REAL SEX DOLL

Je me souviens bien quand l’idée m’est venue pour la première fois. On était à la cafette comme souvent. On s’y retrouvait quand on n’avait pas cours, nous les étudiants des séries technologiques. On était une vingtaine seulement, isolés du reste des étudiants de l’établissement qui nous regardaient avec mépris. Pour eux, on était des moins que rien. Même si on avait des capacités que d’autres n’avaient pas. Question d’image, question de stéréotypes…

Notre plus gros problème, c’étaient les filles… Alors que la plupart des garçons des autres sections se pavanaient, avec les plus belles filles à leur bras, nous en étions réduits à l’onanisme. Nos soirées, ce n’étaient pas des soirées avec des filles qui nous auraient offert leurs corps et leurs orifices, devançant des désirs que nous n’aurions même pas osé formuler. Nous nous passions nos soirées la queue à la main, en regardant des films pornos qui nous offraient des culs, des seins, des chattes qui étaient loin de notre portée. Nous étions partagés entre frustration et obsession, et le plaisir que nous pouvions éprouver, lorsque, au comble de notre excitation, le sexe dilaté, nous crachions de multiples jets de sperme qui s’éparpillaient sur nos mains, nos vêtements, dans l’espace autour de nous, n’avait rien à voir, nous en étions bien conscients, avec celui qui aurait été le notre, si nous avions été au contact d’une fille, dans son sexe, dans sa bouche, ou même simplement dans sa main…

Après de multiples échecs, on n’espérait plus grand-chose. Déjà résignés.

Oui, on était là, ce jour comme les autres, gris pour nous, même si le soleil rayonnait. Qui devant un Coca, qui devant un café, un autre encore devant un chocolat. Comme toujours, nos sujets de discussion étaient partagés entre nos études, et nos commentaires sur les femmes. Celles qu’on voyait autour de nous, les filles de notre quotidien qu’on aurait aimé avoir, mais qu’on n’aurait pas, et celles qui nous faisaient rêver, et qui étaient totalement inaccessibles…On était en particulier tous fascinés par la proviseur adjointe, une femme d’une quarantaine d’années que la nature n’avait pas loupée quand elle avait dessiné son visage et son corps… Elle était particulièrement sensuelle, et elle avait une manière de s’habiller qui mettait réellement en valeur ses charmes… Tous autour de cette table nous avions du nous branler au moins une fois en pensant à la manière dont ses chemisiers s’ouvraient sur ses seins, enveloppés de soutien-gorge en dentelle de toutes les couleurs, où comme ses éternelles jupes courtes et serrées pouvaient coller à ses hanches et à ses fesses… On s’était longtemps posé la question de savoir si elle portait dessous des culottes ou des strings, jusqu’à ce que l’un d’entre nous aille à l’administration amener des papiers et la trouve, pliée en deux au-dessus d’une photocopieuse. Ce jour-là, en tout cas, elle avait un string. Et il avait eu le réflexe de prendre une photo, discrètement, avec son portable, photo qui avait tourné et je crois bien que pas un seul d’entre nous, ne s’était pas branlé en la regardant. Sa jupe courte, par un miracle sans doute, était remontée très haut, dévoilant clairement des fesses nues, rondes et rebondies, et tout aussi clairement le cordon d’un string, remonté haut dans le sillon fessier, qui venait s’épanouir pour masquer le renflement de sa vulve.

Petite copine de nos âges ou femme de nos fantasmes, nous n’avions rien.

C’est Gaël qui a lancé l’idée.

J’ai pensé à quelque chose…

Il a dit ça mine de rien. Mais on a bien compris qu’il y avait anguille sous roche. Gaël était sans conteste le plus brillant d’entre nous, celui qui avait les meilleures idées. Des fulgurances.

On est tous en manque de meufs, pas vrai ?

J’ai pensé, au moment où il disait ça, à la fameuse barrière. C’était l’un des points d’entrée de l’établissement, mais c’était bien plus que cela. Une tradition avait été établie, sans doute bien longtemps avant que nous n’arrivions, et elle perdurerait sans doute après que nous soyons partis. Garçons et filles se retrouvaient là avec l’intention de séduire et de se laisser séduire. On s’y était payé de bons râteaux. Les filles, des plus canon aux moins séduisantes, elles n’étaient pas pour nous.

Je me suis dit qu’il y avait les poupées…

Je dois avouer que sur le moment, je n’ai pas su de quoi il parlait. Pour moi, les poupées, c’étaient avant tout les créatures de celluloïd avec lesquelles les petites filles aimaient jouer.

Les real dolls.

Et là j’ai compris de quoi il voulait parler.

Hier, je suis passé rue Croix Verte…

En fait, il avait du faire plus que passer rue Croix Verte. En effet, il y avait là, la dénomination avait différé selon les époques, un sex-shop, un magasin pour les couples, qui ne révélait rien de ce qu’il vendait, car la vitrine était drapée d’un long tissu noir, mais il était difficile de ne pas en avoir une idée. Il avait du pénétrer à l’intérieur, voir ce qu’on pouvait trouver.

Les real dolls je savais très bien, en fait on savait très bien tous autour de la table ce dont il s’agissait. C’était des poupées, mais qui coûtaient très cher, et qui étaient, j’en avais déjà vues, criantes de réalité. Rien de commun avec un vulgaire morceau de latex, ridicule, pourvu de trous.

Je me suis dit que ce serait effectivement une très bonne idée. Ça calmerait pas mal de frustrations.

Une real doll, mais ça coûte hyper cher, s’est exclamé Serge.

Pas forcément. On se base sur le prix moyen d’une real doll, on fait une cagnotte, on met des sous de côté, chacun contribue, et une fois qu’on a la somme, on investit. Et ensuite on fait tourner la poupée. Deux, trois jours chacun. On fait un planning, comme ça il y aura pas de contestation.

On s’est regardés. C’était un peu comme si on avait vécu dans l’obscurité pendant des années, et que, tout d’un coup, un rayon de soleil ait fait son apparition.

Voilà ce que je propose, j’ai dit. Près de chez moi, à la sortie de la ville, il y a un grand magasin pour couples, comme on dit. Dans un entrepôt. Il y a beaucoup plus de matériel que dans le magasin de la Croix Verte. Un choix énorme. Dès que j’ai l’argent, j’irai. Je la prendrai le week-end, quand je rentrerai et je la ramènerai lundi.

On avait mis ce plan à plat, et tout le monde semblait satisfait. Je dirai même apaisé.

Il a fallu une semaine pour qu’on réunisse la somme, à 18. On a tous cassé notre tirelire, du moins de manière métaphorique. Des billets, des pièces… J’ai tout mis dans une enveloppe kraft. Le week-end suivant, j’avais quitté l’internat, j’étais chez moi, et je suis parti, avec la somme dans l’enveloppe fourrée dans une poche de mon blouson, pour l’entrepôt. Il y avait trois zones commerciales dans la ville, et celle à laquelle je devais me rendre, pas la plus grande ni la plus développée, se trouvait à l’Est. Elle était occupée par un magasin de meubles, un autre de pompes funèbres, un transporteur dont tous les camions, le week-end, étaient rangés en ligne, et il y avait donc ce MAGASIN POUR LE COUPLE.

J’ai été impressionné quand j’ai pénétré dans le local. Il était immense, rien à voir avec le magasin de la Croix Verte et il y avait vraiment tout, des tonnes de matériel accumulé sur des étagères. Une caverne d’Ali Baba de tout ce qui pouvait concerner le sexe. Il n’y avait d’ailleurs pas que des pervers et des obsédés qui se baladaient sur les lieux, mais des couples de tous âges et des femmes, comme s’ils avaient été faire simplement des courses au supermarché. Il était loin le temps où les gens se cachaient, avaient honte, et c’était plutôt positif.

J’ai trouvé le rayon des poupées au fond, sur la droite. La zone était divisée en deux parties, les étagères sur lesquelles elles s’entassaient, pliées dans leurs cartons, et une vaste zone de démonstration. Ils avaient recréé une zone de jardin, avec une fausse pelouse, des transats, et aligné les différents modèles. On voyait clairement la différence, c’était d’ailleurs sans doute fait exprès, entre les modèles les plus rudimentaires, qui en étaient grotesques, du latex et des trous, un visage grossier, et les plus élaborés, qui eux, étaient vraiment impressionnants tant les filles ressemblaient à de vraies femmes, bien qu’immobiles, que l’on pouvait désirer. J’ai été immédiatement troublé, parce que je n’avais pas encore pris la mesure de la chose.

Je me suis rendu compte qu’avoir une poupée, ce serait pour nous une étape supplémentaire, un niveau supérieur, qui nous sortirait de ce qui était, d’évidence, même si nous n’en étions pas vraiment conscients, et si nous ne voulions pas l’admettre, une misère morale. Quelque chose qui serait à la fois loin, et qui en même temps nous rapprocherait de ce que l’on pouvait vivre avec une femme. Bien sûr, il n’y aurait pas de chaleur corporelle, ni même affective, ni même de dialogue. Mais nous pourrions nous enivrer moralement, nous perdre dans des illusions qui feraient que nous regagnerions ce qui nous manquait. L’esprit humain a une capacité extraordinaire à s’auto-tromper. L’imagination a un tel pouvoir que, ce qui nous manquait, nous le construirions.

Il y avait trois ou quatre poupées qui étaient parfaites à mes yeux. Une femme dans toute sa splendeur. On allait passer de bons moments.

C’est quand j’ai vu les prix que j’ai compris que les modèles qui étaient vendus au magasin de la Croix Verte, même s’ils avaient troublé Gaël, n’avaient rien à voir avec ceux qui étaient exposés là. Ça allait du simple au double, et on n’avait clairement, même avec notre cagnotte, pas assez d’argent.

J’étais revenu sur le parking, un rien dépité, quand un homme m’a interpellé. La trentaine, un costume gris, une chemise blanche. Cheveux mi-longs, avec un sourire, mais quelque chose d’inquiétant dans le regard.

Dites-moi jeune homme, j’ai une proposition à vous faire.

Barre-toi, sale pédophile, je lui ai répondu.

Je ne suis pas pédophile. Je suis passionné de poupées, je vous ai vu dans le rayon, je venais voir s’il y avait des nouveautés, et j’ai compris qu’elles étaient trop chères pour vous. J’ai une proposition à vous faire : j’en ai une cinquantaine à la maison. C’est ma passion. Je vis chez elles, comme je dis souvent. J’ai les moyens, j’en achète constamment de nouvelles. Je me lasse assez vite des modèles. Il y en a constamment qui sortent. Une manière de tenter le consommateur, d’évidence.

J’ai vu que vous vouliez vous en offrir une, mais que vous n’aviez pas les moyens. Ça m’a touché de voir quelqu’un qui, comme moi, avait une passion pour les poupées…C’est plutôt rare. Moi, j’ai commencé à l’âge de 16 ans, et c’est un goût qui ne m’a jamais quitté. Quand on commence, on n’arrive plus à s’en détacher… Pour moi, ce sera jusqu’à la fin. Je vous propose quelque chose…Vous avez quoi sur vous comme argent ?

Je lui ai dit.

Je vous vends une des miennes… La somme que vous m’annoncez, ça représente soixante pour cent de ce que je l’ai payée… J’en ai plusieurs que j’ai achetées il y a deux ans… Je renouvelle mon cheptel… Je fais partir d’un cercle d’amateur de poupées gonflables… On se les cède à petit prix…

Je l’ai regardé. C’était ça ou rien.

J’habite à cinq minutes d’ici, venez avec moi. Je suis venu à pied.

On a quitté la ZI, traversé la route, pour déboucher sur une rue pavillonnaire. Il habitait l’un de ces pavillons. Il m’a parlé, durant des cinq minutes où on a marché jusque chez lui, de son amour des poupées, j’ai pu me rendre compte que c’était effectivement le cas. Sa maison, une grande et belle maison, lumineuse, était envahie de real dolls, installées un peu partout, figées dans diverses positions, toutes habillées sexy. C’était certain, le soir, quand il rentrait, il ne devait pas se sentir seul. Je l’ai clairement vu, prenant les poupées. Celle par exemple qui était appuyée au comptoir dans la cuisine. Ou l’une de celles qui était installée sur le divan.

Dans la vie, chacun doit trouver son équilibre, une part de bonheur. Lui l’avait trouvée. Alors je me suis dit que Gaël avait eu une bonne idée, après tout.

Ainsi mises en scène, elles étaient attirantes, et je me suis rendu compte que je bandais.

Je te donne le choix entre Monica et Sylvia… Elles ont beaucoup servi, et elles seront bientôt remplacées par deux nouvelles real dolls.

Il les a désignées. Elles étaient installées, chacune dans un fauteuil. Habillées l’une comme l’autre. Il m’a fait une démonstration rapide de la nudité de l’une d’entre elles, soulevant une jupe, écartant une culotte, dévoilant un sexe qui n’était pas un simple trou, mais qui imitait parfaitement le dessin complexe d’une vulve féminine. Il a dévoilé également la poitrine de la même. Mais j’étais conquis. L’une ou l’autre… SI j’ai opté pour Monica, la blonde, c’est parce que j’ai pensé que mes camarades préféreraient une blonde.

Je te la prépare.

Il l’a emportée dans une pièce à côté. Quand il est revenu, elle était toute dégonflée, et repliée dans sa boite d’origine. La grandeur ne dure jamais, je me suis dit.

Je lui ai tendu l’enveloppe.

J’ai rajouté des vêtements dans la boite… Elle ne sera pas toute nue. Inutile de me donner de l’argent, c’est un cadeau. C’est rare de rencontrer des gens qui partagent votre passion.

Il m’a raccompagné. Sur le pas de la porte, il m’a simplement dit, c’était sans doute la meilleure chose qu’on pouvait dire dans une telle occasion :

Bonne bourre !

J’ai repris le chemin de la maison, heureux d’avoir pu trouver une solution, alors qu’une heure plus tôt, la situation me semblait sans issue.

J’avais envoyé un SMS à mes camarades en leur signalant :

Ça y est, achat effectué…

J’ai reçu des réponses enthousiastes.

C’est en arrivant chez moi que je me suis rendu compte que je ne lui avais pas donné l’intégralité de la somme que je lui avais promise. En effet, comme j’avais peur de la perdre, j’avais extrait une grosse coupure, que j’avais convertie en utilisant de la monnaie, sans quoi l’enveloppe était trop lourde. J’ai posé la boite dans ma chambre, située sous les combles, et je suis reparti.

L’après-midi touchait à sa fin quand je suis revenu en vue de la maison. J’allais sonner, mais je ne sais pas pourquoi, un sixième sens sans doute, je me suis approché de l’une des baies vitrées.

L’homme était aux prises avec l’une des créatures de latex. Celle-ci était pliée en deux sur le canapé. Ce n’était ni Monica si Sylvia, mais une autre fille. Le pantalon aux chevilles, le caleçon aux genoux, il faisait aller et venir une queue en pleine érection dans l’anus de la poupée. Il a fini par s’en arracher, et a craché de multiples traits de sperme sur sa croupe.

J’ai reculé, troublé. Je crois bien que je venais de prendre réellement conscience, pour la première fois, de ce qu’on pouvait faire avec une poupée.

Je suis revenu à la porte, j’ai attendu quelques instants qu’il puisse se rajuster avant de sonner. Il est venu ouvrir. Je lui ai tendu le billet de 200.

J’avais oublié de vous donner une partie de l’argent. Avec toutes mes excuses.

Il m’a jeté un regard lubrique.

Alors, tu l’as essayée ?

Pas encore, non.

Il a semblé déçu. Lui sans doute aurait sauté immédiatement dessus. Mais je n’étais pas comme lui. Il s’est dit que finalement, je n’étais pas ce double, plus jeune, qu’il aurait pu espérer.

On s’est séparés là-dessus. Je suis rentré à la maison. Il était dix-huit heures, mes parents étaient partis chez des amis, ils ne devaient rentrer que le lendemain matin, et je n’avais qu’une hâte : essayer Monica.

Dans ma chambre, une grande pièce sous les combles, je l’ai déballée. Tas de plastique soigneusement replié sur lui-même, qui avait perdu toute âme. C’était à moi de lui redonner vie. De la ranimer. Une nouvelle naissance, un nouveau rôle.

Je me suis souvenu de ce qu’il m’avait conseillé :

Pour la gonfler, j’utilise une pompe à vélo, et j’y vais doucement. Mais je te rassure, aucune poupée ne m’a explosé dans les mains.

Je suis descendu au garage. On avait plusieurs vélos, et j’ai récupéré une des pompes. On avait aussi une pompe pour gonfler la grosse piscine en plastique qu’on mettait sur le gazon en été, mais j’avais peur de faire exploser Monica, alors j’ai préféré m’en remettre à la pompe à vélo.

Dans le plastique replié, j’ai cherché le point d’entrée, je l’ai débouclé, et j’ai commencé à pomper. Au début, le plastique n’avait aucune forme, et puis, tout d’un coup, ça a vraiment démarré, le corps s’est formé. J’avais un peu l’impression d’être le Docteur Frankenstein, donnant vie à sa créature.

J’ai donné les derniers coups de pompe pour que la real doll soit entièrement remplie d’air et je l’ai contemplée. Non, il n’y avait aucun doute. Elle était très désirable.

Je me suis rendu compte que j’étais en pleine érection, saisi par le désir pour cette créature. J’avais envie de lui faire l’amour, tout de suite. L’image de l’homme, prenant la créature de latex, m’est revenue. Je me voyais bien dans cette position avec Monica.

Je me suis ressaisi. Pour l’instant, j’avais d’autres choses à faire. Préparer le planning, puisque nous allions nous la partager, et poser quelques règles. La question essentielle, c’était et ce serait celle de l’hygiène. Pas question de passer, après usage, une poupée souillée, couverte de sperme, aux copains. J’ai donc édicté une sorte de règlement ;

1 – Il faut prendre soin de la poupée comme si elle était à soi. C’est d’ailleurs le cas, puisque tout le monde a participé. Elle a coûté cher, il faut la garder le plus longtemps possible.

2 – Le rendre dans l’état dans lequel on l’a trouvée.

3 – Pour que le 2 se révèle probant, il faut la nettoyer totalement. Pas une seule tâche dessus, fut-elle petite. En cas de plainte, j’inspecterai la poupée après chaque utilisation.

J’ai fait dix-huit copies, que je distribuerais le lundi matin. Pour la poupée, j’ai envoyé un mail à tout le monde. J’avais un casier, mais je ne m’en servais pas. Je le laisserais ouvert, sans cadenas, de manière à ce que chacun puisse prendre et déposer la poupée.

Tout était prêt.

Il était 22 heures.

Je me suis rendu compte que je n’avais fait que refouler dans un coin cette envie qui me taraudait depuis la première seconde. J’avais envie d’essayer la poupée… Je m’étais marqué en fin de liste, le tout dernier, dans un esprit de sacrifice, mais je ne pourrais pas tenir jusque là. J’avais envie d’elle. Après tout, je la replierais après, et personne n’en saurait rien. Et puis, qu’est-ce qui m’empêchait de l’essayer ? J’en avais bien le droit. C’était même une sorte de prime puisque c’était moi qui en avais fait l’emplette, et avais trouvé une solution alors que nos espoirs de poupée s’envolaient, vu le prix.

Je suis remonté au grenier. Ça a été très curieux, parce que, quand je suis rentré dans la pièce, elle était métamorphosée. C’est à ce moment, je crois, que j’ai vraiment compris pourquoi tant de personnes avaient une relation avec une poupée gonflable. Il y a eu une sorte de moment magique où elle a cessé d’être une simple poupée pour devenir humaine. Elle n’était plus du latex, mais elle avait une vraie dimension, celle d’une femme désirable. Et rien n’aurait pu m’empêcher d’assouvir mon désir avec cette partenaire. Et ça s’est produit à chaque fois par la suite.

Je me suis approché et je me suis posé près d’elle. Nos bouches se sont rejointes. Elle n’était plus faite de latex, mais vraiment de chair, une chair douce et fondante.

J’étais en pleine érection, plus dur je crois que je ne l’avais jamais été. Je n’avais pas eu de petite copine, encore, mais cette situation, c’était ce qui s’en rapprochait le plus. Je l’ai caressée, je suis venu sur elle à travers ses vêtements, puis dessous. Un instant, je me suis demandé ce qui se passerait le jour où, du moins j’espérais que ce jour arriverait, j’aurais une vraie fille dans mes mains. Si j’étais habitué à la poupée, est-ce que finalement, je ne préférerais pas la poupée.

Mais je n’en étais pas encore là. Si ça se trouvait, il faudrait des années avant que je n’aie une fille dans ma vie. Et ce qui se passait avec la poupée était vraiment bien.

Je suis venu caresser ses seins de ma bouche. C’est après que c’est parti nettement plus loin. J’avais vraiment envie d’un rapport sexuel, d’un vrai. Pouvait-on parler de dépucelage ? Difficile à dire. Oui, si on considérait qu’elle était à ce moment, grâce au pouvoir de mon imagination, une femme. Non, si on pensait qu’elle n’était qu’une poupée de latex. Mais je n’étais pas trop dans l’interprétation à ce moment, mais plutôt dans l’envie.

C’est comme ça que je suis arrivé à la pénétrer. Je l’ai prise sur moi. J’ai soulevé sa jupe, écarté sa culotte, et trouvé sa fente ouverte. J’ai ajusté la tête de ma queue sur la fente… Je pensais que ça allait bloquer, mais c’est rentré tout seul. Je me suis retrouvé complètement enfoncé dans la chatte de latex. A ceci près, le pouvoir de mon imagination, que pour moi ce n’était pas une chatte de latex, mais une vraie chatte, souple et humide, qui me gainait. J’étais partagé entre excitation, émotion, et envie de pleurer. S’il n’y avait pas de fille, il y aurait au moins la poupée.

Je l’ai attrapée par les hanches, peut-être comme je l’aurais fait avec une petite copine, et je l’ai faite bouger sur et autour de moi. C’était vraiment très bon. Je me suis efforcé de maîtriser la jouissance que je sentais monter en moi. J’ai tenu plus longtemps que je ne l’aurais pensé, avant de me libérer de toute ma semence… Le sexe de latex a recueilli mon sperme… Je me vidais à n’en plus finir, comme si j’avais libéré tout le sperme réservé depuis ma dernière branlette… Les conseils que j’avais marqués sur la liste, je devrais me les appliquer à moi.

Je suis resté un moment comme ça, ma queue baignant dans le sperme, puis je me suis dégagé. La semence est restée dans le vagin de plastique. J’ai été le vider dans le lavabo de la salle de bains, j’ai passé un coup d’éponge.

Quand je me suis couché, ce soir-là, je l’avais laissée sur le divan. Elle était là, rhabillée… Je n’arrêtais pas de repenser à ce qui s’était passé, sans doute moins bon qu’avec une vraie fille, mais cent fois meilleur que quand je frottais ma queue dans ma main. Je me suis endormi alors que tournait, en boucle, dans ma tête, ce moment.

Le lendemain matin, quand je me suis réveillé, j’étais tout dur, et j’avais envie de sexe. Plus que d’habitude en tout cas. Et ce ne serait pas en regardant du porno sur internet et en frottant ma queue jusqu’à faire jaillir le sperme.

Je savais exactement ce que je voulais. Il était sept heures du matin, j’avais trois bonnes heures devant moi.

Ma nuit avait été hantée par des rêves dans lesquels je prenais la poupée de toutes les manières imaginables. Des rêves érotiques qui m’avaient fait me tourner et me retourner.

Je me suis dit que c’était le moment d’en profiter. Après… La poupée vivrait son destin, allant d’étudiant en étudiant, de queue en queue, et ce ne serait plus pareil.

Je me suis approché d’elle. Sa bouche était bien dessinée, une vraie bouche de femme, avec des lèvres. Rien à voir avec le vague trou des poupées les moins chères. Je suis venu balader mon gland dessus, avant de rentrer mon sexe dedans. Là encore, la magie a joué a plein, et j’ai eu vraiment l’impression d’être dans une bouche de femme, qui aurait accepté que je la pénètre. Je me suis mis à aller et venir…C’était…Vraiment très bon…Mais je me suis retenu de jouir… Je voulais réaliser une sorte de parcours du sexe, même si celui-ci ne serait pas total. J’ai attrapé la poupée et je l’ai calée à quatre pattes sur le lit. Elle se laissait manipuler aisément, souple, et plus aisément maniable que les grossières poupées que certains utilisaient. A quatre pattes, elle m’offrait une vulve et un anus parfaitement dessinés. Et j’avais envie de rentrer dans l’un autant que dans l’autre. Je me suis avancé, j’ai attrapé la poupée par les hanches, et je suis rentré dans sa vulve. Je l’ai fouillée lentement, en faisant aller et venir ma queue dans la gaine de latex. Je retrouvais mes émotions de la veille, et cette merveilleuse impression de faire l’amour à une vraie femme. Avec elle, tout était possible.

Comme de la sodomiser. Je suis remonté sur les plissements qui imitaient à merveille ceux d’un véritable anus. J’ai appuyé et je suis rentré dedans. Est-ce que ça imitait ce qu’on pouvait expérimenter quand on sodomisait une fille ? Si c’était le cas, alors, c’était vraiment très bon. C’était bien serré, et ça, ça faisait toute la différence. J’ai bougé en elle, jusqu’au moment où je n’ai plus pu me retenir. J’ai lâché mes premiers traits de semence dans l’anus de la poupée, puis je me suis dégagé. Dans les pornos que je regardais, les hommes aimaient bien sortir leur queue du vagin ou de l’anus d’une fille et balancer leur semence sur son corps, et j’ai imité quelque chose qui me plaisait. Surpris d’avoir encore autant de sperme à éjaculer, alors que la veille, je m’étais vraiment vidé.

On approchait déjà de dix heures, alors j’ai nettoyé soigneusement la poupée, et je l’ai dégonflée. Je l’ai rangée dans sa boite, avec ses vêtements, et j’ai glissée celle-ci dans un sac en papier, neutre, pour que personne ne se rende compte, quand on la prendrait à tour de rôle, ce dont il s’agissait.

Le lundi matin, je lui ai dit une sorte d’adieu, en la fourrant dans mon casier.

C’est à ce moment que le processus s’est enchaîné. A neuf heures, changeant de salle, j’ai croisé Marc. Il avait le sac à la main. C’était effectivement lui qui devait prendre la poupée pendant trois jours. Il m’a fait un clin d’œil, et a levé le pouce en signe de victoire.

Certaines victoires sont aussi des défaites.

On avait l’habitude de se voir très régulièrement, non seulement en cours, bien sûr, mais aussi à la cafétéria, dans nos moments de libre. Si dans les premiers temps, on partageait un enthousiasme communicatif, très vite, les conversations ont cessé, à mesure que la poupée passait de main en main. Nous avions été très unis jusqu’à ce moment, mais la poupée a fait que des fissures ont commencé a apparaître et ces fissures n’ont pas été comblées loin de là, elles sont agrandies à mesure que le temps passait.

Le contraste était flagrant. Avant, entre nous, on parlait de tout, surtout de sexe évidemment, dans la plus totale des libertés. On en est arrivés très vite à devoir essayer de combler des blancs, qui duraient. 

Chacun d’entre nous avait eu une expérience très forte avec la poupée. Quelque chose d’à la fois commun et particulier, dont il ne souhaitait pas parler. C’était tellement unique et intense qu’on ne voulait pas l’évoquer, et c’était justement ce dont on aurait du parler. Donc on a glissé vers le mutisme.

On a commencé à se disperser. Autour de la table, il y a eu 16 personnes, 14… On ne venait plus, on allait ailleurs. La poupée, pourtant, continuait de tourner.

Ça s’est terminé au bout de la période que j’avais planifiée. 57 jours. C’est David, qui, dernier sur la liste m’a dit :

La poupée, plus personne n’en veut. Ça a détruit notre amitié. Tu la prends, tu en fais ce que tu veux. Nous on veut que ça revienne comme avant, et il n’y a qu’une solution.

Ce soir-là, je suis passé au casier. Je voulais récupérer la poupée et la ramener chez moi. Elle aurait parfaitement sa place dans ma chambre, quand mes parents sortiraient. Un certain week-end tournait dans ma tête.

Quand j’ai ouvert le casier, la poupée avait disparu.

Je n’ai pas été tant surpris que ça. Le casier était ouvert, et le fait qu’on ait investi dans une poupée avait fait le tour du bahut. Trouver le coupable… Pas même sûr qu’il y avait des empreintes…J’ai été un peu dépité, mais fataliste. Les choses étaient comme elles devaient être.

Ça a été trois semaines plus tard que j’ai su où était passée la poupée.

Je passais devant une salle, très tôt le matin, et j’ai entendu des halètements. J’ai été d’abord très inquiet, parce que j’ai pensé qu’il y avait quelqu’un de malade. J’ai ralenti, pour aller glisser un œil dans la pièce. J’ai vu un des enseignants, dans cette petite salle qui servait à entreposer du matériel, le pantalon baissé, faisant aller et venir son sexe, un sexe vraiment plus long que je ne l’aurais imaginé, pour quelqu’un qui n’était pas très grand et obèse, dans la vulve de la poupée gonflable qui se tenait debout devant lui. Il l’avait vêtue, et on aurait vraiment cru à cet instant, de loin, qu’il faisait l’amour à une de ses collègues. Comme moi, comme mes camarades sans doute, il allait et venait en elle, avec ardeur, ayant basculé dans cette phase dans laquelle il pensait qu’elle n’était pas une simple poupée de latex, mais une vraie femme.

Même s’il avait embarqué la poupée que je voulais récupérer pour mes propres fins, ça m’a rasséréné. C’était peut-être aussi bien qu’il en soit ainsi. Elle aurait une vie propre, passant de main en main. Elle ne m’appartenait plus.

C’est un an plus tard, quand je me suis installé seul dans un appartement, que je me suis enfin payé une poupée. Neuve. J’avais économisé, et surtout eu le temps de réfléchir. Suffisamment pour avoir la certitude que ma sexualité passerait, à l’avenir, d’une manière ou d’une autre, même si ça n’était pas exclusif, par les poupées. Elle m’attendait toute la journée, et le soir, elle se donnait à moi quand je rentrais.

Elle a vite eu une compagne.

Je repensais souvent à l’homme que j’avais croisé. C’était sans doute en partie grâce à lui que j’étais devenu ce que j’étais devenu. Son double en fait. Il savait certainement, quand il m’avait offert la poupée, qu’il m’avait converti. Que je deviendrais, un jour, comme lui. J’avais envie de rentrer à nouveau en contact avec lui, lui dire que j’étais comme lui, son semblable, son frère. Mais je ne l’ai jamais fait. Chacun vivait son amour des poupées d’une manière qui lui était unique. Nous étions tous semblables et tous différents. Nous, les amateurs de poupées. 

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