Les Tentatrices

Les Tentatrices

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KUPRYAN Amaury

Les Nouveaux InterditsMedia 1000



160 pages


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Résumé

Édouard – Eddy pour les intimes – est un garçon simple, pour ne pas dire simplet, qui dépense son temps et son maigre pécule au PMU du coin, quand il ne se met pas en quête d’une mignonne à fourrer dans son lit. Le plus fou, c’est qu’il a du succès :  les femmes l’adorent ! Et vous vous doutez que ça n’est pas à cause de la taille de son ciboulot… mais plutôt grâce à un braquemart de toute beauté qui les fait toutes salives, mouiller, crier…

Seulement voilà : Eddy en a marre. Il en a assez de ne penser qu’à la baise. Alors il tente une cure d’abstinence. Mais avec toutes ces femelles en rut se dressant sur son passage, avides de le dévorer jusqu’au trognon, y parviendra-t-il ?

 

Fils d’une héritière désargentée de l’aristocratie consanguine du Perche et d’un quincaillier arménien enrichi,  Amaury Kupryan a très tôt cédé à la tentation. Pour se consoler de la faiblesse de sa chair, il écrit en puisant dans son expérience maudite et délicieuse.

 

Les Nouveaux Interdits, une collection de textes hard inédits, écrits par des auteurs d’aujourd’hui : le roman porno toujours aussi pervers, mais avec une touche de modernité !

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« Je ne suis pas un pervers », mentis-je

La forme d’un cul ou d’une paire de beaux mollets. De beaux mollets bien ronds, bien galbés, bien musclés, tels ceux qui me sauvèrent la vie quand je les aperçus sur le pont de Levallois, le jour où ma boîte me vira comme le malpropre que j’étais indéniablement.

En effet, on venait de me signifier mon licenciement de la multinationale où j’exerçais depuis quatre ans déjà mes talents d’analyste financier. Talents, disais-je ? Le mot est fort, trop fort : mon seul et unique talent consiste à me fourrer dans le genre de merde (de cul merdeux, pour être précis) où je venais encore de me fourrer. Pourtant cette fois-ci j’avais réussi à me tenir tranquille pendant près de quatre ans… avant de tout foutre en l’air en foutant deux filles que, paradoxalement, je ne regretterai jamais d’avoir foutues, ça je le jure ! Oui, mon unique fierté consiste désormais à assumer chaque goutte de foutre versée.

Mais pour aboutir à cette sagesse-là il m’a fallu un certain temps. Alors, si vous le voulez bien, retraçons un petit bout de mon parcours lubrique et revenons à ces mollets du pont de Levallois. Ces beaux mollets bien fermes, juteux et bandants se dessinant à l’horizon tandis que je traversais la Seine. Ils appartenaient à une femme en tailleur gris et escarpins noirs qui, avec une vingtaine de mètres d’avance sur moi, longeait le trottoir en direction de Courbevoie, plus exactement du quartier tranquille et bourgeois portant le doux nom de Bécon-les-Bruyères.

Au moment d’emprunter ce pont, je n’avais à l’origine qu’une seule envie : fuir Paris, oublier ce boulot où l’on ne voulait plus de ma personne et cet appart-baisodrome à Montmartre dont c’est moi qui ne voulais plus. Je marchais vers le nord, sans aucune destination précise ni autre but que trouver la Seine. En cette fin d’après-midi de juin où le soleil dardait sur la capitale des rayons carbonisateurs dignes d’un été andalou, j’étouffais dans mon costard ; j’avais ôté ma veste et ma cravate et j’étais déterminé à les balancer dans le fleuve. Pour tout vous avouer j’étais même prêt à jeter à l’eau beaucoup plus que ça. J’étouffais dans ma ville, j’étouffais dans ma vie. Loin de me faire peur, l’idée d’exécuter un petit plongeon me paraissait tout à fait rafraîchissante.

Puis, ô miracle, ces mollets sont apparus dans mon champ de vision. Ils étaient bandants et j’ai bandé. Direct. Magiquement bandants. J’ai bandé instantanément. La cheville était d’une remarquable finesse ; le muscle au-dessus s’évasait de manière à la fois gracieuse et puissante avant de se nouer en un joli petit cœur de chair dans lequel j’aurais volontiers planté mes crocs. C’est mon sexe qu’il faisait palpiter, ce petit cœur. Dès l’instant où j’ai vu ces jambes, toutes mes sombres pensées se sont volatilisées. Ou plutôt dissoutes dans l’eau de la Seine. Plouf. Ce sont elles qui ont fait le grand saut et que le fleuve a englouties. La porte d’un autre monde venait de s’entrouvrir… et tant pis si c’était l’Enfer, car j’aurais été prêt à me damner pour ces mollets, rien que pour frapper ma queue tendue contre leur galbe, jusqu’à ce qu’à force de coups mon gland rose en devienne violacé puis noir et que ces mollets eux-mêmes se meurtrissent comme des pêches, tout en restant fermes, bien sûr…

Stop ! Stop au délire fruito-sado-masochiste ! Il fallait agir. Mais chaque chose en son temps : il fallait d’abord reluquer. Grignoter quelques mètres sur la dame pour avoir la perspective idéale sur ses gambettes et mieux évaluer l’ensemble de sa silhouette. Donc : escarpins noirs à talons pas trop hauts, tailleur gris strict avec jupe pas trop courte, attaché-case noir qui pendait au bout du bras droit. De tout ça je conclus que nous avions affaire à une cadre supérieure – catégorie socioprofessionnelle à laquelle, quelques heures plus tôt, j’appartenais moi-même encore – rentrant chez elle d’un bon pas après une journée de dur labeur fort bien rémunéré. Et malgré sa démarche énergique, en observant ses cheveux mi-longs raides à la blondeur légèrement fanée et ses épaules à peine voûtées, je devinai que madame avait dépassé depuis un certain temps le cap de la cinquantaine. Et alors ? Je trouvais d’autant plus extraordinaire le tonus de ses mollets miraculeux. D’ailleurs elle aurait eu quatre-vingts balais que j’aurais voulu la sodomiser à sec rien que pour la forcer à se cabrer sur lesdits mollets, accentuant ainsi leur arrondi. Même défigurée à l’acide, j’aurais été prêt à enfourner mon sexe au fond de sa gorge, rien que pour me pencher par-dessus sa tête et admirer ses chevilles qu’elle avait eu la bonne idée, en ce jour de quasi canicule, de laisser respirer à l’air libre. Comme elle ne portait pas de bas je m’efforçai même de discerner le grain de la peau de ses jambes. Au-dessous de ses jarrets il me sembla distinguer des constellations de taches de rousseur qui achevèrent de me rendre fou.

Hélas, la jupe de son tailleur n’étant pas suffisamment moulante, je ne me trouvai pas en mesure de juger si son cul présentait une rotondité aussi excitante que celle de ses mollets. Il était donc urgent d’aller voir un peu le côté face de cette femme. J’enfilai de nouveau ma veste et renouai ma cravate. Si ces accessoires pouvaient contribuer à me donner une certaine prestance, plus question de les jeter par-dessus la rambarde dans un beau geste lyrique. Finies les conneries. Je pressai le pas pour rattraper celle qui était d’ores et déjà mon héroïne, mon idole, ma déesse. Parvenu à sa hauteur, sur le point de la doubler, je résistai à la tentation de tourner la tête dans sa direction, préférant attendre d’avoir atteint le bout du pont pour faire volte-face. Ainsi je m’arrêtai au niveau de l’escalier qui descend vers la rue Jean-Baptiste Charcot, une petite voie tranquille, quasi bucolique, le genre de coin qui fait le charme (tout relatif, certes) de Bécon-les-Bruyères.

Et voilà : il ne restait plus qu’à la laisser venir à moi. À décompter un par un, accrochés à la rambarde, les bacs de fleurs qui nous séparaient encore. Et surtout à mater l’avant de Mme Beaux-Mollets, histoire de voir si le reste de sa carrosserie tenait la route, même si je ne comptais pas renier la promesse que je m’étais faite : baiser cette femme à tout prix, baiser ces mollets qui avaient redonné un sens – aussi temporaire soit-il – à ma vie.

À mesure qu’elle se rapprochait, je fus quand même soulagé de découvrir qu’elle était loin d’être immonde. Ni belle ni laide et tant mieux, cette neutralité me semblait l’écrin parfait de mon obsession : rien ne volerait la vedette aux gambettes.

Je guettais le moment où elle comprendrait que c’était elle que j’observais. Sa réaction me surprit, au sens où elle n’en eut guère : ses yeux se fixèrent sur moi sans qu’aucune expression particulière ne s’affiche sur son visage. En tout cas elle n’eut pas l’air embarrassée de trouver sur son chemin cet homme d’une quinzaine d’années de moins qu’elle et qui visiblement comptait l’accoster. Et comment allais-je m’y prendre, au fait ? Eh bien j’avais une idée très précise de la suite des événements.

Le désir m’ayant asséché la gorge, je n’avais pas l’intention de parler. Du reste, je ne voulais pas perdre de temps en babillages. Lorsqu’elle arriverait à ma hauteur je lui prendrais la main et l’emmènerais dans l’escalier. Nous dévalerions les marches avant de nous trouver un recoin sombre et frais sous les grandes arches en pierre du pont. Là, je la ferais s’agenouiller au milieu des fientes de pigeon, je baisserais ma braguette et lui proposerais mon sexe qu’elle s’empresserait de polir avec sa langue avant que je baise chaque partie de son corps, gardant bien sûr pour la fin ses beaux mollets que, comme de juste, je recouvrirais de mon sperme.

Ce n’est pas exactement ce qui se produisit lorsqu’elle me rejoignit au bout du pont.

Ou, tout du moins, il fallut patienter un peu.

Elle n’était plus qu’à cinq mètres de moi. La circulation bouchonnait sur le pont, mais le souffle d’un bus passant lentement près de nous suffit à faire voleter les cheveux de ma muse du jour. Une mèche légère comme une plume lui caressa la joue. L’espace d’un instant, cela donna un aspect touchant à ce visage qui, quoique non déplaisant, était dépourvu de la grâce de ses mollets. Un nez et un menton assez forts, des yeux pâles – entre le bleu, le jaune et le vert – un peu trop petits, des lèvres un peu trop étroites et une peau que l’âge n’avait pas encore distendue bien que, sous le maquillage mat et à cette faible distance, je puisse discerner un réseau de fines rides.

Cette femme soutenait toujours mon regard mais de toute évidence ne comptait pas s’arrêter. Elle était sur le point de me dépasser…

Faisant fi de mon imagination beaucoup trop complaisante, j’exclus de lui agripper le bras. Je ne voulais pas risquer de l’effrayer, d’autant que je sentais qu’il y avait vraiment un coup à jouer – à tirer, si vous préférez. J’avais envie de la faire hurler, oui, mais pas de terreur. En tout cas pas ici, où trop de monde pourrait lui porter secours. Pour la sauter, je n’allais pas pouvoir sauter la case tchatche.

— Excusez-moi, madame…

D’accord, ce n’était pas un début très inspiré. Mais ça suffit pour que, plutôt que de me contourner, elle s’immobilise devant moi et attende la suite. La bouche soudain pâteuse, il me fallut déglutir ostensiblement avant d’enchaîner :

— Il fait si beau aujourd’hui et…

Oh là là. Bien que je la sente intriguée par ma subite timidité, voire réceptive à l’excitation que celle-ci révélait en creux chez moi, j’avais conscience qu’il existait des limites à la maladresse qu’une femme pouvait tolérer avant de vous prendre pour le dernier des branquignols.

— … et… et j’appréciais de marcher sur ce pont, m’émerveillant de ces bacs de fleurs avec leurs belles roses plantées par la ville de Levallois et leurs beaux géraniums plantés par celle de Courbevoie, tout en me délectant du spectacle de la Seine, oui la Seine si… si liquide et si marron… et également de la vue des gratte-ciel de La Défense au loin, si grands, si hauts, si droits… sans oublier l’île de la Jatte et ses arbres aux feuilles vertes et…

— Je n’ai pas vu de roses ni de géraniums, me coupa-t-elle. Plutôt des tulipes et des œillets.

Elle dit ça d’un ton froid, mais heureusement pas encore méchant ou impatient. Et j’aimai sa voix un tantinet rocailleuse, je l’imaginai fumeuse ou ex-fumeuse. Reste qu’il était plus que temps pour moi d’en venir au but.

— Exactement ! Vous avez mis le doigt sur mon problème : j’ai tout mal vu. Si ça se trouve, la Seine n’était pas marron, mais verte, les arbres n’étaient pas verts, mais bleus, et j’ai confondu les tours de La Défense avec celles d’Issy-les-Moulineaux, parce qu’en réalité… c’est vous que j’admirais, rien que vous, vous m’avez fait tourner la tête, vous avez chamboulé toutes mes perceptions, je ne serai plus jamais le même… tout ça à cause de l’élégance et de la grâce de votre silhouette telle que je l’ai aperçue se découpant sur le ciel. Oui, madame, voilà ce qui vient de m’arriver alors que je traversais ce pont.

Pas la moindre esquisse de sourire sur son visage. Au temps pour moi. Ne me restait plus qu’à abattre mon joker :

— Si je vous semble un peu troublé, c’est aussi parce que je viens de perdre mon emploi. Notre boîte a fait faillite, bien que j’aie beaucoup donné de ma personne pour tenter de la sauver. La faute au patron qui a trop puisé dans les caisses pour entretenir ses maîtresses thaïlandaises mineures. Un sale type, une belle ordure.

En vérité, si l’on en croyait mes supérieurs hiérarchiques, c’était plutôt ma propre « faillite morale » qui m’avait valu d’être lourdé.

— Je suis donc malheureux, poursuivis-je. Dévasté. Mais, en même temps, très réceptif à la beauté. À votre beauté. Oui, la douleur a du bon, elle sensibilise l’âme. J’aimerais vous en parler. Accepteriez-vous de prendre un café avec moi ?

Elle ne se pressait pas pour répondre. Pire : de froid, son regard était passé à sévère. Décidément, mon numéro de clown désespéré faisait un bide. Et, pourtant, elle ne fuyait pas ! Elle était donc encore disposée à m’écouter. Il fallait tout donner :

— Je ne suis pas un pervers.

À court d’idées, j’avais lâché cette précision pathétique.

Et bien m’en avait pris.

— Dommage, dit-elle.

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