentique. Dans un mouvement d’adoration, j’ai tendu, par-dessus la cloison, mes bras vers la colossale planète… avec l’impression qu’ils étaient trop courts pour en faire le tour. Une tranchée d’ombre crevait la sphère selon un axe nord-sud… une nuée de taches de rousseur criblaient sa surface nacrée. Me tournant le dos par la force des choses, Toinette, heureusement, ne m’avait pas vu faire. D’ailleurs, elle était déjà partie à pisser en tempête. Le boucan de sa coulée dorée emplissait l’espace du sol au plafond. Son soulagement était tellement intense qu’elle râlait de bonheur : « ââ ouhââ yââ crââ… » À la fin, épuisée, vidée de son eau sale, assommée d’alcool aussi, elle s’est affalée sur la cuvette, le menton sur la poitrine. Tendant le bras de côté, elle a eu la force de tirer une feuille de papier-toilette qu’elle a appliquée sur sa fente pour l’essuyer… et là, la main sur la chatte, comme une chaste Vénus pressant sa feuille de vigne, elle s’est endormie comme une masse.

Je suis descendu sans bruit de mon perchoir. Ramón a retiré son œil du trou dans le mur. Pâle, les traits creusés, mon complice a entrepris de me décrire la chatte de Toinette par le menu : à l’entendre, son buisson de poils couleur de flamme était coupé par une fente très étirée, d’où la pisse jaillissait en cataracte, et en forme de pas de vis géant. Un grandiose spectacle de la nature, d’après lui : Stromboli et Niagara à la fois. De mon côté, je lui ai décrit le monstre cul fait de chair de lumière, qui m’avait ravi en extase. Nous étions si excités par nos récits réciproques que nous avons sorti nos queues pour nous vider les couilles, une fois de plus, en chœur, au-dessus de la cuvette. Encore affolés par ce qu’on avait vu, on chuchotait très fort en s’astiquant à se l’arracher :

Ses poils de chatte sont assez longs pour faire le tour de mon poignet ! Et ils sont orange et brillants comme du cuivre qu’on vient de couper… s’enthousiasmait Ramón.

Son gros pétard bouche complètement le couvercle de la cuvette des chiottes quand elle s’y pose ! En dessous, il fait nuit noire, crois-moi ! m’exclamais-je.

Ce qui fait que nous n’avons pas entendu arriver deux copines de la rousse, inquiètes de son sort après un quart d’heure d’absence. Inès et Wanda, elles, nous ont parfaitement entendus, occupés qu’on était à échanger des propos scabreux en nous secouant la nouille ; malgré leur état d’ivresse avancé, les deux tréfileuses ont compris la situation. Elles ont tambouriné à la porte de leur camarade, qu’elles ont sortie de sa léthargie, puis elles ont cogné du poing à notre porte !

J’ai reconnu la voix menaçante de Wanda, la Polonaise, encore plus ivre que d’habitude :

Sortez de là, bande de petits vicieux ! Allez, dépêchez-vous, ou on enfonce la lourde… et on rentre vous couper les couilles à coups de dents ! Dehors, vite ! Allez, ouste, fripouilles !

Paniqué, Ramón a actionné le verrou. Nous avions encore la queue raide à la main quand elles ont fait irruption dans le réduit, avant de nous tirer dans le couloir.

Inès, une brune sculpturale, dotée de seins difficiles à croire tant ils avançaient sur vous au mépris des plus élémentaires lois de la pesanteur, s’est écriée :

Vous avez pas honte de vous pignoler l’un l’autre… espèces de petites pédales vicelardes ! Vous feriez mieux de vous intéresser aux femmes ! Aux vraies !

Ses magnifiques yeux de velours noir genre Belle de Cadix, qui louchaient avec coquetterie quand elle avait trop bu, fixaient ceux de Ramón avec tant d’autorité que mon copain s’est mis à loucher à l’unisson.

C’est… justement ça qu’on… faisait… señora ! On s’intéressait aux… belles choses féminines, a-t-il bredouillé, croyant nous tirer d’affaire   alors qu’il ne faisait que nous enfoncer davantage.

Inès, les yeux étincelants de colère, s’est penchée sur la queue de mon pote.

Je vais t’en faire bouffer, moi… des choses ! D’abord, appelle-moi camarade… señora, c’est bourgeois ! Et retire ta main de ton sale salsifis ! T’as pas fini de te pignoler devant une dame, dis, merdeux !

Ramón, rouge de confusion, a lâché sa bite, qui est retombée sur sa braguette comme une tagliatelle trop cuite. Inès s’en est emparée dans l’intention de la maltraiter, mais sitôt qu’elle l’a serrée entre ses longs doigts pâles d’infante, mon camarade s’est remis à bander comme un toro. Le chorizo piquant et le jaune d’œuf administrés à hautes doses par sa mère donnaient des ailes à sa bite, qui prenait, dans la main de la tréfileuse, des allures de tuyau de plomb à ailes d’ange. C’était au tour d’Inès de bégayer, une marque rouge coquelicot sur chaque pommette :

Jésus, Marie, Joseph… ça vit dans ma main… ça s’allonge… ça se soulève… ça veut me… m’enfiler… ça donne envie de mordre dedans…

Elle est tombée à genoux, les yeux vagues, le chignon défait. Échevelée, elle a pris en bouche le paquet de Ramón… tordant le cou, elle a commencé par lui avaler les couilles… elle les lui dorlotait entre langue et palais. Transportée, elle parvenait à articuler la bouche pleine :

C’est comme… une gâââ… grappe de raisin… pleine de jus à éclater… rhâââ… je me souviens… j’ai fait les vendanges… là-bas… glâââ… dans l’Estremadure…

Puis elle a recraché les couilles, l’une après l’autre, comme des noyaux de pêche, avant d’ingurgiter la bite dressée, décalottée, prête à l’emploi…

Extrêmement dure… oui, justement… c’est ce que je disais… elle est bonne… elle va jusqu’à… l’entrée de ma gorge… par en bas, elle pourrait crever mon col utérin… me féconder ! Je sens que l’œuf de mon ventre de femelle est mûr… pour ton chorizo piquant !

Je n’avais jamais vu Inès dans un tel état. Plus tard, quand j’ai eu le détail de ce qu’elle avait bu depuis le matin, je ne me suis pas étonné. Elle traversait des crises dépressives : chacun de nous savait pourquoi. À 35 ans, Inès était mère d’un bambin, le petit Alonso, qu’elle s’était fait faire dix ans auparavant, à la sortie d’un bal de campagne, en pleine nuit, au milieu d’un champ de blé de printemps, par un routier espagnol de passage, qui transportait dans sa poche de blouson une bouteille de vodka suédoise à base de blé d’hiver… non, y a plus de saisons… Depuis, Inès élevait sévèrement son fils, et on ne lui connaissait pas d’amant… mais ce jour de mai-là, elle ne se connaissait plus elle-même. Quand elle l’a régurgitée avec un grand « schlurp ! », la bite de Ramón était d’un rouge flashy à faire pâlir le camion des pompiers. À l’imitation de sa queue, mon pote se tenait raide de la tête aux pieds, métamorphosé en stalacmite face à une Inès tétanisée de désir. Comme elle, il louchait avec des yeux devenus flous. Il avait oublié tout ce qui n’était pas sa compatriote andalouse. On n’existait plus pour lui. Et elle, elle n’avait d’yeux – Tout-Puissant ! — que pour le priape de Ramón sous son casque rubicond luisant de sa salive…

Bientôt, mon camarade s’est retrouvé allongé sur le dos, à même le carrelage, les bras le long du corps. Passif. Inès, au contraire, s’activait : à califourchon sur lui, d’une main, elle lui maintenait la queue à la verticale, et de l’autre, farfouillait sous sa blouse pour écarter l’empiècement de son slip jaune poussin. Quand elle s’est empalée de tout son poids sur Ramón, on a entendu un grand bruit de frottement juteux — pareil à celui que font les lavandières avec leur battoir, là-bas, au Portugal. Les deux emmanchés criaient en chœur leur bonheur… seuls au monde, leurs noirs yeux strabiques rivés les uns aux autres formaient un carré magique. C’est alors que Ramón a bégayé d’une voix blanche :

Montrez-moi vos deux… chers trésors… por favor… señora…

Inès comprend tout de suite ce qu’il a voulu dire. Renversant la tête en arrière en secouant sa crinière, comme dans les films de série B, elle s’exécute sans rechigner : craquant le haut de sa blouse en tirant dessus à deux mains, elle en fait sauter les boutons, dont certains rebondissent sur la figure de mon copain – lui faisant éclater ses boutons d’acné (eh oui, nous étions encore puceaux à l’époque !). Insensible à la douleur, Ramón se tenait dressé sur les coudes pour mieux accueillir la double apparition mammaire. Voilà que, sans crier gare, Inès, jouant les Carmen, sort de sa poche un cran d’arrêt ! Quand elle fait gicler la lame en pressant le manche… « tchack ! », l’assistance murmure de peur… Ramón, de saisissement, laisse pendre sa mâchoire. La belle cigarière… euh, ouvrière… tranche d’un coup   « crrrâââccc ! »   la bande extensible qui relie les bonnets gros module de son soutien-gorge à baleines rose Prisunic   que ses seins soutiennent plutôt que le contraire. De Dieu de Dieu ! Ses nichons sans pli dessous pointent comme des obus de marine, garnis chacun d’une tétine rouge foncé – où quelques poils follets bien noirs, tout luisants de sueur, ont trouvé moyen de pousser. Ah, les filles du Sud, n’y a que ça ! Les sublimes roploplos se balancent sans fléchir au ras de la bouche béante de Ramón. Lui passant la main derrière la nuque, Inès rapproche la tête de mon copain de sa poitrine en proue ; elle lui donne la tétée. Glou ! Glou ! En même temps, toujours empalée sur la queue, elle rebondit dessus en geignant :

Aï, querido… tu me pompes… et je te pompe… tire mon lait… et donne-moi le tien… pas maintenant… retiens-toi que je profite de ton gros tronquito… jusqu’à… mourir de plaisir !

Et lui de bramer en passant d’un mamelon à l’autre   et retour :

Aï ! Oui, comme ça ! Écrase-moi avec ton gros cul ! Étouffe-moi avec ton gros nichon ! Et bouffe-la-moi avec ta grosse touffe ! Aï, que guapa ! Puta borracha !

Et elle de reprendre d’une voix stridente à faire éclater les carreaux des vasistas des chiottes :

Miaouh ! Encore, vas-y… défonce-moi le col ! Ramone, Ramón ! Crève-moi la matrice ! Engrosse-moi encore une fois ! One more time, hideputa !

Emportée par la jouissance et par l’ivresse, elle revivait la scène avec le routier espagnol, dix ans auparavant. D’ailleurs, ça l’a prise comme une envie de femme enceinte : elle a réclamé de la vodka ! Wanda, la Polaque, s’est fait un plaisir de lui caler sa bouteille personnelle de Zubrówka entre les incisives, en l’inclinant juste ce qu’il faut. Tout en descendant une gorgée après l’autre, Inès a eu un drôle de geste : passant sa main sur son fort cul, puis entre ses fesses, elle s’est enfourné un doigt dans l’anus. À présent, ses trois orifices étaient comblés ensemble — sans parler des discrètes ouvertures au bout de ses seins, que titillait la langue avide de Ramón…

À ce moment, excitées par le spectacle que nous donnaient les duettistes, les deux autres femmes se sont tournées vers moi.

Toi aussi, on va te faire ta fête, petite tête !

Choqué par l’obscénité de la scène entre Inès et Ramón, j’avais rangé dans ma braguette ma bite au garde-à-vous. Elles me l’ont promptement mise à l’air. Toinette, qui n’avait pas dessoûlé, se montrait la plus décidée :

Tu voulais admirer mon cul… tu vas le voir, mon cochon… et de près ! Je vais t’en faire bouffer, moi, de la fesse… et de la merveilleuse !

Elle m’a tourné le dos avant de se jeter sur le sol à quatre pattes, en retroussant haut sa blouse. Sa culotte, elle l’avait oubliée autour de sa cheville depuis tout à l’heure. Les genoux écartés, le dos creusé, la joue couchée sur le carrelage, elle me présentait le gros-œuvre de son fessier. Le néon du plafond, juste au-dessus, effaçait les zones d’ombre : tout était blanc, net, pur. Saisi par la majesté du tableau qu’elle m’offrait, je suis tombé à genoux en murmurant :

L’autel du bon Dieu !

Des souvenirs d’enfant de chœur me revenaient : nappes immaculées, hosties éclatantes, ostensoirs aveuglants, cierges couronnés de flammes…

Wanda m’a ramené aux réalités : me poussant par les omoplates, elle m’a lancé :

Vas-y le lui mettre… elle va finir par s’impatienter !

Posant les mains à plat sur les fesses hypertrophiées de Toinette, je me redresse pour placer ma queue à bonne hauteur. J’hésite sur la voie à emprunter : en effet, ses deux orifices clignent vers moi en ruisselant à qui mieux mieux pour me faire signe de les visiter en premier. Moi d’abord ! Non, moi d’abord ! Passant sa main derrière elle, Toinette saisit ma bite par la racine avant de l’engouffrer, à travers la végétation cuivrée qui en défend l’entrée, au fond de sa grotte vaginale. Nous aussi, nous crions ensemble notre jouissance à pleine gorge. C’est divin, c’est inouï, c’est fou… j’ai la sensation que ma queue est en train de touiller une casserole de confiture d’abricots à feu doux. Cramponné à deux mains aux hanches saillantes de la prolétaire fille de la terre, j’y vais à grands coups… je m’enfonce jusqu’aux couilles avant que les puissantes fesses élastiques de ma collègue callipyge me renvoient en arrière… chaque fois, nos peaux moites se séparent dans un claquement de baiser… mais je reviens à l’assaut plus fort encore, mon ventre nerveux emboutissant sa croupe de pouliche avec un bruit de baffe. Toinette prend un pied d’enfer ; elle ne s’en cache pas :

Ooohhh… ça fait du bien… y avait longtemps… mon mari est tellement fatigué avec ses heures sup, en ce moment… qu’il a plus la force de venir visiter Gertrude !

Wanda, intriguée, la questionne :

Tu l’appelles Gertrude, ta chatte ?

Et toi, comment c’est que tu l’appelles, la tienne ?

Je l’appelle pas… c’est plutôt elle qui appelle… le mâle qui passe !

Wanda part d’un rire gras, repris en écho par Toinette… du coup, son vagin agité de spasmes et saccades, irrésistiblement, me fait gicler à gros plombs. Ce qui a pour effet de déclencher aussi son orgasme. Elle s’égosille :

Il me jute au fond, le petit salaud ! J’en peux plus… je jouis… comme une trouie que je souis !

La bobineuse dans tous ses états a retrouvé l’accent de sa région d’origine, là-haut entre Villerupt et Hussigny-Godbrange… là-dessus, voilà que le contremaître, monsieur Leherpeu, un mauvais coucheur qu’on surnomme « Balai dans le cul », fait irruption dans les toilettes. Au spectacle des deux couples emmanchés, le quinquagénaire, long, sec, pâle comme un pilier de sacristie, bégaye d’indignation. Il mord sa moustache poivre et sel en roulant des yeux scandalisés. Wanda, ni une ni deux, le prend au colbac, l’entraîne dans une des cabines. Elle brandit sa bouteille de vodka en lui claironnant à l’oreille :

Par ici, mon mignon… je vais t’apprendre la vie, tu vas voir… le balai que t’as dans le cul… tu l’as aussi dans le slip ou quoi ? Montre-moi voir… et d’abord, bois un coup ! Et glou… et glou… et glou… il est des nôtres !

Et c’est ainsi que nous, pauvres mecs sans défense, avons été victimes d’un viol collectif de la part de furies soûles comme des vaches… À la fin, comme il fallait s’y attendre, dressées sur la pointe des pieds, les reins creusés, s’entrouvrant la fente à deux doigts en fourchette, elles nous ont pissé dessus à grandes gerbes… une urine tellement riche en alcool que ça nous a cuités tous les trois sans avoir rien bu… « Jouissez sans entraves ! » Y avait pas qu’au Quartier latin ! Chez nous aussi, la vache, au fin fond du haut pays !

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