Une journée dans la vie d’Amandine

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STOECKLIN Nicolas

InterditsMedia 1000


initiationtabouteenvieux et jeune


Broché / 120 pages


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Résumé

« Suis-moi, petite femelle ! », voilà ce que Fernand susurre à Amandine en passant près d’elle, quand elle vient de nettoyer la cour. Et tout de suite, elle se sent fondre de l’intérieur, une faiblesse la prend au creux des reins comme si un petit animal dégoûtant se réveillait dans ses entrailles et se mettait lentement à bouger. Son oncle s’éloigne en direction de son « atelier » qui jouxte à la fois la grange et l’ancienne buanderie qui sert encore de débarras. Amandine sait ce qu’il veut, ce qu’il va encore lui demander de faire, de se laisser faire… Ses seins durcissent, son ventre devient brûlant. Vite, elle jette un coup d’œil vers la maison. Et, une fois de plus, nue sous sa robe, en sueur, le cœur battant la chamade, elle se dirige vers ce qui l’attend…

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CHAPITRE PREMIER

— Suis-moi, petite femelle !

Il me susurre ça dans l’oreille, en passant près de moi, alors que je viens d’achever de nettoyer la cour sous le soleil de plomb de cette fin d’août et que je dégouline de sueur. Et, comme à chaque fois, je me sens fondre à l’intérieur. Une faiblesse me prend dans le creux des reins et c’est comme si un petit animal dégoûtant se réveillait dans mes entrailles et se mettait lentement à bouger.

Oncle Fernand s’éloigne en direction de son « atelier » qui jouxte à la fois la grange et l’ancienne buanderie qui sert encore de débarras. Je suis du regard sa silhouette bien charpentée, moulée dans sa salopette de travail pleine de taches, un moment paralysée par la foule des émotions qui me serrent le cœur. Je sais ce qu’il veut. Je sais ce qu’il va me faire, ce qu’il va encore exiger de moi et c’est suffisant pour que mes seins durcissent immédiatement, que mes bouts enflent et viennent tendre le tissu de mon tee-shirt sous lequel je suis nue. Je ne supporte pas de soutien-gorge par une pareille chaleur…

Je jette un coup d’œil furtif vers le bâtiment d’habitation, lorgnant rapidement sur la fenêtre de la cuisine grande ouverte. Mylène s’y trouve, je le sais. Je l’y ai aperçue quelques minutes plus tôt. Mais je ne la vois pas. J’attends encore un peu. Il ne faut pas qu’elle sache ou ce sera encore ma fête ! Oncle Fernand entre dans l’atelier, laisse la porte en bois, à la peinture verte tout écaillée, entrebâillée. C’est vendredi et je sais aussi qu’il part ce soir pour un week-end. Il va chez monsieur Brecandru. Louis Brecandru, le négociant de cidre, celui qui m’a fait une étrange proposition…

Je vais poser le vieux balai contre la façade, juste sous la fenêtre de cuisine. Il faut que je sois certaine que Mylène est là. Oui, je l’entends fredonner. J’ai l’impression que ma cage thoracique se comprime doucement, que mon bas-ventre devient lourd, terriblement lourd. Malgré l’insoutenable assaut du soleil, un frisson glacé me traverse l’échine et je sens comme la pointe d’une aiguille qui me pique le clitoris. Aussi naturellement que possible, je me dirige vers le fond de la cour, dans cette ferme qui est devenue au fil des années mon chez-moi. Ma vision se brouille sous l’effet de la fournaise. Je vois l’ancienne buanderie, petit bâtiment carré au toit plat avec une porte et une fenêtre close par un volet peint en vert et dont deux des murs font partie de l’enceinte de la ferme. Je vois la vaste grange dans laquelle on commence à amasser le foin par épaisses bottes odorantes. Mais, à cette heure-ci, les travailleurs saisonniers œuvrent encore dans les champs. Ils sont quatre cette année. Deux Portugais, un grand gars blond de Lille et un autre qui ne dit pas grand chose et qui ressemble à un gitan. Le soir, ils dorment dans l’écurie désaffectée qui a été transformée en dortoir. Oncle Fernand va m’offrir à eux, d’ici trois ou quatre semaines. Je le sais déjà, il en a parlé. Il voulait déjà le faire l’an dernier mais avait finalement décidé d’attendre encore une année. Aujourd’hui, je n’en serai plus à ce caprice près !

Je ne suis plus qu’à quelques mètres. L’excitation monte, nerveusement, presque épileptiquement. C’est une réaction incontrôlable. Je vois le vieux tracteur rouge, éternellement en réparation sous l’auvent à droite de la grange, à côté du bleu, tout neuf et tout beau. Je vois l’enclos à poule et, par-delà, l’étable où il n’y a plus que trois vaches. L’élevage ne rapporte plus comme dans le temps et oncle Fernand a décidé, voilà trois ans, de se tourner plus vers l’agriculture. Il n’a gardé que ses trois meilleures laitières.

Robby, le labrador noir bâtard, dort en bienheureux à l’entrée de sa niche. Son écuelle d’eau est vide. Il faudrait songer à la remplir.

Ça y est, je suis à la porte. Je la pousse. Elle grince sur ses gonds. Il fait sombre dans l’atelier étriqué. Presque noir lorsqu’on vient du dehors, les yeux encore gavés de ce soleil tapant qui vous assomme à moitié. Mais je connais l’endroit. C’est le lieu favori d’oncle Fernand, celui où il aime « jouer » avec moi. Petit à petit, mes yeux s’habituent à l’obscurité. Je vois la silhouette de mon oncle se détacher, près de l’étau. A droite, un escalier branlant mène au grenier poussiéreux, à partir duquel on peut accéder à la partie haute de la grange. A gauche, une succession de meubles en bois, couverts d’outils, de vieilles caisses en plastique coloré ou en métal, de boites de visserie, de pots de peinture et de produits divers. Au mur, d’autres outils sont accrochés à de longs clous épais. Le sol couvert de pavés est inégal. Ça sent le renfermé, la poussière et la rouille. Ça pue la transpiration et la graisse.

— Allume !

La voix est dure, autoritaire. Oncle Fernand a toujours su se faire obéir. Ça tient beaucoup à sa voix, je pense. Elle est grave et profonde. La voix d’un homme qui ne plie pas, d’un travailleur acharné mais également d’un pervers, obsédé par le sexe, travaillé par ses démons intérieurs.

Je fais tourner le vieil interrupteur noir, fixé au chambranle de la porte, d’un quart de tour. L’ampoule jaune du plafond qui pend au bout d’un câble s’illumine faiblement, déversant un halo glauque dans le réduit. La lumière de l’extérieur ne filtre que par la porte ouverte et une toute petite fenêtre sur le même mur. Mon oncle est bien là, les bras croisés, entre l’étau fixé sur le dernier plan de travail et le maigre escalier en bois. Il me fixe avec intensité et mes yeux descendent sur la braguette de sa combinaison de travail. Il bande déjà ! Je vois la bosse qui déforme le tissu.

Il fait une chaleur moite dans ce lieu mais elle me paraît plus supportable qu’à l’extérieur. Je fais un pas en avant. Un sourire de prédateur se dessine sur les lèvres d’oncle Fernand, caché derrière sa courte barbe brune.

— Ferme la porte, petite salope ! Tu connais Mylène !

Je me mords la lèvre. J’ai le ventre tout contracté d’une délicieuse trouille qui me donne envie de pisser mais je ne sais pas bien si c’est à cause de ce que je vais encore faire avec lui ou si ça vient de l’évocation de sa concubine et de ce qu’elle pourrait me faire si elle nous surprenait. Car, oui, je la connais, Mylène. Je connais ses penchants troubles et sa violence secrète. Bien plus que ne le croit mon oncle.

La porte couine doucement. Il est impossible de l’entendre depuis la cuisine mais je ne peux m’empêcher d’y jeter un regard inquiet. Mon oncle s’en aperçoit.

— T’en fais pas ! Elle est occupée pour un moment avec sa tarte et ses fourneaux ! On a tout le temps de s’amuser !

Je déglutis et le petit animal gluant qui a établi son repaire dans mes intestins se remet à gigoter. Les pointes de mes seins gonflent à nouveau instantanément, deviennent toutes dures et le frottement du tissu les agace davantage. Le regard de mon oncle s’attarde sur ces deux boules dures qui déforment mon tee-shirt

— Approche !

Il a baissé la voix, comme à chaque fois qu’il a envie de faire des cochonneries, de dire des choses sales. Je fais deux pas dans sa direction. Mes jambes semblent avoir perdu de leur force. Ses yeux sombres courent sur mon corps avec une voracité contenue. Je sais ce qu’il aime chez moi. Il me l’a assez souvent répété ces derniers mois.

J’ai subitement une conscience aiguë de l’instant. Les odeurs de renfermé, de métal, de bois, d’humidité et de sueur, la sensation de cette chaleur moite qui s’infiltre en moi, poisse mes vêtements, mes aisselles, mon sexe, chaque bruit alentour, le craquement des meubles anciens, les grattements d’une souris invisible passant dans le grenier, le bourdonnement d’une abeille ou d’une grosse mouche, la respiration lourde de mon oncle, et au milieu de ce déferlement de réalités, mon cœur qui bat de plus en plus fort. C’est chaque fois pareil. La même impatience angoissée dans cette attente insoutenable. La même peur voluptueuse qui coule dans mes reins comme une coulée d’acide.

— Qu’est-ce que tu attends ? Demande-t-il à voix basse, comme un murmure oppressé. Déshabille-toi !

Les mots se bousculent dans ma tête, touchent mon cerveau comme autant de limaces baveuses. Mais je ne peux empêcher un long frisson de crapulerie de me parcourir. Je ne peux m’empêcher de souffler un « oui » soumis sur le même ton bas que lui. Je ne peux empêcher mes mains de s’emparer de mon tee-shirt pour le retirer.

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