SENSITIVE ACADEMIA (1)

12345
Loading...

Pierre Triarde


soft



SENSITIVE ACADEMIA

1 – Sous influence de grand-mère Hilda

Je m’appelle Anton Krieger et mes vieux ont eu la bonne idée de crever le jour de mes vingt ans. Un stupide accident de la route qu’on m’a dit, qui en plus d’avoir écrabouillé mon père et ma mère, a coûté la vie à deux piétons qui marchaient sur le bord de la chaussée. Il parait que leur voiture a été happée par un camion fou en panne de freins. Ne vous apitoyez pas sur mon sort, j’avoue ne pas avoir eu beaucoup de mal à retenir mes larmes. Je ne causais pas beaucoup à mon père car lui-même daignait rarement m’adresser la parole. Je n’étais pour lui qu’un gamin taciturne, capricieux, sans ambition et qui plus est, moche comme un cul. Pour ma génitrice qui jouait à la perfection le rôle imbécile de l’épouse soumise, je n’étais de même qu’un triste connard doublé d’un fainéant sans scrupule.

Et tu comptes faire quoi de ta vie ? me demanda grand-mère Hilda.

Veuve depuis douze ans, grand-mère Hilda passait son temps dans les casinos et les bordels de luxe à dilapider la fortune de papa. Ah oui, je ne vous ai pas dit que mon paternel était riche… vraiment très riche. Des usines partout dans le monde à fabriquer des cyber-neurones pour une ribambelle de clients prestigieux. Les profits colossaux de la XOONTECH faisaient de moi l’une des fortunes les plus enviées de l’Union.

Je n’en sais rien ! répondis-je fatigué par toutes ces questions stupides. Père a dû faire le nécessaire pour que je ne reprenne pas la direction de ses usines ?

Tu penses vrai ! reconnut la vieille. Le consortium sera désormais dirigé par ton oncle Léopold. C’est peut-être mieux comme ça, tu ne penses pas ?

Je ne pense rien mamy, je suis le roi des cons ! Tu as oublié ?

Allons mon garçon, l’apitoiement n’a jamais rien apporté de positif. Il faut reconnaître que tu manques de maturité mais un jour viendra où tu sauras trouver la place qui est la tienne dans l’empire de ton père !

Trop bonne la vieille pour me sortir un pareil ramassis de conneries. Elle était bien placée cette morue pour me parler de maturité alors qu’elle passait son temps à baiser avec des gigolos quarante ans plus jeunes qu’elle. Je regardais le grand Paris noyé sous les eaux de l’océan Atlantique. Depuis le crash écologique, ne restait plus de la capitale qu’un ramassis d’immeubles à moitié submergés. L’humanité n’avait pas voulu écouter les avertissements de Mère Nature et voilà ce qui lui en avait coûté, partout des villes et des champs engloutis sous des mètres d’eau.

Je me casse grand-mère ! lui confiai-je d’une voix terne. Je quitte le pays pour aller travailler dans une organisation humanitaire. Au moins là-bas, on m’appréciera pour ce que je suis et non pas pour ce que je suis sensé être.

Hilda me dévisagea en se passant l’ongle de son pouce sur les lèvres. Dans son regard pétillait une lueur que je ne sus interpréter. Venant de grand-mère Hilda, je pouvais m’attendre à tout, même aux suggestions les plus déjantées.

Je pense avoir un plan tour toi mon garçon, me dit-elle sur le ton de la confidence. Tu es un grand gaillard mais un tantinet trop gros, tu as besoin d’un peu d’exercice pour fortifier cette musculature que tu as tant négligée. Que dirais-tu que je t’inscrive dans une école qui transformerait ce corps de pithécanthrope en un gentleman tombeur de ces dames. Et puis tu as besoin d’éducation mon garçon, tu es aussi cultivé qu’un champ de ronces.

De quel genre cette école ? demandai-je méfiant.

Le genre d’école où lorsque tu en sors, tu n’es plus tout à fait le même !

Ce qui veux dire ?

Que je vais dès aujourd’hui contacter la directrice de Sensitive Academia. Tu n’auras pas à le regretter Anton, ce que tu vas apprendre là-bas va changer ta vie !

Le soir de ma discussion avec grand-mère Hilda, je décidai de manger et de boire beaucoup, histoire de prendre de l’avance sur l’avenir. Quelle mouche avait piqué Mémé pour vouloir me renvoyer à l’école ? Le blême, c’est qu’une fois entré dans ce genre d’institution, il ne me serait plus possible de grignoter et de boire n’importe quoi, à n’importe quelle heure. Sensitive Academia m’avait dit grand-mère ! Mais qu’est-ce que j’allais foutre dans cette école de cul-terreux ? Je n’avais jamais réussi à apprendre correctement mes tables de multiplication ! Père avait raison quelque part, je n’étais qu’un branleur tout juste bon à glander et regarder des films pornos. En parlant de films pornos, j’éprouvai soudain l’envie de voir ma voisine de pallier. Je frappai à sa porte pour lui demander si elle ne pouvait pas me refiler un peu de sel de cuisine. Une excuse bidon qui fonctionnait à chaque fois ! Ma voisine me fit entrer et me fit savoir qu’il lui fallait chercher le précieux chlorure de sodium dans ses placards. Martine possédait des rondeurs qui dépassaient largement ce que pouvait contenir les paumes de mes deux mains. J’étais moi aussi pas mal enrobé mais d’après les dires de ma voisine, l’heureux propriétaire d’une grosse et longue queue qui entrait bien et bien profond !

Martine courba l’échine pour contempler ce qu’il y avait de si intriguant dans ses placards. C’est alors que sa jupe se releva sur son postérieur de lait. Blotti à la racine de son ventre se tapissait la peluche humide de son sexe.

Voilà le sel ! s’exclama-t-elle en se redressant d’un coup.

Elle me tendit la boîte si convoitée. Je restai là comme un idiot à la regarder avec son sel à la main. Le voisin du dessous m’avait dit un jour que Martine travaillait au Ministère de la Défense. Que faisait donc cette nana dans un taudis pareil avec telle situation ? Et lui, que faisait-il dans ce gourbi alors qu’il pouvait habiter la résidence familiale située sur les hauteurs de Montmartre. Anton avait décidé de quitter le cocon que papa et maman avaient si patiemment tissé autour de lui. Son père l’avait étouffé de sa fonction de père alors que sa mère se souvenait à peine de son existence. Et maintenant que ces deux là étaient morts éclatés sous les roues d’un camion, c’était grand-mère Hilda qui décidait de son avenir.

Je vais partir Martine !

La jeune femme me dévisagea un moment sans comprendre. Dans ses yeux se lisait une sorte de tristesse contenue.

Tu pars où ? me demanda-t-elle d’une petite voix étranglée.

Sensitive Academia ! Une école que ma grand-mère m’a dégotée je ne sais où pour me cultiver. Parait que je suis homme gras et inculte !

Moi je te trouve mignon et puis… tu peux avoir des discussions intelligentes quand tu veux !

Merci Martine ! Tu peux t’en retourner fouiller dans tes placards ?

Ma bienfaitrice se courba de nouveau pour dénicher une bouteille de rhum. Elle savait ce que je complotais mais sa gentillesse lui interdisait de me refuser ce petit cadeau d’adieu. Je bus une longue rasade de rhum ! L’alcool me brûla l’œsophage comme une coulée de lave. Je pénétrai Martine d’un mouvement lent qui me permit de bien voir mon inaltérable organe plonger dans les profondeurs de son ventre. J’avalai une nouvelle rasade d’alcool en même temps que je calculais le meilleur angle de pénétration. À chacun de mes coups de rein, Martine poussait un petit cri. Autre chose aussi attira mon attention dans le silence du soir. Notre accouplement s’accompagnait de sonorités collantes qui me firent saliver comme un chien enragé. Bruits humides entrecoupés de gémissements étouffés… je décidai de vider la bouteille. J’accélérai la cadence ! Martine s’exprimait désormais dans une débauche de râles gutturaux.

Putain que c’est bon ! gueula-t-elle en frappant le mur du plat de ses deux mains.

Je me soulageai en de longues giclées brûlantes. Martine ronronna de sentir autant de semence lui arroser les tréfonds. Elle reprit vite ses moyens en me lançant d’une voix rauque :

Allez gros bêta, éjecte-toi maintenant ! Je pense que deux pizzas et douze bières au frigo feront l’affaire ?

C’est plus que parfait ! Manger et boire, c’est encore ce que je fais de mieux !

Grand-mère Hilda avait remué ciel et terre pour que l’école m’accueille le plus vite possible. Elle avait très certainement accéléré la transaction avec un chèque à six chiffres. Hilda ne lésinait pas sur les moyens ! Je me trouvais dans le jet privé de mon défunt père à plus de trente mille mètres au-dessus du sol. L’hôtesse déambulait dans l’avion à l’écoute de mes caprices ; une coupe de champagne, des biscuits salés, des toasts au saumon, recoupe de champagne et sushi au thon rouge… j’étais aux anges ; jamais personne ne s’était occupé de moi avec autant de gentillesse. L’alcool aidant, je m’imaginais la belle hôtesse sillonnant l’allée de l’avion dans son plus simple appareil. Le temps passait vite. L’avion se déplaçait vers l’ouest à la poursuite d’un astre qui ne voulait pas se coucher. Le vol dura huit heures à la suite de quoi nous atterrîmes sur la piste d’un aéroport minuscule. L’hôtesse m’invita à sortir du jet. L’air humide et chaud me tomba dessus comme un drap mouillé. L’aéroport était désert. Je me sentais un peu perdu sur cette aire de stationnement mais heureux, car pour la première fois de ma petite existence, je posais les pieds sur une terre exotique. La forêt qui s’étirait au loin rendait l’aéroport presque anachronique, comme surgi du néant. De l’autre côté de la piste se trouvait le baraquement des douaniers puis un peu plus loin, un hangar à la peinture écaillée. La chaleur moite me collait à la peau. Le crissement des sauterelles résonnait dans ma tête.

Quelque chose ne va pas Monsieur Krieger ! me demanda l’hôtesse inquiète de mon silence.

Non tout va bien ! Juste le choc de cette horrible chaleur.

C’est parce que l’orage monte Monsieur ! me confia la jeune femme. Les habitants de l’île vous diraient que c’est une soirée parfaite pour faire l’amour ! Le chauffeur de l’école vous attend à l’arrière de l’avion. Si vous vous voulez bien me suivre !

Une soirée parfaite pour faire l’amour. Quel sens devais-je accorder à cette remarque ? L’hôtesse me conduisit jusqu’à la voiture dans un balancement de hanche lascif. Je n’eus pas le temps de poser mon derrière sur la banquette que la femme avait déjà disparu de mon champ de vision. Elle était pourtant mignonne ma fée clochette et je n’aurais pas dit non de passer la nuit en sa compagnie pour vérifier ses assertions sur les bienfaits de l’orage.

Une fois les grilles de l’aéroport franchies, la voiture fut avalée par un flot de véhicules cabossés. La rue qui s’étirait dans la fumée du soir était bordée d’une enfilade de petits commerces. L’air était lourd de parfums entêtants. La voiture s’engouffra dans le silence de la nuit, à la rencontre de cette école qui devait tant m’apprendre sur les principes de la vie.

CETTE HISTOIRE VOUS A PLU ? N’OUBLIEZ PAS DE LA COMMENTER ET DE LA PARTAGER !

***

Retrouvez les autres histoires de Pierre Triarde :

https://www.meshistoiresporno.com/author/pierre-triarde/

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *