Osez 20 histoires de passion sexuelle

Osez 20 histoires de passion sexuelle

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COLLECTIF

La MusardineOsez 20 histoires



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Résumé

Je t′aime un peu,  passionnément, à la folie…

Si la passion amoureuse est si souvent écrite à l′eau de rose, c′est parce que la littérature romantique tend à négliger sa dimension charnelle. Dans ce nouveau recueil, nous avons décidé de corriger cette anomalie en recentrant la passion sur la jouissance sexuelle. Que se passe-t-il du point de vue du désir, des fantasmes, de la sensualité quand deux humains s′éprennent brutalement l′un de l′autre ? Au nom de quelle magie les orgasmes passionnels sont-ils si explosifs ? Que signifie véritablement l′expression « avoir quelqu′un dans la peau » ? Ces 20 histoires aussi passionnantes que passionnelles vous le diront.

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ALEX ET SANDRA – João Miguel Baile Dos Passarinhos

Cette fois, c’est décidé. Bientôt, un an. Alors, oui, cette fois, je suis décidée. Pas comme les autres fois. Les autres fois, j’étais vraiment décidée aussi… Et c’était décidé pas comme les autres fois d’avant…

Bon sang que c’est difficile. Que c’est dur de trouver la force de tenter une rupture quand on est entichée d’une telle passion, d’une passion toxique. Entichée et entachée. Oui. C’est bien de cela qu’il s’agit finalement. Ligotée, dominée, asservie et souillée. Et bientôt, la morale et les principes me montreront du doigt en se déchaînant et en me déchiquetant dès mon secret percé.

Le mensonge, l’adultère… Et plus encore, l’abominable. Parce que ce catéchisme, je l’ai au bord des lèvres, comme mon cœur, celui que j’ai pour vouloir jouir à la folie. Cet autre cœur qui se soulève et me donne l’envie de gerber tous les péchés que ma ferveur atroce pour Alex a gravés coupablement au fer rouge. Rouge violent. Rouge sang. Rouge géhenne.

Le mensonge, l’adultère, et plus encore, l’abominable, sans qualificatif, juste innommable, celui qui me taraude l’âme, parce que pour cette folie, le Ciel m’est définitivement interdit.

Marc et moi vivons l’indolente routine d’une vie provinciale sans aspérités. Je suis femme au foyer, c’est démodé, c’est moqué, c’est vulnérable, mais c’est parfois confortable. Notre pavillon est coquet. Il est nimbé d’une pelouse que j’entretiens aussi inutilement que mon jardin pubien. Aux alentours, de jeunes arbres dressent leur tronc comme des ithyphalles avides de plaisirs et, en ces premiers jours de printemps, des jonquilles en parterres colorés pointent leur corolle odorante comme les illusions aphrodisiaques des filles tout juste nubiles. Cette renaissance sensuelle, cette beauté divine, qui m’enveloppe du charme de sa volupté, m’aguiche l’esprit.

Je m’entends correctement comme ça avec mon homme, mais sans doute à cause de son travail, à cause de ses responsabilités, de l’énergie androponique qu’il met dans toutes ses activités extraconjugales, j’avoue que je ressens parfois une carence frigidifère. Peut-être pas un manque d’affection ou de tendresse, mais d’un peu de passion, et je dois le reconnaître, de sexe.

Ma culture et mon éducation m’enferment dans leurs interdits, et mes rêves prisonniers de ma pudeur m’empêchent de signifier mes fantasmes. Je me donne l’impression d’être une folle, perverse, une obsédée compulsive atteinte du syndrome de La Tourette quand me vient la fièvre des chairs. Et dans le secret de mes journées solitaires, après avoir hermétiquement clos bienséance et baies vitrées, je me récite des litanies, à voix basse puis de plus en plus fort, jusqu’à ce que des larmes de jouissance honteuse perlent de mon sexe engourdi :

— J’ai envie de ta queue, d’une queue, j’ai envie d’un pieu dressé au gland charnu, de le fourrer dans mon con trempé, de me faire bourrer comme une truie par le premier venu, n’importe qui, pourvu qu’il me renifle le cul, qu’il écarte mes fesses pour me lécher la vulve, qu’il y plante son dard jusqu’aux couilles et me gave de foutre à me faire crever de l’enfer du plaisir des femmes.

Puis je change de culotte parce que celle-ci est dégoulinante de dégoûtation, en prenant soin de ne pas, ne serait-ce que frôler mon clitoris érigé et prêt à faire dérailler mes nerfs en vrille, tant il est vénéneusement sensible.

Il y a quelques jours, de nouveaux voisins ont emménagé en face de chez nous. Je les ai observés, comme une souris peureuse, de derrière mes rideaux. Ils dégagent une vitalité qui m’a séduite. J’ai trouvé le courage de téléphoner à Marc pour lui demander la permission de les convier à un dîner de bienvenue pour cette fin de semaine.

Il m’a appris qu’il les connaissait déjà, surtout Dany qui était secrétaire quelque chose dans la même boîte que lui et venait de prendre son poste. Il en avait profité pour lui proposer de faire le trajet ensemble dans sa voiture et avait l’intention de m’en parler le soir à son retour, que je guette toujours depuis l’inquiétude de ma cuisine. Et « l’autre », dont il ne se souvenait plus du nom, devait donner des cours de tennis au club local.

Il a consulté posément son agenda, et finalement consenti. Je suis transportée de joie.

J’ai osé traverser la rue et c’est « l’autre » qui m’a ouvert la porte. Son aura lumineuse m’a immédiatement hypnotisée. On a fait des présentations sommaires. L’autre s’appelle Alex.

Bafouillante, je lui ai fait part de notre invitation et dans le salon, Dany a débranché l’aspirateur au vrombissement tonitruant pour venir prendre part à notre conversation. Ils ont tout de suite accepté en me remerciant chaleureusement :

— C’est très sympa ! On avait, nous aussi, envie de faire votre connaissance.

Et Alex a demandé d’une mine faussement candide :

— On peut se dire « tu » ?

J’ai battu silencieusement des paupières, le larynx un peu plus noué par l’émotion, puis j’ai acquiescé d’un timbre enroué :

— Oui, si vous voulez, enfin… si vous veul… euh… si tu veux.

— Cool ! On va avoir un petit bout de chemin de vie à tracer ensemble, autant que ce soit entre amis. Je sais que Marc a déjà fait la connaissance de Dany. Et moi, comme mon job au club me laisse du temps de libre dans la journée, entre deux étagères à poser et la chaudière à ramoner, j’ai eu l’occasion de te remarquer… Un peu en cachette, je dois l’admettre… Vous avez tous les deux l’air très sympathique. Alors, à samedi !

Cette entrevue, pourtant furtive, m’a bouleversée. Sans doute à cause de mon absence de contacts sociaux. Mais pas la peine de me mentir, la voix chatoyante d’Alex, son élégance décontractée, son physique harmonieusement athlétique, son parfum grisant et son regard attentif m’ont littéralement ensorcelée. Je n’avais jamais imaginé être un jour envoûtée à ce point. Et l’émotion ressentie, je n’ai plus envie de l’enfouir, même si j’ai encore beaucoup de mal à la comprendre et à l’assumer.

À chacune des heures qui ont suivi, à chacune des minutes et des secondes, j’ai laissé croître en moi ce sentiment qui débride peu à peu mes tabous. Même si mon langage secret s’est assagi de ses grossièretés, mes pensées dévergondées ne se sont pas éteintes. La nuit, je me suis mise à rêver d’Alex, et le jour, à psalmodier :

— J’ai envie de tes mains, de tes doigts, que tu me malaxes comme de la chair glaise, j’ai envie de suffoquer de ta langue sulfureuse enfouie entre mes lèvres, de me laisser absorber comme un fruit juteux par toi, par tes pulsions. J’ai faim que tu bouscules mes seins pendant que je m’enivre de ta peau et de ton sexe, que tu ouvres mes nymphes pour me fouiller intimement, profondément, que tu déflores la moindre de mes virginités, jusqu’à ce que j’exulte de l’éden coupable des plaisirs des filles d’Ève.

Je change alors de culotte, car celle-ci est dégoulinante de mouille, mais avant, malgré les contradictions qui bouleversent ma raison, je frotte mon clitoris érigé jusqu’à faire dérailler mes nerfs en vrille, tant il est savoureusement sensible.

Quand le carillon de la porte a tinté, un spasme sidérant m’a tétanisée.

Marc a ouvert en claironnant :

— Sandra, nos voisins sont là.

Je les ai rejoints seulement après quelques minutes, le temps pour moi de retrouver mon oxygène et l’usage de mes jambes qui flageolent encore, en me demandant bien pourquoi j’avais choisi de me vêtir de la plus courte de mes jupes et du plus décolleté de mes chemisiers. Mes bas gainés sur mes cuisses laissent bien dix centimètres de ma peau nue exposés aux regards, et le push-up exagéré de mon soutien-gorge fait pigeonner mes seins, plutôt menus, d’une arrogance belliqueuse. Comble d’indécence, j’ai chaussé des bottines aux talons vertigineux qui me perchent à une altitude telle que pour ne pas chuter dans mes déplacements, je suis obligée de cambrer mes reins au-delà de la torture. Et ainsi, ma croupe déjà naturellement rebondie se courbe, chaloupe et s’offre aux lubricités comme un vulgaire attrape-paluche. Dans le miroir, la parfaite pouffe. Je me déteste. Mais curieusement, Marc ne m’en a pas fait l’habituelle réflexion. Quant à nos invités, T-shirt, blazer, pantalon blanc et sandales…

Alex a plissé les yeux et j’ai tout de suite été éblouie par le scintillement vampirique d’un laser bleu qui m’a mise nue en me disséquant de la tête aux pieds. J’en ai rougi d’un profond écarlate en baissant le regard comme une gamine prise en flagrant délit de puberté.

J’ai tendu le museau dans une approche chaotique, et le choc de ses lèvres entrouvertes sur mes joues, puis des miennes sur les siennes, la fragrance torride de son haleine que j’ai inspirée à pleins poumons m’ont fait exsuder un sanglot de cyprine. La pression involontaire de mes seins sur sa poitrine et l’attouchement de ses doigts qui ont frôlé – sans doute accidentellement ? – les miens ont provoqué dans ce qu’il me reste de raison délabrée, un ébranlement tectonique.

Pendant que Marc conduit Dany dans le salon en plaisantant des familiarités, je crois discerner dans le souffle ardent d’Alex un chuchotement inconvenant. Craquante… Sandra, tu es hypercraquante… Sexy à croquer…

Ce n’est sans doute là qu’un fantasme. Mais je n’avais besoin que de cela.

Le dîner se déroule dans une ambiance chaleureuse, les vins coulent un peu trop et Marc, malgré mon regard courroucé, ne cesse de resservir Dany qui commence à bafouiller, et Alex qui refuse. Habituellement si taiseux avec moi, mon homme entretient une conversation prolixe de plus en plus hésitante et virant tragiquement à la philosophie de comptoir, mais elle masque opportunément mes bribes de silence. Je cherche confusément à m’en excuser auprès d’Alex qui, en face de moi, me torréfie de brasillements. Chacun de ses battements de cils me percute en me prostrant dans une tétraplégie totalement implosive.

Et soudain, un trouble indicible m’empourpre le visage et me vibrionne tout le corps. Je sens un effleurement quasi imperceptible m’escalader lentement le galbe du mollet, remonter jusqu’au pli poplité pour l’explorer d’une insolence exquise. Alex, de son pied déchaussé, me soudoie de plaisir en m’irisant de caresses intrépides. Au lieu de fuir cette offensive, j’ai rapproché mon autre jambe de celle effrontément parcourue pour enserrer la cheville impertinente et la contraindre au crime de me damner davantage. Et dans ce mouvement de coalescence, mes cuisses ont pressuré délicieusement mon clitoris qui, dans son excitation, a déclenché une vague tempétueuse et tellement attendue.

Après d’audacieux préliminaires, le pied a quitté mes genoux pour écarter, en les forçant, mes jambes jointes en étau dérisoire. J’ai lutté un instant, puis cédé à la velléité, et les palpations ont atteint la marge nue qui séparait la dentelle de mes bas de celle de ma culotte. Le contact direct de cette autre peau, si cruellement douce sur la chair que j’avais hésité à laisser paraître quand je m’étais honnie dans la glace, me délite à présent.

Et l’audace ne s’est pas contentée de cela. Elle a poursuivi son défrichage aventureux jusqu’à mon enfourchure intime désormais sacrifiée, abandonnée par ses tours défensives, et elle branle sans vergogne la résurgence de mon bourgeon feulant sous la soie diaphane qui l’enveloppe. Les volutes de plaisir qui montent de ma chatte m’imprègnent le ventre, s’épanchent sur mes fesses, ondoient dans mes cuisses, crépitent une à une mes synapses jusqu’à mon cerveau primitif, irradient mes seins et détonent en bulles extatiques quand elles parviennent à chacune de mes extrémités sensorielles.

Le regard flou fixé sur l’impensable, les paumes agrippées à la table, la nuque bandée et les lèvres intimes écrasées sur le velours de mon siège, je suis envahie par un délice enragé qui se propage en laves pyroclastiques, me pénètre comme une multitude d’éclairs de ses éperons fulminants, me coupe le souffle à grand tranchant d’une jouissance exacerbée.

Par chance, Dany et Marc, complètement enouatés par la brume éthylée de leur conversation, ne nous prêtent aucun intérêt. Pendant ce temps-là, Alex savoure impassiblement son emprise sur mes sens, sans laisser paraître d’autre expression que celle de la satisfaction imperturbablement érogène de me pédipuler à sa guise.

Puis la tension retombe sagement après le paroxysme qui a tout emporté de mon entendement déboussolé, et le pied lubrique retrouve sa chaussure.

Je m’absente quelques instants pour changer de culotte. Celle-ci trempée de plaisir me fait émettre un chuintement dénonciateur chaque fois que je me lève, et le parfum de péché qu’elle exhale commence à me tourner la tête d’une ivresse inexpiable. Dans ma chambre, je l’ai enlevée, et j’ai hésité. Je n’en ai pas enfilé de nouvelle, je suis redescendue sans m’éponger la chatte qui a continué à miauler famine à fendre l’âme, plus intensément à présent qu’elle vagabondait en liberté. Et les nymphes nues et palpitantes, elle embaume encore davantage.

Malgré mon terrible besoin, Alex ne revient pas à la charge tant espérée. Alors, j’essaye à mon tour de lui faire subir le même délicieux supplice. Mais je n’ai pas la longueur de son jeu de jambe et encore moins sa dextérité. Je me tortille grotesquement sur ma chaise en tentant désespérément d’atteindre son sexe du bout de mon orteil. Je ne réussis qu’à attirer vaguement l’attention de Marc qui me dévisage un instant sans lucidité, puis oublie ma présence. Alex, la commissure gauche de la lèvre relevée, me nargue impudemment en m’observant me trémousser dans des contorsions scabreuses. Sa main est passée sous la table et l’angle de son coude me fait comprendre qu’elle est blottie entre ses cuisses. Et du tremblement presque indécelable de son bras, de la porcelaine blanche qui roule dans son regard, de ses narines qui se dilatent convulsivement, je devine ce qui se trame. C’est de son plaisir onaniste qu’il s’agit à présent. Alex, sans aucune gêne, se branle pornographiquement devant moi. À cette odieuse révélation, un orgasme monstrueux, synchrone du sien, me submerge à nouveau.

Retrouver mon souffle m’a pris du temps. Inquiète des traces dont nous aurions pu tacher la moquette, je jette un coup d’œil sous la table en ramassant ma serviette intentionnellement tombée au sol. Mais Alex se penche au même instant pour la saisir et ses doigts poisseux s’immiscent entre les miens comme des bites conquérantes pénétrant la vulve affamée de mes phalanges. Et somptueusement, je me laisse à nouveau déflorer en jouissant de ses va-et-vient licencieux.

La fin de la soirée se déroule dans l’hébétude de conversations décousues que je reste hors d’état de suivre. J’attends avec une impatience puérile l’instant du départ de nos invités. Il me tarde terriblement de sentir à nouveau la bouche d’Alex baisant la honte exquise de mes joues, dans le fol espoir que peut-être mes lèvres assoiffées trouveront la témérité d’effleurer les siennes au moment de l’adieu.

Marc, sévèrement alcoolisé, est déjà monté s’effondrer et je suis restée seule sur le pas de la porte à regarder le couple nous quitter en traversant le jardin et la rue qui nous sépare à peine. Dany titube, et quelques pas derrière, Alex m’adresse sans se retourner un signe d’au revoir puis, après avoir plongé deux doigts dans la poche de sa veste, en extrait sans surprise la culotte humide que j’y avais cachée. Dans l’air musqué de la nuit, sa main la faittournoyer comme l’emblème de ma reddition totale à l’inconvenance de ses appétits.

Des jours qui ont suivi, nous n’en avons laissé aucun sans nous repaître de nos sens. Je me suis inscrite aux leçons de tennis d’Alex, prétexte à baiser dans les vestiaires, dans le hammam, sous la douche et partout où il y a surface à débauche sur terre. J’ai découvert que chaque centimètre carré de mon corps pouvait se dénoncer comme le siège de hautes subversions érogènes. La pointe drue de mes tétons mordillés, le dôme renflé de mes aréoles aspirées, le globe ferme de mes petits seins pétris, le creux de mon ventre chambardé, le sillon de mes fesses labourées… Et bien sûr, l’énigme révélée de ma vulve dont je ne soupçonnais pas jusqu’alors les trésors enfouis.

Ses doigts me picorent le mont vénusien, du nombril au berlingot par des allers-retours furtifs, pareils à de véritables tournements de désir. Ils savent me branler au rythme infaillible de l’extase, et m’en ont inculqué l’art subtil. J’exécute à mon tour une chorégraphie personnelle autour de son sexe magnifique, et quand mes phalanges s’empêtrent au passage dans les fines broussailles de son pubis privé de soins, je l’en gronde crûment, ravie de faire et d’entendre jouir nos désordres dans les flots d’un vocable de hussard.

De mes lèvres entrouvertes, celles-ci et les autres, j’apprends à abreuver la moindre parcelle de sa peau délictueuse. De ma langue, je fouille les recoins les plus inaccessibles de son intimité, le petit trou malicieux de son cul d’un brun incarnadin que je lape et pénètre certainement mieux et plus suavement qu’une queue ne le fera jamais. Je biberonne sa salive sucrée, je m’abreuve de sa sueur piquante, je pompe à me saouler le cœur la liqueur onctueuse et aromatisée que mes branlettes frénétiques font sourdre dans ses hoquets fontaines.

Souvent, nous nous machinons ensemble. Nous nous masturbons, face à face, en gardant en propriété exclusive notre sexe et notre satisfaction, mais en mettant en commun la complaisance vicieuse de nos regards et la fringale de nos sens dévoyés. Mais quand nous baisons, nous ne le faisons pas en silence, alors quand nous nous tripotons, nous le faisons également en clameurs. M’exhiber de corps et tout autant m’exhiber de paroles me tournent folle d’une délicieuse dégénérescence. Et Alex me le rend coup pour coup.

Je jubile passionnément de mes propres phalanges sous ses mots sales.

— De te mater quand tes doigts te tutoient le con, sans égards, sans ménagement, quand tu violentes ton pucelage défoncé, quand tu te prostitues les nymphes en t’autogouinant vertigineusement, quand tu écumes d’un miel recueilli avec ostentation et quand tu le goûtes en bavant gourmandement devant moi, je jouis de voyeurisme.

Et sous mes mots salaces, Alex jubile avec passion de ses propres phalanges.

— De suivre le filet de salive foutrâtre qui suinte de tes lèvres jusqu’à ton sexe palpitant, de me fasciner de tes paumes astiquant ta peau qui s’enfièvre sous tes onctions compulsives, de jalouser tes doigts s’éparpillant entre tes cuisses écartées et de te voir sucer le plus hardi qui s’est si profondément enfourné dans ton cul devant moi, je jouis également.

Alex m’a dédicacé ses fabuleux orgasmes et a inauguré le plus somptueux des miens, celui qu’on n’a qu’une seule fois dans sa vie, mais, qu’avec de la chance, des millions de fois d’affilée. Et quand nos corps épuisés de baise abrupte s’effondrent en halètements anaérobiques, nous nous réfugions dans nos bras enlacés, nos hanches gémellées, nos phalanges nouées, nos deux cerveaux dans un même corps. Nous laissons nos âmes monochoriales monoamniotiques fusionnelles trahir leurs secrets, dénoncer leurs émois et faire l’aveu réciproque de leur turpitude bienheureuse.

La tête lovée dans la courbe de mes reins ou délicatement entre mes seins, Alex m’instruit. Sur mon corps, sur mon cul, sur mes fantasmes de femme, sans tabous, sans pudeurs, sans morale, avec cette voix complice qui m’autorise à prendre conscience de mes besoins vitaux et de mes exigences femelles. Mieux, qui m’incite à m’aimer moi-même, à me qualifier de libertine impie dans le miroir de ses yeux, à désirer m’offrir à ses obscénités, comme si j’étais devenue à présent une souillure de haute valeur, une bâtarde de race, une putain fine sur laquelle les insultes concupiscentes se retourneraient dans la rue.

Et je sais également lui prodiguer ce que la passion a de plus rare, ce que je n’aurais jamais tenté, ni même conçu. Nichée au creux de son épaule, ou la joue posée sur son ventre si finement brodé, immobile, à haute voix, je délire des plus répugnantes dépravations que sa chair puisse endurer, des pires débauches fornicatoires dont je puisse l’anéantir dans des sabbats d’audaces perverses dissimulées sous le manteau du plus fangeux de mes enfers.

Je m’approprie ainsi le calme de sa peau, l’élégance de ses formes, la suavité de ses muscles, l’antonymie anatomique d’avec les corps mâles, rugueux, secs et osseux que j’ai pu palper jusqu’alors, même s’il est vrai qu’on pourrait facilement les compter sur mon majeur masturbatoire. Et c’est justement cette brutalité dans mes mots, cette vulgarité dans ma fascination qui me rend folle de la fraîcheur salace d’Alex.

Cette fois, c’est décidé… Non… Comme les autres fois. Je ne décide rien, si ce n’est que de continuer à croupir dans cette infecte et savoureuse luxure. Au moins, puisque je dois payer le prix fort, que ce soit pour l’intempérance de mes orgasmes vitaux.

Le mensonge véniel, je me le suis avoué. À demi-mot, je me suis seulement dit « je mens ». Et même là, je mens, puisqu’en vérité j’ai murmuré « je crois que j’invente ».

L’adultère mortel, je me le suis confessé. À demi-mot, je me suis seulement dit « je me suis égarée dans l’inƒélité ». Et même là, je mens, puisqu’en vérité, j’ai murmuré « je me suis retrouvée dans l’instinctualité ».

Le dernier, l’abominable, sans qualificatif, juste innommable, celui qui m’avait taraudé l’âme, parce que pour ce motif, le Ciel m’est définitivement interdit, cet amour maudit, cet amour d’une femme, cet amour lesbien qui fait de moi une créature du néant, incube femelle, saloperie de gougnotte, je ne l’avoue ni le confesse. Je le chante, le crie, le hurle de quiétude éternelle.

Bien sûr, jamais aucun voisin n’a emménagé en face de chez nous, puisque je vis dans un désert. Un désert entouré de néant. Mais ma tête existe avecAlex dedans, et elle est une part de moi et moi d’elle. Et même si la solitude me réduit en cendres, en Sandra, je demeure passionnément Alexandra.

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