MERMAID AVENUE

Assis sur un canapé, il lit une BD italienne des années 60 (fumetti). Il ne porte qu’un jean, une main dans son pantalon.

Elle est en face de lui debout. Elle l’observe, part sans qu’il la voie puis revient et s’installe à côté de lui. Elle lui descend le jean jusqu’au genoux, il s’en fout, il a l’habitude de ses facéties et continue de lire. On voit son sexe mou. Il est toujours concentré sur son livre.

Elle sort un rasoir, elle commence à le passer sur sa toison pubienne.

Qu’est ce que tu branles ? demande-t-il.

Rien… je ne branles jamais rien… il n’y a jamais rien à branler… tu n’en n’as rien à branler…

Arrête s’il te plaît…

Non… Je te préfère en petit garçon… Tu es un petit garçon… Ta génération est un petit garçon… L’Occident est un petit garçon… capricieux, peureux, lâche…

T’es conne, arrête…

Tu veux appeler ta maman ? ça fait longtemps que tu ne lui as pas raconté tes soucis… Elle serait heureuse d’entendre son petit garçon…

T’es chiante…

Tu sais que ta mère a sucé ton père avant de lui baiser la bite, pour que tu sois là, elle me l’a dit… raconté… sa libération sexuelle…

Mais qu’est ce que tu veux ?

Jouir entre autre mais simplement sentir ta queue, ton désir serait déjà une aventure…

Hé ! Je t’aime !

Ça, c’est des mots de petits garçons… de jolis mots… des mots qui ne suffisent plus… Je te rase comme d’autres avant toi ont rasés les filles de juin… Tu es tout ce que je déteste… un branleur bien intégré dans sa génération de branleurs… graphiste dans une start-up de merde… tu passes ta vie devant des écrans à regarder le monde t’échapper… Tu te branles, toi et tes copains sur des sites de culs de merde… t’es même pas foutu de voir qu’autour de toi, des culs t’attendent, te demandent… Bientôt c’est la bite d’un nègre que j’aurais dans les mains… Ils vous remplacent même dans nos vagins désertés… Si impatiente de ce sexe noir qui me traversera… sans se poser de questions…

T’es une conne, raciste et…

Et quoi ? Tu ne fais rien ! Tu devrais avoir peur ! une femme avec une lame autour de ta bite… Mais tu n’as même plus le courage d’avoir peur…

Elle le coupe légèrement en disant ces mots… le sang coule le long de son sexe… elle regarde le sang, essaye de l’arrêter. Elle retourne son visage vers lui… Il l’a gifle ! Elle tient son sexe dans sa main, il bande, le sang coule entre ses doigts… Elle commence à le sucer.

***

C’est le matin, ils sont en terrasse d’un café. Elle boit un Orangina, lui une bière, il commande un café.

Tu sais ce que tu as fait ce matin…C’est parfait… j’ai compris…

T’as compris quoi ?

Compris que tu es comme toutes les autres… Tu veux un gosse… comme toutes les autres, comme 3 milliards d’autres, c’est comme ça… C’est pas tant ma bite que tu voulais que recevoir ce que j’ai à l’intérieur des couilles.

Non, je ne veux pas d’enfant, pas d’enfant, pas maintenant en tout cas et pas avec toi !

Alors reprend la pilule, ça fait trois mois que les boîtes prennent la poussière…

On devrait partir…

Ça changerait rien… Tu n’as pas remarqué que dans le porno les filles se font enculer et les mecs déchargent ensuite sur leurs visages… C’est pas simplement esthétique… C’est la négation de la procréation… La pilule et l’IVG ne suffisent pas, il faut bien dresser les générations à venir…

Pourtant ça te plaît de les regarder ?

Oui, c’est ce qui nous reste après le MLF, la sodomie et l’éjac faciale… J’ai remarqué que tu aimais bien ça au début que je te jouisse sur ta bouche… Et puis, tu as commencé à me forcer à jouir en toi… C’est ça qui m’a mis sur la piste des pilules…

Bien joué Sherlock Little Cock…

Ils boivent leur café, une gamine les regarde.

***

Plus tard, en soirée, il joue à la console tandis qu’elle prend un verre avec une amie. Elles sont assises derrière lui sur un canapé Ikea et se moquent de lui, qui reste concentré sur son jeu…

Tu bats des records ? demande-t-elle.

Tu as buté combien de mecs ? renchérit son amie.

Ça ne sert à rien quand il est dans son trip holocauste…

Tu as déjà buté un mec en vrai ?

Il n’a jamais touché un flingue, un vrai, froid et lourd… Il ne connaît ni le bruit, ni l’odeur, ni la chaleur d’une arme… On pourrait se caresser qu’il n’en aurait rien à foutre…

Elles se moquent de lui. Elles le singent, grimacent. Puis des doigts d’honneur. Elles sont bourrées. Elles commencent à jouer avec leurs doigts, simulant la masturbation. Elles s’embrassent, se lèchent mutuellement les doigts. Une glisse la main de l’autre entre ses jambes et se caresse puis lèche le doigt mouillé. Elles se caressent mutuellement et boivent. Il continue à jouer, il n’en a rien à foutre. Elles baisent.


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