SIGNES DE SOUMISSION (3)

Alexandre referma la porte, ravi d’avoir vu Margaux se troubler au fur et à mesure qu’il dressait la liste des interdictions ou des obligations qu’elle devait respecter.

Il ne doutait pas qu’elle allait les suivre à la lettre. Il y avait chez elle un côté « élève modèle » qui contrastait avec la volonté de ne pas se laisser faire, comme le montrait l’épisode de la culotte immaculée.

De l’interrogatoire qu’il avait mené tout en jouant à troubler davantage Margaux, il avait retenu avec amusement qu’elle avait été déniaisée par un cousin dès l’âge de quinze ans. Margaux avait avoué être attirée par des hommes plus âgés qu’elle. A trente-deux ans, elle avait déjà vécu deux fois en couple sans jamais avoir réussi à se stabiliser. Et depuis, elle profitait d’occasions dans des soirées ou en fixant des rendez-vous par application interposée.  Une fois, même lors d’une sortie en boite, elle avait bu plus que de raison et avait fini la nuit dans le lit d’une jeune femme qui avait flashé sur elle.

Il faut reconnaître, se dit Alexandre à ce moment-là, que Margaux ne manque pas de charme. Elle est un peu gauche certes, pas toujours habillée en sa faveur si l’on en juge aux photos qu’elle poste sur son Instagram.

Par sa petite taille et ses formes généreuses, elle est loin de l’idéal type des magazines de mode. Mais cette jeune femme dont les cheveux blonds vénitien encadrent un visage ovale aux traits fins attire Alexandre. Son regard gris-bleu s’éclaire au rythme de la conversation. Elle a une façon charmante de bouger le nez quand elle s’anime. Margaux a visiblement une intelligence aiguë et ce n’était pas pour déplaire à Alexandre. Seul note discordante à ses yeux : ses lèvres fines.

Margaux avait avoué frémir à la lecture de livres ou de sites décrivant le parcours de soumises. L’un de ses deux compagnons avait joué un peu avec elle. Elle avait aimé être entravée mais jamais Marc, son ex, n’était pas allé au-delà alors qu’elle rêvait d’être violentée et soumise à la rudesse d’un homme. Alexandre avait écouté cet aveu en silence, notant que Margaux, les joues rouges, fixait l’horizon au loin, le regard perdu. Elle précisa qu’elle cherchait un maître qui sache la comprendre et auprès de qui elle se dépouillerait.

Il restait à Alexandre à rédiger son message avec soin. Il avait compris que Margaux était sensible à la musique des mots et qu’elle vibrait devant certaines expressions. Dans l’encadrement de la porte, elle avait blêmi quand il lui avait dit « si vous voulez être mienne ».

Il n’était pas 19h quand Margaux fébrile découvrit le message que venait de lui envoyer Alexandre.

« Je vais vous dire, Margaux, très exactement ce que j’attends de vous. Vous prendrez alors votre décision en connaissance de cause. Je vais d’abord revenir sur ce « lâcher-prise » que vous appelez de vos vœux. Ne croyez pas que si vous acceptez d’être mienne, ce sera pour être déchargée de toute obligation ou de toute responsabilité. Au contraire, vous allez devoir aller au fond de vous-même pour réaliser l’impensé, acceptant ce que votre éducation vous a toujours poussée à refuser.

Que je vous l’ordonne par un geste, un regard ou une parole, vous deviendrez cet animal qui sommeille en vous, nu et vulnérable, cette femelle à la fois rebelle et confiante. Si mon plaisir sera toujours premier, je veux vous faire découvrir toutes les brûlures d’une sexualité assumée.

Vous êtes Margaux un diamant brut qui ne demande qu’à être poli pour briller de mille feux.

Je veux vous rendre fière de votre corps, que vous soyez profanée lors d’une cérémonie particulière, forcée à des actes inconvenants ou élevée au rang de la plus indécente des catins.

Je veux investir votre esprit afin que tous vos actes, toutes vos pensées soient tournés vers moi. Vous quémanderez mes mains, ma bouche, mon sexe et vous pleurerez de plaisir quand vous serez investie même si vous subissez dans le même temps la morsure du cuir.

Vous connaîtrez le manque en mon absence, avec l’interdiction de vous caresser pour mieux jouir de nos retrouvailles.

Ultime paradoxe de cette relation si particulière. Rien ne vous sera imposé. C’est vous-même Margaux qui choisirez de vous en remettre à moi et de franchir avec fierté les épreuves dictées.

Vous serez toujours libre de rompre ce contrat tacite qui nous liera. Sachez seulement qu’aucun retour ne sera possible en cas de rupture.

Si vous acceptez, Margaux, vous m’offrirez un don unique pour lequel je devrais me montrer digne : à savoir vous-même. Nous aurons alors à construire ensemble cette relation si particulière qui unit une Soumise à son Maître où plaisir et douleurs sont liés.

Si vous acceptez de porter mon collier à mes armes, symbole de votre condition, je m’engage à vous guider dans la recherche de votre propre sexualité et à vous protéger en étant à votre écoute.

Appartenir, Margaux, c’est croire et croître.

Au plaisir de vous lire,

Alexandre »

Plus la lecture se prolongeait, plus Margaux se sentait confortée dans son choix. Par tempérament elle aimait les obstacles dans la vie et se surpasser. Elle avait coutume de dire que les épreuves la faisaient avancer. Pour elle la décision était sans appel : elle  viendrait se mettre au pied d’Alexandre. Elle frissonna à l’idée qu’Alexandre puisse la faire jouir. Une boule de feu grossissait dans  son ventre. Elle commença par titiller son clitoris qui se dressait. Elle gémissait de plaisir, appelant en pensée Alexandre à venir l’honorer. Elle écarta ses petites lèvres ; son index, puis le médium investirent son vagin, ses ongles qui venaient irriter les parois provoquaient comme des décharges électriques qui se propageaient jusqu’à sa nuque.

Elle avait envie qu’Alexandre la prenne ici et maintenant. Elle rêvait d’un sexe qui s’enfonçait profondément dans son intimité humide, puis d’une sodomie, elle s’imaginait livrée à plusieurs hommes supportant de violents coups de reins et de queue sous les yeux d’Alexandre. Elle finit par jouir intensément, ses mains inondées, le canapé où elle s’était installée, trempé.

 

Margaux attendit le lendemain matin pour accepter les conditions d’Alexandre. Elle passa une nuit agitée, aux rêves troubles, se réveilla une fois en sueur, une fois en criant, elle ne tenait plus d’impatience, tant elle avait besoin de revoir cet homme.

A sept heures, elle écrivit : « Alexandre, je suis déjà à vous, et porter votre collier sera ma fierté ». Quelques minutes à peine après son envoi, elle reçut cette réponse : « Aujourd’hui vous mettrez une robe sous laquelle vous serez nue. Deux fois par heure, vous regarderez sur votre smartphone une vidéo porno, et m’enverrez un message décrivant brièvement la scène, et l’effet qu’elle produit sur vous. Je ne répondrai pas mais vous lirai montre en main. La masturbation vous est formellement interdite, que ce soit seins, chatte ou cul, vous ne vous donnerez pas de plaisir. A dix-huit heures, vous vous présenterez à ma porte. Votre manteau sera posé sur votre bras, vous ne porterez que votre robe et votre chatte devra être trempée d’excitation. »

Margaux n’attendit pas pour visionner la première vidéo. Une femme est attachée au centre d’une pièce, bras et jambes écartés. Elle est seule, tremblante, et porte un bâillon boule. L’actrice surjoue la peur et les yeux affolés. Le Maître entre, la contourne lentement, la détaillant du regard. Soudain il saisit son menton en plante ses yeux en elle, menaçant. Elle sait que c’est l’instant où tout bascule, et en prendra pour son grade.

Difficile de rester concentrée au travail, nue sous une robe, la chatte en feu. Elle venait d’écrire à Alexandre « C’est cet instant précis qui me rend folle, l’instant où la Soumise abandonne tout : fierté, insolence, verbe… et où elle n’est plus que femelle ».

Une autre vidéo, à l’heure du déjeuner, faillit la faire craquer. Lieu public, la femme est exposée, mains liées ensembles relevées au plafond. Équilibre instable, sur la pointe des pieds. Elle est bâillonnée d’un foulard qui entre dans sa bouche. C’est un bar, des hommes et des femmes conversent en buvant un verre, certains s’arrêtent pour la toucher. Elle gémit de désir, il lui faut être prise. Soudain un homme vient, il bande. Il arrache les boutons du chemisier et découvre les seins qu’il maltraite. Un autre s’approche aussi. Lui, il arrache la jupe (miraculeusement légère) et sans ménagement passe sa main sous la fine culotte. Un autre encore vient, dégage les fesses, qu’il écarte. Il prend l’anus de la belle, qui n’est pas loin de jouir, et y introduit un plug. « Il faut la détacher ». Elle sera prise par les trois, ensemble, et les satisfera.

Elle écrivit à Alexandre : « Je suis votre femelle, prenez-moi comme une Chienne. »

Le sexe de Margaux coulait abondamment entre ses cuisses. Plusieurs fois elle avait dû se rendre aux toilettes pour se nettoyer. Son souffle était court, et ses joues en feu. Elle prétexta une fièvre, sans mentir, pour s’absenter plus tôt et rentra chez elle vers 16h. Elle avait vu plus de quinze vidéos, écumé les onglets « kink » sur les sites pornos. Elle était épuisée.

Elle s’allongea un instant, et le désir, entêtant, l’obsédait. Elle voulait des entraves, elle lui écrivit « Attachez-moi ! ». Elle ferma les yeux et somnola un peu, tétons dressés, cuisses écartées, chatte à l’air, rêvant qu’Alexandre soit là. Elle dut s’endormir et rêver car soudain, son propre cri la réveilla : elle était secouée d’un puissant orgasme, et se tordait dans un râle. Sans avoir désobéi, car elle ne s’était pas touchée.

A peine soulagée, elle se doucha, à l’eau presque froide, et se prépara. Elle s’était procuré des bas couture, et les fixa à un porte-jarretelles noir. Escarpins de danseuse andalouse, avec une petite boucle. Robe noire, fluide, en portefeuille. Il suffisait de tirer sur un ruban pour l’ouvrir entièrement. Pas de maquillage mais les lèvres carmin.

C’est en petite catin qu’elle sonna à sa porte.

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