LA FESSÉE

Nous rentrons dans notre chambre d’hôtel fourbus d’avoir marché des heures dans la grande ville. Une journée passée main dans la main, légers, complices et heureux.

Une seule urgence, croyais-je, à cet heure-ci : nous servir deux verres de blanc et délivrer nos pieds.

Tu remplis les verres et me tends le mien. Nous cognons doucement les parois transparentes, humons le liquide doré, le faisons tourner, le goûtons. Je suis sur tes genoux pour ma dégustation, yeux mi-clos et ravie quand, avec délicatesse, tu libères mes mains et pose mon verre sur le bureau. Étrangement, loin de moi.

Je te regarde, étonnée, amusée. Toi, tu as une idée.

Lève-toi et déposes ton ventre sur mes genoux.

Mon cœur se serre, je comprends tout de suite et sens mon sexe se mouiller. Je me place comme tu le demandes. Tu ajustes mes mains. Tu veux qu’elles touchent le sol. Je respire à peine et ferme déjà les yeux. Toi, comme un propriétaire, tu relèves ma robe et découvre mon cul que tu caresses, et flattes. Je sais que tu vas frapper. Quand ?

Ta main se soulève, je retiens mon souffle et contracte mes reins. Tu as dû le sentir et renonces : aucun intérêt si je ne suis pas surprise.

Et puis tu commences.

Un coup d’une force qui me sidère. Tu égalises sur l’autre fesse quelques secondes après. La première douleur vient progressivement. La brûlure s’étend, croît, et décroît, avec des ondes qui à n’en pas douter sont bien celles du plaisir.

Tu me caresses, tu masses mes rondeurs, comme pour effacer la trace de tes doigts. Je me détends et me laisse glisser un peu de tes genoux, mains au sol, une jambe retombe.

Ne bouge pas.

En même temps que j’entends le claquement, la douleur brûle ma peau. C’est bien différent, la deuxième fois, quand tu claques les chairs qui sont déjà meurtries. Je gémis longuement, ne sachant si j’ai mal, ou si j’ai encore bien. Tu ne t’arrêtes pas. Précision de métronome, adagio appoggiato, je ne peux plus compter. Je suis juste saisie par ta lenteur, ces temps infinis à mon sens entre chaque coup. Tu caresses, tu observes, et régulièrement, tu t’abats à nouveau.

Le postérieur en feu je ne tiens plus en place ; mes gémissements deviennent presque cris.

Ne bouge pas, j’ai dit.

Tu poses ta main droite sur mes cheveux, ta paume sur ma nuque, et tes doigts éparpillant mes boucles. Tu appuis, et me forces à baisser la tête. (Ou bien veux-tu m’empêcher de me cogner au bureau, puisque je me débats ?)

Ta main gauche me préviens, en empoignant les globes de mes fesses, les ouvrant sous tes yeux sans aucune pudeur : ce n’est pas fini, il manque le final.

J’expire toute volonté, et coule de plaisirs. Ta force me subjugue, la douleur m’enivre, je suis ailleurs, et n’ai besoin que de toi, pour décider de moi.

Deux claques monumentales, sur mon cul cramoisi. Mon gémissement qui ne s’arrête plus, je hulule, je chante, cambrée sur tes genoux, agrippée à tes chevilles.

Tu libères ma tête, me relève, m’assois, et me prends dans tes bras. Je me blottis, câlinée comme une enfant après un gros chagrin, me voilà bercée, rassurée, les malheurs sont finis, maintenant, tu es là. Tu me fais boire à ton verre et je reviens à moi. Nos regards se croisent et les amis complices se reconnaissent.

Rires.

Mais que m’as-tu fais là ?

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