Dans les lumières du crépuscule, on gagne la colline. Les braves gens sont chez eux, ils regardent la télévision en dînant. Nous nous allons profiter de ce que notre corps peut nous donner, avant qu’il ne soit usé, comme le leur. Pour ne pas avoir de regrets plus tard.

Les ouvriers ont aménagé et goudronné une partie du no-man’s land, pour s’en faire un parking, qui, le vendredi soir, est rempli. Les voitures se garent les unes à coté des autres, les carrosseries quasiment au bord de l’accrochage, et les passagères en descendent, toutes sur leur 31.

On trouve une place près d’un arbuste, en bout de ligne. Les lueurs du néon viennent jusqu’à nous de tout le long du T que forment les baraquements. C’est chaque cellule de cet assemblage artificiel qui a une vie propre en cette soirée, loin du calme habituel. Du dernier bloc d’acier, sur la droite, arrive jusqu’à nos oreilles le bruit hypnotique d’une musique électronique. L’un des ouvriers est aussi DJ, et il fait profiter ses camarades de ses talents.

On avance côte-à-côte, nos corps se touchant. Elle m’enserre le poignet comme pour me rappeler que le lien qui existe entre nous est plus fort que tout.

On pénètre dans le lieu de vie à l’un de ses points de jonctions. La porte donne sur un long couloir qui conduit à la discothèque improvisée. Ce couloir distribue les pièces que se partagent les ouvriers, où ils passent leurs soirées, leurs nuits, et leurs moments de loisirs. C’est la curiosité, une curiosité malsaine qui m’a poussée à passer par là, pour voir ces scènes qui me tordent le ventre, car déjà alors même que certains dansent en mettant toute leur âme dans le rythme, d’autres qui se connaissent, s’accouplent déjà. Autant de scènes qui nous excitent toutes les deux, nous qui sommes vicieuses dans l’âme. Là une brune qui a retroussé sa robe, et qui agenouillée au bord d’un lit, le souffle court, se fait fouiller par la queue d’un homme. Là deux hommes qui se masturbent mutuellement. Là une fille qui est agenouillée devant trois types, une jolie rousse que nous voyons de trois quarts, totalement absorbée dans ses actes. Elle a deux queues dans la main, la troisième dans sa bouche, et elle alterne régulièrement.

On se regarde, Cynthia et moi. Trois bouches pour trois queues, ce serait une bonne idée. On se glisse dans la pièce et on vient s’agenouiller près de la rousse.

On ne te dérange pas, j’espère, je lui demande.

Son sourire dit que non. C’est ce phénomène étrange qui fait qu’on noue dans ces soirées des liens immédiats, alors même qu’on ne se connaît pas et qu’on ne se reconnaîtra pas dans la rue ou qu’on fera semblant de s’ignorer. Tout est exacerbé, et va très vite.

Nous attrapons Cynthia et moi une queue. Chacune sa technique. Je la prends dans ma bouche, et je fais aller et venir mes lèvres dessus, avant de descendre engloutir les couilles du gars, alors que Cynthia commence par griffer la chair de ses ongles, avant de balader la pointe de sa langue dessus. On tourne, glissant sur le sol pour aller de queue en queue. On doit être plutôt efficaces, toutes les trois, car les types gémissent, au bord de l’orgasme. On s’arrête à temps pour faire durer le plaisir.

On se regarde, et on comprend qu’on a eu la même idée. On les masturbe vigoureusement à dilater leurs queues et les faire crier. Ils nous arrosent le visage de semence. Ils se rengainent et s’éloignent pendant que nous goûtons ce plaisir que sans doute ils ne comprendraient pas, lapant mutuellement le sperme sur nos visages. On se lève et on se sépare dans le couloir, la fille rousse partant vers l’arrière alors que nous, nous nous dirigeons vers l’avant, jusqu’au dance-floor improvisé. Nous surprenons encore au passage d’autres scènes qui nous tordent le ventre.

Nous débouchons enfin dans la salle aménagée, le temps d’une soirée, en piste de danse. Le DJ est toujours le même, l’un des employés sur le long terme, et il se débrouille plutôt bien. Au centre de la pièce, se balancent, en suivant le rythme, des couples très divers. Garçons/filles, mais aussi filles/filles et mêmes garçons/garçons. C’est une preuve que, malgré tout, la société peut évoluer dans le bon sens.

On peut être fasciné par bien des spectacles différents, je le suis par ces mouvements corporels, qui ont quelque chose d’intense, de troublant et d’érotique, que les chairs soient dénudées, elles le sont en grande partie, ou voilées par des tissus qui drapent, mais sont largement révélateurs.

Comme à chaque fois, un ensemble de mobilier hétéroclite a été disposé le long des murs. Chaises, fauteuils, deux divans. Des objets sans grande élégance que les ouvriers, l’un d’entre eux me l’a expliqué, achètent sur place, pour le confort sur le lieu de vie, et abandonnent quand ils partent vers un nouveau chantier.

C’est sur ces sièges divers que des couples se sont formés. Certains ont esquissé quelques pas de danse avant de s’engager dans un flirt poussé, d’autres au contraire n’ont pas pris cette peine. Ici, tout va très vite. Un regard échangé suffit pour que l’on sache si on a envie de nouer quelque chose avec un homme, une femme, et l’engagement dans la relation est quasi immédiat.

Des spectacles divers qui font partir un long frisson le long de ma nuque, frisson qui descend le long de ma colonne vertébrale. Une grande brune se fait lécher par une petite blonde, la robe roulée jusqu’à la taille, le string accroché à la cheville. Je vois la langue appuyer sur les lèvres, remonter jusqu’au clitoris, et l’expression de la brune, pâmée, la tête penchée en arrière. Une très grande fille, blonde, épaisse, fait glisser son jean à ses pieds, sous lequel elle porte un string parme, avant de venir se positionner au dessus d’un garçon assis, ventre nu, le sexe dressé. Elle a un petit gloussement en attrapant son sexe, elle le masturbe doucement pour le faire plus épais et plus long qu’il n’est, puis elle fait glisser dessus un préservatif qu’elle avait au cœur de sa paume, avant de le poser contre ses lèvres dilatées. Centimètre après centimètre, elle engloutit le sexe. Incapable de regarder ailleurs, je suis troublée au possible. Je sens que je sature le tissu de la combinaison des sécrétions qui coulent de moi, de plus en plus abondantes, signe ultime autant que secret de mon excitation. Enfin, le sexe est totalement en elle, avalé jusqu’à la racine. Elle pousse un long râle, les yeux clos, mais ça n’est rien comparé à ses réactions quand son partenaire l’attrape par les hanches et se met à la faire monter et descendre sur son sexe qu’elle lubrifie de ses sécrétions abondantes.

On avance dans la pièce. Des regards masculins, mais aussi féminins nous brûlent. C’est toujours bon de se sentir désirée. On se colle face à face, et on se met à danser, avec une indifférence apparente pour ceux qui nous entourent, tout en sachant que tous hommes comme femmes nous regardent, au moins du coin de l’œil. Nos mouvements, mais aussi le fait que nous nous frôlons, d’une manière à peine visible, nos seins, nos ventres se touchant, nos mains effleurant le corps de l’autre sont autant d’appels quasi subliminaux à nous regarder.

C’est du coin de l’œil que je les repère. Une question d’instinct, celui de la prédatrice. Un coup d’œil très rapide. Ironiquement, ils ne nous regardent même pas. Ils sont deux, ensemble, et ça c’est un critère pour nous. On a essayé une fois avec un mec et nous deux, ça nous plaît moins. Ils sont assis sur notre droite, et ils boivent une bière ensemble, en riant. Ils ont tout ce qui peut plaire à une fille : le chantier leur a construit un corps en béton armé, des bras épais comme des pylônes, visibles parce qu’ils sont en tee-shirt, de belles gueules. Exactement ce qu’il nous faut pour une soirée. Pas besoin de se poser des questions existentielles sur la grandeur de leur âme ; ce qu’on veut, nous comme eux, c’est un corps en bon état, du sexe, de la jouissance, et une remise des compteurs à zéro le lendemain matin.

J’accroche le regard de Cynthia et je me tourne vers les deux garçons. Elle a un petit coup de tête affirmatif et me suit lorsque je me dirige vers eux. La musique n’est pas terminée quand on leur présente notre dos, et on esquisse un lap-dance sur leurs cuisses, puis en reculant, sur leur bas-ventre. Avec ça, nul doute qu’ils auront envie de passer le reste de la soirée avec nous. On se balade sur eux, de manière proche,  chair contre chair, à travers des tissus qui nous séparent. Ils sentent la forme de notre croupe, notre moule gonflée qui frôle leurs chairs, comme nous sentons leur queue se gorger de sang et se dilater à vitesse grand V. On finit par se poser sur eux. Je prendrais bien une queue la maintenant, je me vois bien me faire monter et descendre dessus, mais notre trip à Cynthia et à moi c’est de le faire chez l’une ou l’autre.

Si vous nous payiez à boire, les garçons ? on demande en se levant et coupant court une pénétration immédiate.

Dans un coin il y a une buvette improvisée. On s’approche. Un Black immense en tee-shirt moulant une montagne de muscles fait office de barman. Les garçons reprennent deux bières et nous offrent deux whisky-coca. On discute d’eux, ça flatte toujours les hommes quand on s’intéresse à eux. L’un d’entre eux est plaquiste, l’autre électricien. On discute pendant une demi-heure en sirotant nos boissons avant de leur proposer :

Ça vous dirait de finir la soirée chez l’une d’entre nous ?

Avant même leur bouche, leurs regards disent clairement un oui plus qu’enthousiaste. On leur offre de profiter de notre voiture, et de les ramener ensuite. L’affaire est conclue, et on parle pour le parking. Cynthia propose aux garçons de s’installer derrière avec elle. Ils pressentent quelque chose, et disent oui.

Cynthia est beaucoup plus désinhibée que moi. Quant à moi, j’adore jouer les voyeuses. Donc notre position nous convient parfaitement. Sous prétexte de vérifier les rétro et de mettre ma ceinture, je m’en mets pleins les mirettes. Elle s’est mise au milieu, et elle se laisse caresser par les deux garçons avant d’attraper leurs queues bandées. La vue de ces deux bites gorgées de sang me chavire.

Je démarre enfin pour regagner le village. On va les emmener chez moi. J’ai aménagé le second étage à cet effet.

Je roule doucement, autant pour profiter du spectacle dans les rétros que parce que j’ai une main entre les cuisses, et que je me caresse à travers le spandex. Je suis ouverte et je coule tellement que j’ai l’impression de me faire pipi dessus. Je sens mon clitoris tout gonflé. J’évite d’appuyer dessus, car, même à travers la combinaison, je sais que je me mettrais à jouir, et que j’enchaînerais les orgasmes, comme c’est souvent le cas… Au volant, ce n’est pas vraiment le moment… Je me vois bien disant aux gendarmes : « Oui, j’ai eu un accident parce que je me branlais en conduisant… »

Cynthia a une queue dans une main, elle la branle habilement, tout en faisant aller et venir sa bouche sur la verge de l’autre garçon, puis elle alterne. La robe de vinyle est remontée, elle a les cuisses ouvertes, laissant voir un sexe imberbe sur lequel les garçons promènent les mains.

On arrive comme ça chez moi. La nuit a envahi la ville, même si ça et là des lumières témoignent d’une vie nocturne, en ce vendredi soir où tout est possible. Les types rengainent leur queue avec difficulté et on part vers l’entrée. On les guide vers l’escalier sur la droite pour les amener à cet étage aménagé exprès. Des fauteuils confortables, un divan…De quoi se sentir à l’aise, tout comme la douce lumière tamisée et le mini-bar dans un coin…

Ça va très vite. Nos désirs explosent dans la liberté de cet espace clos. On s’installe toutes les deux sur le divan, et ils viennent spontanément nous présenter leurs queues qui n’ont quasiment pas débandé. On leur administre une fellation qui les met au bord de l’orgasme.

On finit par les repousser, on se redresse. C’est le moment de faire notre show. Comme on est narcissiques, on a installé à des endroits stratégiques, soigneusement calculés, des miroirs qui nous renvoient notre image. On s’embrasse, en sortant nos langues et en les frottant l’une contre l’autre. Je me dis que, vraiment, les hommes sont trop prévisibles, et qu’il y a des spectacles qui ne les font pas marcher, mais courir. Ils nous regardent, plus que fascinés, hypnotisés, et seraient bien incapables de fixer leur attention ailleurs. Le blond se frotte la bite de manière compulsive.

On entreprend de se déshabiller mutuellement. Je roule la robe de vinyle de Cynthia le long de ses cuisses, jusqu’au haut sur ses hanches, dévoilant le renflement de son pubis, et son sexe qu’une soirée d’excitation a gonflé et dilaté. Je la frôle de la pulpe de mes doigts et des ongles… Elle feule… Les deux hommes pensent sans doute qu’on veut les exciter, alors que nous nous donnons du plaisir en nous servant d’eux. Ils ne seront qu’un instrument, et pas les maîtres que les hommes pensent toujours être. Je la fais crier en enfonçant un simple doigt en elle et la fouillant quelques secondes.

À en juger par leur expression, ce n’est rien cependant comparé au dépiautage de la combinaison de spandex, qui les excite plus. Peut-être parce que Cynthia prend son temps, et que dévoiler de la chair est quelque chose d’excitant, surtout quand on s’arrête régulièrement pour la caresser, la pincer ou l’embrasser…

On se retrouve, elle et moi, à quatre pattes sur le divan, nos culs offerts et tendus vers les deux garçons, après que j’ai attrapé des capotes dans le saladier disposé sur la table basse, et que je les en ai gainé. Ils s’approchent, le corps tremblant de désir, autant à cause de notre mise en scène que parce qu’il n’y a rien qui donne plus envie à un homme que de voir une fille à quatre pattes devant lui, offrant sa croupe et ses fentes…

Je sens le premier contact du gland épais, contre mes lèvres et je ne peux pas m’empêcher de gémir. Mon amant se glisse en moi et me remplit. Il avance lentement, jusqu’à ce que son gland vienne buter contre mon utérus. Je me dis qu’il n’y a rien de meilleur au monde.

Il ressort, puis rentre à nouveau lentement.

On établit un contact visuel Cynthia et moi et on se sourit. Les miroirs me renvoient l’image de son cul, fouillé par son partenaire, comme le mien l’est. Il y a dans de tels moments une étroite symbiose entre elle et moi, quelque chose qu’on ne connaît pas quand nous sommes l’une sur l’autre. C’est comme si nous fusionnions totalement et que nous n’étions plus qu’un ventre, fouillé par une seule queue.

Je me penche vers elle, et on s’embrasse, nos langues s’accrochant et se frottant. Quelqu’un a dit un jour que l’acte le plus intime et le plus puissant, plus encore qu’une pénétration, c’était le baiser, et je ne suis pas loin de partager ce point de vue.

C’est quelques minutes plus tard, quand sa queue sort de moi que je l’attrape et que je la pose sur mon anus.

Et si tu rentrais par là ?

Il ne se le fait pas dire deux fois. Un peu plus tard encore, les deux hommes changent de place… un autre cul, une autre bite…

Il arrive un moment où nos corps sont tellement chauffés à blanc que la jouissance explose en nous… Ça n’a jamais été aussi bon, aussi fort… C’est ce qu’on se dit à chaque fois. Pourtant, ils n’ont encore rien vu. Cynthia et moi nous voulons profiter d’eux jusqu’à la dernière miette de leur énergie. On les guide pour se caler différemment. Un garçon assis, sur lequel Cynthia vient s’empaler, fichant sa bite dans son anus. Je guide l’autre pour qu’il vienne profiter de son sexe ouvert. Les deux queues la fouillent, sauf quand, me baladant sur le corps de Cynthia, j’arrache un instant l’une des bites pour la sucer avant de la remettre en elle…

On jouit encore, jusqu’à l‘épuisement.

La fin de la soirée est elle toujours identique. On se réveille vers trois heures du matin, dans les bras l’une de l’autre. On se rend compte qu’on s’était endormies. Les garçons eux ont disparu. On leur avait proposé de les ramener, mais une fois leur plaisir pris, aucun ne juge nécessaire de traîner sur place. Et on est toujours frustrées, parce qu’on remettrait bien ça au petit matin.

Heureusement, il nous reste notre meilleure partenaire, pour satisfaire cette faim qui remonte dans notre ventre. Ses doigts, sa langue et son habileté ne peuvent sans doute pas remplacer une queue qui vous fouille, mais l’harmonie qui peut exister entre nous est elle irremplaçable.

Et puis, vendredi prochain, les choses seront sans doute différentes.

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