J’ai été initiée par ma belle-famille

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M Lydie

Confessions érotiquesMedia 1000


première foisteenvieux et jeune


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Résumé

Le copain de Lydie, qui redouble comme elle sa terminale, a d’étranges fantasmes : au cours de leurs jeux sexuels, il lui demande souvent de le sodomiser avec un gode. Un soir, elle le suit en cachette et découvre qu’il fréquente un établissement de soumission masculine… Elle fait la connaissance de la maîtresse des lieux, Melinda, qui la subjugue par sa beauté. Les deux jeunes femmes se lient d’amitié, et Melinda décèle chez Lydie des capacités qui feraient d’elle une excellente dominatrice. Elle lui fait découvrir, de sa main, que souffrance et plaisir ne sont pas si éloignés l’un de l’autre. Peu à peu, Lydie subit une profonde métamorphose, qui la fait devenir ce que son amie et amante avait deviné : une sadique perverse.

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1

C’est à la fin de l’année scolaire que nous avons fait connaissance, Pierre et moi. Très exactement à la mi-mai. On allait tous les deux passer le bac. Nous étions déjà majeurs parce que, l’un comme l’autre, nous avions pris du retard dans nos études, n’ayant jamais été très motivés. Nous savions pertinemment que nous ne serions pas reçus, vu le peu de travail que chacun de nous avait fourni.

Je me souviens encore de cette fin de printemps. Dès le mois d’avril, il avait fait beau et chaud, et plus personne ne songeait à travailler. Moi la première. J’ai toujours été paresseuse. Cela faisait quatre ans que j’étais au lycée ; je fournissais le strict minimum pour passer dans la classe supérieure. J’avais redoublé ma seconde, failli tripler, et le passage de première en terminale ne s’était fait que parce que le conseil de classe ne pouvait pas mettre de frein. Tout le monde me disait que j’avais de très réelles capacités, et que je ne les montrais que partiellement. Je m’ennuyais à l’école, tout simplement.

Mon passe-temps favori, c’était d’aller au cinéma. Je n’aimais regarder des films que sur grand écran, mais j’étais frustrée parce qu’on avait une salle municipale, et seulement quatre films par semaine. Mes deux autres activités préférées, la dernière allant de pair avec le cinéma, consistaient à fumer et me masturber. Avant tout, j’aspirais, sans savoir forcément où aller, à quitter la petite bourgade de province où j’habitais depuis ma naissance, où l’existence s’écoulait avec une lenteur qui pouvait avoir son charme ou bien au contraire paraître terriblement accablante. Je sentais de plus en plus le poids de cette communauté que formaient les trois mille habitants de la bourgade. Ils se connaissaient tous, cancanaient entre eux, et cela constituait un réseau de regards, de dits et non-dits, où dominait le mépris.

Je n’étais pas particulièrement visée, mais quand je rentrais du lycée, je voyais dans la rue, j’entendais au passage les mots, les réflexions des femmes plus ou moins âgées, entre elles. On aurait pu croire que cette ville – si propre, si belle, si lisse, si blanche – était un paradis. Il suffisait d’entendre les femmes parler, à deux ou à plusieurs, pour comprendre qu’il n’en était rien.

J’habitais à la sortie de la ville. Mon père était menuisier, ma mère travaillait au secrétariat d’une entreprise installée dans la zone industrielle.

*
*     *

Cet après-midi-là, la première fois où mon regard s’est posé sur Pierre, j’étais en salle d’études. C’était une grande pièce située dans le bâtiment. (Le lycée était divisé en cinq bâtiments principaux, portant chacun une lettre.) Je n’avais pas cours de quinze à dix-sept, mais je devais faire une heure de colle de dix-sept à dix-huit pour avoir mal répondu à un prof. Je n’avais pas le sentiment que c’était le cas, mais je ne pouvais que m’incliner. Depuis quinze heures, donc, je faisais acte de présence, et j’attendais.

J’avais apporté mes cours d’histoire. Il était grand temps que je commence mes révisions. Je ne me faisais pas d’illusions, mais je voulais quand même tenter ma chance, profiter des trois dernières semaines avant que l’épreuve commence pour mettre le paquet, tâcher de décrocher le bac. C’était ma manière habituelle de travailler. Y aller à fond dans les derniers jours pour tout assimiler. Je comprenais vite, j’avais une bonne mémoire ; ça me permettait en général de décrocher au moins la moyenne.

J’étais seule dans la salle d’études. Le pion venait juste de s’absenter, il ne se faisait pas de souci pour moi. Je faisais régulièrement des pauses, regardant par la fenêtre. C’était une journée lourde, au cours de laquelle la tension s’était emmagasinée comme l’énergie dans un accumulateur, pesant sur les gens, annonciatrice d’un orage qui allait, sans aucun doute, exploser en soirée et apporter une fraîcheur bienfaisante.

Difficile de s’habiller chaudement dans de tels moments. J’étais vêtue d’une petite robe noire un peu trop courte : une fois assise, je me suis aperçue qu’elle avait tendance à remonter. Je la tirais vers le bas, mais le moindre mouvement de jambes avait des conséquences désastreuses. Il n’y avait de ma part aucun désir de séduction, bien au contraire. Le plaisir solitaire que je me donnais, renouvelé, nuancé, sans cesse différent, me suffisait amplement. Mais je me suis rendu compte que je faisais de l’effet au pion, guère plus âgé que moi. Il était revenu dans la salle et me regardait à la dérobée, s’éclipsait pour ne plus me voir, fuir la tentation, mais il revenait néanmoins, me matait à nouveau, s’efforçant, sans y parvenir, d’être discret.

Je m’amusais à l’aguicher. Pour cela, je n’avais pas besoin de faire grand-chose, ma tenue suffisait à l’exciter. Je décroisais mes jambes, que je savais être bien dessinées, même si je me trouvais trop ronde. Mais je connaissais suffisamment la psychologie masculine pour savoir que les garçons aiment les filles bien en chair, ce qui était mon cas. La robe me collait aux hanches, et mes seins tendaient le tissu – suffisamment pour que leur galbe soit évident, et ce d’autant plus que je n’avais pas mis de soutien-gorge. Voulant en faire davantage, j’ai écarté légèrement les jambes, lui donnant à voir, du moins je l’espérais, le triangle blanc de ma petite culotte de coton.

J’avais réussi mon coup : l’homme est devenu rouge comme une pivoine ; une fois de plus, il a préféré quitter la salle ; je ne l’ai plus revu avant un bon moment.

L’heure tournait lentement, mais le temps passait quand même. J’ai repoussé les cours. J’étais lasse. J’aurais dû, normalement, être déjà chez moi et me livrer à mon activité favorite, que j’accompagnais d’un certain nombre de rituels.

Dans ma chambre, j’avais un grand lit dans lequel j’adorais me réfugier. Je me préparais un petit goûter avec quelques biscuits et du thé. Je procédais toujours de la même façon : jouant avec moi-même, je prétendais que je n’allais pas succomber à mon envie, alors que j’étais prête à y céder. Quand je posais mes doigts sur le bouton de mon pantalon, ou que je relevais ma jupe, je savais que j’avais perdu. Ce n’était pas une vraie défaite : j’avais seulement fait semblant de résister pour mieux jouir. Je me frottais à travers mon slip ou mon string. A force de me toucher, j’avais acquis une véritable connaissance de mon corps, mais aussi une familiarité avec cette pratique qui faisait que j’avançais en terrain connu ; mon corps réagissait très vite, bien plus vite que la première fois.

Une de mes dernières lubies, ce fut de ne pas mettre de culotte pour aller en cours. Heureusement, j’en portais une ce jour-là, sinon le pion serait tombé raide… C’était à la fois un délice et un supplice. Le frottement d’un jean ou de l’étoffe de ma jupe contre mes lèvres intimes, le moindre mouvement me procuraient des sensations qui me laissaient toute la journée tendue, moite. Le jeu consistait à tenir jusqu’au soir. Surtout ne pas aller se tripoter dans les toilettes, comme il aurait été si facile de le faire.

Quand j’arrivais à la maison, j’étais à bout de nerfs. Je me ruais sur mon lit, baissais mon jean, retroussais ma jupe, mettais à nu mes chairs gorgées de sang, poisseuses d’un liquide épais. Je me frottais, mais le plus souvent, alors que j’avais été au bord de l’orgasme tout au long de la journée, je n’arrivais pas à jouir. Il me fallait du temps. Et puis soudain, l’orgasme venait ; c’était très fort, et je me disais que ça valait le coup d’attendre. Je continuais à me toucher, de plus en plus fébrile, je jouissais encore et encore, jusqu’à m’effondrer comme une loque.

*
*     *

Je me suis redressée. J’étais à nouveau seule dans la grande pièce, et le lycée se trouvait quasiment vide. Soudain, l’envie est devenue trop forte. Mon horloge biologique me criait que c’était le moment où j’étais habituellement chez moi, à me tripoter avec ferveur, au lieu de faire mes révisions pour le bac. Je ne pouvais plus, je ne voulais plus attendre.

Les premières fois que je me suis tripotée dans ma chambre, j’ai été prise d’une frénésie qui m’a fait essayer tout ce qui me tombait sous la main pour jouir : une chaussette roulée en boule, un gant de toilette, avec lesquels je me frictionnais ; des stylos de tailles diverses, que je plaçais contre mon pubis. Je n’avais pas encore perdu mon pucelage, ma grande obsession était mon hymen. J’avais peur de saigner, que ça me fasse mal. Une fois libérée de ce souci, je m’en suis donné à cœur joie pour m’introduire tout ce que je pouvais, tout ce que je trouvais.

Au début, j’ai découvert que me frotter contre les angles, les coins, les rebords des meubles me procurait un plaisir extraordinaire. Ça finissait toujours par un orgasme. Je me rappelle m’être branlée comme une damnée contre les rebords de la table de la salle à manger pendant que ma mère faisait une tarte aux pommes dans la cuisine tout en me parlant.

J’avais du mal à tenir une journée sans me tripoter. C’était devenu une drogue pour moi. Mon organisme se réveillait, mon ventre sortait de l’hibernation. En quelques secondes, j’étais en feu. Seulement je devais m’entourer de précautions.

Je me suis levée pour jeter un coup d’œil par la fenêtre. Dans la cour, c’était le grand désert. Les vitres en verre dépoli me protégeaient des regards indiscrets. Si quelqu’un arrivait par le couloir, j’entendrais des pas résonner sur le dallage. De toute façon, je restais habillée, et j’avais appris à me frotter de manière discrète, avec des mouvements imperceptibles. Le fait de ne pas avoir de culotte était un atout ; j’astiquais mon sexe, à travers le tissu de ma robe, contre le coin arrondi de la table. Des sensations voluptueuses ont très vite envahi mon corps en manque. La nouveauté décuplait mon excitation. Ce bord de table était décidément parfait… Depuis quatre ans que je fréquentais l’établissement, je n’avais jamais songé à l’avantage que je pouvais tirer des tables de classe !

D’habitude, à la maison, je faisais durer le plaisir. Ici, je ne pouvais pas me le permettre, c’était trop risqué. Effleurant mon pubis, je suis vite descendue vers le sexe. Je me suis concentrée sur le bouton.

Le mien n’était pas spécialement gros. Je ne me suis vraiment intéressée à lui que le jour où j’ai lu dans un magazine féminin que le clitoris contenait cinq mille terminaisons nerveuses. J’ai voulu voir comment il réagissait ; j’ai constaté que j’étais sensible à cet endroit aussi. Quand je massais l’intérieur de mes replis vulvaires, l’excitation se communiquait à mon clitoris. Si je voulais jouir vite, j’allais direct sur mon bouton.

Je me frottais avec régularité, d’un mouvement tournant. C’était bon. Très bon même. Je sentais monter l’excitation.

J’ai entendu résonner des pas. Ils venaient de l’autre bout du couloir. Le bruit augmentait à mesure qu’ils se rapprochaient. A présent, je percevais les pas… de deux personnes.

L’enjeu était simple : soit je renonçais à ma jouissance, soit je continuais, sur le fil du rasoir, en prenant le risque d’être surprise. Or, j’étais trop excitée pour avoir la volonté de renoncer à l’orgasme libérateur.

Il me fallait accélérer le mouvement. Mais les chemins de la jouissance sont impénétrables ; j’avais beau me frotter avec frénésie, la jouissance tardait à venir.

J’eus l’idée d’appuyer mon bas-ventre avec plus de force sur le bout de table, mais mon plaisir, au lieu de s’accroître, est retombé légèrement.

J’épiais les pas qui résonnaient sur les dalles. Je discernais devant quelle salle ils parvenaient, calculais combien de mètres il leur restait à parcourir s’ils venaient jusqu’à moi. Et puis j’ai entendu une voix forte : c’était la voix de monsieur B., un prof de philo qu’on aimait bien, et qui avait à cœur la réussite de ses élèves, ce qui n’était pas le cas de tout le monde.

Le plaisir remontait le long de ma colonne vertébrale. J’y étais presque… mais pas totalement… Oh, qu’il vienne vite, mon joli petit orgasme !

A cause de la présence toute proche du prof de philo, je m’étais déconcentrée. La voix disait :

— Tu n’as rien fait de l’année, il serait temps que tu te mettes au travail, tu ne crois pas ? Il te reste à peine un mois pour rattraper…

Les deux personnes se trouvaient à deux salles de la mienne.

L’orgasme a explosé en moi alors que je n’y croyais plus. Ça m’a tétanisée. L’instant d’après, j’étais incapable de bouger. On serait entré, je serais restée interdite, les traits figés dans une expression de jouissance. Le liquide coulait à l’intérieur de mes cuisses. Je me suis maudite de ne pas avoir mis une culotte qui aurait absorbé tout ça.

Les voix étaient si proches que je les entendais comme si elles étaient dans la pièce.

— Tous les soirs, tu passeras une heure en étude, de dix-sept à dix-huit ; après je t’interrogerai… Il faut absolument que tu aies le bac !

Je me suis laissée tomber sur ma chaise, sans forces. J’ai tiré des kleenex de ma poche, je les ai fourrés entre mes cuisses pour éponger la mouille. Les jambes serrées, je me suis plongée dans la contemplation de mon cours, comme une élève studieuse, alors que j’avais l’esprit à mille lieues de là…

*
*     *

C’était la première fois que nous nous voyions. Nous nous fixions du regard. Pourtant, nous avions déjà dû nous croiser cent fois… Il est vrai qu’il y avait beaucoup d’élèves dans cette cité scolaire, qu’on allait d’une salle à l’autre, pour ensuite rentrer chez soi.

C’était un beau garçon. Très grand, un corps bien planté, cheveux blonds coupés court, des yeux bleus. Il a souri, m’a dit bonjour. Le prof de philo, lui, n’est même pas rentré. J’ai serré les cuisses encore plus fort. J’étais humide entre les jambes, j’avais l’impression que ça coulait encore malgré les mouchoirs en papier ; je me suis sentie toute bête.

— Il n’y a que toi, ici ?

Curieusement il m’a laissée indifférente. Dans le trip narcissique où j’étais alors, la seule chose qui me satisfaisait, c’était de me tripoter. Et puis, au lieu d’être attirée, tout au moins intéressée, en la circonstance, j’étais plutôt gênée.

Il a jeté un coup d’œil à mes cours. Puis il s’est installé deux tables plus loin, dans la même rangée, et s’est mis à potasser.

J’étais bien embêtée. J’aurais voulu m’essuyer l’intérieur des cuisses, mais ce n’était évidemment pas possible. Je n’osais pas bouger. Si je me levais pour aller aux toilettes, le paquet de kleenex que j’avais appliqué contre ma chatte tomberait, et le garçon le remarquerait. Comme mon heure de colle se terminait, que le surveillant ne revenait toujours pas, j’ai rangé mes cours dans mon grand sac fourre-tout, et glissant mon gilet sur les épaules, je me suis redressée en serrant les cuisses afin d’emprisonner les kleenex. Avec précaution, j’ai fait quelques pas vers le couloir. J’y étais presque quand il m’a interpellée.

— Hé !

J’ai fait celle qui n’entendait rien. Il m’a hélée plus fort. Je ne pouvais pas continuer à l’ignorer, je me suis retournée.

— Tu as une grosse tache sur ta robe…

Il me regardait avec un sourire narquois. Est-ce qu’il se foutait de moi ? Morte de honte – j’ai dû devenir rouge comme une tomate –, je suis partie en courant dans le couloir.

Essoufflée, je me suis adossée à un mur, et après m’être assurée que personne ne me voyait, j’ai ôté la boule de papier qui était restée miraculeusement en place. Elle puait ma jute. Je l’ai enveloppée de plastique, balancée dans mon sac, puis j’ai pris la direction de la sortie, sans rencontrer âme qui vive. J’étais furieuse à cause de ce qui s’était passé. Ce qui m’ennuyait le plus, c’était la tache au fond de ma robe, que mon gilet ne recouvrait pas totalement. J’ai eu alors l’idée qui aurait dû me venir plus tôt : j’ai noué mon gilet à la taille par les manches, de sorte qu’il couvrait mes fesses.

La cité scolaire avait été construite une trentaine d’années auparavant, hors de la bourgade, mais depuis, elle s’était agrandie. En remontant la rue principale, on arrivait au centre de la ville. J’habitais à l’autre extrémité, une maison dont le rez-de-chaussée abritait l’atelier de ferronnerie de mon père.

Souvent, quand je longeais les lotissements, des garçons, ados ou jeunes adultes, me sifflaient, m’envoyaient des compliments… « Tu es belle ! J’ai envie de faire l’amour avec toi ! » Ça me flattait, ça me faisait rosir de plaisir. A la maison, je m’examinais dans la glace, nue ou habillée, d’un œil critique.

J’avais remarqué que ce que je trouvais moche sur moi, c’était justement ce qui plaisait aux garçons. Pas très grande, j’avais des hanches très marquées, un cul proéminent, qui tendait tout ce que je portais, robe, jupe, pantalon ; une poitrine qu’un soutien-gorge 95 D maintenait à grand-peine… J’avais aussi des cuisses dodues. Devant l’image que me renvoyait le miroir, je me traitais de grosse vache. J’avais la hantise de grossir, je me surveillais. Par chance, j’avais un ventre très plat. Je passais la main dessus avec contentement. Ce qui me donnait confiance dans l’avenir, c’était que ma mère, à quarante-sept ans, avait gardé un ventre plat et n’avait pas pris de poids au fil des ans. Je lui ressemblais ; nous avions, elle et moi, la même morphologie.

Ce qui me plaisait surtout, chez moi, c’était mon visage et mes cheveux. J’avais des pommettes hautes, une bouche bien dessinée, aux lèvres pleines, un front sans doute trop haut… de grands yeux. J’étais rousse (comme ma mère) d’une nuance délicate, et ma crinière se prêtait aux coiffures les plus sophistiquées.

Quand je me maquillais, avec du vert sur les paupières, je me trouvais « à tomber ».

*
*     *

J’avançais dans la rue, je sentais de nouveau monter en moi l’envie de me tripoter. Ça me tiraillait le ventre.

En arrivant chez moi, j’ai trouvé ma mère sortant de la cuisine. Elle m’a fait un grand sourire.

— Alors, cette heure de colle ?

— Je m’en serais passée !

— Et les révisions du bac ?

— J’y retourne…

En montant l’escalier, j’ai senti son regard sur moi.

— Tu as une de ces taches sur ta robe…

— La sueur, ai-je répondu avec aplomb.

— Donne, je vais la mettre à la lessive.

— Je m’en chargerai, t’en fais pas…

Je n’avais pas envie qu’elle approche son nez trop près du tissu souillé. Je redoutais toujours une réflexion du style « tes petites culottes puent ! »

Une fois dans ma chambre, après avoir mis le verrou, j’ai ôté la « pièce à conviction ». Ayant constaté l’étendue des dégâts, j’ai humé la tache de mouille. J’avais une odeur forte, à la fois âcre et fleurie. C’était toujours la même, et j’aimais la sentir. Mais quand je me goûtais, la saveur était chaque fois différente.

Je me suis allongée sur le lit. Sans prendre le temps d’enlever mon soutien-gorge ni mes baskets, j’ai écarté les cuisses, poussé mon bassin en avant. Quand mes doigts sont entrés en contact avec mes lèvres, le plaisir a été intense. L’état de mon sexe contre ma paume disait tout : mon attente, mon excitation, mon trouble. J’étais ouverte, la mouille coulait de mon orifice, mes lèvres étaient gorgées de sang. Je me massais, ça me faisait un bien fou ! Ça me calmait.

Ce soir-là, cependant, tout ne s’est pas passé comme d’habitude. Une chose me revenait que j’avais totalement occultée.

Quand le garçon est entré dans la salle de classe, j’ai d’abord rencontré son regard, puis j’ai baissé les yeux sur son jean trop serré. Il bandait.

Pas à cause de moi ; non, ce serait me faire trop d’honneur. Quand il a franchi le seuil de la pièce, il était déjà en érection.

Si, sur le moment, j’avais « oublié » ce détail, c’est que je n’avais aucune envie de flirter avec des garçons. Je ne voulais pas m’engager dans des relations que je concevais comme sujettes à complications. Non, ce qui m’intéressait, c’était simplement ce qu’ils avaient dans le pantalon. Je n’avais pas honte de me l’avouer : je savais pertinemment que les garçons avaient la même curiosité pour le sexe féminin, qu’ils en étaient obsédés au point de ne pas même regarder la fille en entier, encore moins de chercher à connaître sa personnalité.

Jusque-là, je n’avais eu que deux occasions de faire l’amour avec des garçons : à une sortie de samedi soir, et lors d’une fête de fin d’année. J’avais rencontré un garçon d’un autre établissement scolaire ; j’ai eu l’envie d’aller vers lui. On est partis flirter en voiture. On se caressait, de plus en plus excités l’un et l’autre, et moi, par peur d’aller au bout, je l’ai masturbé. Ce que j’ai vu alors m’a fascinée : un sexe masculin qui se dilatait… la jouissance finale, les jets de sperme…

La seconde fois, cela s’est passé près d’une voiture, à l’extérieur. J’étais avec mon fiancé d’un soir, on est sortis sur le parking. Le désir nous taraudait. Moi, je voulais perdre mon pucelage à tout prix. On a commencé par flirter. Je me souviens d’avoir, à un moment, sorti de mon sac à main un préservatif, de le lui avoir tendu. Ensuite, je me suis pliée en deux au-dessus d’une voiture, j’ai défait mon jean, baissé mon string.

— Viens !

Il ne s’est pas fait prier. De toute façon, il ignorait que j’étais vierge et je ne voulais pas qu’il le sache. Il m’a embrochée comme un poulet, puis il m’a besognée sans douceur. Je n’ai émis aucune plainte, j’ai eu un orgasme violent. Le garçon ne s’est jamais douté qu’il m’avait dépucelée.

Après cette expérience, je n’avais plus envie d’aller avec des garçons. Je les trouvais inintéressants.

Ce qui me faisait rêver, pourtant, c’étaient leurs queues. J’étais fascinée par la métamorphose qui s’opère quand un membre au repos gonfle, s’érige. Et aussi par l’objet lui-même, son épaisseur, sa dureté. Quand j’avais branlé le garçon dans la voiture, j’avais observé de près chaque détail : la grosseur du gland, la déchirure du méat, les premières gouttes qui s’en échappaient, la dilatation jusqu’au final… L’éjaculation, enfin, ce crachement désordonné de substances blanches, d’abord épaisses, puis plus liquides et translucides.

Des images défilaient en moi, crues, précises : j’étais assise à ma table de travail ; un garçon inconnu se tenait debout devant moi. Je tendais vers sa braguette une main négligente, comme si ça ne m’intéressait pas, je le palpais à travers le jean. Il ne bougeait pas. Son membre était tout gonflé. Je descendais le zip, plongeais la main dans son slip. Je sentais sa chair chaude, palpitante, épaisse. Je dégageais le sexe. Il jaillissait à l’air libre. Il était comme un petit animal au creux de ma paume. Je sentais les pulsations qui le faisaient battre. Je le masturbais lentement, en faisant durer mon geste, je faisais glisser le capuchon de peau sur l’épaisseur du membre.

J’ai poussé un soupir, introduit un doigt en moi, puis deux, ce que je ne faisais presque jamais.

Ma rêverie a évolué. Dans un deuxième temps, je me suis vue allongée dans la salle d’études, la robe retroussée autour de la taille. Il y avait un sexe qui allait et venait en moi, qui me remplissait de son épaisseur, de sa chaleur…

Je suis arrivée à me fourrer quatre doigts dans le ventre. J’ai essayé de mettre toute la main, mais le pouce ne passait pas à cause de l’os pubien, et j’avais peur de me faire mal.

Je ne m’appartenais plus, je ne me contrôlais plus ; ce n’était plus ma main qui s’enfonçait puis ressortait avec tant de violence, c’était un sexe d’homme qui me fouillait. Je me tordais, ma mouille inondait mes doigts.

Jusque-là, le garçon qui me pistonnait dans mon rêve n’avait pas de visage. Il n’était qu’une silhouette pourvue d’un pénis. Mais au moment où j’ai joui, j’ai eu une vision très claire : le pénis qui, dans mon fantasme, s’était substitué à ma main était celui du garçon qui était venu dans la salle d’étude réviser sa philo. Qui me regardait avec un sourire narquois.

J’ai eu un orgasme intense, mais je ne me suis jamais autant détestée.

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