LA BOÎTE DE NUIT

Hé, viens voir !

Je me retourne vers Charline. Elle vient d’arriver, elle est passée me prendre pour qu’on sorte en boîte. C’est notre tradition, le vendredi soir et le samedi soir, de nous retrouver et de passer la soirée ensemble. Ça fait 12 ans qu’on se connaît, on a le même âge, 22 ans toutes les deux, et je suis plus proche d’elle que je ne l’ai jamais été de personne. Une relation qui s’est construite au fil du temps. Je sais que je compte beaucoup pour elle, elle est aussi tout pour moi et je prendrais très mal de ne plus la voir.

Pendant que je finis de me coiffer, elle s’est assise au bord du lit. Elle a descendu le pantalon de vinyle ultra-moulant qu’elle porte, qui souligne ses longues jambes, il s’est arrêté à hauteur de ses bottes noires luisantes à talons aiguille. Dessous, elle a un string noir qu’elle a tiré à mi-cuisses. Elle s’ouvre avec deux doigts, me laissant voir son intérieur rose et aussi le clitoris en haut de son sexe, bouton rose qui sort de son capuchon.

Viens me lécher avant qu’on sorte, j’ai envie de sexe depuis ce matin. Il n’y a que toi qui puisses me faire du bien.

Ce qu’elle dit est vrai. Nous nous faisons mutuellement beaucoup de bien, et très souvent, et notre force, c’est que nous connaissons le corps de l’autre par cœur, nous le retrouvons avec un bonheur intense, et nous savons quelles ficelles tirer pour lui donner du plaisir.

Je me lève. Je ne suis pas encore habillée, j’ai juste mon soutien-gorge sur moi. Je sens mon sexe s’ouvrir, mes sécrétions couler. Entre nous, c’est toujours aussi intense. Le désir à son maximum et toujours la certitude d’un plaisir intense. Je plonge sur elle, ma langue venant sur ses muqueuses. Elle gémit. Je tourne sur ses lèvres, remonte sur son clitoris. Je fiche deux doigts en elle, je l’ouvre, et j’enfonce ma langue aussi loin que je peux sur les parois interne de son sexe.

Tu es une belle salope…Tu sais toujours me faire jouir…, me dit-elle entre deux gémissements.

C’est bien que tu voulais non ? je lui réponds entre deux coups de langue.

Ma bouche se remplit du goût amer des sécrétions qui coulent d’elle plus abondantes. J’adore la boire, je pourrais la laper toute la journée. Une de mes mains a glissé jusqu’à mon sexe, et je me frotte, mon sexe aussi dilaté que le sien. Je sens quelque chose monter dans mon ventre, qui ressemble à un orgasme.

Je glisse deux doigts dans son sexe. Ça fait des bruits visqueux, qui hors-contexte sont sans doute répugnants, mais dans ce contexte sont tout à fait excitants. Je me mets à bouger en elle. C’est une sorte de pénis rudimentaire, mais il faut croire efficace, car elle souffle de plus en plus fort, gémit de plus en plus fort, et finit par avoir un premier orgasme, son corps se tendant, suivi par un autre, alors que mes doigts bougent de plus en plus rapidement, puis encore un autre. Au dernier elle m’éclabousse d’un jet puissant de sécrétions. Je jouis moi aussi, mes doigts crispés sur mon clitoris.

Elle reste allongée en travers du lit, reprenant ses esprits, pendant que je m’habille. Je devrais reprendre une douche, mais l’idée de sortir avec l’odeur de ses sécrétions sur moi ne me déplaît pas. Je passe un collant et j’enfile une nouvelle robe, noire, courte et très collante.

Elle se reboutonne, et se redresse.

La nouvelle boite ?

On va essayer.

On en a parlé dans la semaine. Il y a une nouvelle boite de nuit à la sortie de la ville, on a envie d’aller y passer un moment. Rien de bien original,certes, mais on veut juste s’amuser un peu. Peut-être ramener un gars, mais ce n’est pas notre objectif premier. On est autonomes, sinon on finira la nuit toutes seules.

Avant de passer la porte, on s’embrasse. Je ne saurais dire qui a eu le premier mouvement, on agit souvent de concert, nos bouches se collent l’une à l’autre, nos langues se trouvent, se frottent et on gémit, nos sexes moites.

On avance dans la ville. Il est neuf heures du soir, en ce mois de mai les soirées sont beaucoup plus longues, et beaucoup de gens sortent. On sent le regard des hommes sur nous. Mais nous savons que nous sommes belles et désirables.

On habite à la sortie de la ville, la discothèque se trouve là, et on n’a pas à beaucoup marcher pour y arriver. Notre trajet a été une haie d’honneur, toujours flatteuse, entre regards collants et un ou deux « T’y es bonne ! » C’est toujours agréable de séduire des hommes, même si certaines ne l’admettront jamais.

Rien ne ressemble plus à une boite qu’une autre boite. C’est d’ailleurs pour cela que Charline et moi nous préférons d’autres loisirs le vendredi soir. Un parking, des jeunes qui se tiennent à l’entrée, deux physionomistes. Il faut croire que nous sommes dans la norme attendue puisque nous pouvons pénétrer à l’intérieur.

Bien que blasées, nous sommes agréablement surprises. L’endroit est immense, avec une grande piste de danse. Le DJ est aux platines et il joue une musique électro qui nous plaît immédiatement. On part sur la piste de danse. Notre premier objectif, quand nous allons en boite, c’est de danser. Trouver dans le rythme un moment d’apaisement, de joie, oublier le stress de la semaine. On se cale au milieu des autres danseurs et on s’agite. On laisse la musique nous guider, jusqu’au moment où Charline me dit :

Il faut que j’aille faire pipi. Tu m’accompagnes ?

Dans ce genre d’endroit les filles restent toujours par deux, pour éviter les mauvaises rencontres.

On demande à l’employé du bar, qui nous dit qu’il faut monter les marches de l’escalier qui est en face de nous, ce qu’on fait. On débouche sur un palier, il y a une enfilade de cabines, sans signe distinctif. Pas de côté mâle ou femelle. Cela ne nous arrête pas, et nous nous y engageons. Une fille sort justement d’une cabine. Elle a une robe très courte, qu’elle redescend le long de ses hanches, pour couvrir une intimité que j’ai aperçue l’espace d’un instant. Elle croise mon regard et devient toute rouge. Est-ce qu’elle s’est fait prendre par un amant ou une maîtresse dans la cabine ? Après tout, cela n’aurait rien d’étonnant.

Charline pénètre dans une cabine. Je la suis. Nous sommes intimes, et nous n’avons rien à nous cacher. Ce n’est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière que nous partageons des moments personnels ainsi. On emploie souvent l’expression « touche-pipi » nous la pratiquons au figuré, mais aussi au proche.

La cabine est vaste, le lieu encore propre. Un siège au milieu, un rouleau de papier posé sur une petite table, une petite poubelle pour les éléments d’hygiène féminins.

Un frisson descend le long de ma colonne vertébrale quand je la regarde tirer vers le bas le pantalon collant jusqu’à l’obscénité, puis son string, me donnant à voir son ventre nu. Elle s’assied sur le siège. Ses lèvres sont ouvertes, je vois son urètre, dont jaillissent d’abord quelques gouttes, puis un jet puissant d’urine, qui reste stable pendant deux ou trois minutes, avant de faiblir.

C’est alors que je prends conscience du trou découpé dans la paroi du mur qui me fait face. Je me retourne, et je me rends compte qu’il y a le même derrière, peut-être un peu plus grand. Je me demande à quoi ils servent.

Je tends le rouleau de papier à Charline. Elle s’essuie délicatement le sexe, laisse tomber la papier dans l’eau et tire la chasse.

C’est à ce moment là que je sens une présence de l’autre côté de la cloison. Je ne me trompe pas. J’aperçois du mouvement, de la chair, et quelques secondes plus tard, un membre viril apparaît dans notre champ de vision, agité par les spasmes d’un début d’érection qui le fait s’allonger et s’épaissir sous nos yeux.

On se regarde, surprises l’une comme l’autre, partagées entre un début de fou-rire et l’envie de ce sexe de garçon, qui nous est offert dans des conditions tellement particulières. Mais toute ironie disparaît bien vite, pour ne plus laisser place qu’au désir. Elle attrape le sexe au creux de sa main, comme elle le ferait d’un oiseau, et elle se met à le caresser avec des gestes doux. Sous l’effet de cette caresse, le membre viril s’allonge et s’épaissit, prenant une vigueur spectaculaire. On le regarde toutes les deux fascinées. À force de se lécher mutuellement le clitoris, on a oublié ce que ça pouvait faire d’avoir un membre viril à disposition.

Du regard, elle m’invite à la rejoindre. C’est ce que je m’apprête à faire quand je sens quelque chose qui vient se poser contre mes fesses et appuie dessus. C’est un simple point, mais sa chaleur traverse ma robe et mon collant, pour se répandre lentement mais sûrement dans mon corps. J’avais oublié qu’il y avait aussi un trou derrière moi. Je reste comme cela un certain temps, à me remplir de cette sensation enivrante de cette bite contre mes fesses, et à admirer l’érection qui se développe devant moi. Charline est ravie apparemment de masturber ce sexe. Ça l’amuse comme cela amuse un enfant de manipuler un jouet. C’est sidérant comme le sexe s’est gorgé de sang, est à présent tout rouge à force d’être dilaté. Je me dis que si elle continue sa caresse, il va jouir. Elle s’en rend sans doute aussi compte car elle cesse de le masturber. Elle attend que le pic de l’excitation soit passé, avant de tenter une autre caresse, cette fois buccale. Dardant sa langue, elle vient la faire tourner sur le gland si dilaté qu’on a l’impression que la chair va éclater.

Je me retourne. Derrière moi, il y a un sexe, différent de celui que manipule Charline, en ce sens qu’il est moins long, mais très épais, et déjà gorgé de sang.

Je me demande un instant comment on peut s’exciter ainsi, alors que pour moi l’excitation, c’est essentiellement lié à la vision d’une personne. Puis je comprends : il y a l’extraordinaire mystère de ne pas savoir qui est de l’autre côté de la cloison, simplement de l’imaginer, et en parallèle, le fait de subir une caresse qui est elle détachée de toute présence humaine…Et aussi d’être à la merci de la personne de l’autre côté, qui fait ce qu’elle veut. Elle se sert de sa main, de sa bouche, de son sexe… Ou de rien du tout… Et le seul contact est cette caresse, dont la force est ainsi décuplée.

J’ai un moment d’hésitation, presque de la peur. Je surveille Charline du coin de l’œil. Son partenaire n’a pas pu tenir plus longtemps et sa queue crache des jets de semence de manière désordonnée, qu’elle laisse atterrir sur son visage.

J’entoure la queue de ma main. La chaleur remonte le long de mes bras. Je la branle doucement.

Je suis surprise par ce qui se passe. Incapable de contrôler sa jouissance, il éjacule, balançant des traits de sperme chaud qui maculent ma robe et mes bras. Sans doute est-ce l’une des premières fois, sinon la première fois où il glissait sa queue sans un trou, et a-t-il été trop surpris pour se maîtriser, ou bien était-il très excité. Ou alors je caresse vraiment bien.

Je me dis que c’est déjà fini, mais c’est une erreur. Il se passe très peu de temps avant que deux queues fassent de nouveau leur apparition, l’une plus érigée que l’autre.

On se cale, Charline et moi dans un rythme, ni trop lent, ni trop rapide, qui va rester le notre très longtemps. Elle reste posée sur la cuvette des toilettes, moi je me suis laissée tomber au sol. Nous caressons les sexes qui nous sont offerts. C’est un défilé sans fin, à croire que tous les hommes de la boite se sont donnés le mot. Ça donne un rien le vertige que ce rapport sexuel désincarné, où il n’existe plus que des queues, coupées de leurs corps, qui nous sont offertes. Ce qui nous charme, je crois c’est l’idée d’être totalement maîtresses du jeu. Ce sont nous qui maîtrisons leur jouissance, la ralentissant, la freinant, ou au contraire l’accélérant, d’un mouvement de poignet, d’une griffure, d’un coup de langue. Quel beau triomphe pour une femme que de faire jouir un homme quand elle le décide !

Nous sommes bientôt couvertes de leurs semences. Nous alternons les plaisirs. Tantôt nous laissons la semence couler dans nos gorges, tantôt nous la laissons jaillir sur nos visages et dans nos cheveux, jouissant de sentir les traits de sperme s’ajouter à d’autres traits de sperme, ou souiller notre tenue. Nous sommes bientôt littéralement baignées par la semence de tous ces hommes.

Pourtant nous avons envie de plus. Une envie commune. Un regard échangé, et je plonge dans l’un de nos sacs à mains pour attraper une boite de préservatifs. Deux queues viennent de s’encadrer dans les trous, deux belles queues déjà bien érigées et nous savons ce que nous voulons en faire.

Chacune d’entre nous déchire l’emballage du préservatif pour en tirer une capote huileuse. Nous la faisons glisser avec habileté, question d’habitude, sur la queue offerte. Ainsi gainée la queue sera notre jouet ultime.

Ce que beaucoup d’hommes ont du mal à accepter, lorsqu’ils finissent la nuit avec nous, c’est que nous faisons bloc Charline et moi et nous nous donnons du plaisir en les utilisant et à travers eux.

Nous nous redressons, et nous nous retrouvons face à face, à quelques centimètres l’une de l’autre. La chaleur du corps de l’autre nous pénètre. Nous accrochons nos langues et nous les frottons l’une contre l’autre. Je gémis tellement c’est bon. Entre mes cuisses, un flot coule. Je me rends compte que tout ce que je peux faire avec Charline m’excitera toujours dix fois plus que ce que je peux faire avec un homme.

Je crois bien que c’est quasi simultanément que nous nous penchons accrochées d’une main au corps de l’autre, et que de notre main libre, nous attrapons le sexe tendu contre nos fesses et nous le faisons rentrer dans notre vulve ainsi offerte. Les queues glissent en nous, nous remplissent, nous donnant un sentiment de plénitude.

Nous tenant l’une à l’autre, nous laissons la queue qui est dans notre sexe y aller et venir, nous fouiller, tout en nous embrassant et nous caressant. Le sexe en nous, comme toujours participe à notre jouissance, mais il n’en est qu’un élément,  cet orgasme qui nous secoue enfin n’est si puissant que parce que nous sommes l’une avec l’autre.

Nous sentons le sperme de nos partenaires remplir le préservatif, la queue s’extraire de nous. Il nous reste des capotes et les queues suivantes ont la chance de venir dans nos entrailles, d’y trouver la jouissance, et de nous procurer des orgasmes.

Puis nous reprenons nos caresses manuelles et buccales, jusqu’à ce qu’ enfin, plus tard, on ne sait plus trop quand, ayant perdu toute notion du temps, il n’y ait plus aucune queue devant ces trous découpés dans un contre-plaqué de mauvaise qualité.

Nous nous asseyons sur le siège, épuisées, couvertes de sperme, mais heureuses.

On sort de la cabine. L’étage est désert. Nous épongeons les dégâts au lavabo, utilisant l’une des serviettes empilées là sur un tabouret à cet usage peut-être.

Quand nous remontons, nous avons le sentiment, mais c’est peut-être une illusion, que tous les regards convergent vers nous.

Il est deux heures du matin. Nous rentrons chez nous dans la ville aux rues quasi désertes, sauf pour les oiseaux de nuit comme nous, songeuses, nos talons tapant sur le macadam.

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