VILAINE

Elle rentra dans son appartement d’un coup sec et claqua la porte derrière elle.
Se débarrassant lestement de son sac et de ses chaussures, elle se jeta plus qu’elle ne se coucha sur son canapé.
La journée avait été harassante. Gérer tous ces groupes du festival, les emplois du temps et les repas à organiser, répondre à ses trois téléphones et aux nombreux mails qui lui parvenaient à toute heure…
Ça faisait déjà plusieurs jours que son entrejambe la démangeait, depuis qu’elle avait rencontré son dernier amant en date.
Ils avaient passé la nuit à se frotter l’un contre l’autre dans un état d’excitation extrême doublé de la frustration de ne pouvoir coucher ensemble.
Vilaine habitude des femmes. Ça saigne toujours quand c’est pas le bon moment.

Et elle était pas prête de le revoir cet amant.
Entre son festival qui allait lui prendre tout son temps pendant encore deux semaines et leur emploi du temps à accorder, ils ne se verraient pas avant près de trois semaines.
Surtout, ils n’habitaient pas dans la même ville.
Elle devinait bien que cet homme devait disposer d’autres femmes qui lui tournaient autour comme des chiennes en chaleur, heureuses d’avoir trouvé un maître qui leur distribuerait autant de caresses que de claques.
Quelque part, ça l’excitait de l’imaginer entrain de brutaliser ces petites putes en les baisant sauvagement.
Mais ce qui l’excitait encore plus, c’est de se dire qu’il pensait à elle pendant, et qu’avec ces femmes jamais il n’aurait bandé aussi fort que l’autre soir où ils avaient entremêlés leur langue et leurs corps dans une jouissance proche de l’extase.
A ces pensées elle sentit une douce chaleur envahir son bas-ventre. Elle gisait inerte, presque hébétée sur le canapé, les cuisses écartées, un pied allongé sur le dossier, l’autre par terre.
Sa jupe était légèrement relevée, mais il n’y avait personne pour venir observer l’intérieur de ses cuisses et sa culotte sombre.
Un voyeur attentionné aurait pu apercevoir à travers les dentelles noires de celle-ci les lèvres de son sexe blond entrain de se gonfler et rosir sous l’effet de l’excitation qui la gagnait.
Elle aurait bien fait appel à un autre de ses amants, mais la plupart étaient partis en vacances, ou bien ne l’intéressaient plus vraiment.
Pourtant sa chatte rendue glissante avait bien besoin qu’on s’occupe d’elle.
Elle rêvait d’une langue qui serait venue remonter lentement le long de sa jambe pour finir entre ses cuisses.
Elle aurait écarté le bas de sa culotte pour permettre à cette langue d’aller lui titiller les lèvres et d’énerver son clitoris déjà gonflé par toutes ces pensées lubriques.
Affamée, elle se pourlécha les lèvres. Pourtant ce n’est point de nourriture qu’elle avait besoin.

A travers ses yeux mi-clos, elle voyait la lumière décliner et la pénombre envahir son appartement.
Elle scrutait négligemment le plafond. Dans ce plafond se découpait une gosse plaque de plexiglas.
Ainsi, on pouvait voir à travers les deux étages de son appartement.
D’ailleurs elle s’était déjà amusée, quand elle avait certains invités, à monter à l’étage sous un prétexte quelconque.
Et à se positionner bien sur la plaque, les jambes légèrement écartées, pour permettre à ses invités de scruter l’intérieur de ses cuisses.
Elle ne portait pas toujours de culotte.
Pour son quotidien, elle avait pris l’habitude d’occulter ce sol transparent en mettant une vieille couverture par dessus, empêchant la lumière du jour de pénétrer dans sa chambre.
Mais à sa grande surprise elle remarqua qu’un large pan de la couverture avait été replié sur lui même.
Elle qui était plutôt rangée et ordonnée comme fille, elle remarquait toujours ce genre de détails.
Son esprit un peu fatigué par cette longue journée commença à élaborer des hypothèses.
Peut être qu’un inconnu, voire même un voleur, s’était glissé dans son appartement pendant son absence.
Et s’était réfugié à l’étage en la voyant arriver. Après tout, elle avait pris la fâcheuse habitude de laisser sa porte d’entrée toujours ouverte.
N’importe qui aurait pu s’introduire dans son appartement, à tout moment.
Elle était trop lasse et trop bien installée pour s’en alarmer outre mesure et se lever pour aller vérifier le bien-fondé de ces sottes hypothèses.
De toute façon, en grand retard ce matin, elle était partie en hâte. Elle aurait très pu heurter la couverture en se précipitant hors du lit pour aller prendre une micro-douche.

Et puis là de suite elle avait un problème bien plus urgent à régler.
Son sexe chauffait dangereusement. Ses lèvres étaient gonflées, ses muqueuses ruisselaient d’une mouille à l’odeur sauvage.
La frustration de l’autre soir n’avait réussi qu’à s’amplifier au cours de ces trois jours et là elle ne pouvait plus se retenir.
Elle descendit sa culotte sur ses cuisses. Sa main se lova sur son sexe. Elle replia ses doigts pour les faire pénétrer entre ses lèvres humides.
Son souffle s’accéléra, comme quand son amant lui avait léché les oreilles. De son autre main, elle se pinça un téton. Elle essaya d’imaginer que c’était sa bouche qui venait lui mordiller et sucer les seins.
De légers râles commençaient à sortir de sa bouche, elle respirait par saccades, comme quand il lui avait serré le cou d’une main autoritaire. Excité par ses propres mains et son imagination, son esprit commença à vaciller dans un état de rêverie semi-conscient. Elle perdit toute notion de la réalité pour se trouver transportée en cette nuit magique où son amant, lui -même excité au plus haut point, se mettait en devoir de la lécher dans les moindres recoins, la mordant par endroits, lui susurrant des mots crus au creux de l’oreille où il introduisait une langue pour la faire trembler de bonheur.
De loin, très loin, elle entendit un craquement, ce craquement si caractéristique que produisait son escalier quand on l’empruntait pour descendre.
Mais, toute à sa rêverie, elle n’y prêta nulle attention. Tout au plus se dit-elle qu’elle l’imaginait.
Secrètement, elle fantasmait que quelqu’un, peut être même son amant venu lui faire une surprise, s’était caché en haut.
Et qu’il attendait un moment propice, un moment de faiblesse et d’abandon comme celui-ci, pour venir la violer.

CETTE HISTOIRE VOUS A PLU ? N’OUBLIEZ PAS DE LA COMMENTER ET DE LA PARTAGER !

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *